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cheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.
Ât. Et les pharisiens, l’ayant vu, dirent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec des publicains et des pécheurs?
19. Jésus, l'ayant entendu, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades, qui ont besoin du médecin.
13. Allez donc apprendre ce que signifie : « Je veux la com- « passion, et non le sacrifice. »
Car ce n’est pas des justes, mais des pécheurs que je suis venu appeler à la conversion.
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La vocation du publicain Matthieu suivit de près la guérison du paralytique. Matthieu était attaché au bureau du péage de Capernaüm. Comme c'était en cette ville-là que Jésus avait fixé sa demeure depuis quelque temps, il devait avoir eu bien des occasions d'assister à ses miracles et d’entendre ses instructions. À en juger par le soin avec lequel il a reproduit l’enseignement de Jésus sur la montagne, on pourrait supposer qu’il faisait partie de la foule des disciples qui y allèrent trouver leur maître après qu'il s’y fut retiré. En tout cas, l’empressement qu’il mit, sur son appel, à le suivre, montre qu’il y était disposé à lavance.
Les scribes avaient accusé Jésus de blasphémer, quand il s’était attribué le pouvoir de pardonner les péchés. Maintenant les pharisiens s’efforcent de déta-
MATTHIEU, IX, 9-13. 37 cher de lui ses disciples, en lui reprochant de vivre dans la société des pécheurs : comme s’il ne fallait pas se mêler à eux pour les presser de se convertir! Le pardon et la conversion sont étroitement unis entre eux. Les déclarations de Jésus sur ces deux sujets se complétaient l’une l’autre. Peut-être est-ce pour cela que Matthieu fait ici place à la seconde à la suite de la première, quoiqu’elle n’ait pas été faite comme celle-c1 à l’occasion d’un miracle, et que cette section soit celle des miracles dans son Évangile. Indépendamment de ce motif pour l’insérer, 1l en pouvait avoir un autre plus personnel. Sa vocation avait eu lieu, nous l’avons vu, aussitôt après la guérison qu’il vient de raconter. (IX, 9.) Aurait-il pu passer un événement aussi important pour lui sous silence, lorsqu’il n’avait qu’à suivre l’ordre des faits pour l’enregistrer ?
En adressant appel à un publicain, Jésus avait heurté les idées reçues chez les Juifs. On s’indigna bien plus encore quand on le vit, probablement du dehors, assis à table, ainsi que ses principaux disciples, avec les amis de cet homme, publicains comme lui. Aux yeux des pharisiens, et ils ne manquèrent pas de s’en expliquer, tout publicain était un pécheur de la pire espèce. Le premier de ces mots leur paraissait devoir nécessairement introduire l’autre, tandis qu’ils ne se croyaient pas euxmêmes pécheurs. Jésus, en les réfutant, ne s’arrête pas à la profession des amis de Matthieu, mais seulement au reproche qu’ils lui font de vivre familiè-
rement avec eux. Vers qui donc irait-il, pour précher la conversion, sinon vers des pécheurs? Les pécheurs sont des malades qu'il est venu guérir; c’est auprès d'eux qu'il faut qu'il se rende, lui le médecin de l’âme, comme les médecins du corps visitent ceux qui se portent mal. Eux-mêmes, d’ailleurs, eux les pharisiens, qui trouvent à redire à ce qu’il mange avec des pécheurs, comme ils les nomment, que sont-ils sinon des pécheurs, quoiqu'ils soient fort éloignés de se juger tels? Très-attentifs à observer l'extérieur de la religion, ils n’ont pas les sentiments qu’elle inspire. 11 leur suffirait, pour le reconnaître, de réfléchir sur le sens de cette parole du prophète Osée : « Je veux la compassion, « et non le sacrifice, » et de la comparer avec leur vie. Quel plaisir l'Éternel pourrait-il prendre à la multitude de leurs sacrifices, puisqu'ils sont sans miséricorde (1)? Jésus, au contraire, est plein de “pitié : 1l agit d’après la règle à laquelle il leur prescrit de se conformer, et c’est pour cela qu'il s’approche avec bonté de ces publicains qu’ils méprisent, parce qu’ils croient être justes eux-mêmes. La parabole du pharisien et du publicam (Luc, XVI,
(1) « Ce tesmoignage est prins d'Osée, VI, 6, où le prophète « ayant presché de la vengence de Dieu contre les Juifs, afin qu’ils « ne s’exCusassent, disans qu'ils s’acquittoyent du service externe « de Dieu, comme c’estoit leur coustume d’alléguer leurs cérémo- « nies, sans se soucier du reste, dit que Dieu n’ha point d’esgard « aux Sacrifices, quand les esprits et les cœurs sont sans crainte «de son nom, et quand il n’y a és mœurs justice ne droiture. » (CALVIN, Commentaires sur le N. T., tome I, page 228.)
