‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 101 sur 107 · V. JÉSUS RESSUSCITÉ · texte numérisé non relu

V. JÉSUS RESSUSCITÉ

ΧΧΥΠ, 62. Τῇ δὲ ἐπαύριον, ἥτις ἐστὶ. μετὰ τὴν καρασχευνῆν, συνήχθησαν οἱ ἀρχιερεῖς χαὶ οἱ Paptoator πρὸς Πιλάτον,

64. Κέλευσον οὖν ἀσφαλισθῆναι τὸν τάφον ἕως τῆς τρίτης ἧμέpas, μήποτε ἐλθόντες ol μαθηταὶ αὐτοῦ [νυχτὸς] χλέψωσιν αὐτὸν χαὶ εἴπωσι τῷ λαῷ Ἠγέρθη and τῶν νεχρῷν" χαὶ ἔσται ἡ ἐσχάτη πλάνη χείρων τῆς πρώτῆς.

Jésus avait été crucifié

XXVWII, 62. Mais le lendemain, qui était le jour après la Préparation, les archiprêtres et les pharisiens se rendirent ensemble auprès de Pilate,

63. Et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, quand Il était en vie : Après trois jours je ressuscite.

θά. Commande donc que l'on s'assure du tombeau jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent de nuit (4) l'enlever furlivement et ne disent au peuple : Il est ressuscité deg morts. Cette dernière tromperie serait pire encore que la première.

65. Pilate leur dit: Vous avez une garde; allez, assurez-vous-en comme vous l’entendrez.

66. Et eux, s'en étant allés, s’assurèrent du tombeau, scellant la pierre et installant la garde.

le jour de la Préparation

de la Pâque (Jean, XIX, 14), c’est-à-dire le 10 du

(4) Νυχτὸς, de nuit. — Quelques-uns des plus anciens manuscrits, entre autres le Codex Sinaïlicus, n'ont pas çe mot, Voir

XXVIU, 43.

mois de nisan, lequel me paraît avoir été nommé ainsi à cause des préparatifs se rapportant à leur plus grande fête, que les Israélites devaient faire en ce jour-là. (Exode, XII, 3-6.) Si ma supposition est exacte, comme je crois l'avoir établi ailleurs (1), kb lendemain de la Préparation, c’est le 11 de nisan. Les archiprêètres et les pharisiens, informés de la remise du corps du Seigneur à un membre du sanhédrin qui avait été son disciple, s’en émurent. En en conférant entre eux, ils se rappelèrent cette réponse que Jésus leur avait faite quand, ne tenant nul compte de ses miracles, 1ls lui avaient demandé un signe de nature à mettre hors de doute la réalité de la mission qu'il s’attribuait : « Une génération méchante et adultère « demande un signe; et il ne lui sera point donné de « signe, hormis le signe de Jonas le prophète. Car « comme Jonas fut dans le ventre du poisson trois « jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sers « dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. » (XII, 39, 40.) Cela voulait dire évidemment que le séjour du Fils de l’homme, après sa mort, dans le sépulere, n’aurait pas plus de durée que celui du prophète dans le ventre du poisson : trois jours et tros nuits. Ils n’avaient pas cru à cette parole; autrement « ilsn’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire.» (1. Corinthiens, IL, 8.) Ils n’y croyaient pas alors divantage; mais ils ne pouvaient pas ignorer que Jésus avait parlé à ses disciples comme à eux, leur décl-

(4) Voir Le Jour de la Préparation. Lettre sur la Chronologi pascale. Pages Ἴ et suivantes.

ν MATTHIEU, XXVII, (2-66. 505

rant qu'il ressusciterait le troisième jour. (XVI, 21; XX, 19.) Que ne pourrait-il pas arriver si tout à coup le bruit se répandait qu’il est vraiment ressuscité! Ils comprennent qu'il faut absolument le rendre impossible, et c’est pour cela qu’ils se transportent en ce moment chez le gouverneur et qu'ils le prient de faire garder le sépulcre jusqu’à ce que le troisième jour soit passé : on empêchera ainsi que les disciples ne puissent, après avoir dérobé le corps de Jésus déposé dans le tombeau de l’un d’eux, venir dire que leur maître s’est relevé d’entre les morts au jour qu'il avait indiqué. S'ils osaient affirmer sa résurrection, il suffirait, pour détromper le peuple, de faire ouvrir le sépulcre et de constater publiquement que le corps du crucifié s’y trouve encore.

