‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 26 sur 37 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Afriqae. — Ethiopie. — Colonie noachiqne. — Agous. — - Troglodytes. — Meroë. — Migration indienne des Fali». — Ethiopiens. — Monuments de la Noble.

Or, ainsi que nous rayons dit, une tradition de TAbyssinie rapporte que Cush, qui laissa son nom aux Ethiopiens, appelés Kouehis, trayersa avec sa famille la basse Egypte, puis l'Atbarah, et parvint jusqu'aux terres élevées qui séparent les montagnes de l'Abyssinie de la partie enfoncée où coule l'Atbarah. — Là , Cush s'établit dans lés montagnes ; ses enfants bâtirent la ville d'Axum quelque temps avant la naissance d'Abraham, et puis ils s'étendirent en descendant le cours du fleuve et le long des montagnes parallèles au golfe Arabique; et tandis que ceux-là , qui cultivaient les sciences avec succès, se portaient vers le centre et le Nord, leurs

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frères, les pasteurs, se dirigeaient vers le Sud/ (Bruce. ) ^ ' -

* Or, les Agous, nation la plus nombreuse de FAbyssiniej ont encore aujourd'hui un graiid-prêtre, appelé Kefla Abay ( serviteur du fleuve ), dans là famille duquel la prêtrise est conservée depuis le commencement du monde; ilâ adorent le fleuve, qui prend sa source dans un marais au pied de leurs montagnes, et aussi les serpents, qui , suivant eux , savent le bien et le mal , et donnent des pi'ésages. Ils sacrifient une génisse, dont le corps est partagé et mangé entre les tribus , dans un ordre hiérarchique, et dont la tête et la peau sont portées dans une caverne sacrée. ( Bruce. )

Et d'un autre côté, des traditions anciennes ( Strabon , Diodore ) disent que les Troglody*Ées étaient une nation nomade, qui habitait le long du golfe Arabique. Ils avaient un chef par tribti;' les femmes et les. enfants étaient commune; ils sebattaient entre eux pour la possession des pâturages; ils se nourrissaient de chôirs cuites dans des peaux, buvaient du sang mêlé avec du lait, et ne dépassaientjamais soixante ans, car^ceux qui arrivaient k cet âge s'étranglaient eux-mêmes, ou étaient étranglés par d'autres.; Les infirmes et les estropiés étaient de même mis à mort. '

Enfin , du côté du Midi , il y avait encore d'autres peuples^ plus brutes et plus sauvages, dont les^ plus ' forts «t les plus grands, parmi ceux* qui oon-

dui$9Îent l^ teoupeauT, deveoaient le^ die&« U» allaient nus, étaient chasseurs , avaient des meute» de chiens; les uns ne maii^eaient que de la viande , et d'autres des racines et des Jbourgeoi^, ou des sauterelles.

Et il y avait là aussi des peuples qui portaient sur leurs corps des signes de dogoie et de race, re-*présentant des animaux fabuleux , tels que le& sjdîinx, les cynocéphales, les cepi à face de lioi* et à corps de panthère, etc* ( Arteroidore- — Diodore, — Hérodote, — Strabon, ) . Et entrç c^tte extrémité éloignée de VAbys^inie ^t rJÉ^pte, $e trouve u» grand espaça arrosé par les confluents des fleuves Bleu , Blanc et de VAt^^ tarabi pay^ appelé Ethiopie ou Nubie, où se rencaBtrèi'eut la colonie migratrice qu'Osiris conduisit eo Ethiopie en remontant le Nil, et la partie la pluft élevéa de h colonie de Gu^>h, qui descendait le fteuTe vers le Nord et le centre. Et c'est en «Oe? I^ que «e trouve la ville savante et l'île de Meroéi» ^u milieu de^ branches des fleuves, ainsi que 1» Qopstaté M. Caillaud, ( Voyage en Nubie, ) .

i Et eela ae paai^it dai«s le premier âge} et voici oe qui arriva dans la première période du second ^t' Il y eut une migration de Palia^ qui vint d& l'Inde s'établir dans l'Ethiopie. Nous avon» déjà^ nifiODté cette tradition dans l'histoire de l'Inde, et nobs allous la vcdire exi peu de mots ;'^IrckoUy suniommé Pingafiûha 9 roi des. Palis , habitanl k

f ouest de G«d ('Béoai^èe), était qp pHoce yer*^ tueuxy qui protégeait ]m pèleriiiage& à Casi. Mai$ TarachjBy aon frère,, entreprit urne guerre cputrci lui; etirchouy vaiocu et forcé de quitter le pajt, a^eo fut sous la protection de Mahadéva , ayec seq fidèles Pali^, et alla s'établir sur les bords du CaU> dans Sancba^Dûuipa (F Afrique), où il trouva lei| Cbarmicaii ( fils de Cham)> au iniliea desquels i) s'établit. Et ils élevèrent dans cette CQntrée 1^ temple et la ville de Punyavati ou Punya-Wagsuri (la ville sainte et pure ) ; et il$ avaient apporté 4^ l'Inde, dans ce pays, non -seulement l'AtUarv£m Yeda , qu'ils avaient droit de posséder, mais encorf les trois autres Vedas qu'ils ^mportèr^tnt secrètQ* ment. Et ils habitèrent des petites naontagnes du Mandara, faites en terre rouge > où ils vivent ^ïheore riches et heureux, et dws k jouissance d^ tous les plaisirs , quoiqu'ils soiwC m milieu d^ Mlechas ( étrangers), et d'autres nations de belle peau.

