LIVRE IV
HISTOIRE DES POPULATIONS DE L AFRIQUE ET DE LA HAUTE ASIE PENDAHt[lE PREMIER ET LE SECOND AGE.
Nous allons maintenant tracer Thistoire des nations africaines et asiatiques, qui ont plus particulièrement dominé dans le second âge , soit en servant de passage aux doctrines indiennes pour se répandre dans FOeoident , soit en commençant et en réalisant les essais de centralisAtîoii et de constitution politique unitaire qui devaient ter^ miner le second âge.
^70 tlVUE IV, CHAPITBE I.
GHAHTttË PftÉMïÊft.
Histoire de TÉgypte primitive. — Premier Age et première période da second. — GoLooie noachique. — Règne des dieux. — Osiris. — Isis. — Mestràïm. — Athotés émigré de Memphis à Thèbes. — Pyramides primitives. *— Sésostris.
Om^ knwque: Cibam.aÉin flaiis' FAfrii{A0^ â ae d&rig^a.tooldteîi¥W»la iHàA; mBiBfBûèmteelêt^ mM pti^ dm grw)^ wl^QÎdb ar'afrétâ lÉTékovd devant le fleuve du Nil , et, s'éUMt toiae iit rdm^mt» son cours , s'établit à Kemé (Memphis) , qui reçut ainsi son nom du nom de Kam , et le donna aussi à la partie inférieure de TEgypte , appelée au principe des temps Kemé.
Et tandis que cette paftîede la colonie de Cfaam s'arrêtait là , le plus grand nombre continua sa route vers le Midi y ainsi qu'il a été dit.
Mais après Cbam, au temps de la seconde séparation des enfants de Noé , qui est le temps de Janus l'Arménien 9 le second Japheth, il vint en-
mSTOIRfi DE l'ÉGTPTEi. Q'Jt
€ore en Afrique Chus avec sa colonie, qui , trouvani TËgjpte inférieure occupée par les fils de Chain ^ remonta le cours du Nil, et alla établir aux con« fins de la Nubie et de TEgjpte , pris des cataractes du Nil f dans l'île de Snem (Be^é) , un diamp sacré, tien qui fut toujours depuis considéré comme le plus saint de toute l'Egypte, et où il s'est taii« jours £iit de fréquents et nonabreos pèlerinages en l'honneur des grands dieux qui y résidaîentL (Hérodote, Diodore de Sic. , etc.) — Mais, après a[Voir fixé ce premier centre, Chus ou Gu^Ai rernoola encore dans FEilûopie, oà il dcmna le nmn de Konehî aux habitants, et ayant tpa^ersé rAtbaïah, il parvint jusqu'aux terres élevées qui séparent les montagnes de T Ab jssinie de la partie enfoncée où cdule r Atbarak (Brace).-«^£t noosy reviendrons plus tard.
Or , parmi ceux qui go«v«fnère0t TEgjrpCe ,1 on coniple d'abovd sept dieux , et puis neitf demi** dieux ^ qui sont les premiers dynastes. Et les sept éiecixsonl : Epfaaistos (Pktab); Hélios (Phré),- Agaih€>dtB0|oi!i (Nouf o«e Knef ) ; Kronos ( Sevek); Osivis (Onm); un anonyme, et Tyjdioi». — Et les neuf demi^dieux sooM : Oros ( Aroueri) ; Ares-; Anoubîs; Heraklé (C^jom); Apolka (Avsiési>; Ammon ; Tkikoes ( Toth); Smos ( SotUs)^ et Zecs (Amoii tl»).— ^Et^mei comment il&$e snceédèreal. f Mattethen. )>
D'Wbovd il y eut pamnîi Imttmè^ (Am, <fm
étaient restés dans lîle de Snem, une séparation. ; — Bouto ou Tjermouth, la grande déesse, mère des. dieux grands, se révolta, et voulut retourner d où venait la colonie; et elle redescendit l'Egypte, et elle s'arrêta dans le Delta , près de l'embouchure sc^ennytique du Nil; et elle établit son oracle daii« un lieu qui s'appela Bouto de aon nom , et en même .temps une brandie du Nil se nomma Thermou* tique.de son autre nom.
