Et Jésus entra dans le temple de Dieu
Nous trouvons dans les autres Évangiles quelques
détails de plus sur les hommages qui furent rendus alors à Jésus et sur ce qui les motiva. Saint Jean raconte qu'un grand nombre de Juifs, aussitôt qu'ils surent son arrivée à Béthanie, y coururent pour le voir ainsi que Lazare qu'il avait réveillé des morts.
(4) Voir mes remarques sur les citations des prophètes introduites par 16 verbe πληροῦν dans les chapitres précédents de cet Évangile : Matthieu, 1, 22; I, 45; 11, 47; IV, 44; VIN, 47; XII, 47; XIII, 36.
(Jean, XII, 9.) Le lendemain, ce fut bien autre chose; beaucoup de ceux qui étaient venus pour la fête, ayant appris que Jésus était sur le point d’arriver à Jérusalem, allèrent au-devant de lui, des branches de palmes à la main. (Jean, XII, 12, 13.) C'étaient ses miracles, à ce qu'il paraît (Luc, XIX, 91), et en particulier la résurrection de Lazare, qui exaltaient ainsi le peuple qui venait à sa rencontre. La guérison des deux aveugles de Jéricho, qui, après avoir recouvré la vue, s’élaient mis à le suivre (XX, 94), et qui continuaient sans doute à parler de lui comme du Fils de David, avait dû produire le même effet dans les rangs de ceux qui l’accompagnaient. Quand 1] fut près de la descente du mont des Oliviers, toute la multitude des disciples, tant de ceux qui faisaient route avec lui que de ceux qui venaient de Jérusalem, se mit, transportée de joie, à louer Dieu à haute voix (Luc, XIX, 37), acclamant en même temps Jésus comme le roi d'Israël qui vient au nom du Seigneur, et formant pour lui des vœux qu’elle désirait faire monter jusqu’au ciel. (Luc, XIX, 38; Jean, XIT, 18). Autrefois c’étaitle Prophète appelé à régner qu’on avait cru reconnaître en lui, et on avait voulu l'enlever pour le faire roi (Jean, I, 21 ; VI, 14, 15); maintenant c’est le Christ qui devait sortir de la race de David et du bourg de Bethléhem, d’où était David (Jean, VII, 42), et ils lui chantent hosanna (1) et lui (4) En hébreu, Hoschia na, « sauve, nous Len prions. » (RILLIET.)
Cette exclamation s’était altérée et avait pris une signification plus large en devenant populaire. « Quod turba clamat Aosanna, perinde
appliquent les paroles du psalmiste : « Béni soit celui « qui vient au nom du Seigneur (4)! » Lors de la fête des tabernacles, les deux opinions avaient été en présence. (Jean, VII, 40-43.) Aujourd’hui, les disciples, dans l’enthousiasme que les miracles de leur maître leur inspirent, se prononcent unanimement comme nous venons de le voir, et Jésus, malgré les réclamations des pharisiens, refuse de leur imposer silence (Luc, XIX, 39, 40), parce que, son heure étant venue, il importait plus que jamais que tous apprissent quel était celui qui les avait visités. Mais s'ils ne se trompent pas en disant qu'il est le Christ, combien ils se trompent dans les idées qu’ils se font de ce que le Christ devait être ! En vérité, l’on ne peut s’en étonner, en voyant que les apôtres eux-mêmes continuaient à se le représenter comme un roi temporel (2). Leur erreur ne pourra plus subsister longtemps.
Ceux qui étaient sortis de Jérusalem pour aller à la rencontre de Jésus avaient pu le faire sans que le
a est ac si dicat : Vivat rex! » (MALDoNAT, Commentarii in quatuor evangelistas, col. 492.)
(4) Εὐλογημένος ὃ ἐρχόμενος ἐν ὀνόματι xuplou. (Psalmi, CXVII (CXVIIT), 26. LXX.) — Voir mes remarques sur ce vers, Partie ΠῚ, page 94.)