Et dans les ruines de Meroé> pluâieuiis lie^:¥ s'apr pellent Naga; et le grand die^ delà iNi^bi)? â'apr pelle Mandouri; et les Egyptiens et le$ Éthiopiens sont fils de Gham par GhiuÈn et par GhuS:; ^ït^ thiopie, qui vient de recevoir une partie de h qou«* ¥elle morale révélée dans l'Inde, va devenir la civilisatrice de TÉgypte , car les traditions dirent : ( Diodore , Strabon* ) h^ Ethiopiens m disaient Iqs pki8 anciens de tous les peuples ; ilsa^aif^nt inftîr

4^ n^vk^^ïvj citAïiïWKs m

tiïéie'c^lt^ 'dès dieux i les fêtes) les ^assembléei^ sél^nneîles , les sacrifices et ioutes lès pratiques re-» lîgîeusès. Auissi pfassaient-ils pour les' hommes les pliâs^frèligieux ,«t pour être ceux dont les sacrifices ëtàietit les pïuè agréables auàc dieux. — ^ Ilsdisaient ^è lés- Egyptiens étaient une déJèur colonie, et glle'^éë peuple tentait d'eux, comme de leurs auteurs Qt leurs ancêtres , la plupart de leurs lois; que' celait d'eux qu'ils avaient appris à honorer, léws rois, comme leurs dieux, à ensevelir leurs iWortis a:vec p(>tttpè , ainsi qu'à écrire en caractères et* à sêÂilpter. — Et pour l'élection de leurs rois, ïêspl^êtreschoisi^afiernt entre eux l^es hommes les plus probes; puis, après les avoir enfermés dans un cercle, celui qui était pris aUihasard, par un prêtre xiûi entrait daiis la î^rcle en datant,, était, prockr Wéétrèconniu roiipArtoufe la: nation. Le roi œ jpoûvait ^iût* fr*ppèr':d0i)ft*w^, mais s'^en remet-» *âit4û icoridaTÈflié'dufioin de.àe frapper lui-même. Les prêtres de Meroé , au reste, avaient à leur tour T?épbôvbir sur les rœs^ qui habitaient aussi Meroé , ripitdlè' dé l'ilev *t loiisque-le rOi recevait dé La ^rt; des |)ï*êtr^ la àentenice de sa condamnation , il deVfeiît Vèxécutè* lui^mènm ,, etsai.amis el servitèurfe Se donnaient la niort avec lui^^-r-Les habitants du pays étaient-chasseurs, cultivateurs outnomade^ Leurs femmes étaient arméea. —Ils recoonaissàient un dieu immortel , principe de toutes choses , et un dieu mortel sans nom. ~ Us mettaient au )nombi^

HISTOIBE DE, l'ëG-YPTE^ J^

*des dieux tons leurs bienfaiteurs^ et- ili3d7<!>yfaiûnit que leurs rois morts veillaient an «alut de tous ; et en partieulie* de ceux avec qui ils avaient èii des rapports. —» Ils adoraient aussi Hercule, Pian. et isis, et' une certaine divinité barbare. ( Strabon. ) •-^ Les uns jetaient leurs morts. dans le fleuve; les autres les enfermaient dans des châsses -de» verre; d'autres encore les enfouissaient dans des cereueils de terre cuite autour des temples.

Et il semble que le dieu barbare ou mortel , dont il est parlé là, soit celui qui est sculpté sur- un temple de Naga, proche' d'Ël Meçaou rat, dans l!île de Meroé. Cest une figure d'homme à trois têtes de lion et à quatre bras , et qui soutient par les bras deux figures, royales armées, une d'homme et une de' femme, ayant à côté d'eux un lion et nue lionne , et au - dessus d'eux chacun un épervier. (Caillaud.)

Et cette puissante civilisation, de Meroé descendit le courant des .fleuves jusqu'aux cataractes, et a semé sqn chemin demonunîiénts imposants ^ de temples , de colosses , et de plusieurs centaine* de pyramides, tombeaux des rois éthiopiens. — Mais à mesure que l'on descend la succession de monuments depuis Naga , Djebel x\rdan , El Meçaourat , Chendy , AssourEl Marouq, Djebel Barkal , Argo , Soleb, Semneh, Ibsamboul , Essaboua , Dekkeh, jusqu'à. Kalabsché, où se trouvent les derniers temples de la Nubie inférieure , on voit peu à peu

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rarchiteoture et la sculpture prendre le stjk égyp*. tien j et perdi^e ce caractère original de la Nubie supérieure, qui semble tenir bien plus de Tlnde que de l'Egypte , par ses colonnes couvertes de figures vues de face ou de dos , aux mouvements gracieux de marche et de danse , par ses façades de temples , sculptées de figures à plusieurs bras , par seséléphans montés et conduits par des hommes, enfin , par uu caractère généralplus arrondi , moiuis roide et plus souple que celui du style égyptien.

Dans les temples de la Nubie inférieure aussi se retrouvent les noms des Pharaons delà dix-huitième dynastie, que nous allons voir figurer dans la seconde période du second âge , où se fit définitivement la fusion de TEthiopie et de TÉgypte , commencée par Osiris et par Actisanès. ^-^ Et ces temples sont d'immenses cavernes et des salles à colonnades, creusées daus le roc, ornées de sculptures peintes,, de la plus grande beauté , et qui semblent gardées par les efirayants colosses des Pharaons , taillés dans le rocher et assis à la porte du temple^ (Caillaud^ *- Champollkn«)

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