MATTHIEU, IX, 9-13; 14-17. 3) 9-14) est en germe dans ce récit, où Jésus fait voir aux pharisiens que le scandale qu'ils prennent ne vient que de leur aveuglement sur leur propre
compte, et où il leur montre que sa conduite est
précisément ce qu’elle doit être.
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Jean,
IX, 44. Alors les disciples de Jean vinrent à lui, disant : Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous souvent, et tes disciples ne jeünent-ils pas?
415, Et Jésus leur dit : Les gens de la noce peuvent-ils être dans le deuil pendant que l'époux est avec eux? Mais les jours viendront où l'époux sera séparé d’eux, et alors ils jeüneront,
16. Nul ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit; car il prend de l’habit le morceau à y mettre, et une pire déchirure a lieu (4).
A7. On ne met pas non plus le vin nouveau en de vieilles ontres:
autrement les outres se rompent, et le vin se répand, et les outres seront perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et vin et outres se conservent ensemble.
malgré son incarcération par Hérode
(IV, 12), et quoique quelques-uns de ceux qui
(1) Mon interprétation de ce verset est conforme à celle de la
Vulgate :
« Nemo autem immittit commissuram panni rudis in ves-
« timentum vetus : ui enim plenitudinem ejus a vestimento, et
« pejor scissura fit.
s'étaient particulièrement attachés à lui se fussent : mis à suivre Jésus (IV, 18-20), continuait à avoir des disciples. Ils semblent n’avoir compris qu’imparfaitement la pensée de leur maître : autrement, au lieu de faire bande à part, ils se seraient, comme plusieurs de leurs compagnons, ralliés à celui duquel Jean avait dit qu'il était plus grand que lui (IT, 11), et ils auraient rompu complétement avec les pharisiens, desquels il s'était déclaré l'adversaire dès l’entrée de son ministère. (IT, 7.) Ici ils signalent à Jésus un point, le jeüne, sur lequel ils s’accordent avec eux et ils diffèrent de ses disciples, et ils lui demandent la raison de cette différence.
On voit par la réponse de Jésus qu'il y avait chez les Juifs deux sortes de jeünes. Ils jeünaient quand ils étaient dans le deuil ou la tristesse (2 Samuel, I, 12; XII, 16. Psaume XXXV, 13). Ils jeûnaient aussi par exercice de piété et pour faire pénitence.
Les disciples de Jésus n’avaient pas le premier de ces motifs pour jeüner. Ils n’étaient pas dans la tristesse, mais dans la Joie. Sa présence les rendait heureux, et le jeûne aurait fait contraste avec leur bonheur. Il aurait été aussi étrange qu'ils jeünassent dans les circonstances où 1ls se trouvaient, qu’il le serait que des personnes conviées à une noce y apparussent en vêtements de deuil. Plus tard, lorsqu’ils seront séparés de leur maître, comme le sont maintenant les disciples de Jean, ils voudront jeüner comme eux; mais Comment, n'étant pas dans
MATTHIEU, IX, 14-17. A1 l'épreuve, pourraient-ils exprimer, à la façon des gens affligés, une affliction qu'ils ne ressentent point ?
