‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 42 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

porté le titre de roi, ainsi que j'en faisais La remarque tout à l’heure (1). Mais cette exagération ne δὲ retrouve pas dans l'application faite à Jésus par Matthieu d’une partie de ce passage de Zacharie. En effet, Jésus était le Christ (XVI, 16), le roi promis aux Juifs (Jean, XVIII, 37), ainsi qu’il le déclarait lui-même; et en même temps, par son humble équipage, en tout semblable à celui de Zorobabel, et si différent de celui des rois de Juda, qui faisaient leur entrée dans leur capitale avec pompe, accompagnés

des principaux personnages de leur royaume, comme eux assis sur des chariots ou montés sur des chevaux (Jérémie, XVII, 25), il voulait rendre év-

dent à tous, alors qu’on lacclamait Fils de David,

que son règne n’avait rien de commun avec k

leur (2).

Saint Jean raconte que les disciples de Jésus ne

pensèrent pas à cela d’abord, mais que quand il fut

(4) Le langage de Zacharie s'explique par la mission plusieurs fois donnée aux prophètes de proclamer et d’oindre les rois : I. Samuel, IX, 4; X, 46; XVI, 4, 43; 1. Rois, XIX, 45, 16; LI. Rois, IX, 4-6. On était si accoutumé à leur intervention, que

quand plus tard Sambailat, l’un des chefs des Samaritains, accusa calomnieusement Néhémie de vouloir se faire roi des Juifs, il ne

manqua pas de leur attribuer un rôle dans ce complot imagisaire :

« On entend dire, lui écrivit-il, que tu vas être leur roi, comme « le montre ce que vous faites, et même que tu as étAhbli des |

« prophètes pour te proclamer à Jérusalem, et pour dire : Il est « roi en Judée. » (Néhémie, VI, 6, 7.) C'est précisément à ce que Zacharie avait dit de Zorobabel.

(2) « 11 n’y a point de doute qu’il ne mette ceste montore du

« commun populaire à l’opposite de la magnificence royale. »

(Cazvin, Commentaires sur Le N. T., \ome 1, page 629.)

MATTHIEU, XXI, 1-7. 211 glorifié, ils se souvinrent que ces choses avaient été écrites de lui, c’est-à-dire, comme je le comprends, qu'on pouvait les lui appliquer, et qu’elles lui étaient arrivées. (Jean, XII, 16.) On voit, du reste, par ce que saint Jean néglige du verset de Zacharie, que les paroles qu'il en cite étaient les seules dont il pensât qu'on püt faire un tel usage. Nul évangéliste, certes, alors que Jésus venait de pleurer sur Jérusalem, parce qu’elle n’avait pas connu le temps de sa visitation, et au moment où il lui avait prédit sa ruine (Luc, XIX, 41-44), n'aurait pu songer à dire à propos de son entrée dans cette ville : « Tressaille de « joie, fille de Sion! Crie, fille de Jérusalem ! » Aussi saint Jean, voulant faire comprendre à qui S'adressait ce qui suit, a-t-il remplacé la phrase où se trouve le mot de joie par cette autre : « Ne crains « point, fille de Sion. » Saint Matthieu a préféré la supprimer tout à fait. Il introduit la citation qu’il emprunte à Zacharie par les mots : «Dites à la fille a de Sion, » qui sont peut-être une réminiscence (Ésaie, LXII, 11), mais qui n’ont pas besoin d’en être une pour nous apprendre, ainsi que c'en est le but, que c’est à la ville sainte que le prophète parlait ainsi. Est-il nécessaire de répéter encore ici que les changements et les retranchements que Matthieu se permet dans les passages de l’Ancien Testament qu'il mêle à ses récits sont une preuve qu'il ne les allègue pas comme des prophélies accomplies par les faits qui les lui rappellent? La liberté avec laquelle 1] les accommode à son dessein fait assez voir qu’il n’a pas égard

à la signification qu'ils ont à leur place, mais à leur rapport fortuit avec ce qu’il raconte (1).

Lorsque Jésus fut monté sur l’ânon qu’on lui avait amené, il se remit en route avec ses disciples.

XXI, 8. Ὁ δὲ πλεῖστος ὄχλος ἔστρωσαν ξαυτῶν τὰ ἱμάτια ἐν τῇ δδῷ - ἄλλοι δὲ ἔχοπτον χλάδους ἀπὸ τῶν δένδρων χαὶ ἐστρώνγυον ἐν τῇ ὁδῷ.

XXI, 8. Et le peuple en foule étendit ses manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des rameaux aux arbres et les répardaient sur le chemin.

9. Et la multitude de ceux qu allaient devant et qui suivaient criait : Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très-hauts !

40. Et quand il fut entré à Jérusalem, toute [ἃ ville fut dans l'agitation, disant : Qui est celui-ci ἢ

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