c . Et comme après cette révolte, qui jeta beaucoup jde trouble dans l'île de Snem, Sevek ( Kronos), le plus jeiitafi des .dieujc ( le crocodile), et le premier qui {porta une apme de métal, s'empara du pouvoir , et s'établit à Ombos, où il a toujours été adoré. depuis sous sa forme humaine, et où il eut de sa femme Natphé les trois dieux Ousri ( Osîris ) , Arpueri (Horus) et Typhon, ainsi que la déesse In,, soeur d'Ousri, et Nephthys, sœur de Typhon; alojrslès autres dieux s'en allèrent aussi delilo^de Sntm. — r Phtah ( E}phaistos ) , dieu du feu , fabricateur du monde, troisième dans la hiérarchie, «t »é d'Ancien Knoufis (Agathodœmon), dweiMràk jusqu'à Kémé, où il s'établit, et d'où «il chasaâla ■race de Gham , qui se réfugia dans la basse Egypte , où elle resta sous le nom et la dominatioi» de Ty- ]Àon, et toujours ^ainemie des SXs de Chua.-^Bt Phré (Hélios),.qui portait sur 3a tête la dépouille d'un épervier , comme signe de sa fonction de camitaandant unitaire et spirituel 1 s arrêta aussi aux
HISTOIRE PË L EGYPTE. a'jZ
environs de Kémé , où il fonda un lieu sacré , appelé de lui ville du Soleil ( Héliopolis Balbek ). — Mais Nouf ouKnef (AgjitlLodœmon), s'étant arrêté plus tôt, fonda à Th^cs le centre religieux de la Thébaïde , dont il est resté le dieu.
Ainsi l'Egypte primitive se trouvait déjà divisée en trois grandes parties : une supérieure , une moyenne, une inférieure. Dans la supérieure , oU la Thébaïde, se trouvait le lieu le plus saint; puis l'éducateur , le conservateur de la foi , Nouf ou Ampun Knouphis, et Sevek, le premier constituteur de la morale et de la science sociale* — Dans la moyenne, ou l'Heptanomide, se trouvait le poii* voir unitaire de Phré, et le pouvoir matériel du fabricateur Phtah. — Et dans l'inférieure , ouïe Delta, la race femelle^, inférieure, révoltée et maudite (Djermouth ou Bouto), qui bientôt se joindra à Typhon, la plui?alité méchante.
Et Osiris, fils de Sevek, ayant épousé Isis sa sœur , fille de Natphé comme lui , succéda au trône de son père, et fit plusieurs choses utiles à la société. U abolit la coutume qu'avaient les hommes de se manger les uns les autres, et établit à sa place la culture des fruits. Isis,de son côté, leur donna l'usage du froment et de l'orge ; elle donna aussi les premières lois aux hommes , et leur enseigna à se rendre justice les uns aux autres, v— Osiris fonda le centre religieux.de Thèbes, où il éleva des monuments à Amon*-Koouphis (Zeus) et à Mouth(Hera).
