Car comme Jonas fut dans
le ventre du poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits.
Th AotA la ToÙ xNToUS The 'UÉpas nai Tocis vÜxTAS, oÙtws Éctou ê ios Toù dvbpbmon éy T XOpiQ TAG vhs Theis MMEpaS AO TREÎS VUATAG.
Les pharisiens qui avaient attribué les guérisons de Jésus à Béelzébul, étaient descendus de Jérusalem. (Marc, IT, 22.) En voici d’autres maintenant (Luc, XI, 16), qui, au lieu de soutenir l’accusation des premiers, ce qui leur aurait été difficile après la réponse que Jésus y avait faite, y substituent une exigence qui leur est personnelle, et qui provient évidemment de la même disposition d’esprit, quoique l’expression n’en soit pas outrageante. En effet, en demandant un signe à Jésus, qu’ils nomment maitre, parce que c’était la coutume d’appeler ainsi tous ceux qui exposaient la loi au peuple, ils font assez entendre qu'ils se refusent à considérer les guérisons qu'il a opérées comme une preuve de sa mission divine, suffisante pour les décider à prendre rang parmi ses disciples. Ils en réclament une d’une autre sorte, plus extraordinaire par sa nature que
résulte s'accorde parfaitement avec les parallèles : ... Énrobvrec rap” adtoÿ ompetov dnd où obpavoë (Marc, VIIE, 44) et : ... on petoy map” adrob trou Ë oùpavcd. (Luc, XI, 46.)
MATTHIEU, XII, 38-40. 175 toutes celles qu’il en a données, et à laquelle sans doute 1l soit impossible à personne de résister.
À l’entrée de son ministère, on lui avait demandé un signe. (Jean, IT, 18.) Après ses plus éclatants miracles, on lui en demandera un encore. (Jean, VI, 13, 30.) Les mêmes choses qui persuadaient aux uns qu’il état véritablement le prophète qui devait venir au monde (Jean, VI, 14), ne le marquaient donc pas du sceau de Dieu (Jean, VI, 27, 30) aux yeux des autres. Ou bien n’était-ce pas plutôt, que rien n’obligeant ceux qui ne voulaient pas être avec Jésus de se dire satisfaits des preuves qu’il leur donnait de sa mission, 1l leur paraissait commode de déclarer qu’elle ne leur était pas suffisamment prouvée, afin de se dispenser ainsi de s’attacher à lui? La persistance des pharisiens à renouveler cette demande et l'appui que leur prêtaient pour cela les sadducéens (XVI, 1; Marc, VII, 11-43), le feraient déjà croire. La réponse de Jésus ne saurait laisser aucun doute à cet égard.
Employant une image familière aux prophètes, lorsqu'ils s’élevaient contre les Israélites qui avaient « abandonné l'alliance de l'Éternel, le Dieu de leurs « pères » (Deutéronome, XXIX, 95), 1l les nomme « une génération méchante et adultère (1), » et il proteste que le signe qu’ils requièrent ne leur sera pas accordé. C’est qu’il n'aurait servi à rien d’en ajouter un pour eux à tant d’autres. Résolus à rejeter
(1) « Race adultère et qui vous prostituez. » (Ésaïe, LVII, 3.)
Jésus, ils se donnent l’air de ne le repousser que faute d’un témoignage assez fort pour les déterminer à se soumettre à lui, comme s’il leur était permis d’en exiger d’autres de Dieu que ceux qu’il avait jugés les meilleurs pour convaincre les hommes sincères. Est-ce bien à de telles gens à demander un signe, dont on peut être certain à l’avance qu’ils ne üendront aucun compte (1)? Ils n’auront point de signe, dit Jésus; et puis, revenant par une exception sur ce refus absolu, il leur promet un signe cepen-
(4) « Lorsque Jésus-Christ voyait des personnes opiniâtres qui « lui demandaient des miracles, il n’en faisait point, parce qu’elles « n’en auraient pas fait meilleur usage que des autres grâces du « Ciel, et n’en seraient devenues que plus condamnables. Quel- « ques docteurs incrédules lui ayant demandé plus d’une fois « quelque miracle, il les refusa et les renyoya à celui de sa résur- « rection.. Pour être digne d’une nouyelle grâce, il fallait avoir « fait quelque usage des autres.
