‹ Essai d'un traité complet de philosophie (volume 2)Chapitre 10 sur 28 · DANS LES TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

DANS LES TEMPS MODERNES

On a, dans ces derniers temps, beaucoup écrit sur la philosophie , mais on n'a produit aucun traité complet de cette science. On a beaucoup écrit sur les méthodes , mais on n'a produit aucun traité complet de logique. Parmi les livres nombreux qui ont été publiés , soit par l'école matérialiste , soit par l'école éclectique ou doctrinaire moderne , nous n'en connaissons pas qui présentent cette marche régulière qui est le propre d'une philosophie achevée , et dans lesquels les questions dont se compose la science, soient résolues chacune à leur tour et à leur place , par des considérations déduites du sujet d'où ressortent les problèmes eux-mêmes. Il est vrai que nous n'avons pas lu tous les ouvrages de ces deux écoles , car ce travail serait au dessus des forces d'un seul homme ; il pourrait nous en être échappé quelqu'un où l'qn eût essayé d'imiter la méthode usitée dans les traités généraux qui nous serviront de modèle ; mais s'il en était ainsi , ce ne serait qu'un livre obs- .

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cnr^ sans publicité, rejeté par lesmaitres comme on interprète infidèle. En effet, les doctrines matérialistes et éclectiques, lorsqu'elles sont placées en face d'un pareil travail , sont nécessairement impuissantes , et il est facile de le comprendre. L\me et l'autre prennent, pour point de départ philosophique, l'étude de l'homme individuel ; elles commencent , l'éclectisme par un traité de psychologie , le matérialisme par un traité de physiologie individuelle. 11 devient donc en quelque sorte obligatoire pour les adeptes de ces deux écoles , sous peine de tomber dans des absurdités manifestes, de déduire toute leur philosophie de la considération de l'individu. Logique, ontologie, morale, etc., tout doit sortir de la psychologie ou de la physiologie ; il ne leur est point permis de laisser de côté la considération et l'étude du moi , et de ne s'occuper, selon la question dont 3 s'agit , que de ce qui se rapporte à la question elle-même : ainsi par exemple , en logique, de se borner à conclure du langage, des actes généraux des sociétés , 'etc. En effet , s'ils cédaient à cette tentation de la vraie science, ils se trouveraient bientôt forcés d'accepter des rè- ^es et des principes qui seraient la négation de leur point de dépai*t , tels entre autres que l'autorité de la morale, celle du consentement universel , ou toute autre. Aussi, ne font-ils rien de semblable ; c'est au contraire du point de vue de

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lair moi qu'ils envisag^it toutes ces choses, unir quement occupés, lorsqu'ils en tvdteDl,:à en altérer la connaissance de manière è«y m^Mitrer les preuves d'une doctrine dont le but et le fond n'est en définitive rien de plus, ni rien de moins, que la satisfaction de l'égoîsme. Ces gens-là ne s'occupent pas de la langue telle qufelle est ; non, ils expliquent comment elle a commencé selon eux : mais quant à chercher à en connaître les propriétés logiques actuelles , ils s'en gardent ; et, en effet, ils ne pourraient le faire sans renoncer à leur principe général. Ainsi, encore, ils vous expliqueront comment l'individu peut être porté à la science, mais quant à étudier les méthodes bonnes ou mauvaises de cette science tdle qu'elle est aujourd'hui, ils laissent cela comme inutile , etc. En un mot , en plaçant le moi comme principe, ces hommes rompent avec le passé; ils se font de droit et de fait une philosophie personnelle ; chacun d'eus crée le système qui lui agrée , et s'occupe peu de ce qui est universel. Aussi, disons-le, si leurs écrits offirent de si larges et de si nombreuses lacunes et contien-nent tant de fautes, il faut attribuer une bonne part de ces défauts aux conditions philosophiques qu'ils se sont faites, et qui ne leur permettent ni de voir le réel ni de le savoir.

D'après ce que nous venons de dire, il est facile de comprendre pourquoi les ouvrages dont

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Jl s'agit lie peoTODit servir de cadre an tn^ail criliqne que nous entrqprâMMis eo ee lieo. Zfoos nous Terrions exposé à mâer incessanunent » oonune fl anire dans ces lignes, les considârations onkdi^;iques anx études de k^^îque, la science thédogique à la grammaire, etc. Noos ayons éléobligé de choisir lesoavragesqni ofDrent des traités complets de logique. Parmi ceox-ci , nous en avons trouvé d'anciens et de modernes. lYoosavonsdû choisir ceux qui jouissent de la plus grande réputation, et qui servent encore génâralonent à l'ens^gnement de la jeunesse.'; La méthode d'exposition est d'ailleurs partout à peu près la même, et le cadre qui nous est ouvert est eu outre tellement large, qu'il nous fournira assurément l'occasion de placer nos réflexions sur toute espèce de doctrine et d'opinion. Nous avons choisi comme cadre à nos observations eritiques le traité de logique de Port-Roy^l , ^t oAm de la philosophie de Lyon.

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