‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 97 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

rencontrant pas dans les plus anciens manuscrits de saint Matthieu, 1] est possible que des copistes, après l'avoir trouvée dans le quatrième Évangile, l'aient ajoutée en marge du premier en cet endroit, et que de la marge elle ait passé dans le texte (1). L’addition alors ferait double emploi; mais elle ne saurait avoir aucun inconvénient, et la formule ordinaire de sant Matthieu, pour introduire les passages de l’Ancer Testament qu'il cite, est aussi appropriée à celura qu'aux autres. En effet, on n’avait pris à David que ses biens et ses États, et s’il dit dans le psaume « qu'ot « s’est partagéses vêtements et qu’on a jeté le sort sur « sa robe » (Psaume XXII, 19), ce n’est pas que les choses se soient littéralement passées ainsi pour lu, mais pour donner par ces images une idée de l’éterdue du dépouillement qu’il a subi. Pour Jésus, at contraire, ce que les paroles de David expriment ἃ a pleinement eu lieu (2). »

(4) « Totum hoc membrum cum Prophetæ testimonio in ou « vetustis codicibus reperimus. » (Beza.) — « Ces mots, jusqu a la fin du verset, ne sont dans aucun des manuscrits grecs de « Robert Estienne, ni dans celui d'Alexandrie, ni dans celui & a Cambridge, ni dans plusieurs autres. Les critiques de Rome qü « ont travaillé à un projet d’une nouvelle édition grecque, se ks « ont point aussi trouvés dans dix exemplaires de leurs mat « scrits, en sorte qu'il y ἃ de l’apparence qu'ils ont été pris dt « saint Jean. Ils n'étaient point même dans la nouvelle édition de « saint Jérôme : aussi Robert Estienne et les théologiens de Lot « vain ont-ils marqué plusieurs anciens manuscrits latins où is « ne les ont point lus. » (Ricaanp Simon.) — Le Codex Sinaiticus, découvert par Tischendorf, n'a pas non plus la citation ἐδ Psaume XXi].

(2) Cette remarque est de Calvin : « ... Ce dont David se plais « luy avoir esté fait. ἃ esté accompli en Christ à la lettre (coms

Le partage des vêtements se fit, suivant saint Marc, durant la troisième heure qui suivit la mise en croix (1). Les soldats, s’étant assis auprès, gardaient là Jésus. On avait placé au-dessus de sa tête un écriteau, faisant connaître en grec, en latin et en

« on dit) et de faict. Car David, sous ce mot de Vestements, en- « tend ses biens et ses estats.. Il amplifie ceste cruauté estrange « par une similitude, disant que ses vestements ont été mis au « sort. » (Commentaires sur le N. T. Tome Ie', page 706.)

(1) Καὶ σταυρώσαντες αὐτὸν διαμερίζονται τὰ ἱμάτια αὐτοῦ, βάλλοντες κλῆρον ἐπ᾽ αὐτά, τίς τί ἄρη᾽ ἦν SE ὥρα τρίτη. Καὶ ἐσταύρωσαν αὐτόν. (Marc, XV, 34, 25.) Les mots ἦν δὲ ὥρα τρίτη, comme on le voit par la ponctuation que j'ai adoptée, me paraissent se rapporter à ce qui les précède, et non, comme on l'entend ordinairement, à ce qui les suit. 115 marquent, non pas l'heure qu'il était alors, mais combien de temps s'était écoulé depuls qu'ils avaient crucifié Jésus : καὶ σταυρώσαντες αὐτόν. (Verset 24.) La troisième beure était commencée : ἦν δὲ ὥρα τρίτη. Saint Marc, dans les mots qui terminent le verset 25, Καὶ ἐσταύρωσαν αὐτόν, revient sur ses pas, pour compléter les détails qui se rapportent au crucifiement lui-même. (Versets 26-28.) Avec l'interprétation que je propose, disparaît la contradiction entre saint Marc et saint Jean, que les commentateurs ne pourront jamais faire disparaître, en maintenant la ponctuation en usage : Ἦν δὲ ὥρα τρίτη, καὶ ἐσταύρωσαν αὗτόν, et en traduisant comme on le fait, sans que rien dans le grec l’autorise : 12 était la troisième heure quann ÿs le crucifiérent. Saint Jean dit que c'était environ la sirième heure, à peu près midi, quand Pilate consentit à ce que Jésus fût crucifié. (Jean, XIX, 44, 46.) Si Marc avait dit que le crucifiement eut lieu à la troisième heure, c'est-à-dire, d’après notre manière de compter, à neuf heures du matin, il l'aurait donc placé trois heures avant celle où il fut autorisé par le gouverneur suivant saint Jean, et en outre il n’y aurait pas le temps nécessaire pour les nombreux événements que les évangélistes racontent comme l'ayant précédé. Tout se trouvera concilié au moyen d’un changement de ponctuation qui n'altère point le texte, puisque la ponctuation manque dans les manuscrits, et que les éditeurs seuls en sont responsables.

m MATTHIEU, XXVIT, 32-38: 90-44.

hébreu la cause de sa crucifixion. (Eue, ΧΧΙΠ, 8) Pilate avait rédigé lui-même l'inscription. (Jean, XIX, 22.) Les évangélistes l'ont diversement abré. gée. (Marc, XV, 26. Luc, ΧΧΊΠ, 38. Jean, XIX, 19. En rapprochant leurs extraits les uns des autres on arrive à ceci : « Gelui-ci est Jésus le Nazarien, le Roi « des Juifs. »

Deux malfaiteurs avaient été conduits à Golgotha en même temps que Jésus, pour qu'on les fit mourir avec lui. (Luc, XXITE, 32.) Hls furent crucifiés, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, et ainsi, Celui qu'on

nommait le Roi des Juifs entre deux malfaiteurs.

XXVII, 39. Οἱ δὲ παραπορευόμενοι ἐδλασφήμουν αὐτὸν κινοῦντες τὰς χεφαλὰς αὑτῶν

40. Καὶ λέγοντες: Ὁ χαταλύων τὸν ναὸν καὶ ἂν τρισὶν ἡμέραις οἰχοδομῶν, σῶσον σεαυτόν᾽ εἰ υἱὸς el τοῦ Θεοῦ, xardδηθι ἀπὸ τοῦ σταυροῦ.

41, Ὁμοίως δὲ nat οἵ ἀρχιερεῖς ἐμπαίζοντες μετὰ τῶν γὙραμματέων χαὶ πρεσδυτέρων ἔλε-

42. "AXkouc ἔσωσεν, ξαυτὸν οὗ δύναται σῶσαι" εἰ βασιλεὺς Ἰσραήλ ἐστι, χαταδάτω νῦν ἀπὸ τοῦ σταυροῦ, χαὶ πιστεύσομεν

ΧΧΎΙΙ, 39. Or coux qui pa

tête

40. Et disant : Toi qui détrés le sanctuaire, el en trois jour le rebâtis, sauve-toi toi-même

St tu es le Fils de Dieu, de

cends de la croix !

41. Et les archiprètres aussi, moquant de même avec les sctibes et les anciens, disaient :

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