Kai AëVououw: HèAñoa- Levy div, xal oùx bpyhoacle
Ébpnvnoausy OUI, Kat oÙx xd
Vase.
18. HA6e vap Todvnç whte écdluy phte TivuY, ai À youst* Aommévroy Eyer (1).
(1) Aaunéviov Éyel :
XI, 16. Mais à qui compareraije cette génération? Elle ressemble aux enfants assis dans les places publiques, qui, s’adressant à leurs compagnons,
17. Léur disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.
A8. Ainsi Jean est venu ne mangeant ni ne buvant, et ils disent :
Il a un démon.
seul empioi de cette locution dans le pre-
mier Évangile. Ostervald traduit avec raison ici : 17 à un démon; mais ailleurs il a pour les mêmes mots grecs : / est possédé du démon (Jean, X, 20), et il s’en tient à cette manière tout à fait arbitraire de rendre Dœiyévioy où Datpévia éyeuw, qu'il n'a fait, au reste, qu’emprunter à ses devanciers, dans les passages suivants : Luc, VIIL, 27 ; Jean, VII, 20; VIIL, 48, 49, 52. Je n'ai pas besoin de faire remarquer combien cette traduction favorise la croyance, autrefois si répandue, de là possession de certaines personnes par le
19. “HA6ev 6 vid roù dvdopw- 19. Le Fils de l'homme est venu rou écÜlwy xat rivwv, at À£- mangeant et buvant, et ils diyoustv" ‘ob, ävbogwros odyos sent : Voici un mangeur et un Ho oÙvoréT ns, TeAWVOY olkos buveur, un ami des publicains xaù auaotwAdv. Kat dixaus0n et des pécheurs. Et la sagesse a h sogia amd Toy Épywy (1) ab- été jugée d’après ses œuvres. TS.
L’apathie morale des Juifs était si profonde en ce temps-là, que rien absolument n’avait réussi, depuis de longues années, à les en tirer. Si quelques-uns d'eux avaient essayé parfois d’en faire sortir leurs compatriotes, de quelque manière qu'ils s’y fussent pris, ils y avaient perdu leur peine, ceux-ci s'étant toujours refusés à entrer dans les sentiments qu’ils leur voulaient inspirer. Qu'ils les conviassent aux tristesses de la repentance ou aux joies de la piété, c'était en vain : leurs appels avaient sur eux aussi peu d'effet qu’en a sur de jeunes garçons qui ne veulent pas danser, un air de danse joué sur la flûte par
diable. La version dite de Lausanne, en traduisant littéralement, en tous ces endroits : avoir un démon ou avoir des démons, à évité d'offrir un appui à cette erreur. La nouvelle version de la Bible, publiée par une réunion de pasteurs et ministres des Églises protestantes nationales de France, lui vient, au contraire, en aide. Elle traduit, par exemple, ici : C’esé un possédé; et comment, avec cétte traduction, ne pas voir une possession dans l’état d’un homme qui a un démon? Les mots grecs me paraissent cependant destinés seulement à désigner l’état de démence, au moyen d’une locution qui s'explique par une croyance populaire fort ancienne, ainsi que je le dirai en recherchant bientôt la signification et l'usage du mot Saumévtov dans les Évangiles. Voir mes remarques sur Matthieu, XIE, 22-29.
(4) La plupart des éditions grecques du Nouveau Testament ont réxvwy au lieu de épywy. J'ai rétabli éeywv dans le texte,
d’après les deux plus anciens manuscrits, le codex du Sinaï et celui du Vatican.
116 MATTEATEU XI, 1619,
quelques-uns de leurs compagnons, ou qu’en a sur de joyeux enfants le chant fait par d’autres de l’une de ces complaintes en usage dans les cérémonies funébres, auxquelles les assistants répondaient par les manifestations bruyantes de leur affliction.
