‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 28 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Afrique. — Egypte supérieure et moyenne. — Dix-neuvième dynastie. — Rhampsinite. — Pyramide de Gbiseh. — Invasion de FÉgypte par Sabacoos l'Ethiopien. — Société égyptienne. — Troisième période du second ége. — Perses. — Canibyse. — Alexandre. — Lagides« — Çk»mogonie égyptienne. — Dogme moral. — Cosmologie^ ,

Et dans la dix-neuvième dynastie ( de Manethon) y après les quatre Pharaons dont nous venons de dire l'histoire : Sethos(que M. Charapollion a si maladroitement contbadu avec Sésostris de la douzième), Rhapsacèsson fils^ Amnephtès et Ramesses son fils, viennent deux Pharaons, dont le dernier, Thouoris, était contemporain de la guerre de Troie; puis viennent dix noms de Pharaons Thébains, formant les trois dynasties suivantes, mais sur lesquelles ne sont donnés aucunls renseignements.

3o6 LIYIIB IT) OBAMtfIfi IV.

Mais voici ce qui se passa dans l*Égypte moyenne et inférieure. — Ramphis ou Rampsinite , fils de Protée le réformateur, consacra la nouvelle loi morale par deux mgnes ou statues, Tune de Tété ou du bien , l'autre de l'hiver ou du mal ; et il se distingua surtout par le soin avec lequel il amassait des richesses, et les conservait dans un palais qu'il avait fait construire. Mais un homme du peuple parvint à lui en voler une partie; et > en j revenant avec son frère , il fut pris dans un piège , et son frère lui coupa la tête afin qu'il ne fût pas reconnu, et vola ensuite le cadavre qu'on avait fait pendre. — Et il surprit la fille du Pharaon. Et alors le Pharaon, étonné de tant de ruse et de hardiesse , lui donna sa fille en mariage , et l'éleva à un haut poste ^ comme le plus habile homme qu'il connût. — Or , c'était là , comme on sait, le sacrifice et le mélange de la race turbulente inférieure et de la race supérieure , pour en créer une non velle reconnue comme sociale.

Et il y eut ensuite plusieurs successeurs de ftampliis à Memphis; et Tun d'eux, appelé Nileus> donna son nom au fleuve, parce qu'il avait fait construire beaucoup de digues et de canaux ; et i! y «ut ensuite sept rois, qui firent fleurir sur l'Egypte la justice et l'abondance; mais ils lurent suivis dé Àeux rois maudits par les Égyptiens : ce furent Ghemmisou Cheops> et Ghephrèn ou Cbâbruis, qui firentfermer les temples, interdirent les sacrifices, et

«ccabîèrent le peuple de vexations , pour lui faire élever les deux plus grandes pyramides de Ghiseh^ près de Menaplds. Et la fille de Cbeops fit élever aussi une pyramide avec les pierres que chacun de ses amants lui avait données, f-^ Mais Mycérinus, prince doux et bienfaisant, fit rouvrir les temples, rétablit les sacrifices ^ enrichit les oracles, jugea avec justice les différends de ses sujets ; et il fit tant de bien aux Égyptiens, qu'ils le placèrent au-dessus de tous les rois* Et il institua aussi un culte de là Vache (BoutoAhé), et celui d'un dieu dont on déplorait la mort, et qui se terminait par une féu des lampes et des festins. — Il éleva aussi une troî-f sième pyramide à Ghiseh , que d'autres attribuent à une femme, appelée Rhodopis. ( Hérodote.)

Et dans l'histoire dçs Pharaons Thébains, on trouve dix^ept de ces princes, qui forment le$ quatre dynasties entre la vingt-deuxième et la vingtseptième, qui est celle des Perses; et voici ce qu'on rapporte de quelques-uns d'entre eux.

Du temps de Pétoubates commença la première cJympiade. — Osorcho fut appelé Hercule. — Bocchoris ou Âsychis était un prince sage et habUe^ qui régla les droits et les devoirs du souverain , ainsi que tout ce qui avait raf^j^t aux contrats et aux conventions. Plusieurs de ces jugements restèrent comme de$ lois. Il fit élever un vestibule à Test du temple de Phtah ; il éleva une pyramide de briques^ qu'une inscription disait bien supérieure [k céUes

ao.