Quant au jeûne de pénitence, il doit, d’après l’enseignement de Jésus à ses disciples, être un jeûne secret. Les hommes, leur a-t-il dit, ne doivent pas voir qu'ils jeûnent. (VI, 18.) Comment done ceux qui prétendent qu'ils ne jeünent pas pourraient-ils savoir s'ils le font ou non, eux auxquels il est interdit de jeûner par ostentation, à la manière des pharisiens, dont les disciples de Jean avaient pu voir les jeûnes fréquents? Ces jeûnes hypocrites ne tranchaient aucunement avec le reste de leur vie et ne valaient pas mieux, car ils provenaient du même fonds. Aussi la seconde des paraboles sur le jeûne peut-elle se résumer ainsi : « A « vieil habit, vieille pièce; à vie pharisaïque, jeûne « de pharisien. » Dans les deux cas, on ne faisait qu’ajouter du mauvais à du mauvais, et dans les deux cas aussi, ce rapiéçage, loin de pouvoir servir à rien réparer d’une manière durable, ne pouvait aboutir qu’à un mal plus grand (1).
Au reste, le vrai jeûne que Jésus approuve n’est
(1) Jésus montre ici à quoi revient le jeûne hypocrite des pharisiens et quel en est l'effet. Nous apprenons de lui, dans le troisième Évangile, pourquoi leur jeùne n’est pas celui des pénitents sincères. « Personne, dit-il, ne met une pièce d’un habit neuf à « un vieil habit; autrement il déchire le neuf, et le morceau pris « du neuf ne convient pas au vieux. » Et dE pye, ai td xauvov cyilet, nat To Taha où cuppwvet ÉTÉ Anua Td 4x0 To xatvoÙ. (Luc, V, 36.) C’est une autre face du sujet.
42 MATTHIEU, pas à l’usage de tous. Il fait partie de ces choses nouvelles pour lesquelles ïl faut un nouveau cœur et un esprit nouveau. La pratique en.serait impossible à ceux qui ne les ont pas; mais elle sera profitable à ceux qui les ont. [ls veilleront à la sincérité de leur jeûne, et le jeûne favorisera leur sanctification, en sorte qu’ils se conserveront ensemble, comme le vin nouveau et les outres neuves dans la troisième parabole.
Tel me paraît être le sens de la réponse de Jésus. En même temps qu’elle condamne l'hypocrisie et le formalisme, elle élève l’idée qu’on doit se faire de la conversion, dont 1} a été question dans l'entretien précédent. Les trois derniers fragments sont donc en rapport les uns avec les autres. Jetés, conformément à l’ordre dans lequel les choses se sont suivies, au milleu de ces récits de miracles, ils montrent comment les guérisons et les insiructions de Jésus étaient mêlées sans confusion dans ses journées et les remplissaient , les bienfaits,
malgré leur grand nombre, y laissant place suffisante pour les leçons, Nous le verrons encore dans ce qui va suivre.
IX, 18. Tadra aùrod }a-
hobvros aütois, idob, doyuy
IX, 18. Et voici, pendant qu'il leur disait ces choses, un chef
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o ; , Réyoy * Orth OuyaTno pou dort 3 2 éteAettnoev" AA éA0DY Ent Oes Thy yeiod cou x” aûrhy, xat Chostat.
(1) … (2) M. Arnaud traduit :
GOYUWY TAG CUVAYOYAS Ma fille se meurt, et il ajoute en note :
de la synagogue était venu se prosterner devant lui, en disant : Ma fille est morte en ce moment (2); mais viens, pose ta main sur elle, et elle vivra.
(Luc, VIE, 41.)
19. Kat évep0ete © Incoûs 2 4 3 \ e AAOAQ0MNoEY aùTO, AA OÙ pa OnTat adrod.
20. Kat (doû, Yuvn aiop- € = IS 4 “ FE Poodaa dWôena Etn, ToogeA0oDTx LA € 2] 1% Ontoûev, Mauro TO XxOMomEdOU ToÙ ipatiou aüToû.
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