« Ceux qui supposent que la bonté de Dieu l'obligerait d’en user « tout autrement envers les incrédules supposent en même temps « deux choses très-absurdes, et tout à fait indignes de gens qui « se mêlent de raisonner. L'une c’est que Dieu ne doit avoir au- « cun égard à l'usage que les hommes peuvent avoir fait de ses « grâces; mais que plus ils sont incrédules, par quelque principe « que ce soit, plus il est obligé de leur en accorder de nouvelles, « en renversant l’ordre de la nature dès qu'il leur plaira de dou- « ter de la Révélation, ce qui est faire dépendre la conduite de « Dieu du caprice des hommes. L’autre absurdité c’est que tout « autant qu'il y aurait d’incrédules dans le monde, jusqu'à ce « qu’il finisse, Dieu aurait tout autant de parties à qui sa bonté « l'obligerait de satisfaire, de la manière dont ils le trouveraient « à propos. Car enfin chacun d’eux voudrait voir quelques miracles « et mettre, pour ainsi dire, la Providence à l'épreuve, sans se « mettre en peine de ce qu’elle pourrait avoir fait en d’autres « temps ou en d’autres lieux. » (J. Le Ccerc, De l'Incrédulité. Amsterdam, 4696. Pages 259-261.)
MATTHIEU, XII, 38-40. 175 dant, mais quel signe! Un signe qui sera, non pour leur conversion, mais pour leur confusion : le signe de Jonas le prophète. Et voici en quels termes 1l leur explique ce qu'il entend par là : « Comme Jonas fut « dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits, « ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la « terre trois Jours et trois nuits. »
Certes, ce n’était pas là le signe que les pharisiens demandaient, eux qui avaient déjà examiné ensemble comment ils devaient s’y prendre pour perdre Jésus. (XIE, 14.) Ils ne gagneront rien à le faire périr, si toute leur méchanceté ne doit aboutir qu’à établir pleinement ce qu'il est. (Romains, E, 4.) Les trois jours et les trois nuits pendant lesquels Jésus sera dans le sein de la terre, comme autrefois Jonas avait été dans le ventre du poisson, indiquent la courte durée de son séjour au sépulcre, et c’est par là que « comme Jonas fut un signe pour ceux de Ninive, « ainsi le Fils de l’homme en sera un pour cette gé- « nération. » (Luc, XI, 30.) Sa résurrection mettra en évidence la vérité de sa personne et de sa parole aux yeux de ceux-là mêmes qui n’auront tenu compte n1 de sa parole n1 de ses miracles. Aussi, avec quelle force les apôtres ne s’appuyèrent-ils pas sur cet événement, après qu’il fut arrivé, pour continuer l’œuvre de leur maître! On peut le voir par le premier discours de Pierre. Il commence par rappeler aux Juifs les miracles, les prodiges et les signes par lesquels Dieu leur avait désigné, maïs en vain, Jésus le Nazarien, afin qu'ils s’attachassent à Jui. Et puis,
dans le même sens et avec la même intention que Jésus leur promettait iei le signe de Jonas, il ajoute, leur en montrant la profonde signification réalisée : « Vous l'avez pris et, par des mains miques, l'ayant « attaché à la croix, vous l’avez tué; mais Dieu l’a « ressuscité, ayant rompu les liens de la mort, parce « qu'il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. » (Actes, II, 22-24.)
La déclaration de Jésus dut surprendre ses auditeurs. [ls se représentaient, d’après Damiel, le Fils de l’homme comme venant sur les nuées des cieux, pour receveir la seigneurie, l’honneur et le règne (Daniel, VIE, 13, 14); et c’est là, en effet, ce qu'il nommera lui-même plus tard le signe du Fils de l’homme. (XXIV, 30.) Mais le signe dont 1l parle en cet instant doit précéder l’autre. Jésus entretiendra bientôt ses disciples en termes plus explicites de sa mort et de sa résurrection. Rien ne pouvait mieux que son allusion à l’histoire de Jonas faire souvenir le peuple de la grande et sévère leçon qu'il y avait attachée, et qu’il a donnée, pour cela sans doute, plus d’une fois sous cette forme. (XVI, 4.) Nous-mêmes, aujourd'hui, ne sentons-nous pas qu'elle est pour quelque chose dans l’attention que ce sérieux avertissement éveille et dans la vive impression qu'on en reçoit ? Combien donc n’était-elle pas faite pour déjouer auprès de la foule le plan de ces hypocrites, qui ne demandaient un signe que pour dissimuler les vrais motifs de leur opposition ! Jésus les confond en leur annonçant d’une manière saisissante, que mal-
MATTHIEU, XI, 38-40. 177 gré le succès apparent de leurs mauvais desseins contre lui, il triomphera d’eux glorieusement trois jours après (1)!