Tel était le motif de la requête adressée par les pharisiens à Pilate. Ils ne se bornèrent pas à lui faire part de leurs craintes; ils lui exposèrent aussi combien il était essentiel que l’on prévint toute tentative de ce genre. Déjà l’on avait voulu persuader à la multitude que Jésus était le Christ, le roi d'Israël, et cest pour mettre un terme à l’agitation des esprits produite par cette imposture, qu'ils s’étaient vus obligés de réclamer sa mort; mais on n'aurait rien gagné à le faire mourir, si ses disciples réussissaient à faire croire aux Juifs qu’il est ressuscité. Ce nouveau mensonge, en fanatisant le peuple, ne pourrait manquer d’avoir des effets plus déplorables encore que le premier. Jésus avait été enseveli au second soir du 10 de nisan; on était au 11; c’est jusqu’au troisième

e 506 MATTHIEU. XXVII, 02-66.

jour, c’est-à-dine jusqu’au second soir du 13 de nisan, où devaient finir les trais jours et les trois nuits, qu’ils demandent au gouverneur de faire garder le tombeau. Si l’on faisait {ant que de prendre ces précautions, il importait de les continuer au moins pesdant tout. ce temps-là.

Pilate pouvait répugner à intervenir personnelle. ment en ces choses; mais il n'avait aueune raison pour ne pas Îles autoriser à prendre eux-mêmes les mesures qu’ils désiraient. Le sanhédrin ayant encore plus d'intérêt que lui à ce que cette affaire n’eüût pas d’autres suites, il lui permit de faire ce qu'il jugerait à propos pour assurer l’inviolabilité du tombeau, en y plaçant une partie de la garde ordinaire du temple (Actes, IV, 1), habituée à recevoir les instructions des sacrificateurs, et plus disposée, par conséquent, à leur complaire qu'aucune autre n'aurait pu l'être. Usant du pouvoir que le gouverneur leur aval accordé, ils posèrent eux-mêmes la garde auprès du sépulcre, et ils apposèrent, en outre, leur sceau sur la pierre, afin de rendre impossible un accord enirt les disciples et les soldats pour faire disparaître corps de Jésus (1).

Moins attentifs, semble-t-il, que les pharisiens au paroles que le Saigneur avait dites sur sa résurrettion, parce qu’ils se préoccupaient surtout de ee qu'il disait de sa mort, les disciples ne témoignèrent aueunement, pendant les trois jours qu'il passa dans ἰδ

" (4)... « ne quid fraudis esse possit vel in custodibus. » (EnASatCS, nm Evangelium Mutthæi Paraphrasie.)

tom beau, qu’ils comptaient sur son prochain retour à la vie. Les femmes non plus ; autrement elles ne se seraient pas mises à acheter des aromates età préparer des parfums pour embaumer son corps. (Marc, XVE, 1 ; Luc, XXIV, 1.) Deuxjouns leur furent nécessaires pour cela, le #1 et le 42 de nisan ; ensuite vint le sabbat. hebdomadaire, durant lequel elles se reposèrent, conformément à la loi. (Luc, XXIIE, 56.) C'était 6.13... Klles ne purent donc se rendre:au sépulere,, pour réaliser leur dessein, que le lendemain 14, qui était le jour de Pâque: Saint Matthieu le raconte ainsi :

XXVIIT, 1. Ὀψὲ δὲ caf6d- ΧΧΥ͂ΠΙ, 4. Or après cela, en των, τῇ ἐκιφωσχούσῃ εἰς μίαν celui des sabbats qui luit jusqu'à σαδδάτων, ἦλθε Μαρία à May- l’autre des-sabbats, Marie-Made-

δαληνὴ χαὶ ἧ ἄλλη Μαρία leine et l'autre Marie vinrent reθεωρῆσαι τὸν τάφον. garder le tombeau.

Le mot de sabbat, deux fois employé dans ce verset, ne'‘nous fait guère penser qu'au septième jour de la semaine; mais il était chez les Hébreux d’un usage beaucoup plus étendu. ‘Les fêtes solennelles sont nommées dans l’Ancien Testament des sabbats (Lévitique, XXIIL, 32), et dans les temps postérieurs cet usage s’est maintenu (1). L'auteur du Chronicon Paschale donne tout particulièrement ce nom au jour de Pâque et à la fête des Azymes (2). C’est de ces

(4) Σιάδδατον πᾶσαν ἑορτὴν ἐχάλουν. (Suidas.) — OÙ Ἰουδαῖοι πᾶσαν ἑορτὴν σάδδατον ὠνόμαζον " ἀνάπαυσις γὰρ τὸ σάδδατον. (Théophylacte.)

