CHAPITRE HL
A^friqne. ^ Egypte infërtenre. ^ Hebrrax.^^ AbraAam. *^ Isaac. — Jaoob. — Josqih^ — Al^abes, d'Ajois^k. -* Hyksos. — Hiérosolyme. -^ Dix-huitième c(yQastie Thebaioe.— DixHQeuYième dynastie. — Sethos RamsésEgyptus. — thmaus. — Moïse.
Mais avaol de suivre l'histmre de TÉgypte , nous devons aussi remonter à Torigine des populations étrangères qui étaient venueâ à Fépoque où nous sommes arrivés^ s'asseoir dans TEgypte inférieure*
JN^ous avons dit comment, à la fin du premier âge , Abram sortit de la Babylonie 9 chassé par l-es Chaldéens, avec qui il n'avait pas voulu mettre sa brique au feu pour élever la pyramide de Babel, — Or , Dieu dit à Abram ; Va-t-en de ton pays, du lieu de ta naissance , et de la maison de ton père , au pays que je te montrerai, et je ferai sortir de toi ua grand peuple ; et Abram mit en pratique
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cet ordre de Dieu. — Et Abram marcha bien loDg*^ temps et parcourut beaucoup de pays , où il était poursuivi par diverses calamités , et où sa colonie était quelquefois obligée de se séparer en deux , comme cela se fit pour Lot; et puis il s'établit en Kamaan, où il eut à se défendre contre les nations qui l'entouraient, et en particulier contre les Assyriens. Et une race bâtarde , parce qu'elle n'était pas née de Sara, la femme légitime d'Abraham , fut expulsée de ce lieu, et alla à travers les déserts se joindre aux peuples qui habitaient l'Arabie , et cette race fut celle d'Ismaël. — Et Abraham eut encore une femme appelée Gethura , qui lui donna de nombreux enfants ^ qui î^en allèrent dans l'Orient. — Et Isaac, fils de Sara, succéda à son père^ et s'unit, dans Rebecca , à la race de Nachor , frère de son père , qui habitait Padan Aram (la Syrie). Et Isaac eut deux fils qui se battaient dans le ventre de leur mère ; et comme Jacob avait surpris la bénédiction d'Isaac , Esaii devint furieux , et chassa Jacob , qui s'en fut chez Laban , de la race de Nachor , où il se mit en servitude , et il eut pour prix de son service les filles de Laban; et puis il revînt avec ses tiK)upeaux et ses femmes, et Esaii vint contre lui avec line armée; mais Jacob ayant ën^ terré sous un arbre tous les dieux étrangei^ qui s'étaient introduits dans sa maison, ne reconnut qu'iin seul dieu , et il triompha de ses ennemis. Et il eut doLJzc fils qu'il avait eus de plusieursfemuies.
HISTOIRE DB L EGYPTE. 2g'J
<et l'un d'eux fut chassé par ses frères , et il s'en alla en Egypte , où il fut fait esclave , et celui-là .était Joseph. Et comme il avait été instruit chez son père de la science du labourage et du soin des -troupeaux , qui consiste dans la connaissance du mouvement des astres et des saisons , il fut reconnu pour habile , et employé comme fermier dans la basse Egypte; et non-seul ement.il amassa des provisions pour les années mauvaises , mais il acheta avec elles les troupeaux et les terrés des imprévoyants quji manquaient de grains; et puis après il leur loua ces mêmes. terres et ces mêmes troupeaux pour des redevances qui devinrent des revenus pour Tétat. Et alors il fut grand et puissant dans le gouvernement de l'Egypte inférieure. Et cela se passait à la fin de la première période du second âge, dont tout ce que nous venons de dire contient l'histoire pour le peuple hébreu. (La Bible- — Josephe. — Philon.) Et ce fut vers ce temps qu'Actisanès apporta de l'Ethiopie dans l'Egypte supérieure une nouvelle unité morale.
