‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 76 sur 107 · Οἴδατε, ὅτι μετὰ δύο ἣμέ- 2. Vous le savez, dans deur · texte numérisé non relu

Οἴδατε, ὅτι μετὰ δύο ἣμέ- 2. Vous le savez, dans deur

pas τὸ πάσχα γίνεται. χαὶ ὃ jours la Pâque arrive, et le Fils υἷὸς τοῦ ἀνθρώπου παραδίδοται de l'homme est livré pour ètre εἰς τὸ σταυρωθῆναι. crucifié.

Jésus venait de dire à ses disciples ce que serait son retour dans la gloire; mais s’il importait qu'ils en fussent instruits, il importait tout autant qu'ils se souvinssent de ce que devait être sa séparation d’avec eux. Que de fois il les en avait entretenus depuis que Pierre s'était écrié que Jésus, le Fils de l’homme, était le Christ, le Fils du Dieu vivant ! Et maintenant, après ces discours tenus sur le mont des Oliviers, il le leur répète de nouveau. C’est que le temps où ce qu'il leur a annoncé doit s’accomplir est arrivé. (XX, 18, 19.) Il y a quatre jours déjà que le marché pour le livrer a été conclu. (Jean, ΧΙ], 1 ; Marc, XI, 1, 10, 11.) Dans le moment même où il leur parle.

MATTHIEU. XXVI, 1, 2; 3-5. 309 il y a commencement d'exécution, puisqu’à la suite des résolutions qui se prenaient alors et que saint Matthieu va rapporter, des ordres ayant ce but ont nécessairement dû être donnés. Nous allons voir, en effet, ce qui se passait chez Caïphe, tandis que Jésus, changeant brusquement de sujet, disait aux apôtres qui étaient venus le trouver à l’endroit où il était assis (Marc, XIIL, 3) : « Le Fils de l’homme est livré pour cétre crucifié (1). »

XXVI, 3. Τότε συνήχθησαν XXVI, 3. Alors les archiprètres οἱ ἀρχιερεῖς χαὶ οἱ γραμματεῖς et les scribes et les anciens du χαὶ οἱ κρεσδύτεροι τοῦ λαοῦ εἰς peuple s’assemblèrent dans la τὴν αὐλὴν τοῦ ἀρχιερέως, τοῦ cour du souverain sacrificateur, λεγομένου Καϊάφα" qui se nommait Caïphe ;

4, Kai συνεδουλεύσαντο, ἵνα 4. Et ils se concertèrent pour τὸν Ἰησοῦν δόλῳ χρατήσωσι χαὶ se saisir de Jésus par artifice et ἀποχτείνωσιν. le faire mourir.

5. Ἔλεγον δέ' Μὴ ἐν τῇ 5. Mais ils disalent : Pas durant ἑορτῇ, ἵνα μὴ θόρυδος γένηται la fête, de peur qu’il n'y sit du ἐν τῷ λαῷ. tumulte parmi le peuple.

C'était deux jours avant la Pâque (XXVI, 2) ou, comme je le comprends, avant l'ouverture du temps pascal, le 10 de nisan, le grand jour de la fête coïncidant avec le 14 de ce mois. À cette époque de l'année, la Pâque était la grande préoccupation des Juifs, quise rendaient de partout dans la ville sainte pour

(1) « Le Fils de l'homme sera livré: — est livré, selon le grec : «il le va être: l'ouvrage est en train. Il parle toujours au temps « présent, à cause que sa perte était résolue. » (Bossuxr, Médilations sur l'Évangile. La Cène. re Partie, 22° jour.) Matthew Henry a, dans son Exposition of the New Testament, une remarque semblable sur ce verset : « 15 beltrayed. The thing was κ not only 80 sure, but s0 near, that it was as good as done. »

y assister. Mais cette fois les sacrificateurs, les docteurs de la loi et les anciens du peuple avaient de bien autres pensées, et ils avaient fait choix d'une victime plus excellente que celles dont on allait offrir le sang sur l'autel. Irrités au plus haut point par l vive censure prononcée, le matin même, par Jésus contre les scribes et les pharisiens (XXIID, ils désraient plus que jamais le faire périr. De là ce rendez vous qu’ils s'étaient donné chez Caïphe. Ce n'était évidemment pas une réunion régulière du sanhédri, mais une simple conférence, sans caractère officiel, dont le but exclusif était de se concerter sur la manière de se débarrasser de leur adversaire. Comme ils craignaient le peuple, qui le tenait pour un prophète (XXI, 46), ils décidèrent, d'une part, de ne pas procéder contre lui ouvertement, mais d’user d'artifice pour l’arrêter secrètement, dans l’intention de Je faire mourir ; et d’autre part, de ne pas faire coitcider l’exécution de leur projet avec la fête, de peur, semble-t-il, que s’il en résultait du tumulte, la solennité n’en fût troublée. | Au lieu d'attendre pour l’arrestation que la Päque fût passée, ils avaient intérêt à la devancer, afin d'empêcher ainsi que Jésus n'en profitât pour détourner d’eux par de nouveaux discours la multitude accourut de toutes parts. La chose, une fois résolue, ne devait | pas être difficile à exécuter; car ils savaient à qu s'adresser pour être informés exactement du jour, de l'heure et de l'endroit où elle pourrait se faire sürement et sans bruit. Un traitre, instruit des moindre

mouvements de Jésus, s'était mis à leur disposition pour les bien renseigner. Le récit suivant, qui sert d'introduction à une dernière série de faits aboutissant à la crucifixion et à la résurrection glorieuse du Seigneur, va nous apprendre comment l’accord s'était établi entre eux, quatre jours avant la réunion dans la cour de Caïphe mentionnée ici, ainsi que cela résulte du rapprochement de deux dates, l’une fournie par saint Matthieu (XXVI, 2) et l’autre par saint Jean. (XII, 1.) Ce récit, au lieu d’être la continuation de ce qui précède, nous transportera donc en arrière, pour que nous puissions y rattacher la trahison de Judas et nous expliquer les motifs qui l'ont fait agir.

Les archiprêtres craignaient qu'il n’y eût du tumulte parmi le peuple à propos de l'arrestation de Jésus. Et en effet, comment auraient-ils pu penser que ce peuple, quelque inconstant qu'il fût, qui était sorti de Jérusalem pour aller au-devant de lui, et qui l'avait accueilli comme le Fils de David et comme Celui qui vient au nom du Seigneur, les eût laissés fire, s’il les avait vus s'emparer de sa personne avec ἰδ résolution de le faire mourir comme un criminel ?

De là ces précautions dont ils usent et ce mystère dont ils s’enveloppent, tandis que Jésus, au contraire, parlait ouvertement et avec une parfaite tranquillité à ses disciples, et de sa mort et des machinations qui la préparaient en cette même heure. C’est que, comme on l’a dit, les desseins de ses ennemis,

quoique contraires aux desseins du Seigneur dans IV. 26

leurs intentions, « en allaient pourtant étre les « moyens par sa souveraine sagesse (1). » Tout ce complot, dans lequel « ils consultent ensemble cor- « tre l’Éternel et contre son Oint » (Psaume Il, 9, ne servira finalement qu'à l'établissement du règne du Messie, et cela par les efforts qu'ils font pour 5 opposer; et en agissant contre lui, ils travailleront, ainsi qu'il le leur a déclaré, à leur propre perte. (XXI, 49-44.)

(4) Quesnez, Le Nouv eau Testament avec des Réflexion morales sur chaque verset. (Verset &.)

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