‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 99 sur 107 · Mais les antres disaient · texte numérisé non relu

Mais les antres disaient

Cesse ; que nous voyions si Elk vient le sauver.

50. Et Jésus, ayant de nouvea poussé un grand cri, rendit [Ἐν pri,

Les paroles que Jésus prononça vers la neuvième heure : « Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’ast « abandonné? » sont celles qui ouvrent le psaume auquel lesscribes avaient emprunté leur citation inconsidérée (2). Lorsque David les fit entendre, il était

(4) LXXXVII Homélie sur l'Evangile de saint Maithie. Traduction de P.-A. Marsilly. Tome III, page 673.

(4) Ὁ Θεός, ὁ Θεός μου,.... ἱνατί ἐγχατέλιπές pe; (Ps. XX (XXI), 4. ΣΧΧ.)

MATTHIBU, XXVIL, 46-50, 489 en buite aux railleries et aux violences de ses ennemis, et quoiqu'il criât à l'Éternel, l’Éternel ne 59 bâtait pas de le délivrer; mais sa confiance n’en était pas ébranlée : « Il n’a point méprisé ni dédaigné « lafliction de l'affligé ; il n’a point détourné sa face « de lui,» disait-il alors même. (Psaume XXII, 25.) Ses adversaires en convenaient, disant de lui, comme nous l'avons vu: « 1] se gonfie en Dieu; » mais ils prétendaient que c’était à tort.

L'exclamation de David n'avait pu changer de signification dans la bouehe de Jésus. Celui-ci, abandonné à son tour à le rage de ses ennemis, était ἀφ» Yenu « un homme de douleur et qui sait ce que c’est « que la langueur, » comme parle Ésaie. (LUI, 3,) Mais, de même que le roi-prophète, il n’avait pas cessé de se reposer sur son Dieu. Il suffit, pour s’en conyaincre, de se rappeler les autres paroles qu’il ἃ dites depuis sa sortie du prétoire jusqu’au moment où 1] expire sur la croix. Aux femmes qui le suivaient sur la chemin de Golgotha, il dit : « Filles de Jérusa- «lem, ne pleurez point sur moi, mais pleurez sur « vous-mêmes et sur vos enfants. » (Luce, XXIIT, 28.) Aprèa qu’on l’eut crucifié, il ft monter au ciel cette prière : « Père, pardonne-leur; ils ne savent ce qu’ils « font. » (Luc, XXII, 34.) Quand il aperçut près de la croix sa mère at le disciple qu’il aimait, il établit, plein de calme, les rapports qui devaient exister désormais entre eux, disant à Marie : « Femme, voilà «ton fils, » et à Jean : « Voilà ta mère. » (Jean, XIX, 26, 27.) Au malfaiteur repentant, qui le sup-

490 MATTHIEU, XXVIT, 45-50.

pliait de se souvenir de lui quand il serait entré dans son royaume, il répondit : « En vérité, je te le dis, « tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis. » (Luc, XXII, 43.) Et quand l'instant fut venu où i devait passer de ce monde à son Père, voici quels furent ses derniers mots : « Tout est accompli. » (Jean, XIX, 30.) « Père, je remets mon esprit entre a tes mains. » (Luc, XXIII, 46.) Tout cela provenait de sa confiance parfaite en Dieu, que les archiprêtres avaient constatée sans le vouloir. (XX VII, 43.) Mais comment un état d'âme entièrement différent, celui du découragement, du doute sur la fidélité de Dieu, du désespoir à cause de son abandon (les interprètes ont été plus loin encore), pourrait-il se concilier avec ces manifestations, et où lui faire place à côté d’elles ?