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de pierres, parce qu'elle était faite du limon tiré du lac sacré. — Mais Sabaccos, roi de TÉthiopie, envahit l'Egypte , prit Bocchoris et le fit brûler vit Cependant Sabaccos était un prince doux et bon, qui abolit les sacrifices humains , et employait les condamnés à des travaux de canalisation et d'exhaus^ sèment qu'il fit faire dans toute l'Egypte. — Mais •un prince de la race thébaine , qui s'était retiré dans l'Egypte inférieure, Anysis, en sortit avec de grandes forces, repoussa Sabaccos en Ethiopie, et reprit le gouvernement- de l'Egypte* — A Memphis, dans ïé même temps, se fit aussi une révolution. Sethos, prêtre de Phtah , monta sur le trône , et ôta aux guerriers les douze aroures de terre qu'ils avaient reçugdes rois précédents. Et comme peu de temps ttpràs, iSethos fut attaqué par Sennacherib, roi d'Assyrie, les guerriers refusèrent de marcher contre iui; et Sèthos leva une drmée de marchands , d'artisans et d'hommes de basse classe, qui força les Assyriens à prendre la fuite. ( Manethon. — Hérodote. i — Diodore. ) -

-Il y eut ensuite eu Egypte des troubles, de grands désordres et des guerres civiles, qu'on chercha à terminer en nommant douze rois , unis entre eux par un traité d'alliance juré dans le labyrinthe près du lac Mœris* — Mais Psammetic , l'un de ces dèuze , fut chassé par les autres à cause de son ambition, et revint bientôt avec des Ioniens et des Gàriens, et se rendit maître de toute l'Egypte. Il

HISTOIRE BE LÉGTFTEw Sop

aocorUa en. FéeoxD pense à ses alliés un territoire près de Peluse, et favorisa de pri^il^es tous les étrangers qui voulaient venir s'établir en Egypte ; il protégea aussi le commerce et lanavigjation > et son fils Nécos fit de même*. — Epfin ^ Apriès, fils de Psamncûs y fils de Nécos, Ait asaassiiié dans une ré^ v.6lte, à la tête dé laquelle était Amasis, ancien pirate , qui monta sur le trôn^e. Il fit élever divers monuments , il força tout le monde au travail squs des peines très-*sévèreâ , il institua, une nouvelle organisation sociale, at^on règne fut juste et floris-» sant.

Là se termine la vingt- sixième- dynastie , dont le dernier nom est Psammenit , vaincu par Cambyse, et avec elle la seconde période du second âge, ainsi que la domination des Égyptiens sur l'jÉgypte-, car ce pays va être successivement envahi , dans la troisième période du second âge y par les Perses, les Grecs et les Romains^ aussi est-ce ,ici que nous placerons la dernière organisation sociale de ce pays.

. Le chef suprême était le Pharaon ou Farau, dont la vie était réglée par une loi , qui fixait le moment de toutes ses actions, sofn régime hygiénique, et même ses intentions morales. — Sa mort était marquée par un deuil général , des expiations, des s^icrifices, des jeûnes, et le jugement sur sa vie était prononcé parles prêtres, comme il devait l'être par le dieu, grand^juge des âmes. — Lapopu-^

3fO Livufe IV, GHÂprrRE ly.

