IV. LE FILS DE L'HOMME DANS LE CIEL, ET L'ATTENTE DE SON RETOUR
XXIV, 1. Kat ἐξελθὼν ὁ Ἰησοῦς ἐπορεύετο ἀπὸ τοῦ ἱεροῦ.
2. Ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτοῖς " Οὐ βλέπετε πάντα ταῦτα : ἀμὴν λέγω ὑμῖν, οὐ μὴ ἀφεθῇ ὧδε λίθος ἐπὶ λίθον, ὃς où χαταλυθήσεται.
3. Καθημένου δὲ αὐτοῦ ἐπὶ τοῦ ὄρους τῶν ἐλαιῶν, προσἦλθον αὐτῷ οἱ μαθηταὶ xar’ ἰδίαν λέγοντες" Εἰπὲ ἡμῖν, πότε ταῦτα ἔσται: χαὶ τί τὸ σημεῖον τῆς σῆς παρουσίας χαὶ τῆς συντελείας τοῦ αἰῶνος :
XXIV, 4. Et Jésus, étant sorti, s’en allait du temple. Et ses disciples s’approchèrent pour lui montrer les bâtiments du temple.
2. Mais Jésus leur dit : Vous voyez, n’est-ce pas, tout cela?
En vérité, je vous le dis, ä ne sera laissé ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.
3. Or, comme il était assis sur le mont des Oliviers, les disci ples le vinrent trouver en parti culier, et lui dirent : Dis-nous, quand cela aura lieu, et quel sera le signe de ton avénement et de l'accomplissement du sicle(4)P
(4) Συντελεία τοῦ αἰῶνος. Cette association de mots ne s«
trouve que thez saint Matthieu. Voir XIIT, 39, 40 et 49, où je les ai rendus par /a fin du siècle, ce qui est exact, et XX VIH, 90. Je les traduirais de même ici, s’il n’était nécessaire, pour emptcher de regrettables confusions, de rendre par des mots différents, en ce discours de Jésus, τὸ τέλος (versets 6 et 44), qui se rapporte à la fin de Jérusalem, et ñ ouvrehela (verset 3) qui désigne la fin de ce siècle ou de Péconomie présente. La Vulgate a cossummatio sæculi; de là {a consommation du siècle, dans quaques versions françaises. J'ai préféré l’accomplissement du sièck, dans le sens de son achèvement, à cause de quelques-uns des usages du verbe accomplir. Le lecteur est prié de rectifier ainsi ma traduction des versets auxquels je renvoie : XIII, 39, 60 et 69.
4. Καὶ ἀποχριθεὶς 6 Ἰησοῦς 4. Et Jésus leur répondit : Preεἶπεν αὐτοῖς: Βλέπετε, μή τις nez garde que quelqu’un ne vous ὑμᾶς πλανήσῃ. abuse ;
5. Πολλοὶ γὰρ ἐλεύσονται ἐπὶ ὅδ. Car plusieurs viendront en τῷ ὀνόματί pou λέγοντες: Ἐγώ prenant mon nom (4), disant : εἶμι à Χριστός: χαὶ πολλοὺς Moi, je suis le Christ, et ils abuπλανήδουσι. seront beaucoup de gens.
Jésus, en sortant du temple, s'était remis en chemin pour Béthanie, sans atiendre ses disciples, qui avaient assisté aux adieux qu'il venait de faire au peuple, en lui déclarant qu'il n’y rentrerait plus. Quand ils eurent rejoint, ils lui montrèrent avec admiration les bâtiments de ce temple magnifique, reeonstruit par 16 roi Hérode sur l'emplacement de celui de Zorobabel, et duquel on disait proverbialement, que qui ne l'avait pas vu n'avait rien vu (2). C'était peut-être une manière de lui dire: « Voilà « pourtant ce que tu veux quitter ἢ » S'ils témoignent ansi plus de surprise que d'émotion, on peut l’expliquer par le sens qu'ils attachàäient à ses paroles. En
(1) Ostervald traduit ici : en m0n nom; mais dans les passages parallèles, Mare, XIII, 6, qui prendront mon nom, et Luc, XXI, 8, en prenant mon nom. Saci et d’autres ont : sous mon nom.
