‹ Essai d'un traité complet de philosophieChapitre 46 sur 51 · DU SYSTÈME DE KA»T · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME DE KA»T

l*entendement même , par le raisonnement. Or, ced se fait par la raison.

La raison comme l'entendement a un asage formel , c'est-à-dire purement logique ; mais elle a aussi un usage réel , puisqu'elle contient elle-même l'origine de certains concepts et de certains principes qu'elle n'emprunte ni aux sens ni à l'expérience , et par lesquels elle donne l'unité à priori aux connaissances de l'enten* dément.

Or le principe de la raison dérive de l'usage logique même de celle-ci. £n effet, la raison , dans fon usage logique, a constamment pour but de ramener un principe sous un autre principe plus élevé , de ranger chaque connaissance sous une connaissance plus générale qui soit la condition de la première. Le principe propre de la raison en général est donc de trouver la condition absolue de laquelle dépendent les connaissances conditionnelles de rentendement. Ce principe est synthétique , et on l'appelle transcendant, de même que les propositions qui en émanent. La dialectique transcendentale a pour objet d'examiner si ce principe, que s la série des conditions s'étend jusqu'à l'absolu , > possède ou non une valeur objective , ou si plutôt il n'y a aucune connaissance rationnelle d'une valeur objective , mais seulement UD prescrit purement logique de s'élever à des conditions de plus en plus hautes.

L'auteur choisit le nom (\'idées transcendentales (1) pour les

(1) (( Le root générique soas lequel Kant comprend ce que dous appelons idées, CQ français, est celui de représentation ; celle-ci comprend la représenta tioo avec conscience {perceptio) ; une perception qui se rapporte simplement au bujet comme modification de son état, se nomme sensation ; une perception objective s^appelle connaissance (coym'h'o), mais celle-ci est ou intuition ou concept, LMntuition se rapporte immédiatement à Tobjet, en sorte qu^elIe est nécessairement singulière ; le concept s^y rapporte médiatement par le moyen d^un signe, d^un attribut, d^un caractère qui peut être commun à plusieurs. Le concept est ou empirique ou pur, et le concept pur, en tant qu'il a son origine dans Tentendement seul (et non dans une image pure de la sensibilité) , s^appelle notion. Le concept suscité par ces notions , et qui dépasse la possibilité de Texpérience, est Vidée ou coocept rationnel.» {Critiq}lLe de la raison pure, tom. I, page 42S.}

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concepts de la raleon pore. Lei idées pejUTent noue tot d^ute par la forme du raitonnemeot, de même qae lea catégoriel mi pot été doDoéesi par les fiMictloM d« JogeaMiit. Antanlll y a #espèees de rapports que reotendenent se r^résonte aa OKqrea ém catégories , aolant il y aura de concepts ratloiiiiels pois* Or» ctt rapports , dérivant de la catégorie de retatton , aont dose m, nombre de trois : ceux de rattrilrat an sujet , ceux du principe à la ooneéquence , et ceux de la connaissance divisée et de loai kt ipembres de la division ^tre eux. En sorte qa'U bat diercher: !• an absolu de la synthèse eaiigimqmê dans le sqiet; 3* oa absolu de la synthèse hypothétique des mesdures d'âne série ; 3* « absolu de la synthèse di^onetivB des parties d'un certain syftfaai. De \k autant d'espèces ^e raimm^ejnens , dont chacon fond k flb- ^lu par des prosyllogismes. Le premier conduit A on si^et fA n*tiit pas lui-même^attrlbut; le second condott A une soppodlloa qnl ne suppose plus rien de plus; le tnMème » A on agrégst ém membres de la division qui n*exige rien de plus poor la cos^lèlfli division d'un concept. Toutes les idées transcendentales se réMsent donc à trois classes dont la première contient l'unité abioia» du sujet pensant; la seconde, l'unité absolue de la série deseoadilions des phénomènes ; la troisième, l'unité absolue des conditlooi de tous les (^bjets de la pensée en général. Le sujet pensant est l'objet de la psychologie ; l'ensemble de tons les phénomènes fit l'objet de la cosmologie, et la chose qui contient la première condition de tous les êtres est l'objet de la théologie. Par con^qnent la raison pure donne Tidée d'une science transcendentale de TâsM» du monde et de Dieu.

j^ous ne pouvons avoir aucune connaissance réelle d'un oiôft correspondant à une de ces idées , quoique nous puissions en Sfoir un concept problématique. Cependant nous sommes conduits ptr un raisonnement nécessaire à affirmer des objets. Il y a donc des raisonnemens par lesquels nous concluons de. quelque chose que nous connaissons à quelque chose dont nous n'avons aocun coaeept, et à quoi nous accordons néanmoins une réalité objective par une apparence inévitable. Ce sont des sophistications, dob des hommçs. , mais d^ la raison pure , et dont les plusk sages ne peaveat ^'affranchir. On les appelle raisonnemens dialectiques. II y ea s de trois espèces^ autant qu'il y a d'idées absolues. Celles qui reftf-

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