‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 24 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Pq^nlatiûii» américaines. *- Nahuaflaques. — Tolttquea. Tla$caltèques.jr- Aztèques. — RéLigion, tûérachie, mexicaines. — Péruyiens. — Organisation. — Résultats.

Av% deux périodes de civilisation précédenteaf en succède une troisième qui tépond à la troisième période des Ages humanitaires , et qui est ici le temps de la réalisation économique ou de la ré* partition*

Cette période de l'histoire am^caine est dominée pur trois nations successives : les NabuatlaqueSi les Toltèques et les Aztèques ou Mexicains» dont nous allons voir les peuples sortir du même centre > et couvrir le sol qu'ils ont habité, de gigantesques monuments.

Et voici ce que disent les traditions autochtones de l'Amérique centrale, ( Acosta. — Harrera. —

Torquemada. -^ Sahagun. — Hiéroglyphes mexieaJM. -*- liord Kingsboroug. )

jUa nation des Nahoatlaquesvintdu nord de la Floride suivant Sahagun , et aborda la première au port de Panco ; puis elle chemina le long de la mer jusqu'au Guatemala , conduite par son prêtre qui portait ses dieux.<~Mais les Nahuatlaques ti*ou<* ▼èrent cette terre déjà habitée par d'autres nations | Tune était une nation de géants , appelés Quina^ metin ou TzociuUixcques , qui étaient d'une gran* deur et d'une force surhumaines, et d^une extrême iSiFOcité. Et ceux-là, après beaucoup de combats, furent exterminés. L'autre était la nation des Chichimèques, dont quelques tribus résistèrent tou« jours aux Nahuatlaques , mais dont le plus grand nombre se fondit avec eux ; de sorte que plus tard les nations de ce sol revendiquaient l'origine chi* chimèque comme autochtone.

Et voici quel était l'état primitif des Ghichimèqaes.«^ Ils étaient, dit une tradition de TetzucOi venus de terres trèa^loignées dans ce pays, divisés 9a dcraze ou treize tribus, marchant à la suite les unes des autres; et alors ils n'avaient de demeurai que les cavernes, ne semaient point de grains, et ne faisaient point cuire la chair des animaux qu'ils prenaient h la chasse, et ils vivaient dans un état nomade aba(^u; allant sans cesse par oouple mâle et femelle, chassant dans les montagnes et Ica plaines, et ne s'arrétant que la nuit pour doitnir

dans les cavernes, dont ils achetaient Tabri en offrant une partie de leur chasse au chef <Jui l'habitait , et dont le corps était vêtu d'une peau de tigre , et la tête ornée d'une couronne de peaux d écureuils et de plumes rouges. — La fçmme unique suivait son mari, chassant aussi à l'arc , et rétablie promptement après J'accouchement par des remèdes violents. — A l'âge de cinq ou six ans, lés enfants étaient abandonnés par couple mâle et femelle, avec un arc et des flèches. — ^^Un homme malade plus de quatre jours était mis à mort en lui enfonçant une flèche dans le gosier; il en était de même des vieillards homnies et femmes , et cela se faisait avec des danses et des chants. — U y avait trois grandes tribus des Chichimèques : les Téochichimèques, les Tamimes et les Ottomies. Ces derniers étaient très-lourds et très-obtus, et le nom d'Ottomie était resté une injure.

Et les Nahuatlaques , qui cherchaient Tamoanchan, le paradis terrestre , qui était sur une montagne dont le sommet allait jusqu'à la lune , s'arrêtèrent dans la Guatemala, autour d'une montagne qu'ils appelèrent Tamoanchan; mais ils ne purent retenir avec eux les Amoxoaques, hommes sages, fort savants dans les peintures antiques, qui voulurent se rembarquer, et partirent en effet en se dirigeant du côté de l'orient, et emportant avec eux les peintures, où ils conservaient les traditions ftiitiques y ainsi que l'indication des rites du cuke

HrStOIHE DB LAMÉRIQÛE. 2^^!

et des procédés des travaux mécaniques. Et ces Amoxoaques dirent en partant aux Nahuatlaques, que leur seigneur dieu leur ordonnait de rester sur cette terre , dont il les faisait maîtres et seigneurs; mais que pour lui il retournait d'où il était venu , et qu'il ne reviendrait les visiter que lorsqu'arriverait le temps de la fin du monde. — Puis ils partirent emportant leurs peintures et leur dieu enveloppé dans un manteau.

Cependant quatre de ces sages restèrent à Tamoanchan , c'étaient Oxomoco , Cipactonatl , Tlaltetecui et Xuchicaoaca ; et ils se réunirent en conseil et, prenant leurs peintures, ils établirent d'après elles un mode de gouvernement, une science interprétative du mouvement des astres, et d'autres signes naturels , ainsi qu'une division du temps et un code de justice.

Et le lieu de séjour était aussi appelé Nàhuatlaca ( nation qui parle bien), et Teocuihuacan ( où l'on garde les aïeux divins), parce que c était là qu'on se rendait de tous les lieux environnants pour y faire des sacrifices;- c'était là qu'on faisait les seigneurs, et qu'on les enterrait sous des tumùlus de terre , tandis que leurs esprits devenaient Teutl et esprits du soleil , de la lune ou des astres, ou bien revivaient sous la forme d'oiseaux colorés et de papillons. — Et ce lieu s'appelait aussi Aztlan (séjour des oiseaux d'eau), et il s'y élevaitdeux très-hautes xnontagnes,consacréesrune au soleil,rautre àla lune. TOM. I. 16

a4) XnrRB lllf CHAPITRE IT.