C’est au milieu de cette indifférence, en apparence sans remède, que Jean le Baptiste était venu. Quand le peuple alla le trouver au désert, on put croire d’abord que tout le monde allait se convertir à la voix du prophète qui ne buvait ni vin ni cervoise (Lue, f, 15), et qui ne se nourrissait que de sauterelles et de miel sauvage. En effet, l’excitation était grande alors, et il ne me paraît pas douteux que la foule qui descendit avec lui au bord du Jourdain avait un regret sincère d’avoir offensé Dieu, lorsqu'elle se fit baptiser, en confessant ses péchés. Mais autre chose est d'observer un rite avec les dispositions convenables, autre chose de lutter d’une manière persévérante contre sa mauvaise nature et ses vices. Aussi, quand le premier entraînement eut cessé, vit-on bientôt apparaître, à côté des violents qui ravissaient le royaume des cieux, les moqueurs, en beaucoup plus grand nombre, et d'autant plus ardents à déprécier le prophète qu’ils se savaient mauvais gré d’avoir subi son influence. Passant de l’admiration au dénigrement, ils ne voulurent plus voir dans sa rudesse envers luimême que la preuve qu’il était en démence : « Il a un « démon, » disaient-ils.
Après Jean vint Jésus. Il se nomme ici le Fils de l’homme, comme il l’a déjà fait plusieurs fois. (VIH,
MATTHIEU, XI, 16-19. 117 20; IX, 6; X, 23.) J'ai rappelé ailleurs la place que tient dans la prophétie ce nom d’une smgulière grandeur, par lequel Jésus s’associait, plus intimement qu’il n'aurait pu le faire par aucun autre, aux destinées de toute notre race, ce qui eût suffi peut-être pour le lui faire accepter; mais j'ai cru devoir réserver pour cetendroit du récit une autre explication de la préférence qu’il semble lui avoir accordée, les remarques sur la prophétie de Malachie que la première partie de ce chapitre m’a suggérées me paraissant en être la nécessaire introduction.
On suppose ordinairement que le titre de Fils de l’homme, qu’il est si naturel de rapprocher du titre de Fils de Dieu, que Jésus s’est également attribué, est exclusivement destiné à compléter avec lui l’idée que nous devons nous faire de sa personne. Il y doit assurément servir; mais peut-être, pour se rendre compte de Pemploi fréquent que Jésus en a fait, faut-1l moins avoir égard au secours dont il peut être aux théologiens de nos jours qu’à son rapport avec les préoccupations de ce temps-là.
Les Juifs étaient convaincus que l’Ange de lalliance dont parle Malachie, et dans lequel ils reconnaissaient le Christ, devait être un roi. Ils en avaient conclu, ainsi que le comporte la double signification du mot &yyehoc, que ce messager de Dieu ne serait pas proprement un ange, mais un homme. Cette interprétation était devenue pour eux une croyance partagée de tous, et si fortement enracinée, qu’ils s’en faisaient une arme, encore longtemps après,
dans leur polémique contre les chrétiens. « Nous at- « tendons tous le Christ comme un homme issu des « hommes, » disait le Juif Tryphon, dans le dialogue avec Justin, déjà cité, et dans le passage même où il parlait d’Élie (1). Jésus était d'accord avec eux sur ee point. Malachie, ainsi qu'ils le soutenaient avec raison, tout en employant le mot &yyeAoc, duquel il a fait usage aussi pour désigner Élie, parlait, non d’un ange, mais d’un homme. Lui-même, de son côté, en se nommant avec une intention marquée le Fils de l’homme, exprimait elairement qu’il prétendait être un homme, et non pas un ange. Il n’y avait donc rien, dans ce qu’il disait de sa personne, qui fût de nature à contredire l’idée qu'ils se faisaient du Seigneur qu’ils cherchaient et qu’ils désiraient (Malachie, IE, 1), ni qui dût, par conséquent, les empécher de le recevoir en cette qualité.
L’obstacle était ailleurs. Il était en eux, et non en lui, la plupart d’entre eux étant résolus, malgré leur empressement à le suivre, à ne pas se conformer davantage à ses leçons qu’à celles de Jean. Pour se dispenser de se soumettre à sa parole, ils lui reprochaient de s’asseoir à la table de ceux qui l’invitaient chez eux, et ils en tiraient occasion d’accuser ce réformateur zélé des mœurs, d’être un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. (IX, 11.)
