IV
8. Γνοὺς δὲ ὃ Ἰησοῦς εἶπεν [αὐτοῖς] Τί διαλογίζεσθε ἐν ξαυτοῖς, ὀλιγόπιστοι, ὅτι ἄρτους οὐχ ἐλάδετε ; | 9. Oùrw νοεῖτε; οὐδὲ puvnμονεύετε τοὺς πέντε ἄρτους τῶν πενταχισχιλίων, καὶ πόσους χοφίγους ἐλάδετε:
11. Πῶς où νοεῖτε. ὅτι οὐ τερὶ ἄρτου εἶπον ὑμῖν, προσἔχειν ἀπὸ τῆς ζύμης τῶν Φαproto rat Σαδδουχαίων ;
12. Τότε συνῆκαν, ὅτι οὐχ elrs προσέχειν ἀπὸ τῆς ζύμης τοῦ ἄρτου, ἀλλ’ ἀπὸ τῆς διδαχῆς τῶν Φαρισαίων χαὶ Yadδουχαίων (1).
circonspects et vous gardez du levain des pharisiens et des sadducéens.
7. Eux donc étaient préoccupés et disaient : C'est parce que nous n'avons pas pris de pains.
8. Mais Jésus, le sachant, leur dit : Pourquoi êtes-vous préotcupés, gens de petite foi, de 06 que vous n’avez pas pris de pains?
9. Ne comprenez-vous pas encoreP Ne vous souvenez-vous ni des cinq pains des cinq mille hommes et combien vous en avez emporté de paniers,
40. Ni des sept pains des quatre mille hommes, et combien vous en avez emporté de corbeilles?
41. Comment ne comprenezvous pas que ce n'est pas au sujet üu pain que je vous ai dit de vous garder du levain des pharisiens et des sadducéens 9
12. Alors ils comprirent qu'il ne leur avait pas dit de 48 garder du levain du pain, mais de l'euseignement des pharisiens et des sadducéens.
Jésus, comme nous l'avons vu, s’était embarqué, sur la rive orientale de la mer de Galilée, probablement aux environs d'Hippos, pour se rendre aux confins du territoire de Magdala sur la rive oecidentale (2). En en partant, pour regagner la rive qu'il
(4) Autre leçon : Τότε συνῆχαν ὅτι οὐκ εἶπεν προσέχειν ἀπὸ τῆς ζύμης τῶν Φαρισαίων καὶ Σαδδουχαίων, ἀλλὰ ἀπὸ τῆς διδασχαλίας τῶν Φαρισαίων καὶ Σαδδουχαίων, (Codex Sinaiticus.)
(3) Voir ci-dessus, page 16.
MATTHIBU, XVI, 5-12. 83 venait à peiñe de quitter, il traversa dans la direction de Bethsaïde-Juliade (Marc, VIII, 22), non loin de laquelle la première multiplication des pains avait eu leu.
Tout plein encore de ce qui venait de se passer, il continuait sans doute à penser avec tristesse à la funeste influence exercée sur les Juifs par les sectes dont quelques-uns des chefs étaient venusle trouver, quand, arrétant les yeux sur ses disciples, il leur dit, peutêlre pour les soustraire à te péril en les y rendant attentifs : « Gardez-vous du levain des pharisiens et des « sadducéens. » Jésus, dans 668 paraboles, leur avait déjà parlé du levain comme faisant lever la pâte à 18. quelle il est mêlé. (XII, 33.) Cette image étant susceptible de recevoir des applications diverses (1. 0. rinthions, V, 6), ils auraient facilement pu comprendre le sens qu'il y attachait alors, s'ils avaient su 80 représentet ce que la scène à laquelle ils venaient d’assister avait dû fairé éprouver à leur maître. Mais, 88 lieu d'entrer dans ses sentiments pour s'expliquer ses paroles, ils s’aperçoivent à leur occhsion qu'ils ont oublié de s’approvisionner de pains, bien qù’il ne leur en restêt plus qu’un seul (Marc, VIII, 14), et ilg s’inaginent que c’est à cela que Jésus a voulu faire aBusion. Les voilà donc qui retournent sa recommandation dans leur esprit, examihaut probablement ensemble ce qu’ils ont à faire pour s’y conformer. Mais comment ne se disaient-ils pas que s'il était de leur deveir de faire provision de pain pour n’en pas manquét,, il était tout à fait impossible que leur maître füt
préoccupé de ce qu’ils avaient négligé de s’en munir ? Que lui pouvait importer l’origine du levain avec lequel on aurait fait lever le pain qu’ils devaient se procurer, puisque Jésus leur avait dit que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme? (XV,11.) Etmême, que lui pouvait faire qu’ils eussent ou non pris des pains, puisqu'il avait le pouvoir de les nourrir miraculeusement aussi bien que la multitude, si cela était nécessaire ?
Jésus, ayant su comment ils l'avaient compris, le Jeur reprocha en des termes qui durent leur rappeler ceux qu’il employait quelquefois pour déplorer le manque d'intelligence du peuple (XIII, 13): « N’entendez-vous et ne comprenez-vous point en- «core? leur dit-il. Avez-vous toujours un cœur « stupide? Ayant des yeux, ne voyez-vous point ἢ « Ayant des oreilles, n’entendez-vous point ἢ Et n’a- « vez-vous point de mémoire? » (Marc, VIII, 17, 18.) Puis, les interrogeant sur les deux miracles pour lesquels ils avaient élé ses intermédiaires lorsqu’ils distribuèrent de leurs mains le pain destiné à nourrir les cinq mille hommes et les quatre mille hommes, il les obligea de constater par leurs réponses aux questions qu'il leur adressa, à quel point, en ces deux occasions, les grâces accordées avaient dépassé les besoins. (Marc, VIIE, 19, 20.) Combien donc n'’étaient-ils pas insensés de ne pas avoir, pour ce qui leur était nécessaire à eux-mêmes, une confiance sans bornes dans les compassions et le pouvoir de leur maître, et°de n’attribuer qu’un sens vulgaire à
MATTHIEU, XVI, 5.12. 85 ses paroles, au lieu d'y chercher l’enseignement élevé qu'elles renfermaient toutes !