Ifftioii éitjàit divisée en deux classes : la première ^ composée de la famille royale , des prêtres et des gcierriers^, possédait tout le sol , se le partageait , et raffermait à la classe inférieure. Dans cette pre-^ mière classe toute fonction était héréditaire, jusque dans des divisions hiérarehiqùes d'une minutie ratréme* — La seconde classe , ou la classe infé« Heure, se composait des laboureurs, des pasteurs et des artisans : là Thérédité de fonction était plutôt une nécessité d'éducation par le père, qu'une obli-^ gtttton légale. Cette classe ne possédait pas et ne pouvait qu'affermer moyennant redevance. — Les lidlnmes étaient occupés aux travaux sédentaires^ tandisqueles £^nmes étaient chargées du commerce et de (tous les rapports extérieurs de la famille. — Les prêtres étaient juges, conseils, astrologues,, géomètres^ médecins; enfin, praticiens de toutes les hautes sciences. Les différents centres religieux formaient un seul corps régi par un chef appelé Firomis, dont les successeurs étaient connus de^ puis la fin du règne des dieux jusqu'au moment où Hérodote voyageait en Egypte. ~- Des guerriers étaient scms le nom de Nomarques, chd*des prind'pales divisions territoriales appelées , Nomes. Toute cette classe , divisée en Calasyries et Hermotybies qui habitaient des Nomes différents, était obligée de fournir les troupes nécessaires à la conservation du soL (Diodore. — Hérodote. — Straboa , etc.) Or, cette société ainsi faite, mélange d'mie hé-

jrésîe du spiritualisme indien avec la imissaiiee unitaire et rpatérietle du prraoiep âgé, fiii d'une activité et d'une force prodigieuses; et tandis que le» Pharaons^ aosis oa immobiles^, eommandaient à la foule obéissante ^ des milliers de bras Ibuil^ laieiit les flancs des montagnes voisines , pour dresser autour de la demeure du dieu terrestre,, ces obélisques symboliques^ ces colpsses gigan* tesques, ces myriades de Sphynx^. qui annonçaient au toia la toute -* puissance des fils d^A- 0iQun-Ra, — Et la cbambre mystérieuse à murs de granit, où s'enfermait leur sainteté, s'entourait de triples rangs de colonnades, de murailles, d'enceintes, Oit se peignaient ,^ en couleurs vives et ^n élégants reliefs de pierre, les exploits et les conquêtes de ces maîtres du monde, ou l'éducation de leur fils,. — Et pendant ce temps , d'autres mains leur tissaient les étoffes les plus précieuses, leur fbi^rbissaient desarmes d'or, et sculptaient de formes symboliques tous les meubles, tous les instruwents, tous. lesr objets d'usage que touchaient leurs fioy ailes mains.

Mais cette puissance gigantesque^ qui courbait lant de têtes, <{^^ flédbiissail tant de genoux , oourii^ait sa tête à son tour, et fléchissait son genou lorsqu'en astrant dans le temple elle venait offrir au dieu protecteur et père le tribut d'expiation de milliers de mains coupées aux vaincus, d'esdlaves et d'animaux sacrifiés, qui allaient tous portes:

3|i UnfRB IV, CHAWTBE IT.

«u dieu leur force pour la joindre à la sienne.

Mai3 cette puissance était li^e par la loi morale qui refait sea actions; et toute infraction qu'elle dirait commise. pendant sa vie glorieuse et inattaquable, était rappelée , jugée et punie après sa mort,, par le prêtre, conservateur de la loi morale et applicateur spirituel de sa justice; et si le corps royal était gardé précieusement dans ces pompeux hypogées, bù sa vie céleste était peinte, entourée de tous les attributs divins, souvent sa mémoire tombait flétrie au pied du prêtre, qui la donnait à fouler au peuple.

Or,, c'était là le signe de l'influence spirituelle, que la dérivation de la révélation Brahmanique avait apportée de l'Inde en Egypte par l'Ethiopie.

— Mais il semblait que cette source spirituelle qui descendait le cours du Nil s épuisât à mesure qu elle suivait ce fleuve ; ainsi , au centre sacré de Meroé, en Ethiopie^ les prêtres avaient droit de condamnation à mort sur les rois; et, bien que sa vie fût assez sacrée pour que personne ne pût lui donner la mort que lui-même , il ne pouvait se soustraire au jugement porté par le sacré collège.

