TON
Presque toutes les pièces de ce ton, le plus aigu du plain-chant, ont franchement
le caractère de la gamme s, le rôle de dominante tonale et mélodique du ré étant bien
accusé en général. Dans de rares pièces, on peut avoir la sensation de Yut dominante mélodique , comme dans le 8 e ton. Le si b accidentel se présente rarement et toujours avec un mouvement descendant. On a dans ce cas, soit épisodiquement, soit môme dans la note finale, la sensation de sol 2 .
Relevons en passant une erreur de' Fétis (p. 19 de sa Méthode élémentaire de plain-chant). Il assure ne connaître que sept pièces atteignant la limite supérieure du ton (sol). Or, dans l’examen rapide d’ufl simple paroissien très incomplet, nous en avons trouvé trente-neuf, dont sept arrivent même au la aigu.
La forme très générale et ordinaire de ce ton est la gamme ut i, la tonique jouant le rôle de dominante mélodique et la dominante tonale sol celui de finale. Mais le si reçoit fréquemment l’altération accidentelle du bémol, ayant dans ce cas un mouvement toujours descendant et amenant une véritable modulation, le plus souvent en fa i ; et, lorsque le si b se présente dans les dernières notes de la cantilène, la terminaison peut être considérée comme ayant lieu sur le 5 e degré de la gamme ut 5 ou le 2« degré de fa L II est même telle pièce, comme le Sanctus de la Messe des Morts , qui nous semble appartenir entièrement au ton de fa l, avec terminaison sur le 2® degré.
On pourrait citer aussi telle autre pièce, le Kyrie des fêles semi-doubles, qui donne, sauf l'ambitus, l’impression du 7® (on plus que du <9®.
Le caractère sauvage et sinistrement sublime de VAgnus Dei de la Messe des Morts est dû à l’ambitus de quatre notes disposées en triton, car on n’y entend pas l'ut. C'est une pièce tout à fait extraordinaire dont l’analyse tonale pourrait être faite diversement, et qui doit en partie son effet à cette indétermination môme,