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sés comme les serpents et simples comme les colombes ;
17. Mais donnez-vous de garde des hommes, car ils vous livreront aux sanhédrins et ils vous battront de verges dans leurs SYNALOGUES ;
18. Et vous serez menés et devant les gouverneurs et devant les rois à cause de moi, pour qu'eux et les nations entendent votre lémoignage.
19. Or, quand ils vous livreront, ne vous inquiétez point comment vous parlerez, ni de ce que vous direz; car ce que vous aurez à dire vous sera donné en cette heure-là;
20. Et ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l'esprit de votre Père qui parle en vous.
En confiant à ses disciples sans défense la dange-
reuse mission de l’apostolat, Jésus fait comme ferait un berger qui laisserait vaguer çà et là ses brebis, alors que les loups sont alentour. Il faudra, pour la remplir dignement au milieu des périls qu’ils vont courir, qu'ils soient à la fois intelligents et sans malice. Les serpents sont avisés, mais ils n’ont pas linnocence des colombes. Les colombes sont sans venin, mais la finesse des serpents leur manque. C’est que les qualités qui distinguent ces deux sortes d'animaux sont si contraires entre elles, qu’elles
(4) Comme Matthieu, VIE, 4 : ets paotüpioy adrois. L'idée est la même; mais le contexte oblige à la rendre autrement ici que là.
semblent inconciliables. Il n’en est pas moins nécessaire pour les apôtres de les posséder l’une et l’autre.
Même s’ils sont inoffensifs comme des brebis, les Juifs, leurs compatriotes, ne les épargneront pas. Ge sont là les loups à cause desquels Jésus leur recommande d’user de circonspection. Non contents de les traduire devant leurs propres tribunaux et de leur faire subir les châtiments qu’ils ont la liberté d’infliger, ils les feront comparaître devant les gouverneurs romains et devant les rois étrangers, afin d'attirer ainsi sur eux des peines plus sévères. Dans son enseignement sur la montagne, Jésus avait déjà annoncé la persécution à ses disciples. (V, 10-12.) Il leur apprend maintenant de quelle façon elle s’exercera, et comment, loin de faire sérieusement obstacle à leur mission, elle deviendra pour eux un moyen de l’accomplir plus largement, en leur fournissant l’occasion de rendre témoignage, non-seulement devant les Juifs qui les livreront aux Gentils, mais aussi devant les Gentils auxquels les Juifs les auront livrés. On voit par là que l’intention de Jésus, lorsqu'il disait aux douze de ne pas aller chez les Gentils (X, 5), n’était pas d'empêcher que l’Évangile fût prêché aux nations : ce qu’il voulait c’était que le ministère des apôtres ne s’étendit à elles que quand ils seraient capables de l’accomplir d’une manière qui püût leur être profitable.
Il y aurait eu, certes, de quoi effrayer les douze disciples, s'ils n'avaient pu compter que sur eux-
mêmes pour rendre un si important témoignage dans les circonstances difficiles où 1ls devaient se trouver. Jésus les rassure en leur promettant que Dieu suppléera par son puissant secours à ce qui leur maänque. Le fonds et la forme de ce qu’ils auront à dire leur seront donnés, sans qu'ils aient à s’en préoceuper. L'esprit de leur Père, qui sera en eux et qui parlera par eux, le leur fera trouver, sans qu’ils aient besoin de le chercher, tellement qu’ils exprimeront naturellement et sans effort ce qu’il aura mis dans leur esprit et dans leur cœur, Leurs paroles découleront de la même source que leurs guérisons, et ne leur appartiéndront pas davantage. [ls ne devront donc ni se défier d'eux-mêmes, puisque Dieu les veut assister, ni se glorifiér de leurs succès, qui ne viendront que dé lui.
X, 21. Ilapadwoer dÈ dde pos adehgov els Odvarov, xai TOTNE TÉLVOV" AA ÉTAYATTATON* TAL TÉLYO ÊTL VovEis, xat Oava- TUOOUGLY AÜTOU.