(2) Voici le passage du Chronicon Paschale, où Le 44 et le 4B

deux fêtes, ou, comme saint Matthieu s'exprime, de ces deux sabbats, qu'il est question ici. ΠῚ ne pouvait y avoir aucune incertitude à cet égard pour ses lecteurs, puisqu'il venait de parler du lendemain de ls Préparation (XXVII, 62), par où il entendait la Pré. paration de la Pâque. (Jean, XIX, 14.) Après cette Préparation, arrivaient les fêtes qu’elle introduit, et dont l’une finissait au moment même où commençait l’autre. Aussi, quand l’évangélisté disait : En celui des sabbals qui luit jusqu’à l’autre des sabbats, cette ind cation devait-elle être aussi claire pour les Juifs que s’il leur avait dit: « Au 14 de nisan, jour de la fête de « Pâque, qui précède immédiatement le 15 de ni « san, jour de la fête des Azymes ; » ou que celleu le serait pour nous : « En la première de ces deu « fêtes solennelles. »

C’est alors que les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus, et quelques autres avec elles (Luc XXII, 55; XXIV, 1), se mirent en chemin de grand matin et arrivèrent au sépulcre, comme le st

leil venait de se lever. (Marc, XVI, 2.) Matthieu |

nomme que deux d'entre elles, Marie-Madeleine εἰ l’autre Marie, mère de Jacques et de Joses. (ΧΧΥ͂Ϊ, 56, 61.) Elles ne paraissent pas avoir su que le 56: pulcre était gardé par des soldats, pour empêche

de nisan sont nommés des sabbais : Εἴωθεν yàp ἧ θεόκνευστα, yeah ἑχάστην ἡμέραν ἀνάπαυσιν ἔχουσαν σάδδατον ὀνομάζειν" σάδδατον οὖν χαλεῖ οὐ μόνον τὴν 18° τοῦ πρώτου μηνὸς τῆς σε" λήνης φθάσασαν ἐν σαδδάτῳ, αλλὰ καὶ τὴν ιε΄ τοῦ πρώτου μηδ τῆς σελήνης, ἥτις ἐστὶν πρώτη τῶν ἀζυμων ἡμέρα... (Chronic Paschale. Bonnæ, 1832. Vol. I, p. 396.)

MATTHIEU. XXVIIT, 1, 2-4. 509 qu'on n’en approchât; car, en y allant, elles se demandaient qui leur ôterait la pierre qui en fermait l'entrée. (Marc, XVI, 8.) Il y avait été pourvu, de la manière à laquelle elles devaient s’attendre le moins, par ce qui s’y était passé peu auparavant, et que Matthieu va nous faire connaître.

XX VIII, 2. Καὶ ἰδού, σεισμὸς ἐγένετο μέγας" ἄγγελος γὰρ χυρίου χαταδὰς ἐξ οὐρανοῦ προσελθὼν ἀπεχύλισε τὸν λίθον ἀπὸ τὴς θύρας χαὶ ἐχάθητο ἐπάνω αὐτοῦ. ,

4, Απὸ δὲ τοῦ φόδου αὐτοῦ ἐσείσθησαν οἷ τηροῦντες χαὶ ἐγέγντο ὡσαὶ vexpol.

(4) On traduit ordinairement :

XXVIII, 2. Et voici, il y eut une grande secousse (4); car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel, vint ôter la pierre de devant l'entrée, et s'assit dessus.

3. Sa personne était {umineuse comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige.

4. Et les gardes furent bouleversés de la frayeur qu'ils en eurent, et en tombèrent comme morts.

Ilse fit un grand tremblement

de terre. Cette traduction est la seule possible dans le passage des Actes (XVI, 26) et dans ceux de l'Apocalypse (VI, 44; XI, 43, 18), où se trouvent les mêmes mots; mais il n’en résulte pas qu'ils aient nécessairement ici cette signification. Quand on traduit ainsi, on est obligé d'admettre que le γὰρ qui suit, représente la descente de l’ange comme la cause du tremblement de terre, ce que saint Matthieu n’a certainement pas voulu dire. Σεισμὸς me paraît désigner la secousse produite par le roulement de la pierre, et qui dut aussitôt attirer l'attention des soldats.

