Et la nouvelle s’en répandit dans tout ce pays-là
Ces deux histoires de miracles sont si bien mêlées ensemble, qu’on ne peut penser à l’une sans se souvenir de l’autre, et l’impression que l’on reçoit de chacune d’elles en particulier en est accrue.
Le chef de la synagogue prie Jésus de se rendre chez lui, pour rappeler sa fille à la vie. La femme malade d’une perte de sang n’a pas recours aux paroles pour présenter sa requête : un signe, inaperçu de tous, lui paraît suffire pour exprimer son désir de guérison et l'obtenir de Jésus. Leur confiance est la même, quoiqu’elle se manifeste si différemment : aussi sont-ils également exaucés.
La femme se disait sans doute : Comment celui à qui Dieu a accordé le pouvoir de me guérir sije l’en supplie, ne reconnaîtrait-il pas une prière dans le simple attouchement de son manteau par lequel je m'adresse à lui? Et en effet, ce fut assez pour qu’il la secourüt. « Prends courage, ma fille, ta foi t'a « guérie, » lui dit-il. Quel encouragement sans pareil dans les premières paroles, et quelle sécurité après les dernières qui mettent fin à douze ans de maladie! Sa foi l’a guérie, en lui faisant chercher la guérison auprès de celui qui la pouvait accorder.
MATTHIEU, IX, 18-26. 45 Ce qui frappe avant tout dans l’autre récit, c’est le mot de Jésus : « La petite fille n’est pas morte, « mais elle dort. » Sa déclaration à cet égard est trop positive pour qu’on puisse lui attribuer un autre sens que celui qu’elle présente naturellement. Elle n’est pas morte, malgré la persuasion de ceux qui croient qu’elle est morte. De même que dans la guérison de la femme malade d’une perte de sang, la connaissance que Jésus avait de l'intention dans laquelle elle avait touché son manteau était le commencement du miracle, ici le miracle commence avec la parfaite connaissance qu’il a du véritable état de l’enfant, bien qu’il ne l’ait pas vu encore. Son intervention bienfaisante s’exerça probablement en sa faveur dès l’instant où le père affligé vint se prosterner à ses pieds, et procura dès lors à la petite fille le sommeil réparateur à la suite duquel elle se leva, lorsque Jésus lui prit la mam. | La foi du chef de la synagogue en la déclaration de Jésus mérite d’être remarquée. Elle fait contraste avec les moqueries par lesquelles cette déclaration fut accueillie par la foule rassemblée dans la maison. Il y croit si bien qu'il n'attend pas d’avoir revu sa fille pleine de vie pour renvoyer de chez lui les gens venus pour la cérémonie funèbre, auxquels Jésus, en arrivant, avait enjoint de se retirer. C’est comme s’il leur avait dit: « Vous n’avez rien à faire ici. Je sais que ma fille n’est point morte; 1l n’y aura donc pas de funérailles. » Quelques moments après, le réveil de l’enfant le récompensa d’avoir éru.
46 MATTAHIEU, IX, 27-31.
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