TOM. I. * i8
Osiris et Isis ont été les inventeurs des arts et d^ autres choses utiles à la vie ; ce fut de leur temps qu'on trouva danq^ la Thébaïde Tor et largent, dont on fit des armes, des instrumenta pour travailler la terre , et des temples entiers avec des statues pour les dieux. — Osiris apprit ausfti aux hommes la manière de faire et de conserver le vin« Wt il honora Hermès ( Anoubis), parce qu'il le vit doué de talens utiles à la société. Hermès, en effet , inventa une langue exacte , donna des noms aux choses, fit les premiers caractères; institua des sacrifices aux dieux ; enseigna l'astronomie ; établit l'usage de la lutte et de la danse; inventa la lyre , à laquelle il donna trois cordes, à l'imitation des trois saisons de l'année , et il était le confident
d'Osiris Mais Osiris ayant assemblé une grande
armée pour parcourir la terre, laissa à Isis la puis^ sance souveraine, avec Hermès (Anoubis) pour conseiller, et Heraklé (Djom) pour chef de troupes. Et il avait aussi donné à Busiris le gouvernement de tout le pays maritime tourné vers la Phénicie, et à Antée celui des lieux voisins de TËthiopie et de la Lybie. Enfin Osiris, emmenant avec lui Pan, Maron, et d'autres personnages, musiciens ou agriculteurs, s'enfonça dans l'Ethiopie, où il porta les connaisisances qu'il possédait. — Et après le départ d'Osiris , Isis s'allia avec Typhon le méchant. «-^ Et Aroueri (Horusl'ancien), fils de Sevecket de Natphé, devint furieux contre Isis, et se jetant sur elle lui
trancha la tête. --*Et Afès continua c€f qû'èiVâît ftît Aroiieri,eu repoussant en bas du NilIskértTyphôil. «^Mais alors le Nil se déborda et i'àmpîtâés digues, et submergea toîitè l'Egypte. Et cé hè fct ^ue Djom ( Hercule ) ^ fils d^ Phré, qui parvint, par un effort plus qu'hulfiidii) ^ à réparet les digues et à faire rentrer le fleuye dans son lit. Et Djom, qirf était dief de l'Egypte s\ipéi4eurè ^ ayatit vu qu^'Antéê , le? chçf deVEgyptef moyenne, abusait de la foite de son corps et de son expérience dans la lutte, et qti'il faisait mourir tous les étrangers qu'il aVait vaincus dans cet exercice , s'avança contre lui , ïë défit et le tua.— Et Djom nettoya FAfrique d'un: gi^and nombre de monstres sauvages dont elle étatît remplie , et la rendit si fertile , que dans des Heut déserts auparavant il cfroîssaît en abondance deÉ blés et des fruits. — -» Il poursuivit les tyrans et leÈ brigands, et rétablit la tranquillité datïâ leô vîllefe. *^ Et après cela il descendit daiis ÎEgypte inférieure, où il fit mourir le roiBusîrîs, qui massacrait tous les étrangers qui venaient loger chez lui:. — ^Et pour aller dans FEgypte inférieure , ayant traversé laf Libye, il y fonda une ville, appelée Hécatonpyle, et ensuite il parcourut le feste deFAfr?qùej et, loti* géant la Méditerranée , i! passa? de là eu Ëspagûè. (Diodore de Siôile. )
Et là finit là seconde période dû ^remié* %é , 0h sr'est constituée en Egypte comme partout tméf tlrtorieet un poûvùir poétique. ]?*uis ^otûthénCé^
^76 LIVRE IV^ GHAPiniE I.
ensuite la période de répartition ou de théorisâtion économique.
Et d'abofd on voit dans l'Egypte inférieure naître dlsis, Arsiési, ou Horus fils d'Isis, appelé Apollon par les Grecs , et sa sœur Pepasclit ( Bubastis ) 9 qui sont nourris tous deux par Bouto dans une île flottante. Et dans ce temps aussi le^ulte de TAmoun-Knef descend de la Thébaïde dans les lieux bas de TEgypte, et s'établit dans l'Oasis d'Ammon. — Et là était son idole, c'est-à-dire un bélier qui portait le disque lunaire et l'épervier solaire , et avait à chaque pied un Urœus coiffé du Pschendt, et représentant, les deux premiers : Phré, présidant au feu et à la chaleur, Osiris gouvernant l'eau et l'humidité ; et les deux seconds : Soou , chef de la zone de l'air étendue de la lune à la terre, et Atmou , le dieu de la terre. Et ces quatre étaient les quatre dieux élémentaires.