Beausobre a rendu partout, dans ce morceau, le prétérit par le plus-que-parfait, et la raison qu’il en donne, c’est que dans la langue hébraïque, imitée par saint Matthieu, le premier de ces temps est souvent mis pour le second, et que ce qu'il raconte ici a certainement eu lieu avant l’arrivée des femmes. (Remarques, tome Ï, page 84.) J'ai préferé suivre le grec, tout en ayant soin d'avertir le lecteur.

En cette occasion encore, les anges remplirent leur office auprès du Fils de l’homme, comme Jésus avait annoncé qu'ils le feraient.’(Jean, 1, 51.) Matthieu, se proposant seulement d'expliquer l’état dans lequel Marie-Madeleine et l’autre Marie trouvèrent les choses au sépulcre, ne parle, quoiqu'il y eût deux anges (Luc, XXIV, 4; Jean, XX, 12), que de celui qui ôt le pierre et qui fut vu des soldats; nous ne savons donc pas à quoi l’autre s’employa pendant ce temps là. Les précautions prises par les archiprêtres et per les pharisiens, pour le cas où les disciples essayeraient d'enlever le corps de leur maître, ‘eurent un tout autre résultat que celui qu’ils pensaient. Jésus qui, comme il l’avait dit, « avait le pouvoir de quitter Ja vie et le « pouvoir de la reprendre » (Jean, X, 18), était res suscité sans témoins le matin même. (Marc, XVI, 9.) Le corps du Seigneur n’était donc plus dans le sé pulcre. L'ouverture de ce sépulcre par l’ange devait à la fois mettre les gardes en état d’attester ce 40} avaient vu à ceux qui les avaient postés là, et servir à préparer les femmes, et par elles les disciples, au apparitions de Jésus ressuscité. — Les voilà arrivés au tombeau, ne sachant comment elles pourroi remplir le saint devoir qui les y amène.

ΧΧΎΠΙ, 5. ᾿Αποχριθεὶς δὲ XXVII, δ. Mais l'ange, presi ὃ ἄγγελος εἶπε ταῖς γυναιξί - la parole, dit aux femmes : Soyes Μὴ œoéeïsde ὑμεῖς " olèa γάρ, sans crainte, vous; car je 515 ὅτι Ἰησοῦν τὸν ἐσταυρωμένον que vous cherchez Jésus, qui 2 ζητεῖτε. été crucifié.

6. Οὐχ ἔστιν ὧδε: ἠγέρθη 6. Il n’est pas ici ; car il estres Ὑάρ, καθὼς εἶπε. Δεῦτε, ἴδετε suscité, comme il l'a dit. Vent,

MATTHIEU, XXWIIT, 5.10.

7. Καὶ ταχὺ πορευθεῖσαι elκατε τοῖς μαθηταῖς αὐτόῦ, ὅτι ἠγέρθη ἀπὸ τῶν νεχρῶν" καὶ ἰδού, προάγει ὑμᾶς εἰς τὴν Γα»

10. Τότε λέγει αὐταῖς ὃ Ἰηcou Μὴ φοδεῖσθε' ὑπάγετε, ἀπαγγείλατε τοῖς ἀδελφοῖς μου, ἵνα ἀπέλθωσιν εἰς τὴν Γαλιλαίαν, χἀχεῖ με ὄψονται.

voyez le eu où le Seigneur était couché,

7. Et allez-vous-en promptemet dire à ses disciples : « fl « est ressuscité des morts, et « voici, il vous précède en Gali- « lée ; vous le verrez là. » Voici, je vous l'ai dit.

8. Et étant promptement sorties du sépulcre, avec crainte et une grande joie, elles coururent pour l'annoncer à ses disciples.

9. Et comme elles allaient l'annoncer à ses disciples, voilà que Jésus vint à elles, leur disant :

Salut. Et elles, s’avançant, entourèrent ses pieds et se prosternèrent devant lui.

10. Alors Jésus leur dit : Ne craignez point; allez, faites-le savoir à mes frères, afin qu'ils s'en aillent en Galilée ; et là iis me verront.

Saint Matthieu ayant omis ici beaucoup de dé.

tails, il faut recourir aux autres Évangiles, si l’on désire connaître tout ce qui eut lieu après l’arrivée des femmes.