(2) Voir, sur le temple reconstruit par Hérode, FL. Jos., Ant. Jud., lib. XV, c. xr, et Bell. Jud., lib. V, 6. v. — « Hierosolyma « genti caput. Jllic immensæ opulentiæ templum. — Templum in s modum arcis, propriique muri, labore et opere ante alios ; ipsæ « porticus., queis templum ambiebatur, egregium propugnaculum.… a Struxere muros in pace tanquam ad bellum. » (Tacir., Historiæ, δ}. V, SG 8 et 42.) — « Les Juifs ont conservé pour le sanctuaire « Ja formule : Quiconque n’a pas vu l'édifice d'Hérode n’a jamais « rien vu de beau. » Soucca, Ὅϊ ὃ; Baba-bathra, & a. (3. ὈΕΒΕΝpouac, Essai sur l'Histoire et la Géographie de la Palestine. Partie 1, page 154.)
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même temps que Jésus a notifié à ses auditeurs qu’il allait se séparer d'eux, ne leur a-t-il pas déclaré que quand ils le reverront, ils l’accueilleront en disant : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » (XXII, 38, 39.) Comme ces Juifs de Jérusalem, à la fête des Tabernacles, qui demandaient : « Où ira-t:il « donc? » (Jean, VII, 33-36), ils aimaient à se persuader qu’il parlait de son départ pour une autre contrée, alors qu'il faisait allusion à sa mort. Rien ne s’opposait, en comprenant les choses ainsi, à ce qu'ils associassent à l'attente de son retour celle de la réalisation de sa royauté temporelle. Et que ne sera pas alors son entrée solennelle dans la ville sainte, et dans ce temple duquel il va s'éloigner pour un peu de temps!
Mais non, c’est là une pure illusion : Jésus leur prédit la ruine de tous ces beaux édifices ; il n’en restera pierre sur pierre. Tel fut leur trouble, en l’entendant de sa bouche, qu'ils semblent n'avoir osé adresser, au moment même, aucune question à leur maître. Ils le laissent les devancer sur la montagne des Oliviers. Pour eux, demeurés en arrière, qu'au-
raient-ils pu faire d’autre que de s’entretenir ensemble
de ce que le Seigneur venait de leur révéler ? Je me les représente se disant les uns aux autres : « Eh! quoi, le temple doit être renversé! Mais quand? Quelle sera la suite des événements qu’il nous a dit, en diverses occasions, devoir arriver? Quelle place faire en particulier, et à cette ruine du temple qu'il nous annonce en cet instant, et à son avénement
MATTHIEU, XXIV, 1-5. 313 (c'est ainsi qu'ils s'expriment), dont il parlait tout à l'heure au peuple, et à ce qu’il nous a dit à nousmêmes, quand il nous expliquait ses paraboles, devoir se réaliser à l’accomplissement de ce siècle-ci (XL, 39-42), alors que personne ne s’opposera plus à son règne ? Nous avons intérêt à être bien renseignés à ce dernier égard, puisqu'il nous a promis « que quand le Fils de l’homme sera assis sur le trône « de sa gloire, nous aussi, ses apôtres, nous serons «assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Is- « raël. » (XIX, 28.)
N’est-il pas naturel de supposer que c’est avec de tlles préoccupations, mais sans y mêler, ainsi qu’une traduction fautive des derniers mots du verset 3 pourrait le faire croire, celle de la fin du monde (1), que les disciples (Marc, XIII, 3) qui vinrent, un peu après, trouver Jésus à l’endroit où 1l s'était assis, s’approchèrent de lui? Leurs demandes confuses et multipliées ne me paraissent pas avoir d’autre objet.