Au reste, l’étonnement que leur témoigna Jésus de ce qu’ils avaient pu croire qu’il avait voulu les prévenir contre le levain du pain des pharisiens et des sadducéens suffit pour les mettre sur la voie ; ils comprirent enfin ce qu’il avait voulu dire, sans qu’il ait eu besoin de le leur expliquer.
Il est de la nature du mal, tout comme de la nature du bien, de s’étendre de proche en proche. De même que ceux qui font partie du royaume des cieux s’efforcent de communiquer leur vertu au monde (1), de même les ennemis de ce royaume s’efforcent de détourner de Dieu ceux dont le cœur est incliné vers lui. Que les disciples soient donc sur leurs gardes, pour ne pas, se laisser séduire par les deux classes d’hommes auxquelles Jésus vient de reprocher leur hypocrisie, parce que ce n’est pas en sincérité, mais dans un mauvais dessein, qu’ils lui ont demandé un signe. Qu’avaient besoin d’un signe pour le croire, ceux-ci, quand il leur disait de ne pas annuler la loi de Dieu par leurs traditions (XV, 6), ceux-là, quand il les pressait de se détourner de leurs voluptés ἢ Remarquons-le bien, en effet, dans tous les récits de saint Matthieu, c’est de cela qu’il s'agissait essentiellement entre eux et lui. Aussi l’enseignement [ἡ διδαχή ou ἡ διδασκαλία) des pharisiens et des sadducéens dont il invitait instamment ses disciples à se
(4) Voir mon explication de la parabole du levain, Essai d’Interprétation, Partie {Π| page 221.
défendre, était-ce moins une’ doctrine formuléa que tout ce qu’ils auraient pu, en les fréquentant, en les écoutant, en les imitant, apprendre d’eux, s'ils n’avaiant pas été mis an garde contre les faux-samblants des premiers qui se contentaient de l'apparence de k rigidité et de la dévotion, et contre la frivolité des seconds qui refusaient de prendre la religion et le devoir au sérieux.
Saint Marc rapporte que Jésus fit aussi mention en cette occasion du levain d’Hérode. (Marc, VII, 15.) L'action de ce ferment devait être autre. Les pharisiens corrompent; les sadducéens séduisent ; Hérode intimide, et obtient ainsi de la lâcheté morale de ceux qui le redoutent, qu’ils s’assimilent à lui. On a pu le voir par la conduite des officiers de ses troupes οἱ des grands de sa cour, qui, par leur assentiment silencieux, quand il donna l’ordre, au milieu du festin, de couper la téte du prophète, devinrent ses complices. Le levain d'Hérode n’est pas seulement à l'usage d’Hérode ; on le peut rencontrer où l’on s’y attendrait le moins. La suite de cette histoire montrera qu'il n’était pas superflu de prémunir les disciples contre ce levain-là. (XXVI, 69-74.)
« Laissez-les, » leur avait précédemment dit Jésus, en parlant des pharisiens. (XV, 14.) Il confirme jci cette sentence οἱ il l’étend aux sadducéens. Ces derniers étaient plutôt des railleurs que des docteurs; leur influence, limitée aux hautes classes, était à peu près nulle sur le peuple : peut-être est-ce pour cela qu’ils sont rarement nommés dans les Évangiles.
MATTHIEU, XVI, 5-12; 3.20. 87 Les pharisiens, au contraire, qui travaillaient constamment, par des motifs intéressés, à le pervertir, ÿ apparaissent sans cesse, Il faut étudier à leur place, dans le premier Évangile, les divers actes de l’opposition qu'ils ant faite à Jésus et que Jésus leur a faite ; car il y a un progrès marqué, facile à reconnaître, dans cette lutte, à la suite de laquelle Jésus recommande en cet endroit à ses disciples de se défier de cette génération méchante et adultère, en attendant qu'il leur confie expressément le soin de l’exclure de l'alliance nouvelle qu’ils auront mission de former. (XVI, 19; XVIN, 18.)
XVI, 13. Ἐλθὼν δὲ ὁ Ἶησοῦς εἰς τὰ μέρη Καισαρείας
XVI, 13. Or Jésus, étant venu dans la contrée qui dépend de
τῆς Φιλίππου ἠρώτα τοὺς μαθητὰς αὑτοῦ λέγων" Τίνα με λέγουσιν οἱ ἄνθρωποι εἶναι, tèv υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου (1):
[6, ᾿Αποκριθεὶς δὲ Σίμων Πέτρὸς εἶκε" Σὺ el ὃ Χριστός, ὁ υἱὸς τοῦ Θεοῦ τοῦ ζῶντος.
Césarée de Philippe, interrogea ses disciples en disant : Qui disent les hommes que je suis, moi le Fils de l’homme?
14. Us lui dirent : Les uns, Jean le Baptiste, d'autres Élie, et d'autres Jérémie ou l’un des prophètes,