J’ai fait la remarque qu'avant de déclarer aux pharisiens, par un mouvement inattendu imprimé à la fin de sa phrase, qu’ils auront ce signe, il leur avait
(4) Cette interprétation de la réponse de Jésus à la deuxième question des pharisiens me paraît si naturelle et si bien en rapport avec l’ensemble de ce morceau, que je m’y serais, je pense, arrêté, alors même que le verset 40 sur les trois jours et les trois nuits que Jonas a passés dans le ventre du poisson, verset qui ne peut laisser aucun doute sur ce qu’il faut entendre par le signe de Jonas, n’eût pas fait partie du récit de Matthieu. M. Réville en a jugé autrement : l'équivalent de ce verset ne se trouvant pas, selon lui, dans le récit parallèle de saint Luc, il en a conclu que c’est dans le premier Évangile « une interpolation, » ou, comme il s’exprime encore, « une parenthèse explicative, donnant une « explication défectueuse, » et il le rejette en conséquence, quoiqu’il reconnaisse que tous les manuscrits le contiennent. (Nouvelle Revue de Théologie, tome I, pages 331-338.) J'espère avoir montré, que, bien loin d’être une interpolation, ou « de rompre « le fil de la pensée » et « d’être étranger au contexte, » ainsi qu’on l’a dit également, ce verset s’y rattache, au contraire, trèsétroitement. Saint Luc ne l’a pas reproduit, il est vrai; mais il fait certainement allusion au séjour de Jonas dans le ventre du poisson, et à sa réapparition parmi les vivants après avoir été englouti par le monstre, quand il dit que Jonas fut un signe pour ceux de Ninive. (Luc, XI, 30.) Les Juifs, instruits comme ils l'étaient de l’histoire de ce prophète, ne pouvaient assurément pas comprendre la chose autrement. Jean-Jacques Rousseau a donc eu tort de prétendre que « le signe de Jonas c’est sa prédi- « cation aux Ninivites. » (Troisième lettre écrite de la montagne.) Quoique plusieurs théologiens lui aient emprunté de nos jours cette explication, elle n’en est pas meilleure pour cela. Jésus n’a pu vouloir dire, ainsi qu’ils l’admettent, que la parole était un signe, puisque, d'accord avec l'Ancien Testament, il représente, en maint endroit, les signes comme destinés à confirmer la parole.
AAIE À Et
dit qu'il ne leur sera point donné de signe. C’est qu’ils n’en auraient pas eu besoin pour se convertir, ni eux ni le peuple, s’ils avaient voulu le faire. Les
exemples suivants sont destinés à le prouver.
XII, 41. ’Avôpes Nivevirar dvasrhoovTar ÉV Th ApÎGEL ET TA YEVEAS TAUTIG AA AATAXELvoboty aûThv, btr etevénouv eic To xhpuyux Tuvä: nai ob, mActoy uv Ge.
42. Basikison vérou éyep0netat Év Th) AOIoE META TS VE- VERS TAUTNC KA HUTAKDVET QÙ= Thv, bre NAdev Èx rdv repdruwv This VAS dxoDoat Tv coplav Lo hopüvoc * «at (000, Theo Zohonüvos Ode.
Les deux faits rappelés
XIE, 44. Les hommes de Ninive ressusciteront, au jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils Se convertirent à la voix de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas.
42. La reine du Midi se réveillera, au jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.
ici, quoique fort anciens,
étaient si connus des Juifs par les récits des livres saints, qu’il n’était besoin que d’une allusion comme celle-ci pour les leur remettre en mémoire.
Jonas prophétisait sous Jéroboam IL, vers le commencement du huitième siècle avant notre ère. Ayant ordre de l'Éternel d’annoncer aux Ninivites la destruction de leur ville, à cause de leur malice qui était montée devant lui, il résolut de s’enfuir de l’autre côté de la mer, pour essayer de se soustraire à cette obligation; mais, arrêté miraculeusement, de la manière que nous savons, dans l’exécution de son dessein, et ramené au rivage qu’il avait voulu quitter, il reçut ordre, pour la seconde fois, d'accomplir son mandat. Il se décida alors à se rendre à Nimive,
MATTHIEU, XIf, 41, 42. 179 et y étant entré fort avant, il éleva la voix, pour faire entendre aux nombreux habitants de l'immense cité ce cri menaçant : « Encore quarante jours, et Ninive « sera renversée! » Nous ne savons rien autre de ses paroles au peuple. Il est probable qu'il se fit connaître à lui pour ce même Jonas, fils d’Amittaï, qui avait annoncé précédemment à Israël, de la part de Dieu, qu’il recouvrerait ses anciennes frontières depuis Hamath jusqu’à la mer de la campagne, et dont la prophétie s’était réalisée. (2 Rois, XIV, 25-28.) Il est probable aussi qu'il ne lui laissa pas ignorer que c'était malgré lui, et comme y étant contraint par le Tout-Puissant, qu’il remplissait son pénible message. Il me paraît résulter, du reste, de l’ensemble du récit qui en à été fait, qu'il ne promit pas aux Ninivites que leur ville serait épargnée s’ils se détournaïent de leur mauvais train. Ce furent eux qui osèrent espérer, sans encouragement de sa part, que S'ils se repen- taient, ils fléchiraient l'Éternel : « Ils erurent à Dieu, « ils publièrent un jeûne, ils se vêtirent de sacs, de- « puis le plus grand d’entre eux jusqu'au plus pe- « tit, » répondant en cela à l’appel de leur roi, qui avait fait publier dans Ninive qu'ils devaient s’humilier, erier à Dieu de toute leur force, et se retirer de leur mauvaise voie, ajoutant avec une confiance qu’il faut admirer : « Qui sait si Dieu ne se repentira « point, et s’il ne reviendra point de l’ardeur de sa « colère, en sorte que nous ne périssions point! » Et . en effet, Ninive fut épargnée, parce que « l'Éternel « est un Dieu miséricordieux, enclin à la pitié, lent