(2) « Cette multitude avait le sentiment confus que le Christ était « un roi béni, et que dans sa venue il y avait paix pour es « bommes et gloire à Dieu. Mais il est plus que douteux que ces « sentiments fussent clairs, distincts et complets. J1 y aurait abus « à entendre ces paroles comme on les prendrait si elles étaient « prononcées par un Paul, un Pierre, un Jean, après l'envoi du « Saint-Esprit. » (Viner, Homilétique, page 134.)
MATTHIEU, XXI, 8-12. 215 reste de la ville y prît garde ; mais quand ils revinrent avec toute cette foule et en poussant ces cris à son honneur, il n’en fut pas de même. Une agitation extrême en fut la suite. Tout le monde voulut savoir qui l’on proclamait ainsi fils de David et roi d'Israël. La troupe qui formait le cortége répondait au peuple qui l’interrogeait, que c'était Jésus, le prophète de Galilée, celui-là même au sujet duquel on avait fait cette objection, six mois auparavant : Mais le Christ viendra-t-il de Galilée ? (Jean, VIT, 41.) Oui, il vient de Galilée, disent cette fois les disciples; mais cela n’empêche pas qu’il soit le Christ, car il descend de David. Ne l’entendez-vous pas, c’est pour lui qu’on crie : « Hosanna au Fils de David! »
Que fera Jésus en présence de ces démonstrations ? S'iln’a pas voulu les empêcher, il ne veut pas non plus encourager une exaltation qui fait fausse voie, parce qu’elle est plus patriotique que religieuse, et qui, si elle prenait un caractère de nature à inquiéter les Romains, pourrait paraître justifier les craintes exprimées naguère dans le conseil assemblé par les archiprêtres et les pharisiens. (Jean, XI, 47, 48.) En conséquence, il se rend directement au temple. C'est ἰὰ que pendant ce dernier séjour il va essentiellement poursuivre son œuvre, comme s’il espérait faire ainsi mieux comprendre au peuple que son règne, loin d’être un règne temporel, est un règne tout spirituel et qu’il se confond avec celui de son Père qui est aux cieux (VI, 9, 10), et que l’on vient adorer dans le temple. Mais l’émotion des esprits était telle en cet
instant, qu'il n'aurait pu essayer utilement alors de leur donner une autre impulsion ; il fallait leur laisser le temps de se calmer. Aussi en ce jour-là (on était, ainsi que je l’ai montré ailleurs, au 4 de nisan, sx jours avant l'ouverture du temps pascal et dix jours avant la fête de Pâque), le Seigneur ne prit-il pes ἰὴ parole dans le temple. Il se borna, c’est saint Marc qui nous l’apprend, à y tout regarder; puis il s’en retourna, vu qu'il était déjà tard, à Béthanie, d’où 1l était venu. (Marc, ΧΙ, 11.) Nous savons par le même évangéliste que c’est le lendemain seulement, ainsi le 5 de nisan, et non le jour où il fut accueilli comme nous venons de le voir, qu’eut lieu la scène que Matthieu raconte ensuite sans en préciser la date ({).
XXI, 12. Καὶ ἐξέέξαλε πάντας τοὺς πωλοῦντας χαὶ ἀγοράζοντας ἐν τῷ ἱερῷ, χαὶ τὰς τραπέζας τῶν ;χολλυδιστῶν χατέστρεψε, χαὶ τὰς χαθέδρας τῶν πωλούντων τὰς περιστεράς.
13. Καὶ λέγει αὐτοῖς " Γέγραπται Ὁ οἶχός pou οἶχος προσεὐχῆς κχληθήσεται (2), ὑμεῖς ὃδὲ αὐτὸν ἐποιήσατε σπήλαιον λῃστῶν.
XXI, 49. Et il chassa tous ceux qui vendaient et qui acbetaient dans 16 temple, et il reuversa les tables des changeurs εἰ les siéges de ceux qui vendaient les colombes.