22. Kot Evco0s pucobpevot rdvruÿ O1 +0 OV pou” Oropelvac elc TÉAoG, oÙtoc W0NcETAL.
Sans doute les apôtres pour le témoignage qu’ils témoignage, nous l'avons
X, 21. Or le frère livrera le frère à la mort, et le père l’enfant; et les enfants se lèvéront contre les pères et les feront mourir;
29. Et vous Séréz haïs de tous à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera Sauvé.
seront assistés d’en haut auront à rendre; mails ce vu, loin d’être générale-
ment reçu, les exposera à de cruelles persécutions, ainsi que ceux qui y auront cru. Jésus leur en révèle l’étendue, longtemps avant qu’elles n’arrivent,
MATTHIEU, X, 1; 22: 71 afin qu’ils s’y attendent et qu’ils s’y préparent. Les disciples, leur dit-il, trouveront dans leurs familles mêmes des accusateurs, qui, en les livrant et en témoignant contre eux, seront les véritables auteurs de leur mort. Les douze, plus en évidence que personne, en tant que chargés les premiers par leur maître de proclamer la bonne nouvelle du royaume des cieux, seront aussi plus que personne haïs de tous lorsqu'ils exalteront son nom, aussitôt qu’on aura compris que sa doctrine ne se pouvait concilier ni avec les préjugés nationaux des Juifs, n1 avec les espérances qu’ils aimaient à entretenir.
Aù milieu de tant de périls, il pourrait aisément arriver que quelqu'un d’eux perdit courage et renonçât à accomplir sa mission jusqu'au bout. Jésus les invite à demeurer fermés dans leur vocation, leur déclarant que celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu’à la fin. Ces dernières paroles me paraissent trouver leur explication dans d’autres paroles d’exhortation adressées de sa part par saint Jean à d’autrés disciples, destinés à être éprouvés dé la même manière qu'eux : « Ne crains pas ce que tu vas souf- « frir..… Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai « la couronne de vie. » (Apocalypse, Î, 10.)
Au reste, la persécution ne devait pas en venir dès l’entrée à de tels excès. Aussi Jésus, tot en ne voulant pas laisser ignorer aux apôtres qu’elle y aboutirait un jour, Jugea-t-il nécessaire de leur apprentre ce qu’elle serait à son début, et de leur enseigner comment ils devaient se conduire durant
la première période de l’opposition redoutable qui allait leur être faite.
X, 23. ‘Orav à dibxowav X, 23. Quand donc ils vous Dpôs èv rh rôhet vabrn, pebyere perséculeront dans cette ville-là, eis Thv GXAnv. Auhv yao XE- fuyez en cette autre; car, en véyo duiv, où ph TeAéonte tàs ré rité, je vous le dis, vous ne ter- Actg Toù ‘lopah, Ews àäv EX0N minerez pas les villes d'Israël 6 uiès roû dvôpurou (1). jusqu’à ce que vienne le Fils de
l'homme.
(1) La manière d’entendre et de rendre la fin de ce verset a, de tout temps, fort embarrassé les traducteurs. La Vulgate s’est bornée, avec raison selon moi, à en donner le mot à mot : 4men, dico vobis, non consummabitis civitales Israel, donec veniat Filius hominis. Mais, en général, on a cru devoir préciser davantage le sens de ce passage au moyen d’intercalations, et l’on est arrivé ainsi à des résultats très-différents.
Suivant les uns, tehciv ou consummare, C’est perficere doctrina (Heinsius), achever d'instruire (Saci); suivant d’autres, c'est obire (Bèze), achever d'aller par. toutes les villes (Ostervald), achever de les parcourir (Le Clerc et M. Arnaud). M. Schérer semble admettre que cette dernière manière de traduire est la bonne; car c’est en raison du sens qu’elle présente qu’il a compris ce passage dans la liste des Errata du Nouveau Testament. (Revue de Théologie. Année 1854. Tome IX, pages 156 et 159.)
