‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 2)Chapitre 11 sur 29 · Auhv kéyo co, où pu · texte numérisé non relu

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25. Raccommode-toi promptement avec ton adversaire pendant que tu es sur le chemin avec lui, de peur que l’adversaire ne te livre au juge, et que le juge ne te livre à l'huissier, et que tu ne sois jeté en prison.

26. En vérité, jete le dis, tu ne sortiras pas de là, jusqu’à ce que tu aies acquitté la dernière obole.

La déclaration de Jésus (V, 22) avait pour premier but de prévenir, par la crainte des deux Jugements, les emportements de la colère ; mais elle en a un second : c’est, quand la colère a éclaté et a mis la division entre les hommes, de faire servir cette double crainte à leur réconciliation. |

La crainte du jugement de Dieu fait envisager la réconciliation comme une obligation morale. La crainte du jugement des tribunaux la fait considérer comme une chose prudente et utile. La première de ces craintes est supérieure à la seconde; elle en est indépendante, en ce sens qu’elle produit pleinement son effet, alors même qu'il n’y a aucune raison d’éprouver l’autre crainte. Les résolutions qu’elle fait prendre, provenant d’une meilleure cause, sont meilleures aussi et plus pures. Jésus, dans les deux exemples qu’il propose, les montre l’une après l’autre en action, et enseigne à mettre la conduite d'accord avec la crainte qu'on ressent.

Lorsqu'on sait qu’on encourra le jugement de Dieu pour tout sujet de plainte qu’on aura donné

MATTHIEU, V, 23-26. 87 à son frère, il est tout simple qu’en venant dans le temple pour honorer Dieu, on sente vivement qu’on est devant son juge. Si donc celui qui y est venu offrir un don à l'Éternel, se souvient tout à coup, füût-ce même au pied de l'autel, qu'il a fait de la peine à quelqu'un, il doit, connaissant le déplaisir que Dieu en éprouve, laisser là son offrande et courir au plus vite reconnaître et réparer sa faute, donnant aimsi le pas à la réconciliation sur la présentation de ses dons. Pour agir de cette sorte, 1l n’est pas besoin qu’il ait à redouter des poursuites en justice; car n’y eût-1l plus de juge sur la terre chargé de punir les violences et les injures, il y en aura toujours un dans le ciel. Quant à ceux qui ne s’effrayent que des jugements qui se rendent ici-bas, voici comment Jésus s’adresse à eux. Il suppose, entre deux hommes, une vive altercation en public, dans laquelle lun d'eux a eu des torts graves envers l’autre. Ils sont au moment de se séparer; mais l'affaire n’en restera probablement pas là. Si l’offensé porte plainte, le juge, après s'être enquis des faits, condamnera celui qui à fait l’offense à une réparation pécuiaire et à l'amende, avec ordre à l'huissier du tribunal de le conduire en prison, pour y être retenu jusqu’à ce qu’il ait tout payé. Au lieu de laisser les choses en venir là, que pourrait-il faire de mieux que de se raccommoder sans retard avec son adversaire à l’endroit même où ils se trouvent? Jésus le lui conseille, faisant ainsi servir la crainte de la Jus-

tice humaine, comme pis-aller, à l’apaisement des querelles, lorsqu'elle n’a pas été suffisante pour empêcher les explosions de la colère.

Nous avons vu que dans chaque ordre d’obligaons, le plus petit commandement c’est celui qui exige le moins, et que le commandement est d’autant plus grand qu'il exige davantage. Ici le petit commandement, c’est : Tu ne tueras point, ainsi que cela avait été dit aux anciens. Le commandement plus grand que Jésus lui substitue, c’est de n’offenser en aucune manière son frère, et si on l’a offensé, de se hâter de se réconcilier avec lui.

ù 4 V,27. Huodoure, ôtt è26€0n GS doyalots| OÙ moryeboers.

V, 27. Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne « commettras pas adultère. »

28. Mais moi je vous dis que tout homme qui regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son cœur.

29. Si donc ton œil droit t'est en piége, arrache-le et le jette loin de toi; car il t'est avant(ageux qu’un de tes membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne.

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