Le Seigneur sait bien qu'ils espèrent le voir revenir comme libérateur temporel; mais 11 juge inutile de leur répéter encore une fois qu’ils se trompent dans leur attente. Sa crucifixion, sa résurrection et son ascension le leur diront assez dans peu de jours. Ge qu'il trouve plus nécessaire de combattre, c'est ce qu’il voit au delà de leur erreur, je veux dire l’erreur de tout ce peuple auquel il avait été envoyé, et
(1) Les disciples de Jésus n'étaient certainement pas occupés alors de La fin du monde; on ne se l'est imaginé que parce que ἡ συντελεία τοῦ αἰῶνος est traduit ainsi dans beaucoup de versiohs.
qui, ayant refusé de reconnaitre en lui le Christ, parce qu'il ne leur offrait pas d’autre délivrance que celle de leurs péchés ([, 21), courra risque de se laisser abuser par les ambitieux qui, usurpant son nom et s’appuyant sur les croyances populaires, aspireront à se rendre les maîtres du pays, sous préteste de le délivrer du joug des étrangers (1). Ces tentatives, faites en prenant son nom, n'auront lieu que plus tard; mais Jésus, avant d'en marquer l’époque (versets 23-26), en signale ici le péril, dès l'entrée de sa réponse aux disciples, d’une manière générale. Ils sont pour lui, en ce moment, les représentants de la nation entibre, et c’est elle qu’il a en vue en leur di-
sant : « Prenez garde. » Ceux qui s'attacheront aux
faux christs qui s’élèveront parmi eux, ne retarderont pas d’un jour, il est vrai, la ruine qui doit survenir; mais en persistant à chercher un autre Christ sur la terre après que le vrai Christ sera monté au ciel, ils feront obstacle à la foi qui ne doit plus le chercher dès
lors qu’à la droite deson Père, en attendant qu Ἢ re-
vienne d’auprès de lui dans sa gloire,
C'est à établir cette foi, en protestant contre l’er-
reur qui lui est opposée, que tend tout ce discours de Jésus. Il y va caractériser les temps, en montrant, (4) « Christi nomine, populus Judaicus intelligebat vindices
« libertatis. Nam illud Ἡμεῖς δὲ ἠλπίζομεον, ὅτι αὐτός ἂστιν ὁ a μέλλων λυτροῦσθαι τὸν Ἰσραὴλ (Luc, XXIV, 21) descriptio est
« nominis Cbristi. Quare quicunque se missos divinitus libers- |
a tores populi Judaici dicebant, eo ipso Cbristps se profitebaptur, a et erant ψευδόχριστοι. » (GROTIUS.)
MATTHIEU, XXIV, 1-5: 6, 7. 345 d'que part, comment, malgré les faux christs, ils aboutiront à la ruine du temple et de la nation juive, et d'autre part, quels seront parallèlement les progrès de son Éyangile, malgré les souffrances de ses confesseurs,
XXIV, 6. Μελλήσετε δὲ XXIV, 6. Vous entendrez bienἀχούειν πολέμους χαὶ ἀχοὰς πο- ἰδὲ parler de guerres et de bruits λέμωγ᾽ ὁρᾶτε, μὴ θροεῖσθε de guerres ; soyez circonspects, Let γὰρ πάντα γενέσθαι, ἀλλ᾽ ne vous troublez point; car il οὔπω ἐστὶ τὸ τέλος. faut que tout arrive, mais ce
n’est pas encore la ἤῃ.
7. Ἐγερθήσεται γὰρ ἔθνος ἐπὶ 7. Une nation, en effet, s’élèἔθνος χαὶ βασιλεία ἐπὶ βασι- vera contre une nation, et un λείαν. χαὶ ἔσονται λιμοὶ καὶ royaume contre un royaume ; et λοιμοὶ wal σεισμοὶ κατὰ τόπους. il y aura des famines, et des
pestes, et des tremblements de terre en différents lieux.
Des guerres et des bruits de guerres agiteront prochainement le monde (1), Que les disciples y fassent
(1) Jésus disait cela en l’an 29. Six ans après, en l’an 35, Artaban IH, roi des Parthes, croyant p'avoir rien à redouter de la vigillesse de Tibère, profita de Ja mort d’Artaxias, qui régnait en Arménie, pour s'emparer de ce pays et en donner la coufonne à son fils Arsace. Il osa même attaquer l'empire romain et faire des irruptions daps la Cappadoce. Alors Pharasmane Ier, roi d'Ibérig, marcha contre les Parthes, à l’instigation de Vitellius, que Tibère avait eyyoyé en Orient; il leur enleya l'Arménie, et il obligea Artaban, venu en persanne à sa rencontre, à s'enfuir au foud des provinces frontières de la Scythie. « Une nation g'éleva alors « contre une uation, et un royaume contre un royaume. » (TAcIT., Ann, lib. VI, c. 31-36.) Après la mort de Tibère en l'an 87, Hérode-A grippa accusa son beau-frère Hérode le tétrarque auprès de Caligula, de se préparer à soutenir Artaban, l'ennemi des Romains, avec yre armée. Cette calomnie fit perdre à Hérpde 88 tétrarchie, que Caligyla joignit aux États qu’il avait déjà donnés à Agrippa. (FL. Jos., 4rt. Jud., lib. XVIIE, c. var, $ 2.)
