‹ Essai d'un traité complet de philosophieChapitre 21 sur 51 · ET DE LA MÉTAPHTSIQITE. S · texte numérisé non relu

ET DE LA MÉTAPHTSIQITE. S

lorsque ron étudie les points de départ et les généralités de la science naturelle , n'est pas la seule que Ton rencontre. Chaque branche spéciale est en quelque sorte constituée , et commence par une opposition du même genre , ou encore plus prononcée. Ainsi les faits de géogénie forment une contradiction à la géognosie ; ceux d'anatomie comparée , à ceux d'anatomie physiologique proprement dite ; ceux d'embryogénie et des âges, à ceux de physiologie. En physique on rencontre les mêmes diilicul tés : la théorie des fluides impondérables , telle qu'elle est reçue , ne permet pas d'admettre la théorie de la gravitation et de l'attraction telles que nous les possédons. Ainsi les calculs sur le mouvement des planètes supposent le vide , et les calculs sur la lumière établissent le plein , etc. Si l'on vient en outre à tenir compte des faits relatifs à la société et à l'homme , le nombre des contradictions est encore accru , car on trouve ici l'intervention d'un élément nouveau , celui du libre arbitre , qui ne se rencontre nulle part ailleurs , et qui est contradictoire à tous les autres. On pourrait donc conclure de l'examen de notre situation scientifique qu'il y a complète anarchie dans la science; anarchie qui résulterait, non pas seulement d'un défaut d'union , mais bien plus encore de contradiction entre les principes généraux propres à chaque spécialité.

n en serait ainsi , en effet, si les spédafitél % dont il s'agit constituaient tonte la sdance. LV , narchie serait manifeste et insoluble. Mais il y a ^ une science supérieure à toutes ces spécialités, qui en est en quelque sorte Fhypostase ou Fargument, qui en forme le lien et le motif, qui donne la raison des contradictions qui doiveia . subsister, et signale celles dont l'existence est le résultat de l'état peu avancé où l'on se trouye. Cette science est l'ontologie.

L'ontologie a toujours accompli quant au sciences la fonction encyclopédique ; elle en a formé l'enchaînement ; elle a été le principe des hypothèses par lesquelles on en a opéré le perfectionnement. Il suffit d'un coup d'œil jeté sur la manière dont on opère dans les sciences pour reconnaître cette vérité. Ainsi , quant au sys^ tème de rapports contradictoires que nous remarquions exister entre les spécialités , les savans se sont comportés d'une manière différente, selon la doctrine ontologique qu'ils acceptaient. Les panthéistes ont cherché à effacer également toutes les différences , ou plutôt les ont niées toutes ; les matérialistes ont nié les différences premières , et ont accepté sans peine celles de second ordre. Les hommes religieux ont , au con* traire , accepte les différences de premier ordre. L'inlluence de l'ontologie n'est pas moindre quant a l'avancomout des sciences spécial».

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