Et alors la colonie de Joseph et d'autres encore, qui étaient venues s'établir dans son patronage, s'agrandirent beaucoup. Et au temps du roi Tymas, un grand nombre d'hommes étrangers (Arabes d'Araalek), vinrent à l'improviste des contrées orientales , et assirent leur camp en Egypte. Et ils étaient. si puissants et si nombreux, qu'ils s'avan-^ çèrent sans résistance , tuèrent ou firent prisonniers
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les princes et] les seigneurs, brûlèrent les villes el abattirent les temples des dieux : et ils tuaient les gens du peuple, ou les emmenaient en esclavage^ atec leurs femmes et leurs enfants* Puis ils élurent l'un d'entre eux pour roi , qui vint jusqu'à Mem- {Aïs , leva des tributs sur la haute et basse Ëgjpte,^ et enfin , ayant trouvé dans le nome Saïte une ville bien située, assise à l'orient, sur le fleuve Bubaste , et qui s'appelait Avaris, il l'entoura de grandes et hautes murailles , et y mit une garde de deux cent quarante mille homme». — Le roi Salatis venait là tous les ans pour faire recueillir les moissons et exercer ses soldats. Bayon lui succéda, puis Apadmas, puis Apochis,pui6 Janii»s, et enfin Aseth : et ces six rois furent les premiers de ces étrangers ; ils firent tous leurs efforts pour dé^ truire le nom et la race du peuple, égyptien. Et la nation de ce peuple usurpateur s^appelait Hyksos, rois pasteurs ; quelques-uns affirment qu'ils étaient Arabes, — Et ils tinrent l'Egypte pendant plusieurs siècles. Mais il arriva que les rois de la Thébaïde se réunirent avec ceux du reste de l'Egypte, et firent une longue et forte guerre à ces pasteurs , qui furent enfin vaincus par un roi de la dix-huitième dynastie , appelé Alisfragmoutliosis , et repoussés jusque dans la ville d' Avaris, où ils se garantirent derrière ses murailles.—- Et le roi Themosis, fils de ce dernier, les voulut assiéger ; mais voyant qu'il ne venait pas à bout de les vaincre, et
aiSTOIAJB fJlE LÉGTPTE^ 2^
qa'ife BeriieDt difficilement affamés ^ à cauae de leurs grands troupeaux et de leurs magasins de rivres , le roi leur fit proposer de sortii" sains et saufs de l'Egypte , pour s'en aller où ils voudraient. •»^£t les pasteurs sortirent, avec leuts familles et lairs bagages, au nombre de deux cent quarante mille, et, craignant de tomber au pouvoir des Assyriens , ils bâtirent , dans le pays qu'on appelle Judée , une grande cité , qu'ils appelèrent Hiérosolyme. -—Et après le roi Themosis, il y eut encore douze rois de la dix-huitième dynastie. (Manethon in Josèphe. )
Or, toute cette dix-huitième dynastie prit la force de son règne dans une doctrine de réforma-^ tion 9 qui, après les temps de trouble et d'interrè* gne que nous avons dits, avait recommencé la seconde période du second âge; et c'était un homme du peuple de Memphis, appelé Cétés ou Protée, qui avait de grandes connaissances dans l'astrologie et la divination , et qui se transformait en toutes sortes de figures, qui avait donné cette nouvelle impulsion sociale: aussi lui avait-on consacré à Memphis, dans le temple même de Fhtah, un lieu magnifique^
Et après la dix*huitième dyûastie vint la dixneuvième, et après Amenophis, dernier de la dixhuitième, vint Sethosis-Ramessès, premier delà dix^^neuvième. — Et Sethosis, ayant rassemblé une grande armée de terre , composée de gens de pieds
