‹ Essai d'un traité complet de philosophieChapitre 20 sur 51 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

DE l'ontologie et de là métaphysique.

Dans les anciens cours de philosophie, on considère l'ontologie comme la première partie de la métaphysique ; on y traite de Têtre pris génériquement , de ente in génère ; tandis que dans la métaphysique proprement dite , on traite des êtres pris individuellement , c'est-à-dire de Dieu et de Tâme. Quant à nous , nous employons le mot ontologie , non seulement dans un sens plus général que celui dont il vient d'être question , mais encore pour exprimer quelque chose de plus que ce que l'on entendait par métaphysique. Nous croyons, en effet, qu'il existe une science primordiale qui est comme la mère de toutes les autres : c'est celle qui nous donne l'indiligence et la définition de ce qui existe , ou loit et peut exister ; c'est celle , en un mot , qui j'occupe à chercher et à établir les principes des

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rapports que ces existences out ou peuvent avoir entre elles.

La nécessité d'une pareille science nous parait ^ incontestable, et facile à démontrer. Exami- ' nous , par exemple , nos connaissances actuelles : ' nous trouverons qu'elles se composent de parties isolées , de branches séparées les unes des autres , qui reçoivent chacune en particulier le ' nom de science , et à ce titre proclament des principes et usent de langages , quelquefois de méthodes , qui leur sont propres. Ces spécialités n'ont aucun lien , soit apparent, soit réel , entre elles ; le plus souvent elles se présentent comme des contradictions les unes vis-à-vis des autres. Quel rapport exprimé y a-t-il , en effet , entre la science des corps bruts et celle des corps orçanisés? Il n'en existe aucun évident. On a fait de vains efforts pour effacer la contradiction générale par laquelle elles débutent , et qui est constamment présentée en des termes qui peuvent être réduits h ceux-ci : les corps bruts ne sont pas des corps organisés , et réciproquement. Une des meilleures déflnî lions qui aient été données de la vie est celle de Bichat : « La vie est l'ensemble des propriétés qui résistent à la mort. > Or, que veut dire la mort en langage physiologique? Rien de plus que l'abandon d'un corps à l'action des forces de l'ordre brut, chimique et physique. Cette contradiction , qui saute aux yeoz

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