‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 62 sur 107 · Voici, votre maison vos est laissée déserte · texte numérisé non relu

Voici, votre maison vos est laissée déserte

39. Car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

Jérusalem tue les prophètes : Jésus le savait bien,

puisqu'il n’avait pas cessé d’avertir ses disciples, en y montant, que les archiprêtres et les scribes le condamneraient à mort et le livreraient aux Gentils, pour

être crucifié. (XX, 18, 19.) Eux de leur côté, comme

(4) Πάντων ἔρημος, abandonné de tout le monde. (PLuranoe.)

MATTHIEU, XXII, 57-39. 307 s'ils eussent pu le rétenir par là, lé faisÿent sôuvenir que le peuple, dans la villé sainte, ne luï était pas plus favorablé qué les’ pricipdux, plisqu'il avait cherché à le lapideï. (Jedd, ΧΙ, 8.) Les pharigiens, ad contraire, pendant qu’il étdit dan£ les États d'Hérode, essayérent de lui pérsuädér que ce tétrarque en νου: lit ἃ sa vie et de l’attirer én Judée, sous prétexte qu'il y serait plus en sûreté, mais en réalité parce que leur pouvoir y étaït plus grand qu'ailleurs. Jésus, qui les pénétrait, leur répondit qu’il y monteïäit, non pour se soustraire à la mort, maïs pour äller résolüment à sa rencontre, vu qu’il né serait pas possible, tion, é qu’un prophète pérît hors de Jérusalem. » (Luc, ΧΙΠ,, 34, 33.)

C'est à cette occasion que le Seigneur pronohça pour la premièré fois les paroles si tendres et si tristes que nous venons de lire, gémissant de ce qu’ils refussient de se lhisset sauver, alors qu'il né cessait de les appeler à lui, afin de les mettre à l’abti du péril. (Luc, XIE, 34, 35.) Ce séntiment le rémplissait téllement qu’en approchant de la ville qui fait mourir les prophètes, il l'avait exprimé de nouvéau, pléurant sur elle et disant : « Oh! si tu avais reconñu au moins en « ce jour les choses qui regardent ta paix ; mais main- « tenant elles sont cachées à tes yeux; tu n'as point « connu le temps auquel tu as été visitée. » (Luc, XIX, 42, 44.) Et au moment de quitter le temple pour toujours, il compare encore une fois les’ soins qu’il a pris pour attirer auprès de lui les malheureux habi-

tants de Jérusalem à ceux de la poule rassemblant ses poussins sous ses ailes.

Puis, de même qu’en commençant cette allocution il avait dénoncé ouvertement les scribes et les pharisiens, occupant malgré leur indignité la chaire de Moïse dans les synagogues, il s'adresse en finissant aux archiprêtres, tout-puissants dans le temple, εἰ qui, lorsqu'il avait voulu en empêcher la profanation, lui avaient demandé avec arrogance par quelle autorité il faisait ces choses. (XXI, 23.) Il est écrit que cette maison de son Père sera appelée une maison de prière, mais ils en ont fait une caverne de brigands. (XXI, 13.) Ce n’est donc plus la maison de Dieu; c’est leur maison : elle leur est laissée comme une maison abandonnée pour toujours par le maître qu l’habitait, et déserte par suite de cet abandon.

Jésus, aussi, en va sortir pour ne plus y revenir }imais. L'Ange de l'alliance était entré dans son temple, et il avait dit aux enfants de Jacob, de la part de l'E ternel : « Retournez-vous vers moi, et je me retour- « nerai vers vous. » Mais ils lui ont répondu : <E « quoi nous retournerons-nous ? » (Malachie, ΠῚ, 1,1.) Maintenant, son message auprès des brebis perdues de la maison d'Israël est accompli. Le royaume de Dieu s’est vraiment approché de ce peuple égaré en la personne même de son Roi; mais ils n’ont pas vouluqu'l régnêt sur eux. C’en est donc fait : « Il est venu che « soi, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jean, I, 11.) Désormais cette nation à laquelle le Messie avait été promis, ne le verra plus de ses yeux. Elle ne le verni

MATTHIEU, XXII. 37-39. 3409 que lorsqu'elle aura appris à dire du Christ : « Béni «soit celui qui vient au nom du Seigneur, » sans y associer, comme à la dernière entrée de Jésus à Jérusalem, l’idée d’une royauté temporelle. Mais, après la réjection qu’elle va subir, que sera alors son rappel, « sinon une résurrection d’entre les morts? » (Romains, XI, 15.)

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