Quand elles virent que la pierre avait été ôtée (Marc, XVI, 4), Marie-Madeleine, persuadée qu'on avait enlevé du sépulcre le corps du Seigneur, se hâta de s’en retourner, pour en informer Simon- Pierre et Jean. Ceux-ci y coururent aussitôt. Jean arriva le premier au sépulcre; mais Pierre y entra avant lui (1). Ils virent tous deux les linges qui y

(4) Saint Luc (XXIV, 12) parle aussi de la visite de Pierre au sépu'cre, mais il n’en précise pas le moment.

étaient à terre, et il est dit de Jean « qu'il vitet qu'il « crut. » S’étant ainsi assurés de la disparition du corps, ils s’en revinrent chez eux. (Jean, XX, 1-10.) Marie-Madeleine, pendant ce temps-là, avait rejoint les autres femmes. Elle se tenait dehors, près du sé pulcre, en pleurant. (Jean, XX, 11.) S’étant baisée pour regarder, «lle y vit l'ange qui avait causé tant de trouble aux soldats, assis du côté droit, vêtu d’une robe blanche (Marc, XVI, 5), et puis, un peu plus loin, un autre ange. L’un était là où était la tête, l’autre là où étaient les pieds, quand le Seigneur y avait été couché. (Jean, XX, 12.) Elles en furent ef. frayées (Marc, XVI, 5); et c’est alors que le premier ange, prenant la parole, leur dit de ne pas craindre, et leur apprit, en les invitant à venir s’en assurer elles-mêmes, que ce Jésus crucifié qu’elles cherchaient n'était plus là, parce qu'il était ressuscité. (XXVIN, 5, 6.) Elles entrèrent donc dans le sépulcre, et les deux anges, continuant à les entretenir, leur rappelèrent les paroles que Jésus leur avait dites lorsqu'il était encore en Galilée, et dont elles se souvinrent en effet : « qu'il fallait que le Fils de l’homme füt livré « entre les mains des méchants, qu'il fût crucifié, εἰ « qu'il ressuscitât le troisième jour. » « Pourquoi, » leur disaient-ils aussi, < cherchez-vous parmi les « morts celui qui est vivant? » (Luc, XXIV, 5-8.) Ges instructions leur étaient bien nécessaires; car le dessein qu’elles avaient eu d’embaumer le corps de leur maître bien-aimé, fait assez voir qu’elles aussi n'avaient pas encore bien entendu ce que dit l'Éerr-

MATTHIEU, XX VIII, 5-10. | 513 ture, « qu’il fallait qu’il ressuscitât des morts. » (Jean, XX, 9.) La résurrection du Christ a été la réponse du Père à la demande que le Fils lui adressait de la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as- «tu abandonné? » (XXVII, 46.) Oui, il l’a abandonné sur la croix; mais c’est parce qu’il avait résolu de ne pas l’abandonner (1) dans le sépulcre, comme David l’a dit de lui. (Psaume XVI, 10.)

Maintenant que les femmes le savent, elles reçoivent de l’ange qui leur avait parlé d’abord, la commission d’aller annoncer la résurrection du Seigneur à ses disciples, et en particulier à Pierre (Marc, XVI, T), qui n'avait pas cru comme Jean quand il avait trouvé le sépulcre vide, mais qui s'était seulement « étonné en lui-même de ce qui était arrivé. » (Luc, XXIV, 12.) En même temps qu'elles doivent leur porter une nouvelle si propre à les réjouir, elles sont chargées pour eux d’une promesse qui, en se réalisant, dissipera les doutes qu’ils pourront encore avoir : Qu'ils s'en aillent en Galilée; là, ils le verront de leurs yeux.

Tel était le message. Il leur avait été ordonné de s’en acquitter promptement. Elles sortirent donc aussitôt du sépulcre, stupéfaites de ce qu’elles venaient d'entendre, de sorte qu’elles ne s’arrétaient point pour en parler à ceux qu’elles rencontraient (Marc,

(4) Le mot est le même dans les deux endroits : Ἵνα τί με ἐγκατέλιπες ; (Matthieu, XXVIL, 46; Ps. XXII (XXI), 2. ΣΧΧ.) — Ὅτι οὐκ ἐγκαταλείψεις τὴν ψυχὴν μου εἰς ἄδου. (Actes, Il, 27 : Ps. ΧΥΙ(ΧΥ), 10. LXX.)

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