— Tandis que dans l'Egypte Thébaïque, ce n'est qu'après la mort du Pharaon que les prêtres le jugent et condamnent. — Puis il se présente encore une différence spirituelle entre le dogme thébain et celui de Memphis. Car tout en appliquant la pensée Brahmanique , que l'homme n'est complet

HISTOIRE DE l'ÉGTFTE. 3i3

et parfait qu'avec une femme et un fils, Thèbed individualise chacun des membres de cette famille, en leur consacrant une de ces splendides demeures, aux nombreux pylônes , aux cours semées de colonnes , aux enceintes massives ; et , d'un autre côté , . unit entre eux ces trois monuments gigantesques de Karnak et de Louqsor, par des avenues de Sphynx à corps de lion et à tête de bélier pour le père , et à corps de lion et à tête de femme pour la mère. — Et Memphis, au (contraire, enferme , dans l'unité matérielle et colossale de ses pyramides élevées sur le carré de la terre , les caveaux où doivent reposer les trois membres de la famille, parmi lesquels domine seulement le père , de toute la hauteur que lui donne sa faculté créatrice.

Or, la première multipliait l'esprit, qu'elle n'unissait que par un lien moral , et la seconde semblait vouloir remédier à la pluralité matérielle qui l'entourait, en ensevelissant sous une masse de pierres la pluralité spirituelle.

Et la troisième période du second âge commence en Egypte par la conquête perse et la défaite de Psammenit par Cambyse, fils de Gy rus (KeKosrou, troisième roi de la dynastie des Kaianides). Et

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Cambyse fut appelé fou furieux par les Égyptiens^ car il tua 9 ravagea > brûla sur ^n passage; il ren^ versa les templeg, tua les animaux sacrés et les. prêtres, fit mourir son frère, et sa sœur qu'il avait ^épousée, et était lallié des Arabes^ ces aucieps enuemis de l'Egypte. — ^Par ces moyens violents la domination perse s'établit en Egypte, et Tbistoire montre ce pays sous la domination des rois pecses, Artaxerxès Longuemain (Bahman Ardschir)^puis Xerxès, Sogdianus et Darius Xer?:ès ou Nothus, au temps duquel l'Egypte se révolte et rétablit ses anciennes dynasties, qui, au nombre de trois (28, 39 et 3o ) , fournissent sept noms de Pharaons. Le dernier, Nectanébe, est tué par Ochus, roi perse, qui est remplacé par Darius^ lequel est vaincu par Alexandre.

Le roi macédonien fut reçu en Egypte comme un libérateur 9 déclaré fils d'Ammon. Aussi venaitil en effet rétablir les anciens cultes et reconistituer un pouvoir égyptien , auquel , cependant , il ajouta un pouvoir macédonien.

Ce dernier, connu sous le nom de Lagides, donna dix Ptolémées à l'Egypte, depuis Alexandre jusqu'à César, moment où figure Cléopâtre , qui se tua pour np pas orner le triomphe d'Auguste. — On retrouve les noms de qudques*uns de ces Ptolémées sur certains monuna^eots de la haute Egypte , qui se trouvent au point d«; jonction de la IXubie à £dfou , Phylœ , DaUbeb, et dont le style difière

HISTCHRE lœ hÉGJVTEn 3l5

d'uue manière frappaDte çle celtù du temps des Pharaons.

Ce fut au commencenient de la dynastie des Lagides, sous Ptolémée II, que fut détruite la puissance des prêtres de Meroé par un roi éthio^ pien , nommé Ërgamenès , instruit dans la philoso^ phie grecque, qui vint attaquer la forteresse, où était renfermé le temple d'or de TEthiopie, fit égorger tous les prêtres, et institua un nouveau culte , celui de Thoth Trismegiste , sous les noms de Pahitnoufi , Aribras Nofi et Meûi. (Diodore. — Manethon. — GhampoUion , etc. )

Et en effet le centre intellectuel, qui avait uni l'Inde à l'Egypte , cessait d'exister après avoir fini sa fonction, et allait être renciplacé par l'école d'Alexandrie, qui devenait le lien, bien dégradé, & la vérité, entre l'Egypte et l'Europe; mais qui devait avoir pour but d^ répandre à tous des connais- «nces restées jusque-là renfermées dans le secret des temples^

Or, voici quelle était la généralité du dogme qui avait ré^ le second âge de l'Egypte.