180 MATTHIEU, XII, 41,42, « à la colère, abondant en grâce, et qui se repent du « mal dont il a menacé. » (Jonas, I-IV.)
La seconde allusion de Jésus nous reporte encore plus en arrière; car il y avait, de son temps, plus de mille ans que Salomon avait commencé à régner. Après tant de siècles, le souvenir de la visite qu'il reçut de la reine de Scéba ou de Saba, les hébraisants lisent diversement son nom, était encore populaire parmi les Juifs ; et il n’y a pas lieu de s’en étonner, car c’est une belle et poétique histoire que celle de cette reine, qui vient de loin, des extrémités de la terre (1), pour s’assurer par elle-même de la vérité de ce qu’on lui a rapporté de la sagesse de ce prince et de la grandeur du Dieu qu’il sert, et pour le mettre à l’épreuve en lui posant toutes sortes de questions difficiles à résoudre (2). Était-elle reine de Saba en Arabie, ou de Saba en Éthiopie, riche contrée à laquelle Cambyse, roi des Perses, donna plus tard le
(1)... Ex rov repérwv. On a voulu conclure de cette expression que le royaume de la reine du Midi, situé au midi de la Palestine, s’étendait jusqu’à la mer, où toute terre finit, et l’on a pensé pouvoir s’en servir ainsi pour fixer la position géographique de ce royaume; mais l’usage qui est fait ailleurs de ces mots montre qu'ils sont destinés seulement à marquer le grand éloignement du pays dont il s’agit, et dont la distance de la Judée devait paraître encore accrue par la difficulté des communications à cette époque. Voici quelques exemples de leur emploi : « De- « mande-moi, et je te donnerai pour ton héritage les bouts de la « terre, » T& répara Ts Yhs. (Psaume IT, 8. LXX.) — « Je crie- « rai à toi du bout de la terre, » ro Tüy mepdruy ts Vis. (Psaume LXI (LX), 2. LXX.)
(2) Kat Bacthioox Zabd Mrouse xd Évoux ZxAwY xat To Ovopua xvplou, nat DAËE metpdout adrèv àv aiviymast. (3 Rois, X, 1. LXX.) |
MATTHIEU, XII, 41, 42. 181 nom de Méroé, parce que sa sœur se nommait ainsi (1)? Les savants ne sont pas encore d’accord sur ce point. Josèphe la désigne, il est vrai, comme reine d'Egypte et d'Ethiopie(2); mais ce titre, inconnu aux écrivains sacrés, ne se rencontrant pas chez les historiens, il ne peut l’avoir appris que du peuple, qui ne consent pas à rester incertain aussi longtemps que les érudits, et qui se décide par d’autres raisons que les leurs. La fable du sphinx est d’origine égyptienne. Quatre siècles après Salomon, le roi d'Égypte et le roi d’Éthiopie se proposalent, à ce qu’on raconte, des énigmes l’un à l’autre, en jouant entre eux à ce jeu des villes et des provinces. Le premier de ces rois, nommé Amasis, passe pour avoir envoyé deux fois Niloxène, de Naucrate, auprès de Bias, l’un des sept sages de la Grèce, pour lui soumettre des questions de ce genre (3). L’imagination populaire établit volontiers un lien entre les traditions qui se ressemblent. C’est pour cela peut-être qu'ayant le choix entre deux Saba, elle a préféré soumettre à la reine du Midi la Saba
(1) FL. Jos., Ant. Jud., lib. IE, c. x, $ 2. — Pour l’origine du nom de Scéba en Ethiopie, voir Genèse, X, 6, 7; et pour celle du nom de Scéba en Arabie, Genèse, X, 22-30.
(2) FL. Jos., Ant. Jud., lib. VITE, c. vi, S 5.
(3) Voir, pour ces anecdotes égyptiennes, le Banquet des Sept Sages, dans les OEuvres morales de Plutarque. — Voici un fait du même genre rapporté par Josèphe : « Hiram, roi de Tyr, « payant pu expliquer les énigmes qui lui avaient été proposées « par Salomon, roi de Jérusalem, lui paya une somme considé- « rable. Mais ayant depuis envoyé à Salomon un Tyrien nommé « Abdemon qui lui expliqua toutes ces énigmes et lui en proposa
« d’autres qu’il ne put lui expliquer, Salomon lui renvoya son ar- « gent. » (FL. Jos., Ant. Jud., lib. VIE, c. v, 3.)
al
d'Éthiopie, parce que l’Éthiopie et l'Égypte étaient encore longtemps après des pays où les énigmes étaient en faveur, plutôt que de lui assujettir la Saba d'Arabie, bien que les parfums qui faisaient partie des présents qu'elle apporta au roi Salomon, et la plante de baume qu’elle introduisit suivant Josèphe en Judée, soient surtout en renom dans cette dernière contrée, de laquelle on tirait l’encens pour le service du templé, (Ésaïe, LX, 6; Jérémie, VI, 20.)
