‹ Essai d'un système général de musiqueChapitre 8 sur 25 · IL — GAMMES MAJEURES NATURELLES · texte numérisé non relu

IL — GAMMES MAJEURES NATURELLES

Gamme i. — C’est notre majeur ordinaire, que dédaignaient les anciens Grecs, et qui est pour nous la base de toute musique. Nous pouvons même dire que les deux autres tons majeurs, quoique pouvant être employés d’une manière principale, sont loin d’avoir la même importance, et nous paraissent devoir souvent être utilisés surtout d’une manière épisodique.

Les analogues dans le plain-chant romain sont : le 5 e ton (en partie), les 5' et 6 e (quand le si est bémol), et le 8* (terminaison sur la dominante).

Gamme *. — La relation de triton, entre la tonique et le 4 e degré, donne à cette tonalité un caractère un peu bizarre, mais singulièrement expressif. Elle est plutôt rare dans la mélodie populaire occidentale. Elle paraît correspondre assez exactement aux gammes antiques hypolydienne (terminaison sur tonique) et lydienne (terminaison sur dominante). Ses analogues dans le chant grégorien sont les 5‘ et 6' tons, quand le si est naturel.

Gamme s. — Elle est le fondement des tonalités hypophrygienne (terminaison sur tonique) et phrygienne (terminaison sur dominante) et du 7 e ton du plain-chant.

On pourrait croire qu’une cantilène conçue dans cette gamme sans note sensible devra nécessairement donner l’impression du ton majeur de son 4 e degré, avec conclusion sur une dominante. C’est là un préjugé entretenu par la routine d’une étroite pédagogie. Les pièces grégoriennes du 7‘ ton suffisent à le démontrer. Mais nous avons fait en outre à ce sujet quelques expériences personnelles. Frappé de ce fait, qu’avant la conclusion d’un morceau en mode majeur par les cadences ordinaires, la modulation épisodique classique à la sous-dominante, par altération descendante du 7= degré, était d’un effet sûr quoique banal, nous avons essayé, en employant la gamme 5 . de conclure directement par la tonique immédiatement précédée du 7« degré

abaissé d’un demi-ton chromatique, et, lorsque cette cadence est convenablement présentée, elle peut avoir, môme harmoniquement, un caractère définitif surprenant.

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