‹ Essai d'histoire universelle ou exposé comparatif des traditions de tous lesChapitre 31 sur 37 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Histoire des Atlantes. — Colonie noachique. — Atalaa. — Société. — Culte. — Guerre avec Teurope et l'Asie. — Malte et Gozzo. — Sicile. — Sardaigne. — Monuments. — Crète. — Carthage.

Or, lorsque Japheth T Ancien , ou Atalaa ^ et }e premier Cham entrèrent dans l'Afrique , en venant de la plaine de Sennaar, Cham continua droit vers le Sud jusqu'à la mer, et Japheth se dirigea vers FOccldent en suivant la côte septentrionale de TAfrique.

Et en eflFet, il est dit (Platon) que lorsque les dieux se partagèrent la terre , le dieu de Teau ( Japheth , possesseur de la pierre de pluie) eut en partage l'île Atlantide , qui , commençant à l'embouchure appelée les colonnes d'Hercule ( Gibraltar), s'étendait dans un espace aussi grand que la Lybie et l'Asie ensemble (l'Afrique occidentale ) ,

entre les deux mers Pontus (TOcéan) et Pélagus (la Méditerraiié^e), et d'où Ton pouvait passer, au moyen d'îles (Malte, la Sicile, la Sardaigne, Candie et les autres îles de la Méditerranée) sur le continent opposé (l'Espagne, l'Italie, la Grèce et l'Asie). — Et le dieu de l'eau ajant eu des enfants d'une femme mortelle , il les fixa dans un certain canton de l'île; mais lui , continuant sa route vers la mer, arriva dans le milieu de l'île , où il y avait une plaine dont le sol était très-beau et très-fertile ; et proche de cette plaine il y avait june petite montagne qui était habitée par un de ces hommes qui , dans le commencement, avaient été formés de la terre. Il s'appelait Evenor, sa femme Leucippe , et leur fille CÛto. Et lorsque Clito devint nubile, ses parents moururent, et le dieu de l'eau l'épousa, et il entoura la colline qu'elle habitait de trois fossés d'eau , séparés par des élévations de terre , de manière à faire du centre une île inaccessible aux hommes. Et comme il était dieu y il fit jaillir deux sources d'eau , une chaude et une froide : il fit produire à la terre diverses espèces de fruits, et il y éleva cinq couples d'enfants mâles jumeaux, nés de lui. Alors il divisa l'île Atlantide en dix parties , et il donna à son fils , l'aîné , la demeure maternelle avec le canton d'alentour, qui était le plus grand et le meilleur, et il le nomma roi, ses autres frères n'ayant que le titre d'Archontes , mais ayant Jiéanmoins chacun le commandement sur un grand

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tei:ritoire'et sur un grand nombre d'habitante. «^ Et il donna à ses fils des noms.* — L'ainé^ou le chef^ fut appelé Atlas ( Atalaa ), et de son nom Pile et la

mer' Atlantiques >Son frère jumeau fut nommé

Gadir, et eut Textrémité de Vile qui est vers les colonnes d'Hercule. •— * Les autres jiimeaux reçurent successivement les noms d'Amphère* et d'Eudœmon, de Mneseuset d'Autochthoa, d'Elaâippus et de Mestor, d'Azaës et de Diaprepés.

Or, tous ces fils, ainsi que leurs descendants, 'ont demeuré pendant un grand nombre de gêné* rationstdans le pays, et ont régné sur beaucoup d'autres iles situées le long de la mer, de manière que leur puissance s'étendait sur tous les paj&si-* tués entre l'Egypte et la Tyrrbenie ( Italie ) ; et cette famille d'Atlas s'acquit -pendant longtemps nne grande puissance.

Et parmi eux, le plus ancien régnait et trand^^ mettait toujours le royaume à l'aîné de la famille; et de cette n^auière iU ont conservé la royauté pen«daut beaucoup de générations; et ils ont amassé des richesses plus grandes que celles d'aucun prince , car l'île produisait beaucoup^ de dk^ses* Il y avait des mineç fort riches, et en particulier un métal appelé l'orichalque, plus précieux que l'or, et in* connu aujourd'hui. -^ Et il y avait d'imn^nsea forêts, et beaucoup d'animaux domestiques et san* vages, et surtout grand nombre d'éléf^ants; et la terrQ preduisail beaucoup de parfums en racines,