Mais que nous importe de savoir d’où cette reine s’est rendue à Jérusalem? Ge qui seul est intéressant pour nous, c’est le motif qui lui fit entreprendre son long voyage, et le résultat qu'il eut. Après avoir entendu les réponses du roi à toutes ses questions, vu sa gloire et assisté aux sacrifices qu’il offrait dans la maison de l'Éternel, elle reconnut que la sagesse de Salomon, et tout ce qu’elle voyait de lui, surpassait infiniment ce que la renommée lui en avait appris. En le quittant, toute hors d’elle:même, elle bénissait l'Éternel son Dieu de lavoir élevé sur le trône d’Ise raël pour le bien de son peuple, et elle estimait heureux ses serviteurs d’être continuellement en sa présence et de pouvoir l’entendre toujours. (4 Rois, X, 1-10; 2 Chroniques, IX, 1-9.)
Tels sont les deux faits que Jésus opposa à ses ads versaires. L’humiliation profonde de ces Ninivites, qui firent pénitence par crainte d’une ruine temporelle semblable à celle dont il venait lui-même, un peu avant, de menacer les villes de la Galilée sans produire aucun effet sur leurs habitants (XI, 21, 22),
MATTHIEU, XD, 41, 42. 185 leur faisait voir qu’il n’était besoin pour se convertir ni des miracles qu’ils avaient obtenus, ni des signes qu’ils demandaient. L’émpressernent de là reine du Midi à venir de si loin pour entendre la sagesse de Salomon, leur montrait avec quelle ardeur la sagesse est recherchée de ceux qui en sentent vraiment le prix, et faisait ressortir, par le contraste avec leur propre conduite, ce qu'il y avait de criminel dans leur parti pris de Se détourner de la souveraine sagésse, qu'ils n'étaient pas obligés, comme cette reine, d’aller chercher dans un pays étranger, puisqu'elle daignait s'approcher d’eux. « Il y a ici plus que Salo- « mon, leur disait-il; il y a ici plus que Jonas! » Les Juifs qui refusaient d'écouter Jésus et de sé convertir à son appel étaient donc bien coupables. Aussi, au grand jour du jugement, auquel toutes les nations et leurs générations successives devront comparaître ensemble (XXV, 31, 82), quand ces pénitents de Ninive et cette reine de Saba ressusciteront avec cette génération (1), bien qu'ayant vécu en d’autres temps qu’elle, la condamneront-ils, non én prononçant une sentence, comme s'ils étaient ses juges, mais en rendant évident par leur exemple que les Juifs, plus favorisés qu’eux, auraient pu faire ainsi qu’ils ont fait (2).
Quoique ceux-ci aientsemblé quelquefois, et tout à
(1) « Resurgentes cum hac natione. Nam cértüm est hic agi de « extremo judicio. » (BezA.) La version dite de Lausanne, M. Rillie et la version publiée par une réunion de pasteurs et ministres des deux Églises protestantes nationales de France Ont ave raison admis ce sens.
(2) « Condemnabünt, non verbis, sed exemplo. » (MALnONAT.)
l'heure encore (XII, 25), vouloir entrer dans un meilleur courant de pensées et de sentiments, il n’en a rien été. La parabole qui suit est destinée à leur apprendre à quoi aboutissent ces virements trompeurs, améliorations apparentes qui demeurent sans effet, parce que la conscience et le cœur n’y ont point de
part.
XII, 43. “Orav t rd dnd- Oaprov nveëua EAN Td Toù avOowmou, Qiépyetat d Gvôdpuv Téruv : Éntoby dvérausty, Kat OÙY EbpioneL.
44. Tére Aya ’Entorpédu ets Toy otxôv pou, Obev 2Eña- Ooy. Kat EAGdY ebplonet oyohd- Covta, GESAPUUÉVOY AL LEXOG- HNLÉVOY.
45. Tôre mopeberat nat Tapahaubavet 1E0” Exuroÿ Enta Êre- PA TVEUMATA TOVNpéTEpa Eau ro, nat elceA0évra xatotnet ÉXEL" KAL YLVETAL TA ÉCYATX TOÙ &vôpuTou Énelvou yeloovx Toy rpoTov. OÙtws Éctat xal 1
Q YEVEX TAŸTN TA Top.