Et «près être restés à Tamoancban pendant ua temps dont ils ne savent pas la durée, les Nabua^ tlaques se remirent en marche , et s'arrêtèrent à Xumiltepec; et les prêtres ayant ordonné encore départir de là , de la part des dieux , toute la nation alla à Teoculhuacan , où elle élut pour la gouverner les plus sages et les plus savants dans la divination et la magie; et on se remit en marche^ chaque tribu ayant à sa tête son prêtre portant son dieu.

Et ils né savent pas combien de temps ils voyagèrent ainsi; et ils se souviennent seulement qu'a* lors les Otomies se séparèrent, et restèrent dans le» montagnes de Coatepec, sur le haut desquelles ^ depuis ce temps, ils font leurs sacrifices, en même temps qu'ils habitent sur leurs flancs.

Et les autres Nahuatlaques ayant continué leur voyage , arrivèrent dans une vallée où ils eurent à éprouver les plus grands désastres, la faim, la soif et toutes sortes de maux; et cette vallée fut appelée Chimozostotl ou des Sept-Gavernes , parce qu'après un déluge qui détruisit les Nahuatlaques, il ne resta que sept hommes » dont un étoit le père des mx autres y appelés Xelbua, Tenucfa, Ulmecall, Xicalancatl , Mixtecatl et Otomitl , et qu ils haletèrent chacun une caverne, et que c'est d'eux que «ont sortis toutes les nations du Mexique; car après quelque temps de séjour dans ce lieu, où chacune avait 60n dieu et son temple , elles en sortirent

HISTOIRE DS L AMfiUQtTS* J^i

toutes les unes après les autres; et les priacipales sont celles-ci: les Toltéques, les Tepanéques, les Aculbuaques, les Tlaxcaltéques et les Aztèques oa Mexicains; et il y en a encore bien d^autres moins considérables.

Et le^ Tolléques, qui sortirent les premiers, s'appelaient d'abord Sucbimilcos (semeur de roses); et après avoir marché longtemps pour retourner d'où ils venaient, sur Tordre de leur dieu , et s'être arrêtés en divers lieux , ils se fixèrent & Xocotitlan , qui, plus tard, prit le nom de Tulla ou Tullan; et les premières stations des Tchèques sont mar«* quées par les monuments qu'on trouve dans rOaxa« ca , et qui sont des turaulus creusés de cavités voû-^ tées et en forme de croix. Et leur station de Tullan est marquée par les beaux monuments de Mitlan , consistant en quatre tertres isolés enceignant une cour carrée et surmontés de bâtiments en pierres magnifiquement taillées. (Voyages de Dupaix. ) .

Et ce fut à Tullan que la civilisation tûltéque prit son plus grand développement. Us avaient une science théologique complète, où Ton gardait à Faide de peintures le souvenir de la création , d'un déluge, et la prédiction d'un temps où k monde serait détruit par le feu. — Us reconnaissaient douze ciels dont le plus élevé' était le séjour de Ometecuthli, le souverain seigneur de toutes choses, et de Omecihuatl sa femme.

Lea Toltéques étaient au» trè&«habile$ astro*

!l44 LITRE m y CHAPITRE IT.

logue8«t devins, et médecins, et trouvaient le» pierres précieuses avec beaucoup d'adresse. Peu guerriers, ils exerçaient surtout les arts mécaniques pour le travail des métaux et des pierres précieuses, pour la culture du maïis et du coton.

Ils avaient un seul chef, qui ne pouvait régner plus de cinquante-deux ans. S'il mourait avant on nommait une régence; s'il vivait après, son fils le remplaçait. — Ils eurent de la sorte huit rois consécutifedontravant-demier s'appelait Mitle (Mitlan), et le dernier Topiltzin; et c'est sous celui-ci que fut détruitl'empireToltéque, qui avait duré quatrecents ans, et dont la puissance s'étendait à près de looo lieues du nord au sud , et à ôoo lieues du levant au couchant.

Et souvent pendant ce temps il y avait eu des troubles pendant lesquels étaient sortis des peuples migrateurs comme les Olméques, qui se séparèrent après Finvention du vin de Maguey, dont on n'avait voulu leur donner qu'une part inférieure à celle des autres.

Et aussi, après des désordres pareils, il vint de Panco à Tullan des hommes vêtus de longues robes et habiles en toutes sortes d'arts, et qui étaient commandés par Quetzalcohuatl , homme blanc et barbu; et ils furenti^ien reçus à Tullan , et Quetzalcohuatl, voyant les maux causés au monde par les péchés des hommes , se mit à faire pénitence en se perçant les membres avec des pointes d'aloës, et il

HISTOIRE DJE L AMÉRIQUE. 2^5

fit des expiations eu mettait dans le feu de lor; des pierres précieuses et de l'encens. --- Et alors les maux cessèrent , et la terre fructifia , et il reviat des oiseaux chanteurs,— Ce que voyant,.les peuples adoptèrent la loi de pénitence de Queizalcohuatl , et ce sage fit bâtir des lieux de prière et de pénitence, appelés Çttf^.,. divisés en quatre salles, l'une pour les seigneurs nobles du pays,, la seconde pour la classe commune , la troisième ,. où l'on n'osait pas lever les jeux, et la quatriènie, destinée aux plus grands pécheurs, —r Et Totec , ou Xippe, disciple fervent de Quetzalcohuatl, sortit avec la colonie des Zapotéques.

