VIII. — SYSTÈMES ARABE ET PERSAN
D’après Helmholtz, le système arabe et persan ancien contient primitivement dix-sept sons, dont sept identiques à ceux de notre gamme diatonique. Cinq autres complètent la série chromatique des demi-tons. Les cinq derniers résultent simplement de la faculté de considérer comme majeur ou mineur chaque ton entier de la série diatonique.
comma cpmma
ut — ré b — ré ï| ré — mi \> — mi t| w mi — fa — sol b —
comma comma . comma
sol sol — la — laty — la — si — si^ — ut ^ ut
On voit que ce système, d’un raffinement plus subtil que véritablement praticable (si ce n’est peut-être dans une musique purement vocale), comprenant deux ut, deux ré , deux mi, deux sol , deux la, respectivement différents d’un comma, est bien réellement basé sur la gamme diatonique.
D’autres théoriciens (Kiesewetter) interprètent différemment la division de l’octave arabe en dix-sept intervalles, qu’ils considèrent comme égaux (sensiblement des tiers de ton). Mais les intervalles principaux correspondent toujours à ceux delà série diatonique, leurs valeurs s'exprimeraient ainsi :
En 17 m<s d'octave. 3 3 13 3 1
alif '—' be gim^dal he wau ' ,zaïn^^ahf
En demi-tons tempérés. 2.12 2.12 0.71 2.11 2.12 2.12 0.70
La déviation la plus forte avec le système tempéré est 3/10 de demi-ton. Or, Barbereau, qui donne ces chiffres, assure avoir démontré, par des expériences concluantes, qu’une différence moindre que 1/3 de demi-ton ne fait pas perdre à un intervalle sa détermination fonctionnelle (Bulletins de la Société des Compositeurs de Musique , t. I, p. 92, année 1864).
Pour nous, nous renouvelons l’observation qui termine le chapitre précédent.
Fétis, de son côté, admet, pour le système arabe moderne , la division diatonique sauf que les tons entiers seraient divisibles par tiers (Préface du Traité d Harmonie , p. xxi).
Salvador Daniel conteste l’emploi actuel des tiers et des quarts de ton : ce qui donnerait l’illusion de ces intervalles serait 1 emploi de notes traînées.
D’après son opuscule, résumé d’observations faites en Algérie, les six modes Meïa, Irâk, Mezmoun, Edzeil, Djorka , Lsaïn, paraissent correspondre exactement à nos gammes L 2 , 3 , 4 , 5 , 6 .
Le mode Saïka (si finale) serait rare et mal défini, ce qui vient à Pappui de ce nous avons dit sur une gamme ayant pour base si, cette note ne pouvant être que
médiante ou dominante. Autant que nous en pouvons juger, les caractères des autres modes seraient ceux-ci :
Rasdedzcil , gamme ré 2 , mais avec mélange des autres tons ;
Rummel Meïa , gamme ut 1 (douteux), en montant;
Lsain Sebah , gamme la 6, en montant;
Zeidan, gamme ré 2, en montant ;
Asbein , gamme mi 3, en montant.
Ces quatre dernières avec le parti pris du sol 8, qui, en montant, constitue une simple altération. Dans le mouvement descendant, ces gammes artificielles s’analyseraient de manière analogue aux exemples donnés : au chapitre IV, pour la première forme du mode mineur moderne , identique du reste à la deuxième de ees gammes, et au chapitre XII ci-après.