Et Osiris, ayant fait de longs voyages dans l'Arabie , dans l'Inde et dans d'autres pays, revint enfin dans l'Egypte supérieure où il régna avec beaucoup d'équité. Mais alors qu'il était au comble de sa gloire , Typhon, son frère , homme violent et cruel , qui habitait les lieux bas de l'Egypte vint l'attaquer, le tua, partagea son corps, et le distribua entre ses complices. Et Isis, désolée de la perte d'Osiris , se prit à courir partout à l'aventure pour retrouver les parties du corps d'Osiris, et pendant ses courses elle inventa de nouveaux vêtements
HISTOIRE DE LÉGYPTE. ^-yj
et de nouvelles parures pour les femmes, et elle éleva TenfaDt Dictys, en lui brûlant toutes les parties matérielles de son corps. — Et Isis, étant revenue en Egypte, trouva dans un tronc d'arbre le corps d'Osiris, que Typhon y avait caché, et elle l'apporta à^outo,prè&de son filsArsiési (Horus, fils dlisis), qui y était nourri. — Mais Typhon, étant encore revenu, déchira de nouveau le corps d'Osiris, et le répandit dans les marais de la basse Egypte', où Isis les ramassa , et elle fit de chacun de ces itiorceaux une idole qu'elle confia à un corps de prêtres difierent, et auxquels elle donna le tiers de l'Egypte pour l'entretien des sacrificesi^ Mais Isis n'ayant pas trouvé le phallus d'Osiris, elle en fit faire unereprésentation, à laquelle elle attribua un culte et des sacrifices particuliers. — Or, Isis était une reine puissante qui faisait observer les lois, et combla de bienfaits ses peuples , car elle avait inventé plusieurs remèdes salutaires, et apparaissait aux malades dans leur sommeil pour leur porter secours : et son fils Arsiési ayant été tué par ses ennemis , elle retrouva son corps sur le rivage du ]Nil, et le ressuscita en lui faisant bqire un bre^uvage qui le rendit immortel , car c'était le dernier roi participant de Timmortalité qui eût régné sur TE*gypte. — Et Isis, après sa mort, fut ensevdie à Memphis, qui s'appelait alors Auret, et où elle obtint les honneurs divins. — Et Arsiési, ayant reçu une apparition d'Osiris mort, découvrit les pro-
3fj8 UVAE IV, GH4PlTBf: I.
prîétés du cheval pour |la poursuite de Teianemi, et pn profita pour exterminer Typhon , qui s'appelait 91issi Sothis (Sosos), et qui était le feu destructeur. W«£t du temps d'Isis vivait aussi Tithoesou Thol^ J'Hermèfi deux fois grand. Et enfin le dernierdieu ^e cette période, celui qqi domina tous les autres §t les réunit en lui , ce fut Amoun-Ra ( Zeus ) , dont 9pill» avons vu le culte s'établir dans TOasis de son QOip* (Diodore de Sicile. — Dialogue d'Isis et d^rus.)
Et les monuments qui sont restés de ce temps sont épars sur TËgypte : et d'abord à Phy lœ , lés deux piliers de granit unis par une assise à marche , <s0uverts de hiéroglyphes, et couronnant une montagne de granit; et puis dans le même lieu des blocs entassés et surmontés d'un monolythe dressé et chargé de hiéroglyphes. (Voy, de Denon.) — Et dans la basse Egypte la pierre en T de Bouto (Hérodote); et à Sann (Tanis), la double rangée 4e dii^ blocs de granit bruts ( Denon ); et enfin dans l'Egypte moyenne, près du lac Mœris, les tumulus de terre > de sable et de pierres, contenant de nombf^ux ossements humains.
(Diodore de Sicile. — Hérodote. •— Manethon.
1— Le Syncelle. ^^-^ Ghampollion. Panthéon, Let-> très, etc. ^^ Denon. «-' Behoni. )
HISTOIRE DE L EGYPTE. S'jg
Avec le second âge de l'humanité commence ce qu on a appelé les dynasties dans l'histoire de TÉgjpte , ordre variable dans le nombre et les noms^ suivant les traditions qui les rapportent, mais qui rétoQibe -en accord à certaines grandes révolutions sociales qui servent de point de repaire.
Or, la première période de cet âge commence dans toutes les séries par Menés. > — Et Menés ou Mestraim , premier prince humain de l'Egypte , après le règne des dieux, est celui qui enseigna aux hommes la morale de l'expiation , c'est-à-dire à adorer les dieux et à leur faire des sacrifices. — Et alors toute l'Egypte , excepté le nome thébaïque, était un marais; et Menés, poursuivi par des chiens (Anoubis, Hermès-Cynocéphale), s'y réfugia, et fut soutenu par un crocodile ( Sevek ), qui le souleva et le porta doucement sur l'autre bord. ^— Là , Menés, après avoir détourné le cours du Nil, qui se portait vers la Libye ( séjour d'Ammon ) , et l'avoir forcé à couler à égale distance des deux chaînes de montagnes, bâtit la ville de Memphis, qui portait avant lui le nom d'Auret, et à laquelle il donna son nom de Mestraim* Il éleva ensuite un temple à Phtah-Thoré ( Hephaistos ) , et il introduisit l'usage des tables, des lits et des étoffes; et il avait sept fils. Et après avoir accompli beaucoup de choses à la tête de l'armée qu'il commandait, il vécut encore longtemps , et fut enfin enlevé par un hippopotatne, et remplacé par son fils Athotis. —
28o LIVRE ÏV, CHAPITRE I.