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fleurs et Uqueurs, et des fruits bons, à manger. £t les habitauts de cette ile sainte construisaient des temple», des maisons , des ports et des ponts pour traverser les canaus' qui environnaient Tan* cienne demeure du dieu et de ses descendants ^ ancêtres des habitants. Mais chacun ayant ajouté à cette demeure , elle était devenue très-grande. — Au milieu était un temple consacré au dieu de Teau et à Clito, inaccessible au vulgaire, revêtu d'une couverture d*or,. et les côtés couverts d'argent en dehors; mais en dedans, l'ivoire, l'or, l'argent, l'orichalque étaient entremêlés. Le dieu était debout au milieu de l'édifice, dont sa tête touchait la voûte, et autour de lui étaient cent déesses des eaux* — Il y avait aussi d'autres images consacrées ; et puis , tout à l'entour étaient les images des femmes et àes rois descendus des dix chefs.— Et les bâtiments qui servaient de demeure au roi étaient aussi fort/riehes; et il s'y trouvait des réservoirs enti^mêlés d'allées d'arbres , où l'on se baignait, les rois séparés des autres ^ et les femmes aussi à part; et les chevaux et les autres animaux savaient aussi de ces réservoirs particuliers : — et lea eaux de ces réservoirs , dont les sources étaient les unes chaudes, les autres froides, traversaient la forêt consacrée au dieu de l'eau, et dont les arbres avaient un caractère divin y et allaient se répandre dans le» enceintes extérieures , où elles formaient dçs iles sur lesquellesse trouvaient des hippodromes etdesgym^ nases.

Tous les dix chefs régnaient chacun dans son district et dans sa ville ^ sur ses sujets et selon ses lois, punissant de mort ceux qui volaient. — Mais une communauté d'empire avait été établie entre eux par un ordre du dieu de l'eau, qui était gravé comme loi sur une colonne d'airain placée dans son temple.— ^ Là, ils s'assemblaient alternativement tous les cinq ou six ans , suivant les nombres pair ou impair; et ils délibéraient desafifaires publiques, et jugeaient les transgressions à la loi; et auparavant ils accomplissaient ainsi le sacrifice. — On lâchait des taureaux dans le temple, et les dix chefs priant le dieu d'agréer la victime, ils s'en emparaient avec des bâtons et des cordeaux , sans jamais employer le fer ; et puis ils la conduisaient à la pointe de la colonne, où ils l'immolaient suivant la loi , et après ils sanctifiaient les membres du taureau. Ils remplissaient un vase de son sang, en versaient une goutte sur chacun d'eux , et , après avoir jeté tout le reste au feu , ils nettoyaient la colonne ; ensuite,puisant du sang avec des fioles d'or, ils le jetaient dans le feu , et juraient qu'ils jugeraient selon la loi écrite sur la colonne , qu'ils puniraient celui qui le premier la transgresserait; qu'eux-mêmes n'enfreindraient, ni ne feraient enfreindre, ni ne se laisseraient forcer d'enfreindre la loi de leur père. — Enfin , chacun ayant fait ces imprécations sur lui et sur sa famille, buvait delà fiole, et, l'ayant déposée ensuit^ dans le temple du dieu , ils allaient prendre le repas.

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£t pendant beaucoup de générations, ainsi que tout, le temps que la nature divine fut efficace en eux, ils obéirent aux lois,. et ils n eurent que des pensées vraies et élevées , et ils fur&at modestes et prudents. — Mais. la partie, divine ayant été opprimée en eux par les passions, les hontmies prêta* lurent, et le désir des conquêtes les dominant, les rois de. r Atlantide devinrent d'une si'grandeambi^ tion qu ils voulurent envahir.rEurope et FAsie tout ensemble, et qu'ils tentèrent de soumettre tous ces pays* — Et alors ce fut une grande guerre entre ceux qui d^emeuraient au-dessus et hors des colonnes d'Herci^le, qui étai^it les Atlantes, et ceux qui demeuraient en deçà , qui étaient les Européens et les Asiatiques. — Mais les Grecs, qui étaient au centre du croissant que formai^it les Atlantes en pénétrant par les deux extrémités :de l'Afrique en Asie et en Europe , voyant que toutes les autres nations s'effrayaient et fuyaient, se liguèrent entre eux pour résister ; et Içs Athéniens, qui invoquaient Athéné et Zeus, furent en tête de cette ligue, et les Atlantes furent repoussés et vaincus , et forcés ^e rentrer dans File Atlantide, et cétait là la fin du premier âge.