Après <]ue la nature eut été longtemps stérile,, les (gardiens du cvA annoncèrent an dieu , roi su-^

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prême, que les choses demandaient un nouvel or«* dre. — Et Dieu sourit et ordonna que la nature fût^ et que le ciel, l'air et TEther fussent remplis par tous, et cela fut fait aussitôt. — Et la nature ayant pi'O* duit une belle vierge , Dieu lui donna la vie et le commandement des choses ; et puis il voulut remplir les lieux supérieurs d'esprits purs ; et il créa avec une certaine quantité de son esprit, mêlé avec le feu et avec quelques autres natures, plusieurs milliers d'âmes qu'il coula dans une certaine forme semblable à lui-même, et auxquelles il ordonna de tourner le cylindre en ordre , et de réjouir leur père. — Et puis après il les appela dans l'Éther et leur dit: Recevez mes paroles comme des lois,, ne touchez à aucun autre lieu que celui que j'ai établi. Si vous agissez bien , le ciel vous restera encore, ainsi que les séries d'étoiles , et les trônes destinés à la vertu ; si vous agissez autrement , je jure par l'esprit sacré , par la mixtion dont je vous ai produites , et par mes mains qui font les àmés, qu'aussitôt je vous préparerai des chaînes et des tourments, — Et ayant dit cela, il prit le reste des éléments , mêlés à de l'eau et à de la terre, et en fit la race humaine; et puis donnant le reste *de la mixtion aux âmes les plus élevées, il leur dit : Faites, mes filles ; vous, race de ma nature, prenez les restes de mon art et faites quelque chose de semblable à votre nature , et il leur en donna le signe, et puis il se retira. — Et alors les âmes , considérant la

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mixture paternelle ; l'adoraient et en recherchaient la composition ; mais il ne leur était pas facile dé la connaître > car cette recherche devait irriter leur père, et elles avaient peur, et retournaient à exécuter ce qui leur avait été ordonné. ^ — Et alors de la matière sortirent les oiseaux, les quadrupèdes , les poissons et les reptiles. — Et alors les âmes^ admirant leur (Buvre magnifique , négligèrent , dans leur orgueil audacieux, les préceptes qu'elles avaient reçus , sortaient de leurs demeures et de leurs régions , et ne pouvaient pas rester dans un seul lieu, mais elles se mouvaient sans cesse et prenaient le repos pour la mort. Et alors le dieu principal de l'univers ne resta plus caché , et prépara des chaînes et des supplices pour elles, et on lui vit engendrer une race d'hommes pour punir la race des âmes. •-^ Et alors il convoqua les dieux, et chaque dieu dota l'homme d'une qualité ; et alors le dieu maître du monde ordonnant que les hommes fussent créés, Thot apporta la mixture, et le maître ordonna aux âmes d'y entrer. — Et les âmes furent const^nées d'être ainsi condamnées, et elles gémirent, et hurlèrent, et prièrent, et se désolèrent de n*avoir plus pour demeure que la petite masse du cœur, au lieu des séjours brillants et sacrés où elles pouvaient parcourir le monde d'un regard, et demandèrent au moins qu'un terme de, délivrance leur fût assigné. Et alors le Seigneur arriva et leur dit : — Vous toutes, âmes qui cultivez no-

tre royaiuné éternel^ tant que vous serez exemptes de péchés vous habiterez la région des hommes ; mais si au contraire vous êtes souillées de quelque tache, vous occuperez les lieux mortels dans le séjour fatal. Si toutefois vos crimes sont faibles, après avoir quitté le lien de la chair ^ vous reviens drez au ciel. — Si au contraire vous en commettez de plus graves, et que vous erriez jusqu'à la fin , non<^seulement vous ne reviendrez plus habiter le ciel ni les corps humains, mais dès ce moment vous vaquere^ dans les corps des animaux brutes. -^ £t ayant dit cela , il leur distribua à toutes le même esprit, et ajouta : — .Et ce nest pas légèrement que j'ai établi cette loi de votre sort: il est certain qu'il sera pire si vous péchez , et meilleur si vous agissez suivant votre naissance, car moi* même , et non un autre , je vous observerai. *-^ Sa^ chez donc que, suivant vos mérites , de plus grands supplices vous seront infligés, et que la variété de vos renaissances constituera la diflérence des corps, de même que la séparation fera votre bonheur. --« £t les meilleures renaissances que vous pourrez avoir, ce sera : comme hommes , en rois justes , lé'* gislateurs, devins, guérisseurs ,«musiciens, augures^ prêtres zélés, etc.; -^ comme animaux, en aigles, parce qu'ils ne mangent point leurs semblables ; en lions, parce que cet animal fort a une nature immortelle dans un corps mortel; en dragons, parce que cet animal doux vit longtemps, et n'a pas de