Et Athotis, célèbre par ses connaissances médicales et par la division qu'il fit des parties du corps, fonda le palais de Memphis; mais après lui il y eut de grandes famines , des pestes qui désolèrent le pays , et des prodiges qui retombèrent; et à Bubaste , une ouverture de la terre engloutit beaucoup tf hommes; et alors apparurent les cultes du bœuf Apis ( la lune ) à Memphis , du bœuf Mnévis ( le soleil ) à Héliopolis ( Balbek ), du bouc Mendès à Mendès; et «nfin le royaume fut partagé de manière à en donner une part aux femmes, qui y régnèrent suivant une loi. Et déjà, pendant ce temps , deux dynasties de rois s'étaient écoulées depuis Menés; et alors Gnéphactus, appelé aussi Atothis, et pèi^e de Bochoris le Sage , voyant le désordre qui s'était introduit dans la société fondée par Menés, maudit ce premier homme roi, bien qu'il le reconnût comme chef de sa race, et adopta pour chef de famille, Athotis fils de Menés, dont il prit le surnon^. Et alors il sortit de Mestraim ( Memphis ) , et s'en alla à Thébes, où il inscrivit la malédiction contre Menés dans le temple d'Amonn , et fondfi une race de rois thébains , qui ont une généalogie différente des rois memphites, aussi descendants de Menés, mais plus courte puisqu'ils se sont établis plus tard* ( Manethon. — Hérodote. — Diodore. )
Et puis les Libyens voulurent se révolter contre la domination memphite, et se séparer de l'Egypte. Mais, par unpro4ige, le lune devint si grande ,
UISTOXAE DE L EGYPTE. :26l
qu'ils furent frappés de terreur et se rendirent. — Et puis un roi memphite , appelé Tosorthos , perfectionna Tart de guérir et la peinture des signe's symboliques, et inventa lart de construire des temples avec des pierres taillées. Et un autre roi , nommé Souphis, écrivit sur les choses sacrées, fit de grands bienfaits aux hommes , et éleva une pyramide.
Et les pyi;amides qu'on élevait dans ce temps ne sont pas celles quon voit à Ghiseh, mais bien celles qui sont élevées en terre ou en briques crues à* assises, et ordinairement soutenues à leur base par d'énormes et longues pierres calcaires, placées verticalement le long de la surface extérieure de la pyramide. Et celles-là sont à EUahoun, Haourah, Metanieh , dans les environs de Memphis, du Bahr- Jouseph et du Fayoum. Et la dynastie thébaine éleva aussi des pyramides semblables, comme on en voit une près d'Edfou (Denon); et les Hypogées primitifs de Thèbes et de Silsilis appartiensnent aussi à ce temps, comme ceux de Sakarah et des environs du lac Mœris. (Belzoni. ) ' Et puis, vint ensuite Nitocris grande et puissante reine, qui était la plus belle et la plus noble femme d^ son temps , et qui avait succédé à son frère Othoès , tué par ses gardes. Et elle régna sur la Thébaïde aussi bien que sur FÉgypte moyenne; c'est pourquoi son nom figure dans les deux races thébaine et memphite. Mais , ayant voulu venger son
26k LIVM IV, CHAPITRB I.
frère 9 elle invita à un repas tous les principausc chef9 de Tétat, et ayant fait entrer par un canal secret les eaux du fleuve dans la salle , tous périrent, et elle«mémetnourutrdans une chambre pleine d$ cendres, où elle se jeta pour éviter la fureur du peuple. Et ainsi elle accomplit un de ces sacrifices qui détruisent les anciennes races pour en créer de nouvelles.
