‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 30 sur 37 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Histoire des nègres. — Colonies noachiques. <— Théolo^; — Morale, — Société. — Initiations,

ET lorsque Gham^, étant entré dàM ee pays 'p^t Tisthme de Sueas^ eut laissé sur le Nil une colonie qui s'établit à Kémé, ainsi appelée du nom de Kam, le reste de la colonie, qui était très-considérable, se dirigea toujours vers le Midi; et lorsqu'elle eut atteint la mer , elle côtoya la pointe méridionale de TAfrique , en laissant toujours des centres sur son chemia, et arriva ainsi jusque sur la côte occidentale.

£t lorsque Ckam eut constitué des sociétés ^épa-<rées, qui appliquèrent ensuite le dogme moral qu'elles avaient reçu, Japheth, qui en entrant dans l'Afrique avait tourné du côté de l'Occident, avait donné naissance ii la société des Atlantes; tt

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alors, à la fin du premier âge , il y eut en Afrique, comme en Asie, à Babylone, une tentative pour réunir en un conseil les diverses nations qui s'étaient formées. Et il est dit en effet par les nègres, que trois fils de Noé , qui habitaient l'Afrique , étaient de couleur difierente , et qu'ils s'étaient assemblés pour faire entre eux le partage de leurs biens , qui consistaient en métaux précieux , en bestiaux et étoffes, en grains et cotons , etc., et qu'après avoir fait le repas ensemble, ils s'endormirent. Mais le blanc ( Japhelh) s'éveilla le premier, prit les métaux précieux , et se sauva vers les pays qui sont du côté de l'Europe ( l'Afrique septentrionale); et puis , celui que les nègres appellent le Maure ( race moyenne et bâtarde entre Japheth etCh^m), mit les étoffes sur les chameaux et les chevaux , et s'en alla aussi poussant les bestiaux devant lui; de sorte qu'il ne resta au nègre (race de Cham ), que le millet et le coton; et comme il vit bien que les autres l'avaient volé, il résolut de les voler aussi toutes les fois que l'occasion s'en présenterait* Et c'est pour cela que les nègres ont tant de dextérité à voler.

Et les nègres disent aussi que le Dieu unique qui est au ciel , qui a créé l'univers, et qui a soin de punir le mal et de- récompenser le bien , est noir; et ils rappellent Orissa, ou Gounga, ou Kunno, ou Yangou , ou Moum , ou Tequoa ; et ils disent qu'il y a au-dessous de lui des Fétiches ou Bos80um>

dieux secondaires 9 qui s'occupent seuls dû gouvernement du monde, car le Dieu est trop grand pour s'en mêler. Et ces Fétiches sont, les uns publics comme ^^s oiseaux ,;des poissons, des serpents, des arbres , la mer , des montagnes , l'idole ea terre noire de l'Agoye, des pierres dressées; et les autres sont particuliers, et consistent dans des figures de diverses sortes, qui protègent chaque individu. —«Le démon, l'esprit nuisible et méchant, est blanc, il est appelé Mousouko, Sova, etc.

Les esprits des morts sont conduits sur les bords d'une rivière, où le dieu juge les interroge sur la vie qu'ils ont menée. S'ils ont observé les jours consacrés aux Fétiches, tenu leurs promesses, et s'ils se sont abstenus >de manger des viandes défendues, ils sont portés par le fleuve vers un lieu où ils mènent, au milieu des plaisirs, la même vie et la mêmeprofession qu'ils ont exercée sur la terre. S'ils ont manqué aux trois devoirs, le dieu les plonge dans la rivière, et ils sont ensevelis dans un oubli éternel.

Au M onomotapa , l'empereur, à sa mort, monte droit au ciel sous le nom de Mouzimo,où il est révéré et prié comme un dieu. — Certaines tribus de rOccident croient aussi que les esprits des moVts d'une famille la protègent et la secourent quand on les invoque; ils sont appelés Diannanpies.

Et chez les peuplades nègres , il y a ordinairement trôid classes, qui se subdivisent ensuite en

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quatre ou cinq : ce sont les nobles , les commerçants et les. esclaves. — Les nobles se sous^visent quelquefois en famille royale , et chef des villes et villages; ou bien les che& se divisent en officiers du roi; en cbe& du peuple , des bestiaux, de l'agriculture, des rues, etc.; et en riches; les commerçants sont appelés peuple, intercesseurs, marchands, etc. «^ U y a des esclaves attachés au domaine, et des esclaves qui se vendent et s'é* changent, ou s'acquièrent par la guerre.

Les prêtres ont un chef, qui a une grande influence même sur le roi , parce qu'il reçoit les com<r munications du grand Fétiche. Dans beaucoup de tribus , les fenunes sont élevées au rang de pré* tresses, appelées Betas, et elles s'appellent elles* mêmes enfants de Dieu ; mais toutes les autres femmes sont dans un état d'esclavage presque complet. Au Monomotapa, cependant, existaient dès les temps les plus reculés, des nations entières de femmes Amazones, à qui on brûlait les ma-»melles, et dont les Grecs ont conservé , sous le nom d'Amazones d'Afrique , un souvenir qu'ils ont mêlé avec celui des Amazones de la Tauride et du Pélo-* ponèse; ce qui rend assez difficile de distinguer ce qui a rapport à celles-cL Cependant elles pa« raissent avoir été, au temps de la grande puissance des Allantes d'Afrique, en rapport de guerre avec eux.

Il y a aussi chez les nègres de la côte occidentale,

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pour les hommes et pour les femmes , des associations d'initiés, dans lesquels on n'est admis qu'après un temps d'épreuves et une circoncision ; ces so^ ciétés m^^stérieuses s'appellent le Belli pour les hommes, et le Sandi pour les femmes, et ont pour but la pratique de danses et de chants sacrés. Et il y a encore au centre , et dans une grande étendue de la pointe méridionale de l'Afrique, des tribus nomades, féroces, voleuses, anthropophages, nues et tatouées; ce sont les Anzikos etles Jagas ou Diaggas. — Ces tribus, sans cesse errantes, désolent les pays où elles passent , et d'où elles en* lèvent les moissons, les bestiaux et les hommes; elles mangent ces derniers comme esclaves de guerre, et ne gardent que les enfants, qu'elles élèvent ensuite dans les mœurs de l^i tribu, et qu'elle^ aJBSrandbissent ccmuxie Gonzo ou guerriers quand ils ont apporté une tête d'ennemi. — Ces tribus nègres mangent leurs parents , qu'on tue à un certain âge , et des guerriers eux-mêmes se font tuer pour avoir la gloire d'être mangés par leurs, chefs. (Voyages en Afrique.)

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