et de cavaliers, et aussi beaucoup d'équipages ds mer, il se mit en route pour conquérir. Mais aupa* ravant il établit son frère Armais gouverneur de l'Egypte; lui donnant toute puissance, mais lui •enjoignant de ne pas porter les insignes royaux, de respecter la reine , mère des enfants de Setbosis, et de s'abstenir de tout rapport jàvec les autres femmes royales. — Puis Setbosis alla conquérir Ttle de Chypre, la Pbénicie, l'Assyrie, la Médie, enfin toutes les provinces orientales. Mais pendant cette expédition, Setbosis apprit par le grand-» prêtre d'Egypte , que son frère avait enfreint toutes fees défenses et s'était révolté contre lui. Alors Setbosis ramena promptement son armée à Peluse, cbassa son frère, rétablit sa propre autorité dans tout le royaume, et donna sou nom à toute l'Egypte; car Setbos s'appelait aussi Egyptus , et son frère Armais se nommait encore Danaûs. — Et ce fut ce Danaûs qui , s'en allant par mer avec ses cinquante filles, aborda dans le Péloponèse, et s'établit à Argos, d'où il cbassa les Pelasges, en donnant au peuple de ce pays le nom de Danaens. — Et après que Setbos-Rbampsès -Egyptus eut cbassé sonfrère, il régna encore cinquante-neuf ans, et ce fut pendant ce temps qu'il fit élever ces grands monuments "de Tbèbes, et de Louqsor, et de Carnac , et de la INubie inférieure, où wse trouvent lies colosses qui le représentent et les cartoucbes où on lit son nom. — Et Rhampsès, son fils aine, régna après 'lui ; et
HISTOIAE . DE L^ÉGTPTE. ^ï
-puis Amenophis , grand adorateur des dieux , et qui , ayant voulu les voir, fut secondé dans son désir par Amenophis , fils de Papi , et appelé aussi Phri-* liphantes , prêtre d'une science si haute dans la divination, qu'il semblait surnaturel et divin. Mais ce prêtre mit pour condition à la satisfaction du désir du Pharaon , qu'il chassât du pays tous les hommes lépreux, ladres, maculés et impies ; et le Pharaon Amenophis, ayant fait assembler tous les ladres et infects , les envoya , sous la conduite de chefs égyptiens , dans la contrée orientale du Nil, pour y tirer et tailler des pierres: et parmi ces lépreux il y avait des prêtres ladres aussi. — Cependant le prêtre Amenophis , ayant appris par sa science que ces maudits seraient protégés par les dieux et auraient une domination en Egypte , craignit d'avoir mal fait et se fit mourir. Et cela mit le Pharaon fort en doute. — Et alors les lépreux , accablés de travail, lui ayant demandé un lieu pour leur repos et leur sûreté , il leur donna \$. ville déserte d'Avaris, qui avait appartenu aux pasteurs chassés , et qui , d'après l'ancienne théologie, avait été la cite de Typhon. Et là les lépreux çommencèrentk se fortifier ; puis ils élurentpour leur chef un prêtre héliopolitàin , appelé Osarsiph et aussi Tisithes. Et voici ce que c'était que cet hon^me. —Il était né d'une femme de race hébraïque , et avait été adopté par la fille d'un Pharaon , appelée Merrhis, et qui n'avait point d'en&nt. Et cet enfant
avait été élevé dans la ville d'Hermopolis^ et partni les prêtres de Thot, qui lui avaient appris Id con-»^ naissance des lettres sacrées > qui étaient en formes d'animaux, et beaucoup de choses des sciences pratiques ; et il devint tellement habile , qu'il in* venta des armes de guerre, des machines et autres choses utiles,-— Mais comme il était fort honoré du peuple ^ le Pharaon voulut s'en défaire , et l'envoya à la tête d'une armée pour combattre le$ Ethiopiens qui s'avançaient pour envahir l'Egypte. - — Et il les poursuivit jusqu'à Meroé même , qui alord s'appelait Saba , et était entourée de deux fleu* ves , FAstap et l'Astabor, qui se venaient rencontrer et joindre devant elle, et formaient