Et le mit dans son propre
61. Ἦν δὲ êxeï Μαρία ἡ Μαγδαληνὴ χαὶ ἣ ἄλλη Μαρία, χαθήμεναι ἀπέναντι τοῦ τάφου.
sépulcre tout neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc; et ayant roulé une grande pierre à l’entrée du sépulcre, il s'en alla.
64. Et Marie-Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises devant le tombeau.
Ce Joseph d’Arimathée, dont le nom ne s’est pas rencontré jusque-là dans les Évangiles, et duquel il ne sera pas non plus question désormais, était un homme bon et juste, qui attendait le royaume de Dieu. Quoique riche et membre distingué du sanhédrin, il était disciple de Jésus, mais en secret, à cause de la crainte qu'il avait des Juifs. Il était demeuré étranger aux complots des autres conseillers et à ce qu'ils avaient entrepris contre le Seigneur. Saint Matthieu fait même entendre qu’il était absent de Jérusalem ce jour-là, et qu’il n’y arriva que sur le soir, après l'exécution de la sentence de mort. En apprenant ce qui venait d’avoir lieu, il devint hardi, de timide qu'il était; et au risque de paraître protester contre l’in- Justice de ses collègues et d'attirer sur lui leur colère, il alla trouver le gouverneur, et il lui demanda le corps de ce condamné, auquel, malgré les mépris dont il avait été l’objet et l’ignominie de son supplice, il voulait rendre pieusement les derniers devoirs. (Marc, XV, 43; Luc, XXIIT, 50-52.)
Pilate le lui accorda, après s'être assuré que Jésus était déjà mort (Marc, XV, 44); et lorsqu'il eut été détaché de la croix, Joseph le fit déposer dans un sépulcre voisin de Golgotha, qu’il avait fait tailler dans
le roc pour lui-même, afin que, malgré l'heure avancée, on pût l’ensevelir encore le jour même (4). Tout cela se fit avec l’aide de Nicodème, cet autre disciple secret, qui, au commencement, état venu de mut auprès de Jésus. (Jean XIX, 39.) Après l’avoir enveloppé d'un linceul acheté tout exprès (Marc, XV, 46), avec des drogues aromatiques, suivant la coutume des Juifs (Jean, XIX, 39), ils se retirèrent tous les deux. Mais Marie-Madeleine et l’autre Marie, qui les avaient accompagnés pour voir où était le sépulere, et comment le corps y avait été mis (Luc, XXIIE, 55), s'étant assises en cet endroit-à, y demeurèrent encore quelque temps. C’est ici, où finit la gloire des hommes, que la-gloire du Fils de l’homme devait au contraire commencer, pour durer éternellement (2).
(4) « Ils mirent donc là Jésus à cause de la Préparation des « Juifs, parce que le sépulere était proche. » (Jean, XIX, 42.) Isdépendamment de cette raison particulière au jour, il ÿ en avait une plus générale qui, en tout temps, aurait pu faire hâter l’ensevelissement. « Les Juifs, dit Josèphe, sont si portés à donner la sé- « pulture aux morts, qu'ils Ôtent de la croix et enterrené avant le « coucher du soleil ceux qui ont souffert ce supplice pour puni- « tion de leurs crimes. » (FL. Jos., Bell. Jud., lib. IV, c. v, 82.)
(2) « Aliorum hominum gloria finitur in -sepultura : Christ as- « tem gloria a sepulchro incipit, et in perpetuum durat. » (Feaus, In Evangelium secundum Matthæum enarraliones, 1564. Fol. 635, b.)