ET DE LA MÉTAPHYSIQUE
NoBS avons prouvé précédemment que le progrès s'opérait à Taide d*hypothèses. Or, d'où émanent les hypothèses? d'où émanaient la plupart de celles que nous avons citées? Évidemment de l'ontologie. Ajoutons enfin que si l'on observe les savans à l'œuvre , on verra toujours que leur capacité est proportionnelle au savoir qu'ils possèdent sur l'ontologie ; on reconnaîtra que sans une connaissance quelconque de cette ontologie, il serait impossible dé faire le moindre travail scientifique. En effet, la première des conditions auxquelles il faille satisfaire pour étudier avec fruit le moindre détail , c'est de savoir à quel ordre de rapports généraux il appartient. Or, pour en arriver à ce point , ou il faudrait avoir àmpiris à fond toutes les spécialités scientifiques existantes , travail auquel plusieurs vies d'homme ne suffiraient pas , travail impossible par conséquent ; ou il faut connaître les principes encyclopédiques en vertu desquels les Sciences ont été produites ; c'est précisément ce qUe l'ontologie est destinée à enseigner. Aussi peut-on dire qu'elle est la science des sciences.
L'ontologie forme l'échelon intermédiaire par lequel on passe de la morale aux sciences. On l'a définie la science des vérités générales (1). Noua adopterions sans peine cette définition , si nous
(I) Appendice à ia Philosophie de Lyon, édit. de 1821; u. ^6
^U6 DE l'0!>(TOLOGIE
ne pensions que toute faculté active de Thon:
c'est-à-dire toute science, doit être déflnie p;
but qu'on s'y propose. Nous dirons que l'on
gie a pour but direct de rechercher et d'él
quelles sont les réalités ,. existantes , soit coi
êtres , soit comme rapports , impliquées p
morale et destinées à servir de fondement à la
tique, ou, en d'autres termes , quelles sont le
générales de toute existence et de tout rappor
doit donc exposer dans l'ontologie quelles so
existences générales, nécessaires au point d<
moral, quelles sont les différences principales
tant entre les êtres , et quels sont leurs rappor
cette manière l'ontologie constitue une ex]
tion et une démonstration , ou plutôt un
loppement et une vérification de la moral
plus , elle devient une méthode scientiGqu(
effet , parce qu'elle établit quelles sont les
tences générales et nécessaires au point d
moral , quelles en sont les différences pr
diales et les rapports généraux , elle déterra
terrain des sciences ; elle en fixe les limit
donne une direction à l'activité de ceux c
cultivent; elle conserve l'unité des scienc
leur donnant les mêmes points de départ
mêmes matériaux. En un mot , Tontologi
complit dans cet ordre de reclierches une
tion semblable a celle que remplît la n
comme critérium dans la pratique ; car eil
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(Kiseigner àrhommequellessontles existencesqui forment le fondement , la fin , les limites et les moyens de son activité. Elle démontre , par la dié(Hie des existences et des rapports , ce que la seconde commande.
Nous donnons sans doute ici à l'ontologie (i) une extension qui n'est pas habituelle ; mais en cela nous ne croyons pas innover, nous ne pensons faire rien de plus qu'exprimer la valeur réelle de la métaphysique à Fégard des autres sciences. On jugera d'ailleurs , par le travail qui va suivre , de l'utilité des généralisations dont il s'agit.
Nous diviserons ce livre en deux chapitres. Le premier sera consacré à un examen critique des principaux systèmes ontologiques qui ont cours aiqoord'hui. Le second contiendra l'exposition dogmatique.
(1) Le mot ontologie est formé du mot grec XÔ7o<; , dis' covrs, et du génilif ovtoç y de ce qui est : mot à mot, $cienc4 de ce qui est^ ou de l'être»
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