Or, le royaume Toltéque, sous l'influence de Quetzalcohuatl, était au plus haut point, de* sa puissance, lorsque Topiltzin fils bâtard, de Tu« pancaltzin , voulut monter sur le trône ; mais les Régules de Xalisco, s'armant au nom du dieu Titlacahua, ne voulurent pas le reconnaître, et Tattaquèrent, et ils furent vainqueurs, et ils prirent Tullan, détruisirent tous ses: édifices, et exterminèrent tout ce qu'ils trouvèrent ,prêtres, vieillards, femmes, enfants, ce qui fit monter la perte des Toltéques à 3,200,ooq personnes. Et Topiltzin, chassé de Tullan, se réfugia chez les Chichi méqu es , où il fut reçu par leur roi Acauhtzin, dont le frère Xolotl partit bientôt après pour repeupler l'empire Toltéque et fonder Tetzcuco , où il s'établit avec une colonie Aculhuaque et quelques restes des

^46 MVRB ÏXI, CHAPITRE ÏV.

Toltéques , qui leur apprirent à se servir des métaux , il faire des étoffes, et où il forma une société de seigneuries hiérarchiques dépendantes de Tetz- Guco. — Et cet empire était puissant quand vinrent lesMexicains^sousla puissance desquels ilspassèrenf. Et une autre branche des Toltéques, celle des prêtres , qui emportait les dieux et en particulier Quetzalcohuatl, après une longue migration, arriva à CholuUa, qui devint alors le sanctuaire'de tous les dieux , où venaient, de deux cents lieues aux alentours, toutes les nations offrir des sacrifices sîïr l'immense pyramide de briques et de pierres, dont les degrés s'élevaient à 200 pieds , et recevait le sang de 16,000 individus par an.

' Le territoire de CholuUa fut d'abord divisé en quatre principautés, gouvernées plus tard par un seul chef, élu par un conseil de six seigneurs, au* quel assistaient des prêtres.

Les Tlaxcaltéques furent aussi une des plus grandes nations sorties des Sept-Cavernes. Ils s'établirent aux environs du lac de Mexico , où ils exterminèrent les géants indigènes, appelés Quinametin. Et leur organisation sociale était celle-ci. Il y avait quatre maisons ou fami-les héréditaires, par l'un des fils de la femme légitime, élu en assemblée. Le chef de famille, appelé Tecuthle , habitait, au milieu du bourg, une maison héréditaire, appelée

HTSTOtRK D8 x'ÀMÉHlQUiB. i^^J

Pilcaîli, d*oû dépendaient des terres^ montagnes, rivières , lacs , etc. , dont le Tecutlile gardait la meilleure part, et répa'rtissait le reste entre ses Teix-Hui-Huan (neveux de maison noble), ses parents^ amis^ familiers, soldats,, lesquels étaient obligés de reconnaître la souveraineté de la maison principale, deTaider, la réparer,, la rebâtir, de lui fournir des redevances en oiseaux , fleurs , aliments , etc. , tout en étant hiérarchisés tous entre eux , de supérieur à inférieur, — Le Tecuthle était, en revanche, obligé de les régaler, de leur donner à manger dans sa maison; aussi les seigneurs, .quoiqu'ils fussent presque adorés comme des dieux y étaient-ils fort pauvres, en général, à cause des charges qui pesaient sur eux. Ils ne se livraient jamais h aucun travail mécanique au-dessous de leur condition. — La dignité de Tecuthle s*obtenait par une espèce d'initiation , consistant en de rudes épreuves, comme jeûnes, continence, sacrifice de sang, percement des narines, etc. (Tôrquemada. )

Les Tlaxcaltéques ont laissé des monuments , surprenants par leur hardiesse : ce sont des murailles bâties en quartiers de rocs inégaux , qui ferment des vallées entières pour arrêter lé cours des torrents. ( Voyages de Dupaix, )

Les Tlaxcaltéques , en guerre avec les Mexicains à l'époque de la conquête espagnole , se mirent du côté des Européens.

^48 .UVRB m, CHAPITRÇ lY.

Les Mexicains, appelés primitivement Aztèques, du.nom d'Aztlan, l'une des divisions des Nahuatlaques, sortirent les derniers des Sept-Gavernes, où ils étaient arrivés à la suite d'un oiseau qui leur disait toujours: tihui (partons). — Et à Gliiraosostotl leur apparut l'idole de Huitzilopuchlti , né d'une mère sans père , et qui leur dit de s'en aller vers l'ouest. Et les prêtres emportèrent le dieu sur leurs épaules , dans un temple de joncs odorants , et il avait quatre ministres; et pendant leur voyage, leur dieu , qui s'appelait d'abord M extli , leur fît quitter le nom d'Aztèques pour celui de Mexiques, et alors ils se divisèrent en deux sectes : celle-là et les Tlatelulcas. Et une autre fois, ils s'arrêtèrent pour faire un lac artificiel ; et les uns voulaient partir, tandis que les autres voulaient rester; et une nuit, on trouva dans le temple ceux qui voulaient rester, ayant la poitrine ouverte et le cœur arraché ; c'est pourquoi ils sacrifiaient des hommes en leur arrachant le cœur, pour l'ofirir au dieu qui ne mangeait que cela. — Et enfin , après bien des stations, et après s'être fort amoindris à former des colonies, et puis , après avoir été chassés et repoussés par toutes les nations qui s'étaient déjà établies autour du lac de Mexico, ils furent faits prisonniers par le peuple de Gulhuacan ; et dans un danger, les chefs de Tetzcuco donnèrent des armes aux Mexicains , et ceux-ci furent si braves , que les Culhuaques efirayés leur permirent de

HISTOIRE DE l'aMÉRIQUE. 2^1^

partir. Alors, après une longue course , ils arrivèrent à Mexico , où se réalisa une prédiction , qu'ils s'établiraient dans un lieu où , sur un rocher au milieu de l'eau, s'élèverait un figuier, sur lequel serait perché un aigle ; c'est pourquoi ils appelèrent ce lieu Tenuchtitlan.