Après avoir ainsi calomnié Jean et Jésus, Les Juifs
(4) JusriN, Dialog. cum Tryphone Jud., S 49. Voir la citation, page 443, note 1.
MATTHIEU, XI, 16-19, 20-24. 119 n'avaient plus, pour se dispenser de se convertir à leur parole, qu’à alléguer le proverbe que de la sagesse des docteurs on doit juger d’après leurs œuvres. Ïs ne manquaient pas de s’en autoriser pour ne les pas écouter; et, de même que les pharisiens avaient rejeté le dessein de Dieu à leur égard en ne se faisant pas baptiser (Luc, VII, 29, 30), ils le rejetalent eux, quoique beaucoup d’entre eux se fussent fait baptiser, en se repentant en quelque sorte de s’être un instant repentis.
Les œuvres empreintes de la sainteté du Fils de l’homme n'avaient donc pas agi sur leur cœur, On va voir que celles qui marquaient sa puissance, et que Matthieu nomme expressément les œuvres du Christ, à épya où Xpioroù (XI, 2), ne produisaient pas non plus dans leurs rangs, malgré l'admiration qu'elles leur causaient, les effets de conversion en vue desquels elles avaient lieu,
XT, 20. Tére (1) fpéaro
byerdiCetv Tag méhels, Ev ais
XI, 20. Alors il se mit à faire des reproches aux villes où s’é-
éyévovro ai mhclotat duvdmelc atod, OTL OÙ METEVÉNOE *
21; Oüai got, Xopallv, oùai oot, Bnouiddy: bre ei ëv Tüpw xal ZuÔGv Éyévoyro ai duvapels
taient faits le plus grand nombre de ses miracles, de ce qu'elles ne s'étaient pas converties :
21. Malheur à toi, Chorazin!i malheur à toi, Bethsaïda! car si les miracles qui ont été faits
(4) Tére indique ici l'époque, et non le moment, ainsi que cela
résulte de la place des deux récits que ce mot sépare, dans le troisième Évangile, et des circonstances différentes dans lesquelles les paroles qui précèdent et celles qui commencent au verset 21, furent prononcées suivant saint Luc. (Matthieu, XI, 7-19 — Lue, VIF, 24-35. Matthieu, XI, 20-24 = Luc, X, 41, 13-16.)
ai yevépevar y bUiv, Taha Àv ÉV GÉxXW Hal TO METEVÉNcay.
22. Ilnv Aéyo du: Tiow Hal ZiÔGVL dvenTétepor ÉoTat Èv AuépX Apioeuwc, À Ov.
\ 2 f \ 23. Kat où, Kamepvaoûs, [4 24 Le] 72 Ewç oùpavod bbwbhon (1); Ews &ôov natabéachon, Gt el èv SANT 3 f £ € SN 1À Zodépots éyévorro ai Quvdpels ai ryevétevat ÊV aot, Émetvay dv (LÉLEL TÂS 'AUEPOY.
24. IlAhv Aéyo duty, 6x y ZoduV AvEnTOTEpOY État Év néoa npisewc, À Go.
chez vous l'avaient été à Tyr et à Sidon, prenant le sac et la cendre, elles se seraient autrefois converties.
22. Mais aussi, je vous le dis, à Tyr et à Sidon on sera dans un état plus supportable, au jour du jugement, que vous ne le serez.
23. Et toi, Capernaüm, t’élèveras-{u jusqu’au ciel? Tu seras abaissée jusqu'aux enfers ; car si les miracles qui ont été faits chez toi l’avaient été à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.
24. Mais aussi, je vous le dis, on sera, au pays de Sodome, dans un état plus supportable, au jour du jugement, que tu ne le seras.