attention, mais qu’ils ne s’en alarment point, comme si cela avait du rapport avec le châtiment réservé à leur peuple. Ces guerres n’ayant pas pour cause des séditions contre les Romains, comme ce sera [6 cas de celle que les faux christs feront éclater, elles ne seront pas de nature à amener la fin que Jésus leur a annoncée. En en faisant mention ici, il veut à la fois les rassurer sur le présent et leur enseigner à attendre l’accomplissement de ses menaces après un assez long intervalle de temps. D’autres événements encore doivent avoir lieu auparavant. (Luc, XXI, 9, 11.) « Il y aura des famines et des pestes (1). »
Quant aux bruits de guerre non suivis d'effet, ils furent des plus étranges pendant le règne de Caligula. (Dio Cass., lib. LIX, 21, 22, 26. — Sueron., lib. IV, 43, 4, 46.) La plupart n'intéressaient les Juifs que parce que le déploiement que l’empereur faisait ailleurs de ses forces, les autorisait à espérer qu'il ne les inquiéterait pas eux-mêmes. Leur heure vint cependant, quand ils se refusèrent à recevoir sa statue dans le temple. Pétrone fut nommé gouverneur de Syrie, avec La mission de les y contrainüre. À peine arrivé, il assembla tout ce qu'il put de troupes auxiliaires pour les joindre à ses deux légions romaines, et entrer en campagne contre les Juifs au printemps de l'an 44. Mais Caligula étant mort auparavant, ses ordres, qu'il venait de renouveler, ne furent pas exéculés : ce ne fut qu’un bruit de guerre. (FL. Jos., Aa. Jud., lib. XVIII, ὁ. var, 6 2-9.)
(4) Le prophète Agabus « prédit par l'Esprit qu'il y aurait une « grande famine par toute la terre, ce qui arriva en effet sous α l'empereur Claude. » (Actes, XI, 28.) Peut-être la prédiction d’Agabus avait-elle en partie pour but de rappeler aux disciples celle de Jésus sur les famines qui auraient lieu avant la ruine de Jérusalem. Voir sur cette première famine, Dio Cass., lib. LX, ὁ. 41; Sueronx., lib. V, c. 44; FL. Jos., #nt. Jud., lib. XX, c. π, 6 5.) Il y eut une autre famine sous Néron. (Suzron., lib. VI, 6. 45.) Les pestes, mentionnées dans saint Mattbieu, sont les malsdies dont les famines sont ordinairement l’occasion; ce mot mé
MATTHIEU, XXIV, 6. 7; 8. 317 On donnait le nom de peste, dans l’antiquité, aux épidémies déterminées par les famines. Et puis aussi, « des tremblements de terre en différents lieux (1). » À mesure que les prédictions du Seigneur relatives à ces fléaux se réaliseront, les Juifs en devront conclure que celles concernant la ruine du temple et de la nation auront également leur effet lorsque tout ce qui devait la précéder sera arrivé. Alors seulement que le dernier tremblement de terre sous Néron, celui qu’on ressentit en l’an 68, le jour même de sa mort, aura épouvanté le tyran et Rome (2), ils pourront se dire que la fin ne se fera plus longtemps attendre. Mais si la crise finale est encore éloignée pour leur pays, ils auront, eux ses disciples, dès à présent et jusqu’à ce dénoûment, beaucoup à souffrir à cause de lui, ainsi qu’il va le leur déclarer.
XXIV, 8. Πάντα δὲ ταῦτα XXIV, 8. Or, tout ceci, comἀρχὶ͵ ὠδίνων. mencement de douleurs.