Les paroles de David, que Jésus s’est appropriées, ne sont autre chose, malgré leur forme interrogstive, qu’un recours filial à son Père; et il aurait pu répondre lui-même à cette question qu'il lui adresse : « Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abar- « donné? » Pourquoi? Ce n’est assurément pas pour quelque faute que Jésus aurait commise ; car si cela était, il n’en demanderait pas la cause. Ce n’est pas non plus que son Père le veuille désavouer pour son fils, comme les scribes l’ont fait entendre ; car il luia rendu maintes fois témoignage. (M, 17; XVH, 5; Jean, ΧΙ, 28.) C’est donc pour un autre motif (1),

(4) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-fu abandonné? « Ce mot du Sauveur ἃ fourni aux païens un prétexte de dire que

MATTHIEU, XXVII, 45-50. 491 et ce motif, il le connaissait bien : c’est que « Dieu ἃ «tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils « unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse « point, mais qu'il ‘ait la vie éternelle.» (Jean, Il, 16.) Il avait dit, dès l’entrée de son ministère : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, de « même il faut que le Fils de l’homme soit élevé. » Et tout récemment encore : « Quand j'aurai été élevé « de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi, » marquant par là, dit Jean, de quelle mort il devait mourir. (Jean, II, 44; XII, 32, 33.) Par sa question il se rendait présent, en quelque sorte, tout le con- 8611 de Dieu, cherchant et trouvant pleinement dans sa contemplation les forces nécessaires pour surmonter ses souffrances et son angoisse (1).

« Jésus-Cbrist s'était désespéré. Il pouvait faire croire à des Juifs « prévenus que Jésus s'était attendu que Dieu le délivrerait et « l’arracherait des mains de ses bourreaux par un miracle. Il est « constant que Dieu n’abandonna point son Fils. Il n’est pas moins « certain que Jésus-Christ savait bien qu'il devait expirer sur la « croix, et être mis dans le sépulcre, comme il l'avait prédit, pour « ressusciter ensuite le troisième jour. Quel peut avoir été son but « en prononçant ces paroles? La mort de Jésus-Christ, succom- « bant sous la puissance de ses ennemis par la permission divine, « étaitun préjugé contre lui. Dieu l'avait abandonné à ses ennemis: « J’aurait-il fait si Jésus-Christ n'eût pas été un faux prophète? Le « Seigneur veut arracher de l’esprit des Juifs un prétexte si spé- « cieux de le condamner, en leur rappelant ia mémoire de David, « qui, tout grand prophète qu'il était, parut comme lui abandonné « de Dieu... Ces raisons n’ont rien de recherché, et si je ne me « trompe, cela est plus simple, plus naturel et plus certain que « ies spéculations théologiques que des savants respectables ont « faites sur ces paroles du Sauveur. » (Bkavsosas, Remarques sur le N. T. Tome ler, page 82.)

(4) « Que ce pourquoi comprend de choses! On n'y peut bien

“ MATTHIEU, XXVIL 45-50.

De toutes les paroles de Jésus sur la croix, Ék, ΕΝ, lama sabachthani est la seule que saint Matthie ait recueillie, et je ne crois pas me tromper en supposant que s’il l’a choisie entre toutes, es n'est pas tant en raison de son importance que pance qu'elles été l’occasion des moqueries qui l’ont suivie, et qu se sont prolongées jusqu’à la mort du Seigneur. Due pouvait les passer sous silence, son dessein, dans cæ derniers ehapitres, étant surtout de mettre en re gard des déclarations de Jésus sur sa passion (XX, 18, 19), les faits qui les ont réaliséess et 1] fallait dire, ὦ par conséquent, à propos de quoi fut prononcé le mot d’Élé, qui y donna lieu. | « Tournant impudemment en risée sa prière (1),» Ὁ quelques-uns de ceux qui l’entendirent s’écrièrent Ὁ qu’il appelait Élie, soit pour dire plaisamment que, n'étant pas écouté de Dieu, il s’adressait à son prophète, soit, ce qui me paraît plus probable, avech seule intention de jouer sur les mots. Un soldit (Luc, XXII, 36), peut-être l’un de ceux qui l'avaett tourné en dérision au prétoire, voulut recommencer. A défaut d’Élie, qui ne venait pas, il accout comme s’il était Élie, et Jésus ayant dit qu'ilant

« répondre qu’en expliquant la chute d'Adam et do sa postéritt « en lui; le dessein de la miséricorde de Dieu pour sa réparations, ὁ « la nature et la rigueur de sa justice ; la nécessité d’un sacré « digne de Dieu, et tous les desseins incomprébensibles de a | « gesse dans l'établissement de la religion chrétienne, εἰ dm « l'ouvrage du salut éternel. » (Le P. Quesnez, Le N. Ta des Réflexions morales.)

