‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 90 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

se mêler de leurs querelles religieuses, il leur di: « Prenez-le vous-mêmes, et le jugez selon votre loi.» Les Juifs le détrompent. Il n’est plus question de le juger; c’est chose faite : ils l'ont condamné à mort, et ils n’ont d'autre but, en le remettant entre ses mains, que d'obtenir de lui qu'il fasse exécuter leur arrêt, ce dont ils n’auraient pas le pouvoir, vu qui ne leur est plus permis, à eux, de faire mourir personne. J’ai emprunté ces informations au quatrième Évangile. (Jean, XVIIL, 28-31.) C’est à ce moment, je pense, que pour lever les scrupules que Pilate pouvait avoir à acquiescer à leur demande, ils ln dirent, ainsi que saint Luc le rapporte, qu'ils avaient trouvé Jésus « séduisant la nation, défendant de don- « ner le tribut à César, et se disant le Christ, le Roi. » (Luc, XXII, 2.)

Mais le gouverneur ne voulut pas prendre de décision avant d’avoir entendu cet étrange prisonnier, duquel on racontait des choses si extraordinaires, et qui était depuis quelques jours à Jérusalem l’objet de manifestations si diverses. Îl rentra dans le prétoire, δ fit venir Jésus, afin de l’interroger. (Jean, XVII, 55.

Pendant l’entretien qu'il eut avec lui, ἃ dû avr Ὁ lieu la scène que Matthieu varaconter. Il ne nous arien dit de Judas depuis qu’il nous l’a montré à Gethsé mané en la compagnie de ceux qui venaient prendre Jésus (XXVI, 47); mais on peut supposer qu'il s'en retourna avec eux, qu'après être entré avec eux che Caïphe, il y passa la nuit, et qu’il y était encore k matin, voulant, comme Pierre, voir, lui aussi, quelk

MATTHIEU, XXVIL, 1, 2: 38. 451 serait la fin. J'ai donné cette explication de sa conduite, qu’il regardait la cause de Jésus comme perdue parce que Jésus lui paraissait s’abandonner lui-même, et qu’il aimait mieux se ranger du côté du sanhédrin que s’exposer à être poursuivi comme son disciple (1). Mais, en s’engageant à livrer son maître, Judas n’avait pas imaginé que celui-ci pût encourir d’autres peines que celles que le sanhédrin était en droit d’infliger. Quelle ne dut donc pas être sa consternation lorsqu'il apprit, à l’issue du conseil, que la peine de mort avait été prononcée contre lui, et un peu plus tard, qu’on allait le livrer à Pilate pour l’exécution de la sentence ! N’est-1l pas naturel de se représenter le malheureux disciple se mélant, dans son angoisse, à la foule qui conduisit Jésus chez le gouverneur ? S'il était dans ses rangs, il est tout simple qu’il se soit trouvé, quand Pilate fut rentré au prétoire, avec les Juifs assemblés au dehors.

XXVII, 3. Τότε ἰδὼν Ἰούδας ὁ παραδιδοὺς αὐτόν, ὅτι χατεχρίθη, μεταμεληθεὶς ἀπέστρεψε τὰ τριάχοντα ἀργύρια τοῖς ἀρχιερεῦσι χαὶ τοῖς πρεσδυτέροις,

τῷ ναῷ (2) ἀνεχώρησε, va ἀπελθὼν ἀπήγξατο.

(4) Voir page 407.

XX VII, 3. Alors Judas, qui l'avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit et rapporta les trente pièces d'argent aux archiprêtres et aux anciens,

4. Disant : J’ai péché en livrant le sang innocent. Mais ils lui

dirent: Que nous fait cela P C’est

toi que cela regarde.

5. Sur quoi, il jeta les pièces d'argent dans le sanctuaire et se retira; et s’en étant allé, il se pendit.

(2) … εἷς τὸν ναόν. (Codex Sinaïticus.)

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