Mais ces rois et ces peuples, autrefois si illustres, vinrent à se dépraver par l'accumulation des richesses et l'abus du pouvoir, et dans le temps où beaucoup de nations furent détruites par des tremblements de terre et des inondations. File Atlan-

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tîde fut ausai oonyeitie en un limon qui a rendu la mer impossible k parcooriri et par conséquent inœnnue aujourd'hui pour lolit le monde* (Platon, in Timée et Gritias. )

Or, c!était là la fin delà premièihe période di| second Age^ o& sortirent des déluges tant de réfbiv mateUFS» ootetitiileliiiB politiques. Mais la race des Atlabtes ii'avaitpasiion plus pétt tout entière; oar on la retirouve piudknt tout le second âge dani tontes 1er ilBs de la Méditerranée; et en particulier dans ceHes qui éont plus. près de TAfrique, comme Malte ^ GoKzo^ la Sicile, la Sardaigne^ Tilo ik» Gr^e> eÉc.y.elle a laissé des monuments d'un ca^ iBctère tqmtiÉBirtictilkF, eti^e fiéputationde jastice et de salasse: qui- s'accorde parfaitement^ «vec 4e caractère. le j^us élevé de la feiustîon de Japheik Malte ^Melite), GaaSD (iïaulm ) et Gomsnq (i^Ceccine) fiarment trdiaiales' africaines m. {usocbeâ rat^dy^ae^quldlksp'ontipu être habitées ^tiiaitis»^ esi^uat que par le mâme peuple* ^-^ Or^ ce peuple était les Fhéaciena et Tib JiB Malte s appdait Ogy^ gia; puis il vint une jprétendue oolooie de T?hé* piciens. l^t Tou trouve encore aujourd'hui à Gozzoï appelée auparavant Gaules, les traces de ces peu« pies puissants. Ce août deux temples voisins l'un de lautre, bâtis en forme de double croix, dans le Ittyle architectural, appelé Cydopéen, mais offîrant ce caractère particulier, que les murs, construits en blocs irréguliera superposés sans ciment ^ sont rêvé-

tus de pierres paillées beaucoup plus Fégulièreihent^ Des Dolmens, des Menhirs, se trouvent eoninle au«tels dans Tintérieur dé ce temple, et des dessins sculptés oraent plusieurs des ]]iiejrres colossales qui les forment. Le voisinage de la partie nord-ouest de l'Afrique, où était établie la gratide nation des , Atlantes , ne laisse pas de doute sur l'origine de ce< monuments* (MàiSKara.)

£( le culte femelle de ces peuples se retrouve de Blême dans la Sicile primitive, appelée au prinmpe Trinacria, à cause des trois déesses, Minerve f D&ane et Proserpine, qui y avaient leur demeure. -*^Isà se trouve aussi la lutte de plusieurs ciiltiesy et le» dogmes m^y thiques de saisons et d'agriculture 9 qui les représentent dans l'enlèvement de Proser- ]^e par Pluton, sa reôberobe par Gérés sa mèrCi et S9 découverte alors ^'elle ne pouvait plus^ être diapeuaée de rester six .moissur ki terre et six mois ^il« enfers. — Là ajusâ Proserpine eut pour fils un Bacchus Zagrœus, dieu du labouragei* ^ue les Grecs mêlèrent ensuite avec le laccbus des mystères d'Eleusis. — Et les Sicaniens et les Siciliens, qui passèrent plus tard de Tltaiie dans cette île, ne firent que se mêler à l'ancien peuple. ( Diodore de Sicile. )

Or , la Sardaigne ne garde pas un souvenir moins vivace de ces grandes populations, embran<> ohements de la gigantesque société des Atlantes. •-fasses mpnumentSi d'un caractère plus parfait que

as.

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celui ties moDumeatft eyclopéens y attestent un grand déreloppement de civilisation chez les lia* bitants de ce pays. ( Petit-Radel. ) — Ce sont les Nouraghes ou temples couverts , de forme carrée , avec des cônes creux aux quatre coins , et un plus grand à trois étages au milieu. Ici la construciion-y en petites pierres taillées régulièrement, bien que sans ciment , annonce un perfectionnement sur les roches irrégulières, de^ monuments dits cyclopiens ; mais la forme que nous venoQs d'indiquer rappelle trop celle de la double croix y dont chaque branche est terminée par un hémicycle-, dans les temples de nie de Gozzo , pour ne pas rapporter aux descendants des Atlantes ces constructions remarquables , qu'on a, à tort sans doute, attribuées à la colonie pélasgique de lolaus, puisqu'en Grèce il n'existe pas de monuments qui approcfa^ent de ceux-là sous le rapport de la forme générale. — Et d'après cela nous pouvons faire dater ceux-ci de la seconde période du second âge»