une ile for$ bien défendue. Et Osarsiph était retenti par ces fleuves, et attendait un instant favorable, lorsque Tharbis, la fille du roi d'Ethiopie, s'énamoura de lui, et lui fit dire qu'elle désirait l'épouser, Osarsiph y consentit , à condition que la ville se rendrait ; ce qui fut &it^ et Osarsiph s'en retourna victorieux avec les Egyptiens. — Mais en arrivant il apprit que le Pharaon, jaloux de sa victoire, voulait iefaire pé-» rir; et alors il se sauva en Arabie^ où il fut reçu par le roi Ragouêlos , dont il épousa la fille. Et ce dernier voulait tout de suite entrer en Egypte pour venger son gendre; mais son gendre l'ea empêcha , craignant que le peuple hébreu ne fût compris dans la perte générale des Egyptiens. *^ Or, c*était alors le moment ou les habitants d'Avaris
étaîeqt le plus tourmentés par le Pharaon Amenophis ;^ et Moïse déplorant les misères de ces hommes , vit tout à coup sortir de terre un feu allumé^ et comme il s'enfuyait effrayé , il fut rappelé par une voix divine, qui l'avertit de libérer les Hébreux avec le secours des Arabes, et de les rendre à leur patrie. Il résolut donc de porter la guerre en Egyp-* te; mais auparavant il voulut prévenir son frère Aaron , appelé aussi Joseph et Peteseph ; et il vint à Avaris , et ce fut là qu'il fut élu chef par la na-» tioû avarique, et qu'il changea son nom en celui de Mosohé ou Moïse. — Et le Pharaon , ayant appris aon arrivée , le fit venir > et alors Moïse lui dit qu'il venait au nom du modérateur universel du monde, et il fit beaucoup de miracles ; et comme les prêtres égyptiens en firent aussi , le Pharaon fit persécutei: la nation avarique, et alors Moïse fit tomber toutes portes de malheurs sur l'Egypte; et en même temps il fit avertir le9 pasteurs hiérosolymitaius , lesan^ ciens Hyksos , sortis depuis longtemps de l'Egypte^ de venir prompteoient aider leurs frères ; et les pas* teurs vinrent aussitôt au nombre de deux cent niille hommes de guerre. — Et Amenophis , ayant appris cela, fit cacher son fils Sethos, appelé aussi Rhamessès, du nom de son père, et s'avança avec trois cent mille Egyptiens contre les révoltés; mais comme les révoltés étaient guidés par Moïse qui leur avait donné unenouvelleloi, ils le repoussèrent jusqu'à Memphis; et alors le Pharaon emportant
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tous les animaux sacrés et les idoles , se retira dati^ le royaume d'Ethiopie , dont le roi le reçut avec honneur, lui et son armée. Et ils restèrent treize ans en Ethiopie, pendant lequel temps les lépreux d'Avaris , joints aux pasteurs Solymites, ravagèrent l'Egypte, plus encore que ne l'avaient fait les Hyksos ; et ils brûlèrent les villes, et commirent toutes sortes de violences et sacrilèges. Et ils détruisirent les idoles des dieux , forcèrent les prêtres à tuer les animaux sacrés, puis les chassèrent tout nus. — Et après les treize ans révolus , le Pharaon Amenophis revint d'Ethiopie , accompagné de son fils Rhamessès, à la tête d'une grande armée , et ils attaquèrent les Avarites et les Solymites, auxquels s'étaient encore réunis près de Pel use trois cent quatre-vingt mille Egyptiens. Cependant le Pharaon les défit , et parvint à les repousser jusqu'aux confins de la Syrie. — Et alors les fugitifs virent briller devant eux un grand feu , et vaguèrent pendant trente ans dans le désert, ne vivant que de la farine que Dieu leur envoyait. ( Joséphe. — Philon le Juif. — Eusèbe. — Manethon , etc. ) •
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