X. — CHANT POPULAIRE EUROPÉEN
Personne ne pouvant contester que les mélodies populaires des divers peuples d’Europe se rattachent directement aux gammes basées sur les divers degrés du système diatonique, nous n’en parlerons pas en détail actuellement. Nous nous contenterons d’une simple observation. Jusqu’ici, quand on a voulu caractériser une mélodie donnée, on l’a attribuée à tel ton du plain-chant, à telle gamme antique. Si nous en avions le loisir, il nous serait facile de prouver que, dans bien des cas, ces assimilations manquent d’exactitude, et que les partis pris adoptés sont loin de toujours coïncider.
Dans les gammes naturelles b 2 > 3, 4, 5 e t 6, dont nous avons exposé le mécanisme et la nomenclature, nous croyons au contraire avoir trouvé l’origine réelle et primitivement inconsciente des tonalités populaires comme des tonalités anciennes, sans nous exposer à laisser croire que celles-là dérivent de celles-ci, ce qui, en beaucoup de cas, manquerait de vraisemblance ; car, à toute époque, le.peuple a chanté, il y a eu des mélodies populaires.
La seule chose commune, avec certitude, c’est le principe dont nous espérons avoir suffisamment établi la nature et la nécessité; mais il est de l’essence des lois physiques de ne ressortir avec évidence qu’à la longue, par l’accumulation des faits concordants qui en ont découlé naturellement.