(4) 3. Cazvm, Commentaires sur le N. T. Tome ler, page 719

MATTHIEU, XXVII, 45-60. 49 soif (Jean, XIX, 28), il lui offrit du vinaigre dans ane éponge attachée au bout d’un roseau, comme si c'était pour ce bon office que Jésus eût imploré son aide. Mais, au gré du peuple, la plaisanterie aurait ainsi pris fin trop vite; on commanda à ce compagnon de cesser, et lui-même fit alors chorus avec les autres, disant : « Voyons si Élie viendra le délicvrer, » (Marc, XV, 36.) C’est au milieu de ees bouffonneries impies, que Jésus, ayant poussé un grand cri, baïssa la tête et rendit l'esprit. (Jean, XIX, 30.) Si l’on regarde aux Juifs qui le firent mourir, sa mort fut un meurtre juridique et un sacrilége ; si l’on regarde à lui, ce fut une très-sainte oblation de lui-même, un sacrifice volontaire par un libre acquiescement à la volonté de son Père.

Jésus expira vers la neuvième heure. Depuis la sixième heure, le soleil s'était obseurei. (Luc, XXII, 44.) Ainsi, de midi à trois heures, selon notre manière de compter, tout le pays fut dans les ténèbres. Peu importait à la foule insouciante; mais, quelle qu’ait pu être la cause de cette obscurité (1), elle répondait mieux que n’aurait pu le faire un ciel serein à la profonde tristesse de ce jour, duquel le Seigneur avait dit à ses disciples, qu’alors « ils pleureraient et « ils se lamenteraïent. » (Jean, XVI, 20.) Mais ensuite, je veux dire quand le Père leur envoya, au nom du Fils, un autre Consolateur, le Saint-Esprit, pour leur enseigner toutes choses, leur remettre en mémoire

(4) « Cette journée-là est une journée de ténèbres et d’obscu- « rité, une journée de nuées et de broufllards. » (Sophonie, I, 46.)

toutes celles que Jésus leur avait dites, et demeurer éternellement avec eux (Jean, XIV, 16, 26), il y eut paix et joie pour eux. Depuis lors aussi, cette parole de la croix, dont ma tâche était seulement de rechercher l’intention, est devenue, avec les autres paroles du Seigneur, l’aliment permanent des âmes pieuses. De siècle en siècle, elles l’ont méditée; et voici ce que l’une d’elles, après sa méditation, disal à son Sauveur :

... « Souffrez que mon esprit soit confondu de ce « mystère, qui est trop grand pour lui. Mais, ὁ mon « Dieu, mon cœur l’a compris, et au jour de la déa tresse, c’est en lui que je trouve toute ma consols- « tion. Vous l'avez dite vous-même cette parole dé- « chirante qu'avant votre venue tout homme croyait « pouvoir prononcer pour lui-même. Vous ave « épuisé tout ce qu’elle contenait de douloureux, et « ce n’est plus que comme un gage de votre amour « que nous pouvons nous en souvenir. Nul homme « désormais n’est en droit de la répéter pour 801 « propre compte. O divin Réconciliateur, daignez le « faire sentir à ceux qui vous abandonnent et qui dé- « sespèrent, parce qu'ils croient que c’est vous qu « les avez abandonnés, vous, Seigneur, qui êtes veau « combler l’abime! Ouvrez leurs yeux, touchez leurs « cœurs, et que mon attente, ὁ Dieu, ne soit pss « vaine (1)! »

