‹ Essai d'un système général de musiqueChapitre 24 sur 25 · I. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

I. — RÉSUMÉ

Résumons en quelques mots les idées que nous venons d’exposer, qui nous ont paru être dans l'air et que nous avons cherché seulement à formuler, en en tirant des conséquences pratiques, tant au point de vue de la mélodie que de l’harmonie.

Le diatonique est la base de toute musique, avec le tempérament, sans lequel n’est possible qu’un art tout à fait primitif et rudimentaire.

Les tonalités naturelles sont constituées par le rapport de quinte juste entre une tonique et une dominante, et non par la présence d’une note dite sensible à distance inférieure d’un demi-ton de la tonique.

Les gammes naturelles appartenant à une même série diatonique sont au nombre de six, trois majeures et trois mineures, la gamme i majeure étant la base du système. La nomenclature que nous proposons pour ces gammes remplit, nous l’espérons, autant que possible, les conditions nécessaires de clarté et de simplicité.

Les musiciens ont ainsi à leur disposition, en prenant pour bases les douze degrés chromatiques (nous raisonnons enharmoniquement), un arsenal de soixante-douze gammes naturelles; toutes les autres sont artificielles , résultant de modifications diverses aux gammes naturelles, et le nombre en peut être infini, comme celui des partis pris qui leur donnent naissance, au gré du compositeur.

Par l’analyse de ces modifications, les systèmes les plus bizarres se peuvent rattacher sans difficulté au principe général de notre théorie.

L’emploi d’intervalles autres que le ton et le demi-ton n’a rien d’inadmissible en principe, à condition qu’ils s’appuient sur les degrés diatoniques, c’est-à-dire qu’ils jouent le rôle d’appoggiatures ou notes voisines et de passage.

La préparation des dissonances peut convenir pour des effets d’une certaine nature, mais ne nous parait plus avoir le caractère de nécessité que les anciens lui attribuaient.

Il n’y a aucune raison de ne pas appliquer les accords dissonants de septième et de neuvième aux gammes naturelles, notamment ceux qui se posent sur chaque dominante, sous les seules restrictions que pourra comporter le sentiment musical, avec les altérations possibles, sans regarder comme nécessaire l’altération ascendante du 7 e degré dans aucune gamme, sans la proscrire non plus.

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