X..., étudiant en médecine, âgé de vingt-quatre ans
Antécédents héréditaires : Père arthritique, colère et emporté, docteur en médecine. Mère très douce. Sœur très bien portante.
Antécédents personnels: Caractère grincheux dans la première enfance. Sommeil souvent interrompu à la même période.
A deux ans, dysenterie grave.
A quatre ans, rougeole bénigne, mais traces d’albumine dans ses urines, suivant la déclaration de son père.
A cinq ans, angine diphtérique, traces d’albumine, pas de paralysie consécutive.
A sept ans, rhumatisme articulaire aigu. Albumine dans les urines,
A dix ans, chorée ayant duré dix mois et localisée au côté droit particulièrement, mais s’étendant aussi d’une manière moins marquée au côté gauche.
Guérison au bout de dix mois par l’hydrothérapie et les bains sulfureux-
A partir de ce moment, santé générale parfaite, sauf constipation opiniâtre et poussées congestives du côté de la tête. Vertiges, nausées à intervalles éloignés.
Etat actuel. — Jeune homme brun et arthritique, yeux vifs et perçants, calvitie précoce, aveç cheveux blancs; tendance à l’obésité.
Après les exercices d’équitation ou d’escrime, il est facile de découvrir de l’albumine dans les urines, en quantité peu considérable, il est vrai.
Troubles fonctionnels : vertiges sans cause apparente ; absences. Sueurs faciles.
Très bon fonctionnement de l’appareil digestif, sauf constipation qui apparaît à intervalles plus ou moins éloignés.
Ne peut travailler longtemps sur le même sujet.
Besoin incessant de changer de place, de varier ses occupations.
On note une céphalalgie à point fixe frontal qui se déclare tout d’un coup et cesse de même.
Asthénopie accomodative. Abolition du réflexe pharyngien d’une façon absolue.
Aucun trouble de la sensibilité générale ou spéciale. Réflexes rotuliens un peu exagérés.
Tremblement des paupières, presque du nystagmus, mais les oscillations sont plus amples. Secousses cloniques dans les membres survenant, soit sans raison, soit à la suite d’une émotion.
Acuité visuelle normale. Rien aux yeux à partie rétrécissement concentrique du champ visuel, surtout à droite.
Au cœur, premier bruit prolongé et soufflé, mais le souffle disparaît pendant l’inspiration forcée. Aux poumons, rien.
L’examen des urines nous montre des urates en excès, mais pas d’albumine.
On recherche la toxicité urinaire et on obtient les résultats suivants :
Quantité d’urine rendue. 1200 gr.
Quantité injectée.120 centh cube.
Poids. 70 kilogs.
Lapin. 3 kilogs.
Coefficient urotoxique. . . . . 0,496.
Nous avons publié cette observation, non parce qu’elle montre nettement des symptômes hystériformes à la suite d’une maladie infectieuse, mais parce qu’elle fait voir sous quelle forme peut se présenter l’imminence morbide; qu’une cause quelconque vienne toucher à nouveau le rein,
est vraisemblable que les symptômes que nous voyons ébauchés chez ce nerveux arthritique prendront un développement plus intense et s’imposeront à l’observation; quand nous parlons du rein, nous voulons parler des émonctoires en général, mais il est vraisemblable que chez notre étudiant, par suite de cette constipation opiniâtre sur laquelle il insiste, l’émonctoire intestinal ne fonctionne souvent pas suffisamment et c’est le rein qui, à l’heure actuelle, supplée à cette action défectueuse de l’intestin : ainsi l’atteste l’hypertoxicité des urines.
Observation XVIII
Scarlatine. — Chorée hystérique. — Hystèro-neurastènie. — Hérédité névropathique collatérale. — Albuminurie. (Communiquée par M. le professeur Teissier.) Résumée.
M lle X. Antécédents héréditaires : un oncle dément et interné.
Une de ses soeurs est choréique et présente de l’albumine dans ses urines.
Elle-même a eu une première poussée de chorée hystérique sous l’influence d’une fièvre scarlatine grave remontant à cinq ou six ans, mais cette première poussée était restreinte à quelques grimaces; depuis cette époque et à chaque printemps il se produisait une nouvelle poussée de chorée. Il y a trois ans la poussée annuelle a été beaucoup plus violente et la malade a dû quitter l’école. Aujourd’hui il s’agit d’une véritable grande chorée empêchant l’exécution de tout mouvement volontaire, rendant l’alimentation impossible et empêchant absolument la malade de s’habiller seule. Légère diminution de la prise musculaire à droite, mais sans hémianesthésie. Atténuation des mouvements réflexes du même côté. La malade ne présente aucun trouble de l’innervation centrale, aucun accident cardiaque,mais elle présente des accidents très nets d’asphyxie locale des extrémités.