‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 82 sur 107 · Puis, étant revenu, il les trouve de nouveau endormis · texte numérisé non relu

Puis, étant revenu, il les trouve de nouveau endormis

αὐτῶν οἱ ὀφθαλμοὶ βεδαρημέ- car leurs yeux étaient appeγοι. santis.

44. Kai ἀφεὶς αὐτοὺς ἀπελθὼν 44. Et les laissant, il s’en al κάλιν προσηύξατο ἐχ τρίτου τὸν encore prier une troisième fois, αὐτὸν λόγον εἰπών. en usant des mêmes paroles.

45. Τότε ἔρχεται πρὸς τοὺς ἐδ. Après cela, il retourne atμαθητὰς αὑτοῦ χαὶ λέγει αὖ- près de ses disciples, et à les rois” Καθεύξετε τὸ λοιπὸν xat dit : Dormez désormais et vous ἀναπαύεσθε- ἰδού, ἤγγικεν À reposez. Voici, l'heure est prὥρα, καὶ ὃ υἷὸς τοῦ ἀνθρώπου che, et le Fils de l'homme n παραδίδοται εἰς χεῖρας ἄμαρ- être livré entre les mains de

τωλῶν. pécheurs.

46. Ἐγείρεσθε, ἄγωμεν Bob, 46. Levez-vous, allons; voit ἤγγοιεν ὃ παραδιδούς με. celui qui me livre est tout pris.

Jésus venait de prier pour ses disciples (Jean, XVII); et maintenant, les ayant conduits à Gethsémané, lieu situé au delà du torrent de Cédron, où ἴ5΄ avaient été souvent ensemble (Jean, XVIIL, 1, 2), ἢ se sépare de la plupart d’entre eux, et il s’en vaun peu plus loin, accompagné seulement de Pierre, de Jacques et de Jean ; puis, après avoir dit à ces tri qu’il se sent atteint d’une tristesse mortelle, et leur avoir demandé de veiller avec lui, il les quitte aussi et il se retire à l’écart, à quelques pas de là, afin de prier pour lui-même.

Quelle différence entre ces deux prières! Dar l’une, le Seigneur avait dit: « Mon Père! l’heur « est venue; glorifie ton Fils, afin que ton Fils t « glorifie. Je t'ai glorifié sur la terre; j'ai achert « l'ouvrage que tu m'avais donné à faire. » (Jean, XVII, 1,14.) Dans l’autre, il s’écrie : « Mon Père: « s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi!» et il est rempli d'angoisse, à l’approche de l'heure

MATTHIEU. XXVI, 36-46. 429 terrible qu'il sait venir. (Marc, XIV, 35.) Ah! c’est que, bien qu’il ait pu triompher à l’avance en contemplant l'amour dont son Père l’a aimé (Jean, XVI, 26), 1l n’en sait pas moins qu’il ne sera réellement vainqueur que quand il aura accompli son douloureux sacrifice. Ne nous étonnons pas de sa tristesse. Plus d’une fois déjà, son âme a été agitée par un combat intérieur semblable à celui-ci : ainsi le jour de son entrée à Jérusalem (Jean, ΧΙ, 27); mais avec cette différence, que le trouble qu’il ressentit alors, est arrivé ici à son comble. Ce trouble nous apprend que si le Christ a librement donné sa vie pour nous, ine l’a cependant pas donnée de son propre mouvement, mais en renonçant àsa volonté pour acquiescer à la volonté de son Père. « Quoiqu'il fût Fils, a-t-il été dit de lui, « il a appris l’obéissance, » c’est-à-dire il a appris jusqu'où l’obéissance doit aller, et il l’a appris « par les choses qu’il a souffertes. » (Hébreux, V, 8.) C'est par elles aussi qu’il l'enseignera aux hommes. Son entrée dans le monde signifiait : « Je viens, «ὁ Dieu, pour faire ta volonté » (Hébreux, X, 5, 7); mais pour que « par l’obéissance d’un seul plusieurs « fussent rendus justes » (Romains, V, 19), ce n’était pas assez de la parfaite obéissance de sa vie entière ; 11 fallait « qu’il se rendit obéissant jusqu’à la mort, « même jusqu’à la mort de la croix. » (Philippiens, I, 8.)