Et il y eut ensuite un bien méchant roi, plein de férocité et de cruauté, et qui fqt dévoré pa^ un crocodile, ce fut Achtoës; mais après cela il y en eut de bons et de glorieux ; ce fut M œris ,' roi mem«» phite, qui fit bâtir un portique au temple de Phtah, et creuser un lac dont la pèche fut consa<crée au revenu de sa femme, en même temps qu'il fit élever au milieu de Ce lac un tombeau avec deux pyramides , et au sommet de chaque deux figures assises, la sienne et celle de sa femme. -*- Et k Thèbes régna Osymandué , qui construisit des monuments, mais à qui Diodore a tort d'attribuer les monuments de la Thèbes moderne. -^ Et Uch^ rœus fut un autre roi de Memphis, qui entoura cette ville de fossés et de fortifications, et dont la fille , appelée Memphis , donna son nom à cette ville, et fut fécondée par un taureau, transformation du Nil, dont elle eut un fils, nommé Egyptus, d'une force et d'une vertu merveilleuse, et dont la coa«* trée prit le nom , en mémoire de ce que ce prince avait été juste, vigilant > et père dû peuple.
rilSTOIKE DE l'eGYVTB. 2^3
Et enfini Sésostris fut un des rois de la douzième dynastie , qui termine cette première période du second âge en Egypte — Phtah avait prédit au pèr« de Sésostrisque son fils aurait l'empire du monde , et le père fit élever avec lui un grand nombre d'en* fapts exercés particulièrement à la course; et Sesostrisy étant encore très^jeune, partit aveo ses jeunes compagnons ^ s'en alla conquérir l'Arabie , où il combattit des bêtes farouches , et où il soumit des peuples indomptés,, après avoir souffert la faim et la soif dans le désert. Et sa jeunesse se termina par la conquête de la Libye, -r^fuis , parvenu à Tâge adulte, Sésostris forma le projet de se rendre maître du monde , d'après les conseils de sa fille Athirte , femme fort intelligente et très-habile dans la connaissance de l'avenir, et qui avait prédit les succèâ de son père, et qui lui avait fourni les expë« dients nécessaires pour faciliter son entreprise. -^ Alors, après avoir réparti le gouvernement de l'Egypte entre trente-six gouverneurs, et s'être fait aimer du peuple par sa douceur et sa bienfaisance , il partit avec son armée, traversa l'Ethiopie, où il leva des tributs, passa la mer Rouge sur des vaisseaux d'une forme nouvelle, s'étendit jusqu'aux Indes, conquit l'Asie, et revint par la Scythie et la Thrace,où se terminèrent ses conquêtes. — Et à chaque pays qu'il conquérait il faisait dresser des colonnes, sur lesquelles il faisait graver un phallus pQlnr )e« peuples belliqueux et un cteis pour les
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lâches. — • Il fit élever aussi dans plusieurs endroits sa statue colossale. — Il traitait avec justice les peuples quil soumettait, il y laissait régner les princes qu'il avait vaincus , mais il les obligeait à lui apporter des tributs tous les ans à un temps marqué. — Et il ramena en outre à sa suite une foule de captifs en Egypte , et il orna les temples et récompensa ses soldats avec *^s dépouilles de ses ennemis. — A son retour de son expédition, Sésostris s'étant arrêté à Peluse, fut surpris par son frère , qui , l'ayant invité à un repas , profita de l'ivresse générale p#ur entourer sa demeure de matières combustibles et y mettre le feu,- etSésostris, pour se sauver de ce danger et sur le conseil de sa femme, étendit sur le feu deux de ses fils pour lui servir de pont , et s'échappa avec sa femme et ses autres enfants. — Enfin, au bout de neuf ans il rentra dans sa patrie, couvert de gloire , et rapportant une infinité de richesses et d'inventions utiles. — Et alors il renonça à tous projets de guerre, et il répartit la terre en portions égales entre tous les Egyptiens , à charge de lui payer tius les ans une redevance ; et il employa les captifs qu'il avait ramenés à creuser des fossés et des canaux pour faciliter le commerce , à traîner des pierres pour élever de3 temples , des terrasses de défense et un mur étendu depuis Peluse jusqu'à Héliopolis , et destiné à arrêter les courses des Arabes et des Syriens. — Puis il acheva le temple de Phtah à Mem-
HISTOIRE DE l'ÉGTPTE. 285
phîs, et il y fit placer sa statue, celle de sa femme et celles de ses quatre fils. — Il fit élever deux obélisques de pierre dure. Il consacra ua yaiisseaû de bois de cèdre revêtu d'argent au dieu de Thèbes. (Amon KnefO — Enfin, comblé de gloire et de puissance, regardé comme le souverain le plus sage et le plus juste que TEgypte ait jamais eu , après trente-trois ans de règne, il devint aveugle , et se donna volontairement la mort, ce qui fiit un sujet de louanges pour tous les prêtres et tous les Egyptiens.