— Et le premier roi mexicain qui fut élu fut Acamapichtli, pour s'opposer aux attaques des nations voisines. Et il eut trois fils qui furent le commencement de la noblesse mexicaine. Et de lui à M ontecuhçuma , qui régnait à l'arrivée des Espagnols, il y eut cinq rois; et ceux-là furent élus, ou héréditaires , quand le roi lui-même ne voulait pas nommer son successeur.

Les Mexicains avaient une science théologique qui comprenait des dieux nombreux, mâles et femelles, ayant chacun leur histoire , leur fête périodique, et leur temple dans le grand temple. — Les deux plus grands dieux étaient Tezcatlipoca , dieu triple , miroir resplendissant, âme du monde; puis Huitzilopuchtli , qui donna aux Mexicains le dard et la pierre tranchante Atlatl. Sa grande fête était celle-ci : on construisait une statue de ce dieu avec des semences farineuses détrempées avec du sang d'enfants sacrifiés exprès. Puis, pendant une procession , on sacrifiait de nombreux captifs et des cailles pour consacrer le dieu Paynal , remplaçant et lieutenant de Huitssilopuchtli , et dieu de la guerre comme lui. La statue de Paynal était ensuite

u5q LITAB III, GHAFITRB tT.

portée par un prêtre appelé Quetzalcohuatl , dans une salle où était déjà la statue en pâte de Huitzi^ lopuchtli. Là, en présence du roi, d'un prêtre ap-^ pelé Tehua , de quatre autres grands prêtres et de quatre jeunes prêtres du temple de Tlaloque, sans personne autre, ce mênae prêtre frappait d'un javelot l'idole à la poitrine, cela s'appelait tuer le dieu Huilzilopuchtli pour le manger*Yx en cflFet les prêtres accouraient : on donnait le cœur au roi , puis on partageait le corps en deux , une part pour Tiatelulco et une pour Mexico ; là on le divisait en une infinité de petits morceaux aux hommes de tous les âges ; mais les femmes n'en recevaient aucune parcelle* (Torquemada.)

Et voilà le signe de la période de répartition qui donne à chaque homme sa part de la Divinité ; mais on voit que dans cette société les femmes formaient une classe à part, dont l'origine n'était pas la même que celle des hommes; mais à leur tour elles figuraient comme objet ou comme but du sacrifice dans des fêtes de divinités femelles, telles que. Centeutl déesse des pains et des moissons , et Tocitzin la mère des dieux.

£t les enfants étaient sacrifiés en si grand nom-* bre à l'arrivée des Espagnols, que vingt mille étaient immolés tous les ans.

La fête leplus solennelle des Mexicains se célébitiit à la fin de chaque période de cinquante-deux lins. — On renouvelait les statues de tous les dieux ; on

HISTOIRE DE I^^ABlÉKfQUK. dSt

blanchissait les temples : des prêtres revêtus des costumes de chaque dieu se rendaient en procès^ sion à la montagne de Culbuacan. — Et tout le royaume était alors en grande crainte , car si le feu n'était pas rallumé cette riuit-là , le monde , les hommes 9 le soleil, devaient périr , et les Tzitzimimes, démons terribles, devaient venir manger les hommes; si au contraire le feu était rallumé, ils devaient être rachetés de la mort. — Aussitôt qu'on était arrivé au haut de la montagne , au milieu de la nuit, on arrachait le cœur à un esclave qui de^ vait être né à pareil moment , il y avait cinquante* deu:£ ans. Et au même instant on allumait le feu, que des messagers dans une joie extrême , en brandissant leurs torches , portaient dans toutes les directions pour allumer les feux sacrés. — - Alors on renouvelait tous les meubles et les habits dans les maisons, on faisait des sacrifices, des repas de miel et de grain, et tout le monde était en joie. (TorquemadaO

Et voici brièvement quelle était Tor^jinisation sociale des Mexicains.

U y avait un grand-prêtre, un pontife, des prêtres , et des communautés de jeunes gens attachés au service des temples. — Tous les prêtres étaient chastes, réservés, graves, et regardés comme des êtres parfaits , gouverneurs de la terre , qu'ils régissaient au moyen des oracles qu'ils recevaient des dieux et qu'ils transmettaient au roi. — Le

:a5a LIVRE m, chapitre iv.

pontificat était transmissible ou par élection, ou par hérédité du fils du roi, ou par des pénitemces trèsdures, consistant en neuf à di::^ mois de jeûne, en isolement, sacrifices, scarifications, saignées de diverses parties du corps à diverses heures du jour, etc.; toutes austérités qui avaient pour- but de demander aux dieux la faveur de bien gouverner et d'expier les fautes et les péchés du peuple.

Dans les trois familles héréditaires de Tetzcuco , de Tlacupa et de Mexico, qui étaient à la tête de ces peuples, la royauté était tantôt héréditaire par les femmes ou par les hommes, c'est-à-dire passait au frère ou au neveu du roi, et tantôt élective par les autres rois à défaut d'héritier direct.