« La proximité du retour de Christ » est, suivant ce critique, exprimée dans ce verset, et il faut convenir que, comme il le dit, « sa seconde venue aurait dù avoir lieu à une époque très « rapprochée, » s’il était vrai, ainsi qu’il le prétend, que Jésus l'avait annoncéé comme devant arriver « avant que les apôlres n’eussent « fini de parcourir les villes d'Israël. » Il est certain que rien de pareil n’a eu lieu : comment donc M. Schérer a-t-il pu supposer que l’auteur du premier Évangile, qui le savait fort bien, ait pu, en enregistrant cette parole de Jésus, lui attribuer le sens auquel il adhère lui-même sans discussion, comme si c'était le seul sens possible P
L'erreur que M. Schérer signale n’est pas, d’ailleurs, dans le texte. Elle est dans les mots que certains traducteurs ont ajoutés pour l'éclaircir et le compléter, et elle disparait avec eux. Il suffira, pour s’en assurer, de substituer les mots en italiques de la
L'époque dont 1l s’agit ici n’est pas celle où tout le monde haïra les apôtres (X, 22); c’est celle, plutôt, où quelquefois personne dans une ville ne voudra les recevoir n1 les écouter. (X, 14.) De ce refus de les accueillir à la persécution il n’y a qu’un pas. Qu'ils ne se croient pas obligés, quand on les Livrera au sanhédrin et qu’on les battra de verges dans la synagogue, de rester là où on les traitera ainsi, comme si c'était le seul lieu où 1ls pussent exercer leur ministère; qu'ils se soustraient, au contraire, aux violences par la fuite, afin de pouvoir s'acquitter de leur message ailleurs. Ils se proposeraient vainement de mener, malgré ces obstacles, leur entreprise à bonne fin dans une ville, avant de se rendre dans une autre. Jésus leur déclare, en effet, très-solennellement qu'ils ne feront alors qu'ébaucher l’œuvre dans les villes d'Israël, et qu'ils ne les gagneront
version de Saci cités plus haut à ceux de la version d’Ostervald. Ces deux interprétations, qui se contredisent, ne sont pas les seules qu’on ait proposées. En voici une troisième, avec laquelle Pobijection faite par M. Schérer ne pourrait pas non plus subsister : « Hilarius consummare interpretatur, ad fidei et evange- « licæ virtutis perfectionem adducere. » (MALDoNAT, col. 254.)
Je n’ai pas à choisir entre ces diverses manières d'interpréter le passage de saint Matthieu produites jusqu'ici, puisque j'en présente moi-même une nouvelle. Je ferai seulement remarquer, à propos de toutes, que leurs auteurs sont aussi peu d'accord entre eux sur ce qu'il faut entendre dans ce verset par la venue du Fils de l’homme que sur la valeur, à cette place, du verbe reset, Encore ici l'on doit regretter que M. Schérer n’ait pas jugé nécessaire de dire à ses lecteurs les motifs de sa préférence pour le sens auquel il s’est arrêté. I importait d'autant plus de la justifier, que ce sens est indispensable à sa thèse, qu’il y a une erreur mManifeste dans ce passage de saint Matthieu.
pas tout entières à l'Évangile. Ces villes: avaient salué comme le fils de David; elles le vejetteront, lorsqu'elles s’apercevront qu'il ne répond pas aux espérances qu’elles attachaient à ce nom. Pour que les Juifs consentent à s’assujettir à lui, il est nécessaire qu'ils apprennent d’abord à le connaître sous un autre nom, se rapportant à une plus haute royauté; et 1l n’en sera ainsi que lorsque la conver: sion des Gentils, sérvant d’explication à la prophétie, leur aura fait reconnaître en lui le Fils de l’homme, destiné à régner sur l'humanité (XVE 28), et les excitera à jalousie par leur exemple: (Romains, XI, 11:) Jusque-là le travail des apôtres demeurera inachevé au milieu d’eux, en raison de la grandeur de leurs préjugés. Il serait donc inutile que la mission préparatoire, limitée à leur patrie, à laquelle ils devaient d’abord s’employer exclusivement, se prolongeât indéfiniment. Avant qu'ils ne soient venus à bout de convertir tous leurs compatriotes, commencera leur mission universelle, qui fera apparaître Jésus sous l’aspect nouveau sous léquel il voulait qu’on l’envisageñt. On ne parlera plus alors du fils de David, parce que le Fils de l’homme sera venu : ce séront les temps du Fils de l’homme.
X, 24: Oùx or maünrns X, 24. Le disciple n’est pas
ênèp tèv Diddonakov oÙdE obAos au-dessus du maitre, ni l’es-
ÜmÈp Tov xÜpLoY abto. clave au-dessus de son sei: gneur: