XI. DE LA MORALE QUANT A LA LOGIQUE
Nous ne nous proposons point de rechercher
i&G LOGIQVB. PARTIS DOGMATIQUE.
dans ce paragraphe comment l'art de raisomMr émane de la morale. Ce serait faire un traTafl superflu. Nous avons vu , en eflet , que la mcHrafe était la condition essentielle de la formation âm ^ idées; que sans elle la proposition ou le jugement' serait impossible ; que , par suite , le raisonne- ^ ment , qui n'est rien de plus qu'une suite de ro- ^ positions et de jugemens, dépendait de la morale. Nous avons, de plus , et tout-à-fait surabondamment , prouvé que la science était engendrée p«r la connaissance morale , et par conséquent qM * les raisonnemens dont elle se compose y étaient ^ subordonnés. 11 serait oiseux de revenir sur dei ^ sujets que nous avons épuisés. Nous nous propo- '^ sons ici de traiter d'une question moins impor» ''" tante sans doute , mais qui n'est point cependant '^ sans quelque intérêt. Nous voulons examiner coni- ^^ ment doit être conçu un traité de logique do ^ point de vue où nous sommes parvenus , et faire ^ apprécier combien serait plus satisfaisant Feih -semble qu'il présenterait comparativement aux •■ anciens traités sur l'art de raisonner , soit quant < à l'ordre dans lequel seraient exposées les ques- ' tions, soit quant au lien qui existerait entn ' elles , et^à l'aide que se prêterait chacune de» • solutions successives. Toutes les divisions des anciens sont eu quelque sorte artificielles; ici, eDes découleraient de la nature même du sujet. Nous dvons dit , dans notre partie critique ,
nv caiTEaiuM uitite&sel. i&7
la logique avait pour but spécial de recon- '6 et d'établir quels sont les moyens de certiuniverselle usités parmi les hommes. Or , si orale était enfin reconnue comme certitude Brselle, au lieu de cette définition appro- I à rétat d'une science non achevée , au lieu ) définition qui énonce la nécessité de nous œuvres d'investigation , nous dirions que t spécial de la logique est d'enseigner la cer- 3 et en même temps l'art de la convertir en ode. La question de certitude et celle de ode doit être, en effet, à nos yeux la même ; mt l'art et toute la force de la logique cout à transformer la certitude elle-même en ode , ou , en d'autres termes , à établir un )rt direct entre le principe de cette certiet le sujet dont on s'occupe. Ce serait donc x>nnaître la certitude que devraient être icrées les premières pages du traité ; ce sei première opération proposée à la logique, premier travail fait , on examinerait , ainsi IlOus avons essayé de le faire ici , l'action de certitude sur la formation des idées , sur le nent et sur la proposition. Cet examen aunoins pour but , ainsi que ce fut ici , de dé- :rer l'origine des idées et de la proposition de faire voir comment la morale peut en le critérium , et d'enseigner à ne la perdre is de vue.
148 LOGIQUE. PARTIS DOOMATIQVI. ^
Ensuite Ton montrerait comment la certitucfe .^^ devient une méthode , comment elle est méthode ^j d'invention et méthode de probation ; et , sou ^^ ces titres généraux , on placerait toutes ces méthodes secondes de syllogisme , d'induction , dV j . nalyse , etc., que nous avons vues. Pour démontrer que la certitude est une méthode , il satBr rait de prouver que la certitude du but donne la certitude de l'objet et des moyens de ce but; . pour prouver comment elle est méthode d'il!- . vention , on montrerait que la foi dans le bot . , pose à priori l'hypothèse de l'objet et dcf moyens , et que la vérification confirme à poM' ! riori l'hypothèse. Ce sont, en eflet, ces denx opérations principales qui constituent la méthode d'invention. Le syllogisme, l'analyse, la synthèse , peuvent intervenir dans la durée du travail , mais seulement comme parties et aides des . opérations principales. Quant à la valeur de la morale comme moyen de probation , on ensrignerait que toute question , même de pure théorie , peut être conduite de telle manière qu'elle produise des conclusions pratiques qui soient de nature à être rencontrées par un des précejiies ^ de la morale. Or alors, ou il y a conformité , ou " il y a op{>osition. Dans le premier cas , les conclusions sont vraies ; dans le second , elles sont fausses. On montrerait que ce procédé est aj^ cable même aux sciences naturelles. Sans doute
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existe en ce sujet des points qui ne peuvent "e amenés à toucher directement la morale ; lis ceux-4à même s'y rapportent médiatement , le moyen médiat qui peut les mettre en raprt avec le critérium universel est la théorie entifique générale. Par cette démonstration ème on arriverait à traiter du syllogisme et de nduciion , et à en donner les règles ; car Finicticm serait, dans ce système de lo^que, la éthode pour forcer une conclusion qui amèneit, soit à la conformité, soit à l'opposition avec
morale ; et le syllogisme serait celle dans laœlle , à l'aide d'un moyen de rapport , on con- [nrait de la majeure qui serait la certitude , ir la question en litige.
Tels seraient , autant qu'il nous semble , l'entre et les divisions d'un traité de logique écrit tu point de vue de la morale considérée connue certitude et connue méthode universelle.
^Xn. CONCLUSION. — CONVERSION DE LA MORALE EN