L'tle de Crète ( Candie )oflVe en6n une tradition un peu plus suivie , qui commence à la première période, du second âge. — Or, les Eteo-^Cràtes , premîer$Jbabitant» dcc^tteile, reçurent leur noai*

HlàTOlAÏ ÛB L AFRIQUE. 34 I

de leur roi, nommé Grés, auteur de beaucoup d'inventions. — • Les Dactyles Idéens, qui sortirent de cette société , semblent Tune de ces races bâtardes qui volent Tusdge du^ feu, et s'en servent pour découvrir les métaux ; il en est de même des Citrètes ou Ciourestes, nésde la terre et des Dactyleâ, et qui , pasteurs, apprirent .aux hommeîs à régiâ'r leur vie , à soumettre le^ aûimaux , et à pratiquer des danses armées. ~ Puis vient, pour la Grète, la période de constitution politique, par Minos^ rattaché par les Grecs à Europe, fille d'AgenoBî^ fils d'Io; ce qui le place au commencement de la se^ conde période du second âge. Il établit des lois , «t s'acquit une grande réputation de justice et de courage, car il conduisit de nombreuses flottes dans la Méditerranée ; enfm , it voulut* sans doute remonter jusqu'au centre de la civilisation, d'coidascehdaieiit les Grétois , et il fit une 4^<^énte en Sicile fOur y chercher une race de jcon&iructeurs qui «'y «était râTugiée, et qui sous :1e tiomife Doedale.s'étak <enfuie'de. la Grètje; ^~ MaisiL y fut tué parGpoakii, toi déiSicile , i et lesGnétois qû «il avait amenés res«jtèrent jdâns ce pays. . •;.:. .! - .

Or., o'^t au temps dé. Mines que Ton rapporte là eonslruction' du fameux hypc^ée , appelé l^by*- 4rinthe , où était adoré un être moitié. homme ^moi^ dé taureau. , .

. . Bhadamante et Sarpedon étaient les deux frères de Minos. Le premier avait acquis une t^lpTépu^

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tatton dé justice et d!austlrité dans lesjugemeats qu'il pQriait sur tous les Gfime& qui devaient êtne -réprimés^ iqu'on venait le oonsulter de presque toutes les côte^.de llAsie.«-rm II répandit assii^fike nombreuses colonies dans les petites iles ialaiiâ>^ Ja mer Egée est semée., 'is^ S£^edon passa oit Aute à la tête d'une aimée;, soumit la Lycie , ^.Viip de ces descendon^a fut à la guerre de Troie , ainsiquè des descendants de Minos. (Diodore de Sieilo. ). ^

Plusieurs colonies grecques de Pelasges , de Dch -ritepa, etc., vinrent; s^ussi se eonfondre ayee les Ëteo-Crètes primitifs.

Cependant la puissance Cretoise semblait avoir continué les prétentions dominatrices des ^tlàntes sur la Gtrèee f car longtemps un tribut de victimes fut payé au culte du Minotaure par Athènes , qui n'en fut délivré que par Thésée.

£t il semblait , au reste , que la race primitive de r£(neien Japketh , établie dans rAfrique^ prér tendît à des dr4>its de possession sur la race de ^JEanus /)jui s'était âtabUe' en Europe et en Asiei-^ j^ioft» avons vu les Atlantes menacer tout le Iktoral delà Méditerranée; voici les Cretois qui veulent :âay^Iprla Sicile, qui s'établissent en Asie mineure, et ifftii im^sent m; tribut à la Grèce. — «Bl'enià 41sLTt}^9^'j formée d'une colonie phénicienne, conh duite par Didon , et mêlée à l'ancienne raoe àfii»loainé des Atkntes, va lutter avec acharnement avec -Bqme:^ "qui ; la renversera jusque dan» sttsfoii»

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déments y après avoir failli être ruinée par elle. Or , Cartilage , avant d'atteindre Rome , s'était tellement sentie la remplaçante des Atlantes , que non-seulement ^^ ^é!Kti%' ét^HJl^e dans l'ancien centre continental africain , de cette puissante na^ tion , mais qu'elle avait successivement envahi les îles featité^ par Içs jQp^gipçiits dgjjç^aivfl F®»P^>

J^gicil^ ^ et teute&ks i|«lâtes UMid^.lili Molît^ermo Èé é ' et de rOcéfta qui bordei»! VJkfriqâe du nord-ouest. — Ce fut seulement ôkrrs qti*elle passa en Espagne , et que forte de son commerce, par le moyen duquel ses colonies, jetées au loin, et ses mines d'Elspagne, lui procuraient tant de richesses ^ elle se mesura avec la maîtresse guerrière du monde.

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