Revenons au récit de saint Matthieu. Son dernier

(4) Jeanne de Vaudreuil. Livre IF, chapitre Y.

mot a été que « Jésus, ayant de nouveau poussé un « grand cri, rendit l'esprit. » Il continue ainsi :

XXVII, 51. Καὶ ἰδού, τὸ xaταπέτασμα τοῦ ναοῦ ἐσχίσθη els δύο, ἀπὸ ἄνωθεν ἕως χάτω. Καὶ h γῆ ἐσείσθη, καὶ αἱ πέτραι ἐσχίσθησαν"

ΧΧΥ͂ΙΙ, 51. Et voici, le voile du sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Et la terre trembla, et les rochers furent partagés,

52. Et les sépulcres s’ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent ;

53. Et sortant des sépulcres après sa résurreclion, ils entrèrent dans la ville sainte, et ils se firent connaître à beaucoup de personnes.

I] y avait deux voiles au sanctuaire. L’un était suspendu à la porte du lieu saint; l’autre séparait le lieu saint du lieu très-saint, et ce fut ce second voile (Hébreux, IX, 3) qui se déchira du haut jusqu’en bas au moment de la mort de Jésus. Il n’était plus besoin du sanctuaire fait de la main des hommes et qui n’était que la figure du véritable, maintenant que le chemin du véritable était ouvert, et que le Christ devait entrer dans le ciel même, afin de comparaître pour nous devant la face de Dieu. (Hébreux, IX, 12, 24.) Sa mort était l'abolition légale de tout ce qui devait être réformé. (1bid., IX, 10.) La caste sacerdotale elle-même, devenue inutile, puisque, grâce à Jésus, Dieu n’était plus un Dieu caché, devait disparaître. Mais les Juifs qui n'avaient pas cru, au lieu de tirer cet enseignement du symbole qui leur était offert, ne

s’en montrèrent que plus attachés aux rudiments dont ils avaient dû se contenter jusqu'alors. [ls se eramponnèrent à ce qu'il était temps de quitter, et restaurant le voile qui s'était fendu dans sa longueur, ils le maintinrent à l’entrée du lieu très-saint. On ne l’enleva de là qu'après le prise de Jérusalem. ἢ fut alors transporté à Rome, et quand le triomphe des empereurs eut eu lieu, Vespasien le conserva dans son p+lais avec le livre de la [0] (1).

Le déchirement du voile est attesté par les trois premiers évangélistes. (Marc, XV, 38; Luc, XXII, 45.) Saint Matthieu est le seul qui parle des autres prodiges. Les rochers séparés les uns des autres par le tremblement de terre nous aident à comprendre le phénomène des sépulcres ouverts, qui permit aux saints ressuscités d’en sortir, lorsqu'ils furent revenus à la vie après la résurrection de Jésus, prémices de tous ceux que, selon sa promesse, « il ressuscitert « au dernier jour. » (Jean, VI, 39, 40.) Comme ils reposaient depuis longtemps dâns leurs tombeaux, il estéudent que leur mort n’a pas été une mort apparente; leur résurrection donnait donc une sorte de confirmation à celle du Seigneur. Et de plus, elle rendait manifeste l’effet que celle-ci devait avoir pour la famille humaine. « En vérité, en vérité, avait dit « Jésus, le temps vient, et il est déjà venu, que les « morts entendront la voix du Fils de Dieu, et que « ceux qui l'auront entendue vivront. » (Jean V, 25.)

(4) FL. Jos., Bell. Jud., lib. VIL, c. v, $ 7.