Tout ceci, c’est-à-dire tous les événements que Jésus vient d’'énumérer comme devant être compris entre le jour où il leur parlait et le jour de la mort de Néron. [ls seront pour eux, dans l’histoire de cette épo-
paraît résumer ici tous les maux dont Hippocrate disait déjà, qu’ils sont engendrés par la vacuité, ou l’état vide de l'estomac : Πολλὰ χαχὰ... ἀπὸ χενώσεως. (De l'ancienne médecine.)
(4) Un premier tremblement de terre eut lieu sous Néron en Pan 60. 1] est célèbre, parce que Laodicée, ville florissante de l’Asie Mineure, fut alors renversée. (TacrtT., 4nn., lib. XIV, c. 27.)
(2) Καὶ αὐτοῦ ταῦτα πράσσοντος, σεισμὸς ἐξαίσιος ἐγένετο, ὥστε χαὶ δόχησιν παρασχεῖν, ὅτι À τε γῇ πᾶσα διαῤῥήγνυται... (Dio Cass., lib. LXIII, 6. 28.) — Voir aussi Sueronx., lib. VI, c. 48.
que, tout autant de jalons, auxquels en correspondront d’autres dans l’histoire de l’Église. Pour elle ce sera le temps des prerhières douleurs de l’enfantement (ἀρχὴ ὠδίνων), suivant la férce du mot grec, é conformément à l’image employée par les prophètes. (Ésaie, LIV, 1. LXX.) Jésus va leur apprendre la nsture de cés douleurs, leurs progrès et leurs effets. (Versets 9-14.) Après cela seulément viendra cette fin du temple qu'il leur a annoncée. Des agitations, qui la préparéroñt (un mot lui suffit pour y faire allusion, verset 11), durônt lieu auparavant, et après elles, leurs souffrances augméhteront encore. À mesure que je trârscrirai les paroles du Seigneur qui s'y rapportent, je mettrai en regard, pour les interpréter, les principaux faits qui me paraissent les avoir réalisées.
XXIV, 9. Τότε παραδώδσου- XXIV, 9. Alors on vous livrera σιν ὑμᾶς els θλῖψιν, χαὶ ἀπο- aux tourments, et on vous ferai χτενοῦσιν ὑμᾶς" xat ἔσεσθε μι- mourir; et vous serez haïs de σούμενοι ὑπὸ πάντων τῶν ἐθνῶν toutes les nations à catké de διὰ τὸ ὄνομά μου. mon nom.
10. Kat τότε σχανδαλισθή- 410. Et alors beaucoup tombegovtat πολλοί’ χαὶ ἀλλήλους rort, et ils se livreront les uns παραδώσουσι, χαὶ μισήσουσιν Îles autres, et ils se haïront les ἀλλήλους. uns les autres.
Jésus avait averti les douze, en les appelant à l'apostolat, des afflictions réservées à ses disciples. (Χ, 16-25.) Et depuis lors avec quel soin et en combien d’occasions ne le leur a-t-il pas répété pour les fortifier! Maintenant qu’il va les quitter et que les jours où ils commenceront à être éprouvés sont tout proches, il le
MATTHIEU, XXIV, 9, 10. 319 leur redit encore. Bientôt, en effet, Pierre et Jean ses ront mis en prison. (Actes, LV, 3.) Puis, on se saisira par deët fois de tous les: apôtres et on les battra de verges. (Actes, V, 18,26, 40.) Quelque temps apres, Étienne sera mis ἃ mort par bes-Juifs (Actes, VH, 58), et ils susciteront une grande persécution contre l’Église de Jérusalem. (Actes, VIIE, 4.) Quand Saul aurt été converti, ils chercheront à le faire mourir. (IX, 23, 29.) Encore quelques années, et la persécution recommencera à Jérusalem. Hérode-Agrippa y maltraitera plusieurs de ceux qui feront alors partie de l'Église ; il fera mourir Jacques, le frère de Jean, par l'épée, et il ne dépendra pas de lui, voyant que cela avait été agréable aux Juifs, qu’il ne fasse subir à Pierre le même supplice. (Actes, XIE, 1-19.) Cet apôtre, s’élant rendu à Césarée, annoncera le premier l'Évangile aux Gentils. (Actes, X.) D’autres le leur annonceront à Antioche, et ce sera là que, du nom du Christ, les disciples seront nommés chrétiens. (Actes, XI, 20-26.) Dès ce moment, Juifs et Gentils s'uniront souvent pour les poursuivre. (Actes, XI, 90; XIV, 5, 19.) Ils seront haïs de toutes les nations à cause de son nom.