XII, 43. Mais quand lesprit impur est sorti de l’homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.
44. Alors il dit : Je retournerai en ma maison, d’où je suis sorti.
Et à son arrivée, il la trouve vide, balayée et rangée.
45. Alors il s’en va et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; et étant entrés ils y demeurent, et le dernier état de cet homme-là est pire que le premier. Aïnsi en sera-t-il aussi pour cette méchante génération.
C’est encore ici une parabole; je l’ai déjà dit, d’ac-
cord en cela avec les commentateurs (1). Pour en tirer instruction, 1l ne faut donc pas s’arrêter au sens extérieur, qui, en toute allégorie, n’est que l’enveloppe du sens intérieur qu’on doit chercher sous le premier. Le plus sûr, pour y réussir, sera de fixer d’abord celui-ci.
(4) Cazvin, Commentaires sur le N.T., tome I, page 315.
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MATTHIEU, XII, 45-45. 185 L'esprit impur qui sort de l’homme dont il est question dans cette similitude, est un de ces esprits méchants où démons, que les Juifs considéraient comme les auteurs de la folie (4). Nous avons vu qu'ils nommaient ainsi les âmes des morts (2). Ils supposaient, lorsqu'un homme était atteint de démence, qu’une de ces âmes, étant revenue en ce monde, s'était logée en lui et avait porté le désordre dans son intelligence. L’aliéné était-1l guéri, ils expliquaient sa guérison par le départ de cet hôte mcommode. Mais pour qu'il s’en allât, 1l fallait qu'il fût chassé, et nous avons vu également qu’ils avaient recours à divers remèdes pour l’expulser.
Que devenait, suivant eux, le démon qu’on avait forcé de sortir? La parabole nous apprend : « Il al-
« lait par des lieux arides, cherchant du repos. » Les
lieux arides, &’est le désert (3). Dans la poésie hébraïque, ces deux désignations se valent et elles correspondent assez souvent l’une à l’autre (4). C’est au désert, pensait-on, que les esprits des morts se décidaient à fuir, en quittant les corps des vivants, pour ne pas être obligés de retourner aux enfers; et cette supposition trouvait un point d'appui dans la croyance,
(1) Aamovtoy à mvebpa movnpév. (Tobie, VI, 8. LXX.) — [vebpara dxd0aota —= dauévix. (Matthieu, X, 4, 8.)
(2) Voir ci-dessus, page 451.
(3) « Le désert et le lieu aride se réjouiront. » (Esaïe, XXXV, 1.)
(4) Ioricw Tnv Éonp.oy (le désert) ais ÊX' bodrwy, KO TNY Àt- Vooav yñy (la terre sèche) ëv Dèpayuyots. Ocw eis nv avvdpov vñv (la terre aride) x£0p0v at rÜ£ov. (Ésaïe, XLI, 18,19. LXX.)
répandue dans l'antiquité, que les morts avaient le pouvoir, quand ils revenaient sur la terre, de se transporter partout à leur gré (1).
En voici un exemple tiré des légendes des Juifs. Après que Tobie, instruit par un ange du moyen d’expulser le démon qui avait troublé la raison de la fille de Raguel, l'en eut délivrée, ce fut dans la Haute- Égypte, terminée par de vastes déserts à l’est et à l’ouest, que le méchant esprit s’enfuit, d’Echatane en Médie, où Raguel demeurait. L'ange l’y suivit et le lia, et le démon ayant été mis ainsi dans l’impossibilité de nuire, la guérison de la jeune fille fut à l’abri de toute rechute (2).