MATTHIEU, XXVI, 51-53; 54. 49] Que ce soit là ou non, comme on l’a prétendu (1), une prophétie de ce qui arriva alors, l'événement ἃ répondu à ce que ces mots expriment, et les fidèles de Jérusalem, à l'instruction desquels 1] semble avoir été surtout destiné, ont dû, ainsi que le dit Calvin, « élever plus alaigrement leurs esprits en espérance, » en voyant que la résurrection, « qui devait être com- « mune à tous, était comme entamée en quelque pea tit nombre d'iceux (2). »

XXVII, 54. Ὁ δὲ ἑχατόν- XXVII, δέ. Or, le centenier et tagyos nat οἱ μετ’ αὐτοῦ Tn- ceux qui avec lui gardaient Jésus, ροῦντες τὸν Ἰησοῦν, ἰδόντες τὸν ayant vu le tremblement de terre σεισμὸν χαὶ τὰ γενόμενα, ἐφοδή-- et ce qui était arrivé, furent trèsθησαν σφόδρα, λέγοντες " ᾿Αλη- effrayés, et ils disaient : Vraiθῶς Θεοῦ υἱὸς ἦν οὗτος. ment celui-ci était fils de Dieu.

Saint Marc et saint Luc ne font pas mention du tremblement de terre; mais ils parlent l’un et l’autre de l'attitude du centenier, qui présidait au supplice, au moment où Jésus venait d’'expirer. Le premier reproduit son exclamation à peu près dans les mêmes termes que Matthieu (3). Le second raconte que le

(4) « Dr Wbhitby supposes Jobn, V, 25, was a prophecy reia- « tingtoit. » (Donprincr, The family expositor, page 393.)

(2) ὁ. Cazvin, Commentaires sur le N. T. Tome Ier, page 724. — « Declarat autem hæc apparitio istos non resurrexisse ut ite- « rum inter hofines versarentur, rursus morituri sicut Lazarus, « et ali, sed potius ut in vitam æternam Chbristum, cujus virtute « resurrexerant, comitarentur : idque ut vivificæ Christi virtutis « certa Lestimonia extarent. Quod si quis roget quibus apparuerint, « quos sermones habuerint, an et quando in cœlum ascenderint, « dicam me hæc omnia quæ Deus nos celavit, libenter ignorare. » (BezA.)

(3) ᾿Αληθῶς ὁ ἄνθρωπος οὗτος υἱὸς ἦν Θεοῦ. (Marc, XV, 39.)

centenier, ayant vu ce qui était arrivé, donna gloire à Dieu, et dit : « Certainement, cet homme était « juste. » (Luc, XXII, 47.)

« Ce qui était arrivé » [τὸ γενόμενον), ne peut se rapporter, chez Luc, au tremblement de terre, pusqu’il l’a passé sous silence. 1] me paraît faire allusion par ces mots aux divers incidents de la crucifixion, aux moqueries des sacrificateurs, des anciens et du peuple, et aux paroles prononcées par Jésus sur k croix; et c’est tout cela aussi, que Matthieu, en les employant (τὰ γενόμενα), a voulu, je pense, également désigner. Frappé de ce qu'il ἃ vu et entendu, le centenier s’écrie que ce n’est pas d’un malfaiteur, comme ils le prétendent (Jean, XVII, 38), mais d'un juste, que le sanhédrin a réclamé et obtenu la mort. La question entre eux était de savoir s’il était le ΕἸ:

de Dieu. L’affirmation de Jésus à cet égard avait été la vraie cause de sa condamnation. (XX VI, 63-66; |

Jean XIX, 7.) Leurs railleries mêmes, lorsqu'ils k pressaient de prouver ses droits à ce titre en descerdant de la croix, montrent que c’était là tout le pro-

cès. Le centenier, témoin désintéressé de ce qui s'est |

passé, a pris parti peu à peu pour Jésus contre ses juges. Quand il l'entend, au moment où il va rendre le dernier soupir, nommer Dieu son Père et remettre

son esprit entre ses mains (Luc, XXITI, 46), in doute plus qu’en un sens ou un autre il ne si

réellement Fils de Dieu; et combien plus encore πὲ

s’en crut-il pas assuré, lorsque, l'instant d'après,

Dieu sermbla, par ce tremblement de terre, του οι

MATTHIEU, XXVII, 54: bb, 56. 490 témoigner son courroux à ses meurtriers. La wietime avait accrédité auprès de lui le prophète; et les quatre soldats qui, assis au pied de la‘eroix, gardaient Jésus, effrayés et émus comme leur chef, le voyant convaincu, se laissèrent-convainere à leur tour, οἱ poussèrent le même cri que le centenier.