Phéron , fils de Sésostris , lui succéda , et eut la même puissance que son père sur là haute Egypte , car son nom Phrouron se trouve dans la liste thébaine. — Mais ce prince fut maudit par les dieux pour avoir lancé des trmts contre le Nil débordé, devint aveugle, et ne fut guéri que par l'urine d'une femme vertueuse qu'il épousa, et par reconnaissance il fit élever deux obélisques à Héliopolis.
Et parmi les rois qui vinrent après lui , il y eut un Amj^sis, qui était tellement violent et cruel avec ses sujets , que lorsque Actisanès , roi d'Etiopie, vint lui déclarer la guerre, tous les Egyptiens passèrent du côté des Ethiopiens, et se laissèrent conquérir. Et Actisanès, homme juste, traita favorablement ses nouveaux sujets; mais, sévère pour le crime , il établit entre l'Egypte et la Syrie une colonie de voleurs, auxquels il faisait couper le nez. *^ Fuis, à la mort d' Actisanès , un Egyptien
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nommé Meiidès , et aussi Marrus , et aussi Laoharis, monta sur le trône ^ et fit élever le labyrinthe pouf lui servir de tombeau. (Diodore de Sicile. ^—Hérodote. — Manetbon.)
Et après tous ces événements , cette première période du second âge 96 termine pût de grand» désordres. — Les captifs que Sésostris avait amenéi^ de Babylone, ne poutam supporter les travaux dont on les accablait ^ se révoltèrent , ravagèrent le pays , et On fut oblige de leur concéder un lieu où ils s'établirent, et qu'ils appelèrent Babylone. — Et puis nous avons vu que la méchanceté de rois cruels avait contmipu le people égyptien, att point de se laisser envahir par les Ethiopieti$ : et enfin voici que d'autres étrangers, tenus comme ca|>tiis sous le liom de Joseph, et employés à des travaux de fermage et de répartition , s'établissent dans la basse f^ypte; puis, s'unissant aux Arabes d'Amalek qui inondent le Delta, sont connus sous le nom de Hiksos , de Pasteurs , de Pbéixiciens ou d'Arabes , dévastent longteihps l'Egypte , et ont des générations de roi», tandis que la plupart dé» historiens noarquent pendant plusieurs générârtic^ns un interrègne, où la malheureiise Egypte est abandonnée à toutes les^ influences étrangère» et enné«* mies qui Tentourent^-^ependantees deux nations, qui tentaient d'établir leur domrination suir FEgypte, les Ethiopiens qui deacendaientleNil > etled* Hébreux qui le remontaient ,^ n'étaient pa» toute»
«STOIRB DE LÉGYPTE. ^îSy
les deux des puissances malfaisantes pour l'Egypte, car nous allons Toir que la civilisation éthiopienne sortait directement de la révélation indienne; et même nous verrons que le reste de l'unité du premier âge que les Hébreux dvaietit gardé, cherchait à imposer un ordre à la pluralité typhonienne de l'Egypte inférieure, et enfin, qu'il résultera une nouvelle, société de ces deux forces extrêmes qui pressaient l'Egypte entre elles. — Et maintenant nous allons rattacher à l'origine de l'une et de l'autre la portion de l'histoire, qui les sépare du moment où nous les retrouvons en contact avec l'Egypte.
288 UVRE ly, CHAPITRE II.