Les miracles de Jésus n’ont pas eu plus de prise
sur la masse des Juifs de la Galilée que ses leçons et ses exemples. [ls devaient servir, aussi bien que les appels directs, à leur conversion, en leur faisant comprendre que le Dieu dont le pouvoir se manifestait ainsi en leur faveur par toutes sortes de bénédictions, pouvait en user pour les punir, et qu'ils s’exposaient à ses châtiments, s’ils ne se laissaient pas détourner de leur mauvais train par ses bienfaits. Les miracles ne sont donc pas un ornement sans
(4) J'ai rétabli ici dans le texte la leçon des manuscrits du Vatican et du Sinaï, au lieu de celle moins autorisée : Kat 60, Kaxeovaob, ‘h Éws ToÙ oboavob Dbuwbeïsa, qui, à une légère nuance près, offre le même sens. La Vulgate traduit avec raison : Æt tu Capernaum, nunquid usque in cœlum exaltaberis?
MATTHIEU, XI, 26-24. 121 importance dont le ministère de Jésus aurait pu se passer ; ils en font partie, en tant que l’une de ses forces et l’un de ses principaux moyens d'action. Jésus leur attribue lui-même ce caractère, en les représentant 11 comme un appel de plus ajouté aux autres appels à l'amendement, et en affirmant que tandis qu’ils n’ont produit que peu d’effet moral dans les villes galiléennes comparativement à ce qu’on était en droit d’en attendre, à Tyr et à Sidon on aurait fait pénitence avec le sac et la cendre s'ils y avaient été opérés autrefois, et que s'ils l'avaient été à Sodome, elle subsisterait encore, parce qu’on s’y serait repenti. Un plus grand endurcissement pouvant seul expliquer limpénitence des Juifs dans les villes où tous ces miracles se sont faits, elles seront châtiées très-sévèrement quand le jour du jugement sera venu pour fsraël. Les contrées jadis frappées par l'Éternel seront au contraire épargnées en ce tempslà, parce qu'elles n’ont point eu de part à ces sommations à se convertir. Aussi, malgré les châtiments anciens dont elles portent encore la trace, y serat-on alors dans un état plus supportable que dans Ja Galilée, contre laquelle la sentence actuelle est prononcée.
Le sens que je viens d'indiquer me paraît le vrai, bien qu’on traduise ordinairement comme si Jésus avait dit qu’au jour du jugement Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que CGorazin et Bethsaida, et Sodome moins rigoureusement que Caperpaüm. Ï ne s’agit pas 161 de la rigueur plus ou
moins grande dont Dieu usera envers les populations paiennes de leur voisinage, au temps où il châtiera les Juifs, puisque le message de l'Évangile ne leur ayant pas été adressé, elles ne pouvaient être punies à aucun degré pour l'avoir rejeté. Il ne s’agit pas non plus de ce jugement dernier, auquel toutes les nations devront comparaître, il est vrai, mais où ceux qui les composaient seront jugés individuellement, la solidarité qu’il y avait entre eux finissant avec leur existence nationale, et les condamnations collectives ne pouvant les atteindre que sur la terre et pendant qu’ils y forment des peuples distincts. Ce ne sont pas davantage, à ce qu’il me semble, les châtiments infligés autrefois aux peuples voisins et ceux qui ne tarderont pas à atteindre les Juifs qui sont mis ici en regard. Ge qui l’est, c’est l’endureissement des uns et des autres, plus coupable encore chez les derniers que chez les premiers, puisqu'ils ont été sollicités à la repentance comme aucune autre nation ne l’a jamais été. Jésus voulait, par ce rapprochement, faire sentir aux habitants de la Galilée que leur pays serait à bon droit réduit, en raison de leur impénitence, à un état qui leur ferait trouver dignes d'envie les contrées sur lesquelles la main de l’Éternel s'était tellement appesantie dans les temps anciens, que leurs afflictions étaient passées en proverbe chez les Juifs.