XXVH, 55. Ἦσαν δὲ ἐχεῖ -XXVII, ὅδ. 11 y avait aussi là υναῖχες πολλαὶ ἀπὸ μαχρόθεν plusieurs femmes, qui regarθεωροῦσαι, αἵτινες ἠχολούθησαν daïent de loin, lesquelles avaient τῷ Ἰησοῦ ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας suivi Jésus depuis la Galilée, διαχονοῦσαι αὐτῷ. pour le servir.

56. Ἐν αἷς ἣν Μαρία ἢ May- 56. Parmi elles, était Marieδαληνή, xai Μαρία ἣ τοῦ lœus- Madeleine, et Marie, mère de 6ou χαὶ Ἰωσῇ μήτηρ, xat Jacques et de Joses, et la mère phone τῶν υἱῶν Zebeëalou. des fils de Zébédée.

Marie-Madeleine s'était tenue d’abord, avec la mère de Jésus et la sœur de sa mère, tout près de la croix. (Jean, XIX, 25.) Il est probable qu'elle s’en éloigna ensuite avec elles.:La voici maintenant dans un groupe composé des parents du Seigneur (1) et des femmes qui, après l’avoir suivi et servi pendant qu'il était en Galilée, étaient montées avec lui à Jérusalem. (Luc, XXIIT, 49.) Elle et Marie, mère de Jacques et de Joses, et la mère des fils de Zébédée en faisaient partie. Saint Matthieu a nommé ces deux Marie, à cause de la touchante fidélité qui leur valut d’être informées les premières de la résurrection de celui qu'elles venaient de voir mourir crucifié. Quant à la mère des fils de Zébédée, c’est elle qui, ne tenant peint compte de

(4) Εἰστήκεισαν δὲ πάντες οἱ Ἰνωστοὶ αὐτοῦ μαχρόθεν. (Lue, XXII, 49.)

ce que Jésus venait de dire à ses disciples sur son crucifiement, s'était approchée de lui en chemin et, se prosternant à ses pieds, lui avait demandé que ses fils fussent assis, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, dans son royaume. (XX, 19-21.) Comme elle dut se souvenir de la réponse du Seigneur à la prière qu’une ambition toute mondaine lui avait inspirée, quand, regardant de loin avec les autres femmes, elle le vit attaché à la croix, comme 1] l'avait annoncé, et les deux malfaiteurs, l’un à sa gauche, l’autre à sa droite! Les voilà au terme de ce voyage, durant lequel elles l'ont servi, et c’est à cela qu'ils abouti! Il faudrait pouvoir se représenter tout ce qu’elles avaient éprouvé jusque-là, pour se faire une idée de la tristesse de leur regard. L'évangéliste n'en dit rien; il les montre seulement se tenant à distance pour voir ce qui avait lieu, et cette simple indication est assurément l’un des traits les plus saisissants de son récit. En voici un autre qui ne l’est pas moins.

XXVIE, 57. Ὀφίας δὲ γενομένης ἦλθεν ἄνθρωπος πλούσιος ἀπὸ ᾿Αριμαθαίας, τοὔνομα Ἰωσήφ, ὃς xat αὐτὸς ἐμαθήςευσε τῷ Ἰησοῦ.

58. Οὗτος. προσελθὼν τῶ ΠΙιλάτῳ ἠτήσατο τὸ σῶμα τοῦ ‘In σοῦ" τότε ὃ Πιλάτος ἐχέλευσεν ἀκοδοθῆναι τὸ σῶμα.

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