Les religions autorisées (religiones licitz) étant seules tolérées dans l’Empire à côté de la religion οἵ» ficielle (1), et le christianisme ne devant pas être autorisé de longtemps, le moment.viendra où l’on y
(4) « Separatim nemo habessit deos; neve novos, sive advenas, « nisi publice adscitos, privatim colunto. » (Crexro, De legibus, lib. II, 8.)
sévira contre les chrétiens, dans le même esprit que Mécène avait conseillé à Auguste « d’honorer et de « faire honorer toujours et partout la divinité sui- « vant les usages de la patrie, et de haïr et de punir « ceux qui introduiraient à cet égard des nouveautés « étrangères (1). » Ce principe prévalut, en effet, dans le droit romain, ainsi que l’atteste le jurisconsulte Julius Paulus, qui vivait au second siècle : « Ceux qui introduiront des religions nouvelles et in- « connues, de nature à troubler les âmes, devront, « dit-il, être déportés s'ils appartiennent aux classes « supérieures, et s’ils appartiennent aux classes inféarieures, être punis de mort (2). » Alors arrivera, comme le Seigneur l'avait déjà dit en expliquant l’une de ses paraboles, que « l’affliction venant ou ls « persécution à cause de la parole, celui qui n’a pss « de racine en lui, mais est sans durée, tombera aus- « sitôt. » (XIII, 21.) Les défections seront suivies de lâchetés. Souvent ceux qui abandonneront l'Église feront connaître aux magistrats ceux qui conti nueront à en faire partie. Il en sera ainsi dans tous les temps; nous en verrons tout à l’heure des exemples. Et quand ils ne se livreront pas les uns les autres, en tout cas, après s'être séparés, ils se haïront les uns les autres.
(4) Dio Cass., lib. 111, c. 36.
(2) « Qui novas et usu vel ratione incognitas religiones inds- « cunt ex quibus animi bominum moventur, honestiores depor- « tantur, bumiliores capite puniuntur. » (J. Pauzus, Sententiz, V, xxr, 2.)
XXIV, 11. Καὶ πολλοὶ ψευ- ΧΧΙΥ͂, 44. Et plusieurs faux δοπροφῆται ἐγερθήσονται χαὶ prophètes s’élèveront, et abuseπλανήσουσι πολλούς. ront beaucoup de gens.
Le premier fut Theudas. Il s’éleva « en se disant « prophète (1), » vers l’an 44, peu de temps après qu'Agrippa Il eut succédé sur le trône à Hérode- Agrippa, son père. L'empereur Claude avait peu à peu reconstitué en faveur de ces princes, à l’aide d'adjonctions successives, l’ancien royaume d’Hérode le Grand, divisé entre ses fils à sa mort, et il réussit ainsi à les rendre dociles à toutes ses volontés; mais le peuple lui demeura hostile, parce que cette reconstitution du pays ne lui rendait pas son indépendance. Quand Agrippa IT devint roi, on trouva à Rome qu'il était trop jeune pour exercer l'autorité, et Cuspius Fadus fut nommé gouverneur de ses États (2); c'était en réalité les réduire de nouveau en province (3). En effet, Agrippa eut beau prendre plus d'années, on ne cessa jamais de lui adjoindre des gouverneurs.
Qu’on se représente le mécontentement que l’arrivée de Fadus dut exciter! L'opposition contre les Romains prit la forme qu’il était naturel qu'elle revêtit chez une nation qui se regardait encore comme le peuple de Dieu. Ses chefs se faisaient volontiers
(4) ... γόης τις ἀνὴρ, Θευδᾶς ὀνόματι... Ποοφήτης γὰρ ἔλεγεν εἶναι. (FL. Jos., Ant. Jud., lib. XX, c. ν, 54.)
(2) Zbid., lib. ΧΙΧ, 6. 1x, 8 2.
(3)... πάλιν τὰς βασιλείας Κλαύδιος ἐπαρχίαν ποιήσας... FL. Jos., Bell, Jud., lib. 11, 6. xt, $ 6.)