L'anxiété de Jésus n’a pas affaibli sa disposition à l'obéissance. Il sait que toutes choses sont possibles à son Père (Marc, XIV, 36) et que rien ne l’est que

430 MATTHIEU, XXVI. 56-46. | s'il le veut. (Luc, XXII, 42.) Aussi, quand il dit à son Père: « S'il est possible, » a-t-1il soin en même temps d’adhérer pleinement à sa volonté, quelle qu'elle soit.

Il s’est incliné devant elle, alors qu’en connaissant déjà les rigueurs, il ne la considérait cependant ercore que comme de loin. (XVI, 23.) Maintenant, du rant cette heure de suprême angoisse qui lui αἱ envoyée, 1l achève de la faire vraimentsienne, comme on le peut voir par son acquiescement toujours plus grand (versets 39 et 42), tellement que sa volonté et la volonté de son Père, qui étaient d’abord ditinctes, finissent par ne plus être qu’une seuk εἰ même volonté. Pendant que le Fils de l’homme priait, il a été fortifié d’en huut (Luc, XXII, 43); sa tri tesse ἃ disparu, et 1] ne demandera plus que la coupe qu’il doit boire se détourne de lui.

Avant de s'éloigner de ses disciples, Jésus leur avait recommandé de veiller avec lui, de veiller εἰ de prier, comme il le leur dit quand, interrompant ss prière, il retourna auprès d'eux ; car l’un ne leur aurait servi de rien sans l’autre : « Priez, de pes « que vous n’entriez en tentation. » (Luc, XXII, 40. Jls devront boire sa coupe et être baplisés du mèrt baptéme que lui (XX, 23); il est done nécesssire qu’eux aussi ils s'y préparent par d’instantes suppl cations. Mais non, ils se croient prêts; et tandis qu'et raison de la répugnance naturelle de l’homme pou la mort, Jésus a dû lutter avec une grande énergit pour être en disposition de faire le sacrifice de sa vie,

MATTHIEU, XXVI, 36-46; 47-56. St il sont parlé, eux, de mourir avec lui, et ils n’ont pas même su veiller avec lui une heure. N'ayant pas fait de cette heure précieuse l’emploi qu’il en a fait, ils n'en ont pu tirer aucun avantage, et ils vont éprouver que si l'esprit est prompt dans ses résolutions, la chair est faible pour les réaliser. Déjà leur présomption a fait place à l'abattement ; dans quelques instants, ils seront lâches en présence du péril. Il ne leur dit plus de veiller; car ils ont laissé écouler Je lemps où ils pouvaient, en veillant, éviter d’être surpris sans préparation par ce qui va avoir lieu : qu’ils se remettent à dormir, s'ils le veulent; il ne les en dissuadera point. Au reste, voici des gens qui arrivent, et qui réussiront mieux que ne l'ont fait ses avertissements, à les empêcher de se livrer au sommeil.

XXVI, 47. Καὶ ἔτι αὐτοῦ « “ , ᾽ e

ΧΧΥ͂Ι, 47. Et comme il parlait encore, voici, Judas, l’un des douze, vint, et avec lui une

49. Καὶ εὐθέως προσελθὼν τῷ Incb εἶκε" Χαῖρε, ῥαδδί" χαὶ χατ τεφίλησεν αὐτόν,

troupe nombreuse, munie d’épées et de bâtons, du parti des archiprêtres et des anciens du peuple;

48. Et celui qui le livrait leur donna ce signe : Celui que je baiserai, c’est lui; saisissez-le.

49. Puis, s’approchant aussitôt de Jésus : Salut, Rabbl, dit-il, et il le baisa.

50. Jésus lui dit : Mon ami, à quelle fin es-tu ici? Eux s’avancèrent alors, mirent les mains

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