L'époque où ces menaces prophétiques devaient s’accompir, est nommée par le Seigneur « le jour du « jugement. » Malachie avait dit que ce serait « un
MATTHIEU, XI, 20-24. 125 « jour embrasé comme une fournaise, » «le jour « grand et redoutable de l'Éternel, » et il en avait fixé approximativement le moment, en déclarant qu'Élie, cet Élie que nous savons être venu alors en la personne de Jean le Baptiste, viendrait auparavant. (Malachie, IV, 1, 5.)
Tous ces discours de Jésus tendaient à dissiper les illusions des Juifs sur ce que serait le règne du Messie. Comment auraient-ils été fondés à attendre de lui la restauration de leur royaume, puisqu'il leur annonçait la ruine de leurs villes ? Elles seront jugées comme Tyr et Sidon l'ont été (Joël, IT, 2, 4, 12), et comme l’a été Sodome; et pas plus qu’elles, ainsi qu'Ezéchiel s'exprime, elles ne retourneront, après avoir été châtiées, à leur état précédent. (Ezéchiel, XVI, 55.)
On sait que c’est en l’an 70 de notre ère, 823 de Rome, dans un temps, par conséquent, où la génération qui avait entendu l’appel : « Convertissez-vous, « car le royaume des cieux est proche, » avait encore de nombreux représentants sur la terre, que Jérusalem succomba sous les coups des Romains. La guerre commença dans la Galilée, et ne fut portée qu’ensuite en Judée. Les villes mêmes dont l’histoire ne fait pas mention comme ayant particulièrement souffert furent ébranlées jusqu’en leurs fondements. Quelques-unes furent saccagées et brülées. Il en est d’autres dont l’anéantissement ne paraît pas s’être accompli tout à la fois. De ce nombre furent probablement Corazim, Bethsaida et Capernaüm. Leur destruction n'étant pas racontée, elles semblent plutôt
s'être affaissées sur elles-mêmes, après le renversement de la ville sainte, dont la prospérité était la condition de la fortune du reste du pays. Pendant de longs siècles encore, les voyageurs et les pèlerins, en suivant les bords de la mer de Galilée, ont cru pouvoir en marquer la place sans hésitation, quoique les derniers vestiges en eussent disparu; et puis, la tradition sur la situation exacte de ces lieux s’est perdue (1). Les rares habitants qu’on rencontre dans
(4) « Capernaum. Quod hodie situs ejus ignoretur, licet olim « celeberrima fuerit, videtur etiam contineri in comminatione « Christi, Watth., XI, 23. In cujus pœnæ partem venerunt quo- « que Chorazin et Bethsaida, sic ut nunc quoque de situ earum « disputetur. » (RezaAnn, Palæstina, Traj. Bat., 1714. Tom. Ii, pag. 683.)
Sur la position probable de ces trois villes, voir E. RoBinson, Biblical Researches in Palestine, London, 1841, tom. Il, pag. 284, 288-295 et 300; Wicson, Lands of the Bible, tom. Il, pag. 143 et Suiv.; RiTTÉR, Erdkunde, tome XV, pag. 339 et suiv.; et la belle dissertation de Robinson, à la suite d’un autre voyage en Palestine, fait en 1852, Later Biblical Researckhes, London, 1856, pag. 347-361. Wilson, dont l'opinion a été accueillie par Ritter, place à Tell-Hüm l’ancienne Capernaüm, tandis que Robinson, dans son premier ouvrage, l'avait placée à Khän-iinyeh. Après de nouvelles investigations sur Îles lieux et un examen très-attentif des raisons qu’on peut alléguer des deux parts, Robinson maintient, dans son second ouvrage, sa manière de voir. La tradition la plus ancienne et les récits bibliques y sont assurément favorables, ainsi qu’il le fait voir pour ces derniers par d’heureux rapprochements de textes. La désignation de Tell-Hûm comme emplacement de Capernaüm se trouve pour la première fois, dit-il, dans le ’oyage du P. Nau, publié en 1674, page 572. Tell-Hüm, avec les ruines de son ancienne synagogue, lui semble plutôt être Chorazin, et El-Tâbighah être Bethsaïda. Quelque bien motivées que ces attributions me paraissent, on ne peut les regarder comme certaines, et l'incertitude dans laquelle elles nous lais sent, répond encore mieux sans doute que ne le ferait une démon-
MATTHIEU, XI, 20-24. 129 cette belle contrée, où toute activité humaine a cessé, en ignorent maintenant jusqu'aux noms (1).
