lui dirent : Seigneur, que nos yeux soient ouverts
34. Et Jésus, ému de compassion, toucha leurs yeux, et aussitôt leurs yeux recommencèrent à voir, et ils le suivirent.
Matthieu a compris dans la section de son Évangile où il fait voir de quelle manière le Seigneur
a guérissait tout mal et toute infirmité parmi le peu- « ple » (IX, 35), une histoire de la guérison de deux aveugles à Capernaüm, assez semblable ἃ celle-i. (IX, 27-30.) Les guérisons de cette sorte qu’il opérait étaient d’ailleurs si fréquentes, que les disciples de Jean, envoyés par leur maître auprès de Jésus pour s’informer s’il était l'Erchomenos, reçurent ordre de lui dire dans leur rapport : « Les aveugles « voient.» (XI, 5.) Il n’est donc pas probable que le miracle actuel, qui est tout ce que Matthieu nous apprend du passage de Jésus à Jéricho, soit rapporté ici pour lui-même. ἢ doit l’être en raison de quelque circonstance qui lui donnait, en ce moment-, : un intérêt particulier, et cette circonstance me paraît être le cri de Fils de David que les deux aveugles ont fait entendre. « Celui-ci n’est:il pas le Fils de « David? » demandait un jour le peuple, après avoir vu Jésus guérir un démoniaque aveugle et muet. (XII, 23.) Par ce nom 1] désignait le Messie ou le Christ, lequel, suivant les prophètes, devait naître dans la maison de David (Jérémie, XXII, 5, 6) et ouvrir les yeux des aveugles. (Ésaïie, XLII, 7.) Les deux marques étant réunies en celui auquel ils demandent de leur rendre la vue, les deux aveugles de Jéricho n’hésitent pas à lui appliquer ce nom. Plus ceux qui ne tenaient nul compte de ce que Jésus était né à Bethléhem, d’où le conducteur chargé de paitre Israël devait sortir (If, 6; Michée, V, 2), ou qui se laissaient tromper à cet égard par son long séjour en Galilée, voulaient les en empêcher, et plus ils
MATTHIEU, XX, 29-34. 201 criaient : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de Daayid! » Un mot suffit quelquefois pour émouvoir la foule et lui imprimer subitement une nouvelle direction, Il en fut ainsi en cette occasion. L’exclamation de deux aveugles va contribuer à faire reconnaître à la multitude le Fils de David en celui qu’elle nommait « Jésus de Nazareth. » (Marc, X, 47.) Nous voilà bien loin des suppositions que ceux qui voulaient l’honorer le plus faisaient à son sujet dans la contrée qui dépend de Césarée de Philippe ! (XVI, 14.)
Saint Jean, par lequel nous connaïssons le séjour que Jésus a fait à Éphraïm, a passé sous silence son départ de cette ville et son passage à Jéricho, lorsqu'il s’en fut allé de là pour monter à Jérusalem. Omettant les incidents du voyage rapportés par Matthieu et les deux autres évangélistes, il le montre seulement revenant à Béthanie, «où était Lazare qui « avait été mort et que Jésus avait ressuscité ; » puis il raconte le souper qu’on lui fit là, et après lequel Jésus se rendit le lendemain à la ville sainte, comme nous allons le voir. Le souper du soir (Jean, XII, 1, 2) et le départ du lendemain (Jean, XII, 12, 14) appartiennent au même jour légal, d’après l'usage des Hébreux de compter leurs jours d’un soir à l’autre soir (4). L'entrée à Jérusalem dont il va être
(4) Cet usage de compter les jours depuis un soir jusqu'à l'autre soir (Lévitique, XXIII, 32) est constaté par Josèphe comme existant encore chez les Juifs en l’an 68 de notre ère. Il dit qu’on nommait Pastophorion le lieu dépendant du temple d'où l'un des prêtres annonçait le soir (δείλης), par le son de la trompette, le commencement du sabbat, et le soir d’après (αὖθις περὶ ἑσπέραν),
question, et dont le récit se trouve dans les quatre Évangiles, a eu lieu, par conséquent, aussi bien que l’arrivée à Béthanie, le sixième jour légal avant la Pâque. Le mot de Pâque désigne ici, ainsi que je lai fait voir dans un travail spécial, non le grand jour de la fête, qui se célébrait le 14 de nisan, mais le temps pascal dans son ensemble, qui s’ouvrait, le 10 de nisan, par le jour de la Préparation. La date donnée per saint Jean correspond, d’après cela, au 4 de nisan (1).
XXI, 1. Καὶ ὅτε ἤγγισαν εἰς Ἱεροσόλυμα καὶ ἦλθον εἰς Βηθφαγῇ πρὸς τὸ ὄρος τῶν ἐλαιῶν, τότε ὃ Ἰησοῦς ἀπέστειλε δύο μαθητὰς,
XXI, 4. Et quand ils furent broche de Jérusalem, et sur le point d'arriver à Bethphagé, près du mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples,
2. Auxquels il dit : Allez à la bourgade qui est devant vous(?}, et tout de Süite vous trouverez une ânesse attachée et un Anon avec elle; détachez-les et amenez-les-moi.