‹ Essai d'un traité complet de philosophie (volume 2)Chapitre 20 sur 28 · DU SYLLOGISME. ^ 3G · texte numérisé non relu

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spiritudle ne peut périr par ta séparation des parties. L'âme humaine est une substance spirituelle, donc l'âme humaine ne peut périr par la séparation des parties. >

Vépichérème est un argument dans lequel on met la preuve à côté de Tune ou l'autre des prol)ositionsqui servent de prémisses, avant de conclure. Exemple : < Celui qui est tourmenté n'est point heureux , car la tranquillité est nécessaire au bonheur ; or, l'homme qui s'abandonne a ses désirs éprouve mille tourmens, soit à cause des reproches de sa conscience, soit parce qu'il n'obti^it pas tout ce qu'il désire ; l'homme donc qui s'abandonne à ses désirs , n'est pas heureux. >

Des sophismes. — On en comptait quatone espèces. Lyon n'en a cité que huit. Nous allons énumérer les quatorze espèces. — Le premier est celui qui résulte de l'ambigiiité des termes ou équivoque; on l'appelle grammatica fallacia. On en cite cet exemple : < Le rat ronge : or, le rat est une syllabe; donc une syllabe ronge. — Ije second sophisme est celui qui résulte de l'ignorance du sujet qui est en question; alors on prouve autre chose que ce qui est en question : ignoratio elenchi. C'est proprement le quiproquo. — Le troisième est la pétition de principe; c'est soit lorsqu'on suppose pour vrai ce qui est en question, soit lorsqu'on répond a la question par la question, seulement en chan-

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géant les termes. Ainsi , « qu'est-ce que le beau? C'est ce qui plaît. » — Le quatrième consiste à supposer pour vrai ce qui est faux ; on le désigne par le titre defalso supponente. — Le cinquième à prendre pour cause ce qui n'est pas cause , non causa pro causa. Ainsi lorsque l'on dit zpost hoc, ergo propter hoc. — Le sixième sophisme est celui qui résulte d'un dénombrement imparfait , enumeratio imperfecta. — Le septième est l'induction défectueuse. — Le huitième , c'est lorsqu'on passe de ce qui est vrai à quelque égard à ce qui est simplement vrai. A dicto secundum quid ad dictum sttnpliciter. — Le neuvième , fat^ lacia accidentis , existe , lorsqu'on juge absolument d'une chose par ce qui ne lui convient que par accident. — Le dixième consiste à passer du sens divisé au sens composé , ou du sens comr posé au sens divisé r fallacia cotnpositionis seu divisionis. — Onzième sophisme : passer du sens collectif au sens distributif , et du sens distributif au sens collectif. Par exemple : c L'homme pense : or, l'homme est composé de corps et d'âme , donc le corps et l'âme pensent ; > ou bien : c Les Apôtres étaient douze ; or Pierre était apôtre, donc Pierre était douze. > Douzième sophisme : passer à génère ad genus ; ainsi pour démontrer une proposition relative à un certain ordre, apporter des prémisses qui se rapportent à des questions d'un ordre différent. Par exemple :

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appliquer la théorie des forces circulaires à un fait de Tordre sériel.^ — Treizième sophisme. G)nclure du pouvoir à Tacte , à posse ad actum. — Quatorzième sophisme. Le cercle vicieux, mutaiio, iuû!kaliç, existe , lorsque pour prouver une proposition qui est en question , nous nous servons d'une autre proposition dont la preuve dépend de celle-là même qui est en question.

Des lieux des argumens (loci argumentorumj.

Afin d'abréger cette partie de l'exposition qui nous reste à faire , nous nous bornerons à analyser ce qui a été écrit de plus récent et de plus serré sur la question. Nous suivrons Port-Royal. Lyon au reste se tait complètement sur ce sujet.

Ainsi que l'on a pu déjà l'inférer de la seule description qui précède, jamais le syllogisme n'est fait à priori. Il est toujours motivé. On n'y a jamais recours que pour prouver une proposition douteuse ; en sorte que l'on possède déjà la proposition dont on fera une conclusion, lorsqu'on se met à la recherche d'une majeure et d'une mineure. Or, comme la nécessité de trouver un terme moyen et une majeure, est souvent immédiate, et se manifeste au milieu même d'une discussion , on jugea utile d'instituer une méthode pour faciliter l'invention et la recherche des argumens. Cette partie de la logique

ZCS LOGIQUE. PAKTIK C&ITIQIJK.

était appelée invention. On y enseignait une classification qui rangeait sous certains chefs ou titres généraux toutes les preuves dont on pouvait avoir besoin. Ce sont ces titres généraux qu'on appelait les lieux des argumens.

Ramus reprochait à Aristote et à ses successeurs de traiter des lieux après avoir donné les règles de Targumentation ; il prétendait qu'il fallait exposer les lieux , et ce qui regardait l'invention, avant de traiter de ces règles ; sa raison était que Ton doit avoir trouvé la matière avant de i>enser à la disposer. Ramus avait raison et tort ; il avait raison en principe ; en effet , la démonstration en général doit être postérieure à rinvention ; mais il avait tort en appliquant son raisonnement au syllogisme ; car dans ce mode de raisonnement on ne se propose jamais d'inventer plus qu'une démonstration. 11 faut donc connaître les formes ou les règles de la démonstration y avant de pouvoir en étudier les moyens.

La méthode dont il s'agit était très estimée des anciens. Cicéron la préférait h toute la dialectique. Cependant déjà du temps de Nicolle , qui a écrit la logique de Port-Royal , elle était complètement abandonnée.

Quoi qu'il en soit , l'ouvrage que nous analysons divise les lieux en ceux de la grammaire , de la logique et de la métaphysique.

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