Et cependant ces trois villes, si heureusement placées, quel qu’en füt d’ailleurs le site exact, entre le lac et la fertile plaine de Génézareth, paraissaient devoir acquérir une importance toujours plus grande. En voyant Tibériade, à peine fondée par Hérode Antipas, s’accroitre rapidement, malgré sa position insalubre, Capernaüm pouvait rêver pour elle-même d’aussi glorieuses destinées. Peut-être est-ce à ces espérances, qui ne devaient pas être réalisées, que Jésus faisait allusion, lorsqu'il disait : « Et toi, Ca- « pernaüm, t’'élèveras-tu jusqu’au ciel ? Tu seras abais- « sée jusqu'aux enfers ! »
L’élévation et l’abaissement sont représentés ci par deux images qui se correspondent. Ésaïe les avait
stration sans réplique à l'impression que les paroles de Jésus qui donnent de l'intérêt à ces recherches produisent sur notre esprit.
(1) Robinson l'affirme positivement : « I have said that the very « names Of Capernaum, Bethsaida, and Chorazin, have perished ; « and such was the result of our minute and persevering inquiry « among the Arab population, both Fellahîn and Bedawin or Gha- « wârineh, along all the western shore of the lake, and around « its northern extremity. No Muslim knew of any such names, « nor of any thing which could be so moulded as to resemble « them. Yet the Christians of Nazareth are of course acquainted « With these names from the New Testament; and especially, « both the Latin and Greek Catholics in Nazareth and also Tibe- « rias are still more likely to be familiar with them, through their « intercourse with the Latin monks. They have thus learned to « apply them to different places, according to the opinions of their « monastic teachers; or as may best suit their own convenience « in answering the inquiries of travellers. » (E. Roginson, Biblical Researches in Palestine, tom. IT, pag. 295.)
déjà employées, lorsque, reprochant à Babylone d’avoir dit en son cœur : « Je monterai aux cieux, » il lui avait annoncé qu'on la ferait descendre dans le Hadès, « au profond de la terre (1). » (Ésaie, XIV, 13, 15.) Le Hadès (dônc), chez les Grecs, c'était le séjour des morts, ou les enfers, dans le sens le plus général de ces mots (2). Dans la version des Septante, d’où le mot grec a passé dans le Nouveau Testament, c’est le sépulcre, qu’on peut aussi, en ne considérant que le corps, nommer le séjour des morts (3). Comme le mot hadés se trouve dans les deux passages, celui d’Ésaïe aide à comprendre celui de saint Matthieu. Jésus, s'adressant à Capernaüm, lui déclare que, quel
(1) ZÙd GE eîrac àv Th Otavolæ ou, els rov oÙpavbv dvaéñoopar... Nôv GE eic Gônv xatabñon, nai sic Tà QeuéAia Ts is. (Ésaïe, XIV, 13-15. LXX.)
(2) Ainsi dans ce passage sur la mort de Socrate : « fi me sem- «blait descendre aux enfers (eis “Atdou) par là faveur des dieux, « qui lui préparaient la plus grande félicité dont aucun mortel ait « jamais joui. » (PLATON, Phédon. Traduction de M. Schwalbe.)