(1) À. Maury, La Magie et l'Astrologie dans l'Antiquité, pagé 279:
(2) ‘Ore dÈ Ocpdvôn To dauuévior Ts dos, Équyev Eic Ta dvorata Alyümrou, nat Édnsev aûro & &yyehoc. (Tobie, VII, 3: LXX.) — Qu'il me soit permis, bien que je n’aie à parler ici qu'incidetment de la guérison de la fille de Raguel, de fairé remarquer que cette guérison fut obtenue par des moyens analogues à ceux que les Juifs employèrent plus tard pour la guérison dés aliénés, ét que l’auteur du livre de Tobié la raconté dans les termes encore en usage parmi les Juifs au temps de Jésus pour cette sorte de récits. Aux deux époques, on attribue la folie à la présence d’un méchant esprit ou démon, et pour la faire cesser, on recourt au même procédé : on fait sentir 4u démon uñé odeur qui le met en fuite. Je n’hésite pas à penser, la forme de cette superstition étant toujours restée la même, qu’elle doit être comprise dans le livre de Tobie tellé qu’elle est expliquée par Josèphe. Asmodée, c'est le nom du démon qui troublait Sara (Tobie, IE, 8, 47), ne me paraît donc pas être, Comme le veulent les rabbins, lé démon qui inspire le feu de l'amour impur, suivant l’étymologie hébraïque qu’ils donnent de ce nom, mais plutôt le Mède, qui avait aimé Sara (VI, 45. LXX), et qui étant mort sans avoir pu l’épouser, parce que la loi dé Moïse déféndait à Ragtiel de donnér sa fillé pour femme à un étranger (VI, 42), la faisait éntrér en
MATTHIEU, XII, 43-45. 187 Dans la parabole que nous exammons, il en est autrement. Au lieu de cesser pour toujours, le délire, après un intervalle lucidé, reparaît plus terrible. Jésus, qui avait emprunté aux croyances populaires la mise en scène de la première partie de cet apologue, y eut recours jusqu’à la fin, Les simples mots dont je me sers.ici auraient suffi pour faire connaître le caractère plus gravé de la maladie quand elle se re: montra par un nouvel accès; mais la léçon que le récit contient avait besoin de la forme qui lui est donnée 101, pour produire sur le peuple uné vive impression. Quelle animation jusqu’au bout! L'esprit impur ne trouve pas dans le désert inhabité un lieu de repos (1). Il se décide alors à revenir sur ses pas pour voir dans quel état est la maison qu’il a été contraint de quitter. Tout y est en ordre ét y a bon airi mais elle est vidé. Personne n'étant là pour lui interdire d'y pénétrer, l'esprit impur s’y installé de nouveau, avec sept autres esprits plus méchants que lui. Les Juifs étaient habitués à cette image. (Luc, VIE, 2.)1I était naturel, en effet, avec leur croyance sur la cause de la folie, de se la représenter d’autant plus Imtense qu’elle était censée avoir été produite par des agents démence chaque fois qu’on voulait la marier, de sorte que tous ceux qui avaient Voulu s'unir à elle furent trouvés morts dans la chambre nuptiale. Une autre étymologie qu'on a proposée favorise ce sens : d’après elle, le mot ’Acmodatos serait emprunté au persan, la première syllabe serait l’article, et le nom entier signifierait le Mède, désignant ainsi par Sa nationalité l’auteur présumé de la folie de Sara.
(1) « Quelque endroit à se reposer. » (J. Le CLERC ) — « Einen « Ruhort. » (DE WerTTE.)
plus nombreux. (Luc, VIIE, 2, 30.) Ils entrent dans la maison, qui, étant vide, n’était pas gardée. Il n’en aurait pas été aimsi, si, après la sortie de l’esprit impur, la raison ayant réellement remplacé la folie en cet homme, toutes sortes de choses vraies et justes (Philippiens, IV, 8) avaient, comme autant d’habitants, occupé ses pensées. Mais non, l’entrée est libre, et d’autres hôtes, pires que le premier, sont introduits par lui, en sorte que l’homme, plus insensé que jamais, est aussi plus malheureux qu’il ne l’était au commencement de sa maladie.
Ce langage métaphorique, fondé sur la superstition dont j'ai parlé, étant d’un usage général parmi les Juifs lorsqu'il s'agissait de l’aliénation mentale, ce n’eût pas été une parabole que de dire cela d’un fou véritable; mais c'en était une de dire d’un homme dont le cœur était perverti ce qu’on ne disait ordinairement que de celui dont l’intelligence était troublée. L'application de ces métaphores à un état pour la description duquel on n’était pas accoutumé à s’en servir, en faisait une similitude. Elle obligeait, en effet, à leur chercher un second sens, qu'il ne devait pas être difficile de trouver, puisqu'il suffisait, pour s’en rendre compte, de transporter les images destinées à représenter les changements qui peuvent survenir dans l’état intellectuel de l’aliéné, aux variations qui semblent se produire quelquefois dans l’état moral du méchant. Les phases qu'ils traversent tous les deux répondent les unes aux autres; les rechutes du second, après une amélioration trompeuse, sont
MATTHIEU, XII, 45-45. 189 marquées, comme celles du premier, par une aggravation du mal dont il est atteint; et quand le vice dont il paraissait guéri se remontre , il en amène d’autres à sa suite. Ah! c’est qu’au moral aussi, quand le mauvais esprit se retire, il ne faut pas que sa place demeure inoccupée. Un autre esprit, le saint esprit, doit la remplir : autrement le retour de l’ancien maitre du logis ne se fera pas attendre longtemps, et il y reviendra bien accompagné. « Se détourner du mal « est en abomination aux insensés, et le fou réitère « sa folie. » (Proverbes, XIIE, 19; XXVI, 11.)
Les proverbes de Salomon sont tout pleins de comparaisons entre le méchant et l’insensé. L’allégorie actuelle me semble y être partout en germe. Il ne m'est pas démontré que Jésus en ait été l'inventeur. J'incline plutôt à penser qu’elle était connue avant lui, et que Jésus, sans se laisser arrêter par sa forme, l’a empruntée, pour l’usage qu'il en voulait faire, à ce fonds commun de fables et de légendes qu’on rencontre chez tous les peuples.
