‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 11 sur 107 · Mais il répondit : Toute · texte numérisé non relu

Mais il répondit : Toute

48 MATTHIEU, XV, 10-li.

Πᾶσα φυτεία, ἣν οὐκ ἐφύτευσεν plante que n'a point plantée mon ὃ πατὴρ μου ὃ οὐράνιος, ἐχριζω- Père céleste, sera déracinée. θήσεται.

14. ἔλφετε αὐτούς: ὁδηγοί 44. Laissez-les. Ils sont les εἰσι τυφλοὶ τυφλῶν τυφλὸς δὲ conducteurs aveugles d'autres τυφλὸν ἐὰν ὁδηγῇ, ἀμφότεροι aveugles. Or si un aveugle conεἰς βόθυνον πεσοῦνται. duit un aveugle, tous deux ils

tomberont dans la fosse.

Jésus, en répondant à ces pharisiens, avait négligé à dessein l'exemple de mépris de la tradition qu'ils avaient allégué. Voulant frapper un coup plus fort, 11 s’était hâté de montrer, par un autre exemple qu’il opposait au leur, à quels usages criminels on la faisait servir. Il revient maintenant au premier, non pour convaincre les pharisiens de la vanité des coutumes relatives aux ablutions qu’ils reprochaient à ses disciples de ne pas observer, mais pour éclairer à cet égard la multitude qu’ils tenaient asservie par leur moyen. Appelant à lui tous ceux qui sont à portée de l’entendre, il leur déclare, en présence des docteurs qui viennent de l’interroger, que ce que l’on mange avec des mains non lavées ne peut pas souiller l’homme, la souillure morale, à laquelle seule Dieu regarde, et de laquelle la souillure légale n'est qu'une image, venant du dedans, et non du dehors.

Plus est courte la sentence dans laquelle Jésus exprime cette vérité, plus est remarquable le soin qu’il prend de recommander l'attention avant de la prononcer, et de conseiller ensuite à ses auditeurs, en des termes qui lui étaient habituels, de la médi-

MATTHIEU, XV, 10-14. 49 ter, ainsi que Marc le rapporte. (VII, 16.) Ce qui ne l'est pas moins, c’est sa détermination de répondre en public à la question que les pharisiens lui avaient posée en particulier, afin de faire reconnaître au peuple le néant de ce qu’ils lui ont enseigné. Grande dut être leur irritation : ils voulaient l’accuser, et il se fait leur accusateur. Les disciples, mélés à la foule, avaient été témoins du choc qu’ils en avaient reçu. Quand 1158 furent seuls avec lui, ils lui demandèrent s’il s'était aperçu qu’ils en avaient été tout à fait offensés. Leur force était dans la tradition; leur prestige en dépendait : attaquer la traditon, c'était les attaquer eux-mêmes.

Mais leur colère importe peu à Jésus, qui veut ruiner leur empire. « Toute plante, dit-il, que n’a point «plantée mon Père céleste, sera déracinée. » Cette parole n’est pas en contradiction avec ce qu'il a dit précédemment de l’ivraie, qu’il veut que les ouvriers laissent croître avec le bon grain jusqu’à la moisson. (XII, 29, 30.) Là il s'agissait d'autre chose. Ici l’idée exprimée est celle que nous retrouverons plus tard dans une parabole (XXI, 41-45), où Jésus annonce, comme en cet endroit, quelle sera la fin de ceux « qui font éga- «rer le peuple qu’ils conduisent. » (Ésaïe, IIT, 12.)

Au lieu d'attendre qu'ils soient déeonsidérés pour les quitter, le plus sûr, pour les disciples, est de se séparer dès à présent et d’eux et de leur doctrine. «Laissez-les, » ajoute Jésus, et la raison qu'il en donne, c’est que ce sont des aveugles qui en veulent conduire d’autres, ce qu'ils seraient hors d’état de

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