Le roi, porté nu dans le temple, y était consacré par diverses cérémonies , qui consistaient en admonestations sévères, en jeûnes , pénitences , prières, sacrifices de sang, etc. — Mais aussitôt qu'il était sorti du temple, son pouvoir devenait absolu; personne né pouvait lui parler que par l'entremise d'un secrétaire. Il sortait porté sur les épaules des seigneurs; et tout homme du peuple qui le regardait était misa mort. H avait 3,ooo femmes comme Montecuhçuma, et ne pouvait être servi que par des nobles.

Il y avait 3o seigneurs principaux, ayant chacun 100,000 vassaux j 3,ooo seigneurs de lieux particuliers et limités, ayant aussi des vassaux ; puis venait

HISTOIRE DE l'Amérique. 253

la clasae inférieure ou le peuple, divisée elle-même en deux , les propriétaires , laboureurs et héritiers du sol , puis les fermiers.

Toutes les classes payaient tribut : mais les fermiers payaient des rentes si énormes, soit aux propriétaires héritiers, soit au roi, qu'on leur réglait ce qui devait leur rester pour se nourrir.

La condition des esclaves était fort incertaine, il y en avait de plusieurs sortes : les enfants nés d'une femme esclave, les débiteurs ou fils de débiteurs , les voleurs condamnés à servir , ceux qui se vendaient volontairement , eux ou leurs enfants. .— Un esclave pouvait se libérer en s'enrichissant, se mariant, et mettant quelqu'un à sa place, ou en se réfugiant dans le palais du roi , ou par la libertéque lui donnait le seigneur en mourant.

Dans certaines familles, le mariage entre frère et sœur, entre le fils et les femmes du père, était permis , dans d'autres il était défendu.

Aux funérailles du seigneur on sacrifiait de leurs femmes, et des centaines de leurs esclaves; puis pendant quatre-vingts jours, de temps à autre, quelques esclaves étaient encore sacrifiés pour les aider dans leur marche vers le dernier séjour céleste.

A la mort des rois on sacrifiait une innombrable quantité d'hommes et de femmes, et même les médecins, pour qu'ils allassent achever la cure dans l'autre monde.

Les guerriers morts en combattant, ou esclaves

]l54 LiVRB m, CfiAPttRË tv.

deleurs ennemis, allaient dans la demeure du soleil. Et quatre ans après se changeaient en oiseaux colo* rés. — Ceux qui mouraient d'accidents ou de maladies allaient dans un paradis terrestre, lieu frais et agréable» — Ceux qui mouraient de mort naturelle, de quelque classe qu'ils fussent, allaient dans un lieu obscur, d'où ils ne sortaient qu'après quatre ans, pour être punis suivant leurs fautes^ dans un autre lieu dont on ne sortait plus.

Tout bourg bâti par les Mexicains avait au centre un lieu élevé, entouré d'une enceinte carrée, ayant quatre portes qui regardaient aux quatre parties du ciel et aux quatre rues principales du bourg disposées en croix; au milieu de l'enceinte s'élevait une pyramide quadrilatère ; sur la plateforme étaient placés deux autels , devant lesquels se faisaient les sacrifices humains, en arrachant le cœur des victimes de leur poitrine, ouverte avec une pierre tranchante* Dans l'enceinte il y avait d'autrespetitstemples ou chapelles, etles logements des prêtres. (Torquemada.-Sahagun.)

Et on a pu voir que la vraie supériorité des Aztèques ou Mexicains , sur les peuples sortis des Sept-Cavernes avant eux , consistait principalement dans l'unité politique qui dominait; car les Toltéques, les Gholultéques, les Tlaxcaltéques, les Aculhuaques , étaient, sous d'autres rapports, plus avancés dans leur civilisation : eh bien il se trouve encore dans leur pays les restes d'un autre peuple.

filSTOIRE. DE L^AMÉRlQtlE. J255

dont les admirables moDuments, élevés sur des pyramides de formes gracieuses, se développent en longs parallélogrammes de bâtiments , surmontés d'une tour élevée, et dont les murs sont couverts de sculptures d'une élégance et d'une pureté de formes remarquables. Ces monuments, que tout le monde peut voir dessinés dans les admirables voyages de Dupaix, appartiennent au peuple de Palenqué, sur lequel nous n'avons pu recueillir que la seule tradition suivante.

Les habitants du royaume de Quauhtemallan ( Guatemala , premier séjour des Nahuatlaques) , disaient qu'avant le déluge qui détruisit les hommes, on adorait le grand-père et la grand'mère qui sont au ciel , et que , dans les premiers temps après le déluge, on les avait encore adorés; puis qu'il était venu une femme qui leur avait enseigné le nom d'un dieu , qu'ils avaient oublié ensuite; puis que la race humaine s'était beaucoup multipliée, et qu'alors il était né un dieu, appelé Ex^ balanquen , dans la province d'Otlàlta ; que ce dieu avait fait la guerre avec le dieu de l'enfer , et ' qu'il avait combattu toute sa race ; puis qu'il avait pris ce dieu et beaucoup de ses guerriers , et qu'il revenait ainsi au monde avec sa prise, lorsque le roi des ténèbres le pria de ne pas le tirer de son obscurité, parce que les trois ou quatre degrés de lumière qu'il avait déjà vus, l'éblouissaient. Alors £x-balanquen le repoussa du pied avec beaucoup