(3) Le Hadès. « Les LXX se sont servis de ce mot grec « pour traduire l'hébreu Scheol!, qui signifie proprement le sé- « pulcre, et ensuite toute sorte de lieu bas, parce que les Grecs « plaçaient le royaume de Pluton, qu'ils nommaient Hades, et « qu’ils croyaient être le dieu des morts, dans le lieu le plus bas, « vers le centre de la terre. Ils nommaient ensuite Æades le lieu « même, ou le royaume de Pluton en général. Le mot d’enfer en « français ne signifie que le lieu des peines, ce qui n’est pas la « signification du mot Æadéès, qui renferme également le lieu « du bonheur et celui des supplices ; aussi bien que le mot latin « Inferi, dans les auteurs profanes. » (LE CLrerc.) — Le Hadès n'est donc pas l’enfer, mais les enfers, dans le sens du mot latin. La nouvelle version de Paris, commencée en 1864, a conservé le mot grec dans Matthieu, XI, 23. Elle traduit : « Tu descendras « jusqu'au Hadès (séjour des morts), » ce qui est exact:
MATTHIEU, XIE, 20-24: 197 que puisse être le désir de cette ville de s’élever, elle sera, auss1 bien que les autres villes du voisinage où il avait fait le plus de miracles, abaissée jusqu’à disparaître et comme ensevelie sous ses rumes. Une fois commencée, la dépopulation de ce riche pays, préparée par une guerre cruelle, ne s’est plus arrêtée, et peu à peu, sous l'influence de causes diverses, là où florissaient de nombreuses cités, la solitude s’est faite (1).
{1) Sur les événements compris entre le gouvernement de Pilate et celui de Gessius Florus, sous lequel éclata la guerre des Juifs contre les Romains, il faut lire les livres XVIII à XX des Antiquités de Josèphe, son Histoire de cette guerre et son Autobiographie. À la fin de cette période, les empereurs avaient depuis longtemps pris l'habitude de disposer souverainement des anciens États d'Hérode comme de leur bien. Après les avoir presque tous réunis à la Syrie, ils en avaient successivement détaché diverses parties, pour former le royaume d'Hérode Agrippa, fondé par Claude en faveur de ce petit-fils d'Hérode le Grand, en raison de l'amitié qu’il lui avait témoignée avant son afénement à l'empire, amitié dont il avait été puni par Tibère. (Actes, XII.) Agrippa IL, son fils (Actes, XXV et XXVI), qui lui succéda, avait été élevé à Rome et y alla mourir. Il était la créature de Néron, qui lui abandonna Tibériade et Tarichée, pour le consoler de la perte d’une partie des possessions de son père qu’on lui avait reprise, et qui lui permit de disposer de la souveraine sacrificature (FL. Jos.. Ant, lib. XX, ©. vu, $ 8, 414; c. 1x, $ 1, 4), sans doute sous la surveillance du gouverneur de Syrie. Ce prince se rendit odieux à ses sujets, en se montrant bien moins leur roi que l'instrument de Néron. Aussi se soulevèrent-ils en divers lieux contre lui, quand les Juifs de la Galilée prirent les armes contre les Romains en l'an 66 (809 de Rome), à la suite du massacre des Juifs dans plusieurs villes de leur voisinage, et du projet formé par le gouverneur Cestius Gallus d'occuper militairement leur pays. Ce fut le commencement de Ja guerre, qui S’étendit rapidement de Zabulon à Tibériade. La disparition des villes dont Jésus prédit la ruine dans les versets auxquels cette nôte se rapporte, en fut l'un des résultats. |
Faut-il conclure des reproches de Jésus qui précèdent, que son ministère a été vain dans ces contrées ? Gardons-nous de le penser. Nous allons le voir rendre grâce à Dieu des effets qu’il y a produits.
XI, 25. Ev éxetvo 76 xatp© XI, 25. En ce temps-là, ayant dmonptbels à ‘’Insods eixev: pris de nouveau la parole, Jésus Efopohoyoïual oo, mérep, dit : Je te bénis, Père, seigneur Xbpte Tob oùpavoë xat Ts vis. du ciel et de la terre, de ce que Tr amérpubas tadra drd copwvy tu as caché ces choses aux sages ka ouver@v, xat drexdAvbas et aux intelligents, et les as réat VNTIOIS. vélées à de petits enfants;
26. Nai,. 6 ratnp 90". Olis : 0 UPELE HDAIES Truc éyévero eddoxlx Eproosdév qu’ainsi il y a eu de la bonne vocou (1). lonté devant toi!