S'il en est ainsi, ce n’est pas la parabole elle-même, mais c’est son application nouvelle, pleine d’indignaüon et de grandeur, qui lui appartient en propre. Ce qu'on disait parfois d’un homme, il l’a dit de toute une génération, de cette génération méchante et adulière, qu’il censurait tout à l’heure. (XII, 39.) Jésus l'avait bien caractérisée, en la comparant à des enfants que le jeu de la flûte et le chant des complaintes laissent également indifférents. (XI, 17.) On aurait pu supposer cependant que son insensibilité allait
finir, en l’entendant s’écrier, à la vue de ses guérisons miraculeuses : « Gelui-ci n’est-il point le Fils de € David ? » (XIE, 23.) L'esprit impur était sorti alors, pour un instant, de ces gens-là. Mais hélas ! Ja maison est vide; le saint esprit n’est point en eux, et l'esprit impur y revient bientôt avec sept autres méchants esprits, tellement qu’on peut leur dire, sans les mettre en courroux, que Jésus ne chasse les démons que par Béelzébul, et qu'après tant de miracles accomplis sous leurs yeux et admirés par eux, ils demandent encore un signe! Il est facile de prévoir, après cela, que leur méchanceté ne s'arrêtera pas là ; mais il en sera d’eux alors comme de l’homme de la parabole : leur fin sera pire que leur commencement (1).
(4) J'ai pensé qu'il valait mieux établir mon interprétation de cette parabole, que de réfuter celle à laquelle je l'oppose, et qui, bien qu’assez généralement admise, à tant de peine à se tenir sur ses pieds. Peut-être ne sera-t-il cependant pas inutile de rappeler ici que déjà au dix-septième siècle, Benjamin de Daillon, théologien protestant trop peu connu, refusait, dans un sermon sur A Timothée, IV, 4, de donner le nom de diables (iééokc) « aux « esprits qui possédaient les corps du temps de Jésus-Christ, » et cela par la raison « que l'Écriture ne les nomme jamais ainsi, et « qu’elle ne parlé que d’un seul diable. » Il me sufñra, pour montxer à quoi l’on arrive quand on voit des diables dans les esprits impurs, de citer les termes dans lesquels Calvin a parlé de Marie de Magdala, de laquelle, suivant saint Marc et saint Luc, Jésus avait chassé sept démons : « Elle était possédée, dit-il, de sept « diables et était comme un traineau de Satan. » (Commentaires sur le N. T., tome Ï, page 325.) Admette qui voudra ce traîneau ou cette charretée de diables. Il me paraît plus naturel de penser que Jésus et les évangélistes, pour être compris du peuple, ont parlé Ia langue du peuple, qui était eelle aussi de l’historien Josèphe, et que, comme eux, ils ont donné aux choses les noms par lesquels on était accoutumé autour d’eux à les nommer. Les dé-
MATTHIEU, XII, 43-45. 191 Nous connaissons maintenant les pharisiens et le peuple juif, considérés collectivement comme les adversaires de la mission spirituelle de Jésus. Le dessein de Matthieu, dans cette section, a été de nous les montrer sous cet aspect. Ils ne pourront cependant pas empêcher l'établissement du royaume des cieux. Matthieu le faisait entendre dès lors dans son enselgnement oral par le récit qui suit et qui, destiné à faire contraste avec ce sombre tableau, sert, en outre, de transition aux leçons de la section suivante. L'épisode qu’on va lire ne s’est pas produit au moment où Jésus achevait de faire entendre aux Juifs ces sévères paroles. Il appartient, comme Matthieu l'indique lui-même (XIE, 1), à un autre jour, au jour où Jésus proposa au peuple sa première parabole sur le royaume des cieux; mais il ne se produisit, ainsi que Luc nous l’apprend, qu'après que Jésus l’eut prononcée. (Luc, VII, 19-21.) Matthieu a sorti cet incident de sa vraie place, pour le donner ici. C’est qu’il a bien moins égard, dans le classement de ses matérlaux, à l’ordre dans lequel les faits ont eu lieu qu’à leur rapport avec l'instruction particulière qu'il veut offrir dans telle ou telle partie de son Évangile, et c’est pour cela qu'il les répartit entre elles selon les sujets, et non selon les époques.
moniaques ne sont donc pas des possédés : « On reconnait le « Diable à son œuvre, et les vrais possédés sont les méchants; la « raison men reconnaîtra jamais d'autres. » (Troisième lettre écrite de la montagne.) Rien ne m'empêche de le dire avec Rousseau.
XII, 46. Ex: dE aùroù ha- Roüvros mois OyAots, (doÙ, à Tnp YZat ot ddeApoi adtoÿ elorhactoav ÉEw, Cnrobvrec aù- To AA\ŸoAL.
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