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de colère , en lui disant : Retourne donc dans ce lieu infernal, et qu'à cause de toi ce lieu soit dorénavant pourri, puant et méprisé, Ex-balânquen revint alors dans la province d'où il était parti, et n'y fut pas reçu avec les honneurs qu'il désirait ; et alors il s'en alla dans un autre royaume, où il fut accueilli à sa fantaisie, et pour récompense il donna à tout le bourg et à tous les hommes de ce pays une pierre tranchante, avec quoi ils sacrifient les hommes ; ils appelaient ces couteaux la main de Dieu , et ils leur faisaient de riches manches , ornés de figures d'or, d'argent, d'émeraude, etc. Leurs idoles étaient des figures d'hommes et de femmes, d'oiseaux et d'animaux, sculptés en pierres de diverses couleurs. ( Torquemada. )

Péruviens. Mais si parmi les diverses sociétés sorties du centre Nahualtaque, il en était qui avaient atteint une organisation politique plus avancée que celle des autres, ou des détails de civilisation plus perfectionnés, suivant la partie du dogme que chacune avait adoptée ; cependant il n'y en avait aucune qui eût encore aboli complètement les sacrifices humains au moment où les Européens la conquirent ; et il était réservé aux seuls Péruviens, sorte d'Oasis au milieu de l'anthropophagie dévastatrice de l'Amérique du sud , de

HISTOIRE DB l' AMÉRIQUE. 1^57

donner à cette époque l'exemple de rabolition presque complète de ces sacrifices. — Il était sans doute aussi réservé à cette société , unique exemple peut-être d^une organisation tellement unitaire, qu'il n'y avait pas un détail ni un individu social qui ne fut enfermé dans une hiérarchie compacte > descendant, sans heurt, du sommet de la société , jusqu'au dernier point de sa base, il lui était aans doute réservé de soumettre à sa puissante domination, et à l'adoucissement de ses mœurs, les autres populations américaines , si les Européens n'étaient venus accomplir bien plus rapidement l'œuvre de la civilisation , en apportant à ses peuples arriérés la morale et le dogme du christianisme.

Suivant une tradition d'origine des Péruviens , deux enfants du Soleil, un homme et une femme ^ étaient venus d'une distance de huit cents lieues à , Cozco. Ce voyage avait été divisé en trois stations: la première près du marais de Titicaca ; la seconde k Pacaru TempUj et la troisième à Huana^ canti, près de Cozco, où ils se séparèrent.

. Et. suivant une autre tradition , qui offre à peu psès les méiï^es noms de lieux : — Il y avait eu un dél^ga, après lequel ui^ homme puissant , ayant apparu dans le pays de Tiahuacanu , avait divisé la m^ncjfe en quatre parties égales, qu'il avait don- ^es^ à titre de gouvernement , à quatre hommes , uppelés : le premier Manco-Capac, le second Colla ou 4^yar-^Caçhi, le troisième Tocay ou Ayar^Vehu,

^58 LIVRE III, CttAPITRB IT.

et le quatrième Pinahua ou Ayar^Sauca ; et ces quatre hommes, qui avaient chacun leur sœur pour femme y sortirent par Fouverture du milieu de Pautareampu , où il y avait trois cavernes dans un rodber.'^Ët Maneo-Gapae, et sa femme-sœur Maina«O^Ho , se mirent alors en marche, et arrivèrent à Goaeo , où Manco-Capac fonda cette ville, subju*gim lea peuples voisins, les Instruisit, et donna DMSSanee à la raqe des Incas , dont douze rois s'étaient succédé jusqu'à la venue des [Espa^ols. (Garcilasso.)

Bien que ces traditions i^e se rattachent à la tr&^ dition des Nahuatlaques que p^r Téloignement d'où sont venus les premiers enfants du soleil , et qu^elles a'en séparent par Tabsenee de signes graphiques pour exprimer les traditi^na péruviennes en oppoliticm avec l'habileté pittoresque des Amoxoaque», qi» se séparèrent des Nahuallaques à Tamoan<^kfi»!^, nous résistons difflcil^nenfe à la pensée de regarder la société péruvienne comme le produit de la partie la plus spirituelle et la plusv élevée du groupe na^ huqtlaque , qm voulut continuer son voyage par mer» verë FOiient pour^ obéir à son dieu, qtfeHe emportait dan^ u» manteau avec ses tradRions peintes^

Quoi <fU''il w soit,, les deu^ traditions cbnt'tions voaoaa depavl^, et qudqnes' détails sur leeroâi Incas, sont les seul)» documents historiques que l!a las^ue sacrée- et n^ystévieuse des {Péruviens nous

dk transniî&i et ne remontefii paai pluikaltt qnë kl troisième période dv second à^.

. Les populations qui vi?IMElt Mf U/ÈÊifêfmiÉâ étaient de trois espèces s levoMB, ommotëëëHë àëà C3îiraana9f, étncnl ech^étenseat éttèm^bMi k la citilidation ibstdév pw MaadHCapac; Ged hMoiffieè vivaient ddoe les màaUigaeàf sàix» viikge#,^ éMâ^ iaaisons; ih se àonÉnrisBaièmt deF (hlàt ImMàiéfd; soit de celle de leniB prîÉosDférs, Mitâééelle^dié leuFs parent» morts, dont ils déposâieûf éils«tflf é lèl ossements daîxs des creaii êftkthtes on Astn§ âëà fentes de roohers ; ilis n'avaiem ataet^tfé IkàSié fbUit leniarii^e dans la Baimille, ete. ^^ IXâiitt^e^étaiéttC d'anciennes nations civilisées par la ccttiqaéte deii Incas; tek étaient les Collas, les HtièilKiaè, les Ghinchas et d'autres. *-^ Enfin la troisièttiê S&^ eiété était celle des Péruviens, dmrt voîd fe ^âlté-^ talité.

