IX. — SYSTÈMES CHINOIS ET D'EXTRÊME ORIENT
La gamme primitive chinoise qui, en Europe, aurait aussi appartenu aux Gaêls serau, suivant Helmholtz, la gamme incomplète ci-après, pouvant se placer indifféremment sur 3 degrés de la série diatonique sans accidents :
Par suite de la suppression des demi-tons, il y a, en effet, amphibologie entre les gammes 5, 2 e t 6, et l'absence de la tierce de la tonique constitue un parti pris des plus curieux.
D’autres donnent comme gamme chinoise majeure ordinaire la suivante, composée des mêmes notes que la précédente, mais avec une tonique autrement placée, et pouvant aussi naturellement se poser sur trois degrés différents de l’échelle diatonique, par amphibologie entre les gammes \ 1 et 5 :
Mais il est certain que les Chinois et les peuples mongoliques dont la musique éiive des mêmes sources connaissent depuis longtemps les gammes complètes diatoniques et la division de l'octave en douze demi-tons, quoique certaines éliminations intervalles aient dû rester usuelles chez ces peuples éminemment conservateurs.
° US ne sommes P as assez informé pour parler avec compétence des autres ■S} st mes musicaux de l Extrême Orient, qui paraissent en général avoir des origines communes avec le système chinois.
!?l 01 ™ en ^ 0ns nOUS J e ^ er un coup d’œil rapide sur les quelques exemples relevés deTlSSfy ierSOt danS SeS Musiques pittoresques (Promenades musicales à l’Exposition
Pour 1 Annam, nous trouvons la gamme chinoise,
parfois sans demi-tons, d’autres fois complète avec le 4* degré et aussi le 7* naturel
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Dans les spécimens javanais, plus curieux, nous trouvons :
1° Pour la musique d ’Anklang, plutôt harmonique que mélodique, la gamme
incomplète
prise dans la série chinoise, mais avec une tonique non encore employée ci-dessus; 2° Pour la musique de Gamelang , la gamme
où nous reconnaissons la gamme primitive chinoise ;
3° Dans une mélopée vocale, la gamme de ré 2 ou ré 6
avec suppression du si naturel ou bémol : ici, on voit que deux notes, mi et fa sont à intervalle de demi-ton; mais (et cela a bien Pair d’un parti pris), dans la mélodie donnée, jamais le mi et le fa ne sont employés conjointement ;
4° Dans un air de danse joué par un instrument à cordes, la gamme 3 avec suppression du 7* degré seulement et l’emploi fréquent du demi-ton, contrairement aux exemples précédents; y a-t-il ici une influence corruptrice étrangère ?