‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 3)Chapitre 7 sur 16 · EE LES RS · texte numérisé non relu

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56 Lu MATTHIEU, I, 1, 2. : AE

pu douter, après avoir reçu une telle Das , que

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Pétoile qu'ils avaient vue ne fût son étoile? Une fois convaincus que telle était la signification de ce signe du ciel, ils ont voulu rendre hommage au nouveau roi. C’est cette conviction qu’ils allèguent | comme la raison de leur voyage, en arrivant à Jéru- __ salem, et c’est ce dessein qu’ils annoncent, APTE fu | & y Pr disent : Nous sommes venus l’adorer (1). Quant à Li naissance même à laquelle ils sont persuadés que cet astre a présidé, ils la croient généralement connue, et ils s’imaginent si peu avoir mission de l’apprendre à personne, qu’au lieu de remplir un mes-

sage, ils questionnent : Où est le roi des Juifs qui est

"4 né ? Où est-il? voilà ce qu'ils veulent qu’on leur dise. à Mais qui jamais a pensé que pour annoncer un évé- #4 nement important, il n’avait rien autre à faire que

d'interroger sur l’un de ses détails? Puisque cependant les mages n’ont pas fait autre chose, 1l en résulte qu'ils n’ont pas cru être des hérauts divmement char-

gés de proclamer en Judée la naissance de l'Oint (2). we aa

(1) « Adorer, suivant l’Académie, signifie aussi : Rendre des res- « pects extraordinaires. en se prosternant. La reine Esther adora « le roi Assuërus. Les rois de Perse se faisaient adorer. » — C’est en ce sens que Calvin entend l’adoration des Mages : « Ils ne | « venoyent point pour faire à Christ hommage de service divin de « tel que merite le Fils de Dieu : seulement ils le vouloyent saluer « et luy faire la reverence comme à un Roy tres excellent, selon la « coustume de leur pays.» (CALwIN, Commentaires sur le Nouveau Testament, tome Ier, page 74.) Ioosxvveïy est employé par les Septante dans cette signification : Genèse, XXIIT, 7, 12; Daniel, IF, 46;

et par Flavius Josèphe : Ant, Jud., lib. VE, cap. x, $ 4, (2) Voici l’interprétation tout opposée de Calvin: « Ce que l’es-

sn MATTHIEU, I, 3. Apr. 57 “#°

3 PA sons dE Heène & I, 3. Or le roi Hérode, ayant Basi\edc évagax on, xalräca le- oui en fut troublé, et tout Jéposé AURA LLET” AUTO. rusalem avec lui. Ne;

Pour bien comprendre l’eflet produit à Jérusalem par là Question des mages, il faut se rappeler quel était alors l’état des Juifs et par quels événements il avait été préparé. Ces souvenirs seront d'autant plus

à leur place en tête de cet Évangile, qu’ils peuventen

faciliter l'intelligence générale.

Pendant les deux siècles qui s’écoulèrent entre la fin de la captivité de Babylone et l’envahissement de l'Asie par Alexandre le Grand, les Juifs, protégés par les rois de Perse auxquels ils étaient soumis, avaient joui d’une paix prolongée; mais sous les successeurs d'Alexandre, après avoir eu à souffrir plusieurs fois de la rivalité entre les rois d'Égypte et les rois de Syrie, ils finirent par tomber entièrement dans la dépendance de ces derniers. Antiochus Épiphane ne ruina pas seulement Jérusalem, il profana le'temple, abolit les sacrifices, et voulut remplacer le culte de l'Éternel par celui des idoles. Ce fut le motif déterminant de la révolte dont les Maccabées furent les

chefs, et qui aboutit, après une longue lutte, à la déh-

vrance des Juifs de la nouvelle servitude où ils étaient tombés et à l'établissement du pouvoir dans la famille de leurs libérateurs. En attribuant cent vingt-six ans

« toille est apparue, a esté afin de tirer les sages jusques en Judée, « et que là ils fussent comme hérauts pour porter les nouvelles du « nouveau Rov. » (Commentaires sur le Nouveau Testament, tome Ier, page 74.)

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au règne de la dynastie asmonéenne, Flavius Josèphe

cabée fut affermi par la conclusion de la paix avec Antiochus Eupator, et finir à la mort d’Antigone (1). Quoique déjà confié à plusieurs membres de cette puissante famille, le pouvoir n’y fut rendu héréditaire qu’à partir de Simon Maccabée, auquel les Juifs attribuèrent par une décision solennelle l'autorité souveraine et la souveraine sacrificature, avec cette clause restrictive très digne d’attention : qu’il en serait ainsi « Jusqu'au temps où s’élèverait un prophète fidèle (2). » C'était à la fois fixer une limite et exprimer une espérance. Mais ce ne fut pas un prophète, ce fut l’Iduméen Hérode qui mit fin à la puissance de ces princes asmonéens, dont les derniers avaient pris le titre de rois, quoique appartenant à la tribu sacerdotale et par conséquent étrangers à la maison de David.

Les Iduméens, assujettis alors aux Juifs depuis moins d’un siècle, avaient embrassé leur religion et ne formaient plus qu'un même peuple avec eux; mais différents d’origine, ayant une autre histoire et d’autres traditions, il était impossible qu’ils eussent le même esprit : on ne les considérait donc que comme des demi-Juifs, et on les désignait quelquefois par ce

(4) … mabetat dE oûruc h où Acamwvalou doyh er Ern Exardv nai elxoot ÉE. (FL. Jos., Antig. Jud., lib. XIV, cap. xvt, S 4.)

(2) .. vo elvar Spuva Tryobmevoy nat doytepéa els rdv aitva Ews Tod dvastivat moovhrny mistév. (Maccabæorum I, cap. XIV, v. 41.)

le fait commencer du jour où le pouvoir de Judas Mac-

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MATTHIEU, II, 5. 09 nom (1). Hérode était petit-fils d'Antipas, qui avait été gouverneur de toute l’Idumée, et fils d’Antipater, qui, dans les longues querelles pour le trône de Judée entre les fils du feu roi Alexandre, avait pris parti pour Hircan contre Aristobule, et tout en restant fidèle à ce prince, était parvenu, grâce à l’appui des Romains auxquels il avait rendu des services importants, à un pouvoir si grand que les Juifs l’honoraïient autant que s’il avait été roi. Très jeune encore, Hérode fut nommé gouverneur de la Galilée. Irrité de ce qu'on lui demandait compte de certains abus d’autorité, il abandonna ce poste, se fit donner par les Romains le gouvernement de la Cœlésyrie, y leva une armée et ne se laissa détourner qu’à grand’peine par les représentations de son père, d'entrer en Judée pour y tirer vengeance de l’injure qu’il prétendait avoir reçue.

Plus tard, en partie par son ascendant sur le vieil Hircan, en partie par l’effroi qu'il lui inspirait, Hérode, pour se rapprocher du trône, fit consentir ce prince à ses fiançailles avec Marianne sa petite-fille. Le dernier fils d’Aristobule, Antigone, disputait alors la couronne à son oncle. Hircan lui opposa Hérode ; mais Antigone ayant invoqué et obtenu le secours des Parthes, maîtres de la Syrie à la suite de succès remportés sur les Romains, Hircan fut fait prisonnier et Hérode obligé de fuir. Le parti que celui-ci sut tirer de ce revers mit le comble à sa fortune. Comprenant

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\ | Be 4 ! .… r (4) ... ve évrt mat Tècupalw, vouréortv fuiioudaiw. (FL. Jos., Ant. Jud., lib. XIV, cap. xv, $ 2.)

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