ïftfiTOinB DÉ L^ÉGTl^È. ^tg

irenîn; en dauphins, parce qu'ils ont pitié de» naufragés , et qu'ils ne mangent pas les cadavres. — Et quand l'intelligence immortelle eut dit ces choses, elle s'éleva dans les cieux. -*- Mais ensuite il sortit de la terre un esprit très-violent, qui n'était pas contenu dans un corps , et était pourvu de la force et de la prudence. 11 prit une forme humaine, et , plein de férocité et de cruauté, il dit, en voyant en* trer les âmes dans les formes : Qui sont ces êtres ? -—Alors il s'étonna qu'on n'eût pas craint de former ces êtres avec des sens si parfaits, qui exciteraient leur curiosité, et qui leur feraient rechercher les mystères de la nature, et, pour cela, arracher les racines des herbes , découper les animaux du milieu, €Ouper la matière qui naît d'elle-même, recher-^ cher la nature cachée dans les sanctuaires , s'élever jusqu'au ciel, et parcourir les plus petits coins de terre. — Et bien, soit! dit-il, qu'ils ne trquvcnt donc aucun obstacle^ mais qu'ils soient hardis jusqu'à l'insensibilité, audacieux jusqu'à la témérité; qu'ils ne sachent ni aimer, pour qu'ils manquent de secours ; ni demander conseil , pour qu'ils soient domptés par la douleur; que la cupidité, la crainte, la douleur et l'espérance émoussent et raniment leur curiosité; qu'ils éprouvent des jouissances et des privations y afin que le bonheur les pousse à de plus grands maux , et que la peine les étouffe et le& Jbrise. — Ainsi parla Momos. (Dialogue dlsis et d'Horus.)

SaO LITRE IV, GHAPITRJE IV.

Et Ton voit bien maintenant que ce do^ne moral n est autre. que celui que nous avons vu sortir de la révélation Brahmanique , et qui avait été, apporté en Ethiopie , puis en Egypte par les Palis.

Or, voici maintenant le dogme cosmique, qui était conservé dans les collèges sacrés de l'Egypte;

Il y a dans l'univers quatre lieux soumis à une loi perpétuelle : le ciel, l'Éther, l'air et la trèssainte terre. — Dans le ciel habitent les dieux auxquels^ comme à tout le reste, commande le Créa* teur de l'univers. — Dans l'Éther sont les étoiles , auxquelles préside la grande lumière du soleil, r— Dans l'air sont les âmes auxiquelles préside la lune^ — Sur la terre enfin sont les hommes et le reste des animaux auxquels les rois commandent* -r-Tout ce qui est compris entre le sommet du ciel et la lune est réservé aux dieux, aux étoiles et s^ii rest^ de la Providence. — Tout ce qui est compris .entre la lune et nous est le domicile des âmes. — Mais le vent a un intervalle propre où il se meut pour ra*» fraîchir la terre , sans, pour cela, empêcher le passage des âmes qui glissent à travers lui comme de l'eau à travers de l'huile. — Cet intervalle de la lune à la terre a quatre parties, douze intervailles et soixante régions, dans lesquelles l'air en s'élevant est toujours de plus en plus pur et ténu , et où habitent lésâmes, comme étant toutes de même nature ^ mais non de même dignité; car plus une région est éloignée de la terre, plus les âmes qui l'habitent

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