Il y avait trois mondée : un d'en* baùt, uii d!^eii lues et un da milieu. Ce defrnîer était àbrrôMpU dans la génération mêfhe , tfi é'étaîf p6trf ceï* qu'on rappelait Hurm-Pûècha. — Mfafe îeâf tidtiitties ppuvaîeast se raoleueter die^eecee cdvruptiotî^ en éfr-* si^rvant laldi , et alors ils siiaiiÂit èàHxs le tnoâÂÎé d'en haut , Hanan-Pacha , où ils jouissaient êtntsé yie pa^iUe 6t dcmoe^ pldne 4|^ c6iieentemefiïrt, de délices et de repos. •<-* Aa eomrairé, ifîlîj ù'sicdottt-* plissaient ^as la kiy iis devaient allei^ àMi f%é^ Pwha , le Dftond^ d'en bas^, skoé ait teàitê ée îif

a6o LIVRE III, CHAPITRE IV.

terre, et qui s'appelait aussi Gupaypa-Huacin, demeure du mauvais esprit, où étaient accumulées toutes les 'douleurs, toutes lés maladies, et où Ton ne pouvait jamais goûter un instant de repos.

Ces mondes parcouraient trois temps successifs : Tun de création , l'autre de conservation et d'activitétera>estre; le dernier, de destruction , de résurrection et de repos; et, après bien du temps, il devait venir sur la terre des hommes étranges qu'on n'aurait jamais vus , qui détruiraient tous les dieux , et alox*s tous les hommes ressusciteraient avec leurs corpus;, jet c'était pour cela qu'ils conservaient leurs cheveux et leurs ongles, afin dé les retrouver alors. ( Garcilasso. )

Un dieu créateur , qui avait fait le ciel et qui instruisait le monde , appelé Pachayachacher, était l'opposé d'un méchant esprit appelé Cupay, qu'on ne nommait jamais sans le signe du plus profond mépris« — Un troisième dieu , appelé Pachacamac, était l'âme et le centre du monde, et se manifestait SOÙ5 une forme appelée Viracocha.

Le monde du milieu était régi par Ynti , le soleil , grande et unique puissance, source de tout pou* voir, et|^ère de la race des Incas, par Manco- Capaç.

L'homme avait 1lK>is existences: la première, par wfx corps Alpacamasca ( terre animée ), pren^ier degré, dje la vie ; —7 la seconde , appelée Llama ," qu'il pa^l^ageait avec les animaux; -• et la troi-

HISTOIRE DE LAMSRIQUE. 261

sième, Runa, qui était Tentendement, la raison propre à l'homme. — Pendant le sommeil du corps, Tàme s'en allait par le monde , et voyait réellement les choses que représentaient les songes; aussi l'interprétation des rêves était-elle une science profonde et très-révérée. ( Garcilasso. )

La société péruvienne était composée de trois classes : les Incas , race divine , fille du soleil , les Guracas , seigneurs ayant des vassaux , et le peuple. La dignité royale était héréditaire par ordce de prîmogéniture, de mâle en mâle , né de l'Inca et de sa sœur. Deux autres espèces d'enfants sortaient <lè rinca et de ses autres femmes. —-Le grand-prêtre du soleil était frère ou oncle du roi; tous les prêtres devaient être Incas.

L'Inca , roi , donnait la loi d'une manière absolue, car il la recevait du soleil son père, et ne se trompait jamais ; il résidait à Gozco, ombilic de la terre, et transmettait directement ses ordres aux . quatre Incas , vice-rois des quatre parties de l'empire ou du monde. •-— Dans chacune de ces parties se . trouvaient trois conseils , un pour la guerre , un pour )a justice, un pour l'administration économique. — Au-dessous venaient les Guracas, commandants de provinces et de villes. —Le peuple était compté par dix âmes, commandées chacune par un chef, et additionnées par cinq, dix, cinquante et cent, en ajoutant à chaque fois un chef rapérieur. Les Chunca-Camayu, ou chefs, étaient

26^ uvae ni» chahtac iv.

eliargéi de toute espèce de rapport eptre le goave»-

Bi|ur et le peuple*

A une certaine époque de Tannée, Tlnca, les laeaa gouverneura» et les Guracaa, mariaient, ou plutôt accouplaient les jeunes gens d^une même classe, d'une même ville, d'une même fiimille; dernière condition qui n'était pa^ indispensable; jpuais les nouveaux mariés ne pouvaient aller ha»- Hler uni autre province ni même un autre quap^tie», ear eela aurait dérangé l'ordre des décuries.

Les terres étaient divisées en trois parties : odl^ du 0olf il , celles de l'Inea et celles de la commuliaut^. «rr? Les naeilleures de ces dernières terres lievenaient aux Incas et aux Guracas, suivant leur rang et le nombre de leurs familles et de leurs sei^ viteurs. Chaque homme du peuple avait une part d*iM tapu, etr les filles un demi^pu , appartenant . touJQura k leur père ou à leur mari. ~ Aucune U«rra n était bévéditake, chaque année le partage 4t faisait de nouveau » et chaque année le labop-. lage se faisait en oommun par toute la nation , en eommeuçant par celles du soleil , puis celles de» veuves , des orphelins , des infirmes et des vieillards, el enfin après celles de tous les particuliers | ot\ teraiinaît par les terres de l'Inca. (Garcilasso.)

Une (pande enceinte à laquelle on arrivait par qua^ ruqSy répondant aux quatre points cardinaux]^ contenait emq maisons ou temples, dédiés au solfil^ à la Iwfs aux étoiles, à la ibudre fî à

HISTOIRE DE L AMÉRIQUE. Îi63

rarc-en*ciel. Une sixième maison servait de logement aux prêtres.

