‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 27 sur 189 · HOUILLE ARGILEUSE · texte numérisé non relu

HOUILLE ARGILEUSE

Nous sommes redevables a M. le professeur Nilson des notices suivantes, sur la houille argileuse de Hör, en Scanie.

„A quatre milles sud-ouest de Bosarp, on arrive, à Hör, sur un terrein de grès qui contient, à côté de beaucoup de pétrifications, du bois carbonisé, des impressions de fougeres, et des feuilles de Dicotyledones.

„Ce grès, dont on fait aussi des meules de moulin, gît sur la terre glaise. Au premier coup-d’oeil on pourrait le prendre pour du grès houiller, mais la presence des feuilles de Dicotyledones s’y oppose et le rapproche plutôt du gres-blanc. C'est non loin de ce grès, qu’existe le premier trapp basaltique qui ait été trouvé en Suede.“

„Les tiges et les branches d'arbres qui, dans ce grès, gisent entre les feuilles de Dicotyledones sont en partie carbonnisées, en partie passées à l'état de grès. Quelquefois, on ne voit que des cavités en forme de branche; ces cavités sont remplies d’une matière rougeätre, friable, semblable à la fibre pourrie de bois.“

„Les morceaux de bois carbonisés indiquent, par les anneaux conservés de leur croissance annuelle, qu’ils appartiennent à des Dicotyledones.“ |

„Les impressions de fougères sont, un peu plus bas, dans une argile schisteuse, grissale, très-arénacée.f

M. Nilson a décrit et fait graver plusieurs de ces impressions dans les mémoires de l’Académie de Stockholm.

Depuis peu, grace à l'obligeance particulière du même naturaliste, nous sommes en

possession de plusieurs exemplaires appartenants à cette formation, avec ou sans impressions de plantes; et d’après leur inspection nous croyons pouvoir prononcer, qu'ils appartiennent à la formation de la houille argileuse. Les impressions se trouvent sur cette espèce de grès un peu plus grossier, qui n'indique aucune trace de calcaire, et contient quelquefois des particules de fer. Le grès superposé à l'argile et qui est d’un grain un peu plus fin, est un gres quartzeux pur, sans aucun mélange de calcaire. Nous ne pouvons nous prononcer sur la nature de l'argile, parce qu'il n’y en avait point dans l'envoi qui nous a été fait. Parmi les impressions sur le grès grossier, il y en a deux que nous regardons bien positivement comme des Cycadées. Nous ne déciderons pas si des feuilles isolées, placées dans le voisinage, n’appartiennent pas plutôt au genre Zamia qu'a des fougères. Deux de ces feuilles appartiennent décidément à des Dicotylédones.

Une impression est une Calamite; deux pourraient bien être des fougeres.

Nous ferons graver, dans le cahier suivant, les exemplaires les plus distincts.

On ne s’etonnera pas sans doute de trouver dans la végétation plus récente de nos continents dont la surface s’est agrandie, une plus grande variété de formes.

Aux formes écailleuses, aux fougeres-arbres et aux grandes Calamites, ont succédé des formes et des proportions plus petites.

Les Cycadées se sont conservées, et les Dicotylédones se sont développées en plus grand nombre. | | |

Dans l'argile schisteuse de cette formation, nous n’avons vu que des feuilles étroites, striées, de graminées, entassées les unes sur les autres, lesquelles passent à l’état de houille brune, tandis que leurs tiges ligneuses, isolées, se montrent dans le gres, en partie noires, et en partie brunes.

Le bois fossile qui fournit le succin a été rangé par Brongniart, et avant lui par Schweigger ?*’), parmi les lignites (houille brune). Ces naturalistes ont établi leur opinion, tant sur le gisement de ce fossile dans les terreins d’alluvion, que sur ses caracteres particuliers. Il est difficile de déterminer à quel genre peuvent avoir appartenu ces arbres.

D'après divers arguments avancés par l’auteur, il ne serait point improbable qu'ils sont de la classe des Dicotylédones; ce qui s'accorde assez bien avec les aperçus géognostiques. Les fruits qui ont été déterrés avec le bois et l’ambre jaune ont, suivant Sprengel, la plus grande ressemblance avec ceux du Phyllanthus emblica: mais il n’est pas constaté que ces fruits appartiennent à l'arbre qui donne le succin. A en juger d'après les insectes que l’on trouve souvent enveloppcs dans le succin, l’auteur juge, qu'à la vérité ces arbres n’ont point appartenu au climat des tropiques, mais cependant à un climat plus chaud que ne l’est aujourd'hui celui de la Prusse.

Le changement que le bois, d’où le succin s’est dégagé, a subi, et la formation de l'acide succinique, l’auteur les attibue à l’acide sulfurique. Le bois que l’on retire dans les environs de Palmnicken et Dierschkeim, est tellement pénétré du vitriol qui dans cette contrée se présente cristallisé en abondance, qu'à l'air il se délite et tombe facilement en poussière. A Rauschen et à Rantau ou l'on exploite ordinairement du succin, la présence du vitriol est également évidente.

Sur les bords de YlIset, pres KRatschedanskoy-Ostrog, non loin de la fonderie de canons de Kamensk, on a trouvé une couche de bois fossile passé à l’état de lignite et de brai-jaune, que le directeur des mines Hermann croyait être du succin. Il envoya ce fossile à l'Académie de St. Petersbourg, ou après une analyse scrupuleuse, le célèbre Lowitz reconnut que c'était effectivement du succin. ?°) Du reste Hermann ne fournit pas d’autres details sur les divers rapports de cette couche.

25) Bemerkungen über den Bernstein von A. H. Schweigger. Berlin 1810.

20) Acta nova Academ. Petropol. Tom. XF. Pag, 70 et 85.

Le capitaine Parker a tréuvé du lıgnite sur l’île de Melvill, et en a rapporté des

exemplaires en Angleterre.

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