Le temple du soleil était carré , couvert en boit et en paille, et les murailles en étaient garnies de plaques d'or.

Des filles-vierçes redisses étaient chargées de filer et tisser les vêteme^lts ile l'Inca et de préparer là boisson aca et le pain canou, dont on se servait dans les grandes fêtes.

Ces grandes fêtes étaient au nombre de quatre. Celle du soleil , ceUe de [l'initiation des jeunes Incas, celle des semailles et celle de la purification.

La première commençait par le partage que ie fusaient entre eux les Incas et les Curacas, de la boisson aca; puis venaient des sacrifices d'animaux, dont on offrait le cœur et le sang au soleil , et dont on partageait les chairs rôties avec du pain cancu et de l'aca aux Incas et Curacaâ assistants. l'Inca avah une boisson et du vin à part* £t le pain et les i^ma[ita que le peuple mangeait aussi à oés fêtes étaient préparés par d'autres femmes. »-^ Tout cela t'appelait le régal donné par le soleil à ses enfants.

liinîliiition des jeunes Incas se faisait par les épreuves du jeûne, de la course , du combat , de la lalle,d|iaaat, etc.

La fôMr des semailles consistait en sacrifices d'animaux, dont on jeUdt le ccsur et les entrailles daMWfeu.

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Enfin , la purification consistait à chasser le mal avec des lances et des torches à une certaine distance de la ville , et se terminait par des festins , des chants et des danses.

Aux funérailles des rois, leurs femmes et leurs serviteurs étaient enterrés vivants , ensuite on embaumait le corps du roi,; S on le plaçait dans le temple du^soleil, où il recevait des offrandes. ( Garcilasso.) .

Parmi les Incas il y avait des Amautas qui exerçaient la profession de savants et d'artistes, et des poètes appelés Harauec, qui composaient des drames sur les. victoires des rois, et mémie des scènes familières qui représentaient la vie des champs. ( Garcilasso.)

La société péruvienne vient donc compléter rhistoire de la troisième période du second âge en Amérique , et elle présente au plus haut point la réalisation politique de l'unité de pouvoir, et de la dualité sociale, qui formaient le caractère de la première révélation. Ainsi, dans cette grande terre américaine , isolée et inconnue , jusqu'au christianisme, des nations de Tancien continent, nous ^ avons un exemple incontestable du développe- • ment d'application pratique qu'un second âge, ou une seconde élaboration, peut donner à une ré-

vélation déjà établie , dans un premi^ àge^ à l'état de théorie morale , politique et économique^

Là nous trouvons au même moment , celui de la conquête européenne, une multitude de sociétés comme surprises dans leur état natif, complètement indépendante des transformations morales et sociales de la seconde révélation qui eut lieu dans rinde y et présentant toutes les formes sociales qui pouvaient résulter de la première révélation , et de la combinaison à tous les degrés de l'unité et de la pluralité , signes de la dualité morale primitive. Et en effet, depuis la société péruvienne avec son chef, politique et religieux à la fois, dieu terrestre, et représentant le soleil son père , et avec sa hiérarchie inexorable qui enserre la moindre individualité dans un immense fikt de pouvoirs , et sépare la nation en deux classes, que la religion nourrit d'une manière différente; jusqu'à la société Chichiméque, formée de deux individus, un stable maître moral;i|e l'abri de la caverne , un nomade tributaire du premier, et chassant sans cesse avec sa femelle qui le suit et ses enfants qu'il sème , on trouve une myriade de sociétés , qui toutes rentrent successivement, et à divers degrés, dans deux formes opposées ou mixtes : ^— L'état stationnaire des peuples du oentre, et l'état nomade des nations du Sud, ou l'état stationnaire après l'état nomade des nations du Nord : — L'unjté religieuse, avec le fédéralisme politique comme chez les Cholultéques; ou l'unité

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politique avec la pluralité religieuse, comme chez les Mexicains; ou bien Tunité religieuse et politique dans le même pouvoir , conmie chez les Péruviens et les Natchez ; et enfin toutes ces combinaisons de pouvoirs absolus et de conseils , d'hérédité et d'élection de droit divin et d'initiation, qui sont totrjours des accommodements transitoires entre l'unité qui s'impose et la pluralité qui réclame.

Partout il y avait deux classes absolument séparées par la race : »-^une supérieure, divine, noble, royale , seigneuriale, sacerdotale , se partageant les fonctions sociales et les produits sociaux, et agissant librement; une aufare inférieure ; l'étranger mangé , ou gardé et engraissé pour être mangé , l'esclave tué avec son maître, ou passant en héritage; enfin le peuple péruvien , n'ayant liberté ni d'is^, ni de sortit de son district, ni de se choisir une fiimme , ni enfin d'accomplir aucun acte social qui ne lui fôt pas commandé.

Et ai nous insistons id sur ces considériitions eC aur la valeur de la civilisaticm américaine conune type de l'application pratique dans le second âge , ^u dogme révélé et élaboré tl^riquemeiit dans le premier, c'est que l'isolement dé ces nations ne laisse aucune supposition à la communication avec la seconde révélation , ceUe de l'Inde , «t que l<s détails que nous avons donnés sur l'organi^ntion de ces sociétés, nous dispenseront de beaucoup de répéMioM lorsque nous tracerons l'histoire de oelïes

gui, comme elles , ont vécu sur le dogme du premier âge, jusqu'à ce qu*elles fussent rejointes par la révélation brahmanique, ou par la révélation chrétienne.

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