‹ Essai d'un traité complet de philosophieChapitre 48 sur 51 · DU SYSTÈME DE K\KT · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME DE K\KT

dODoé toute la série des conditioos est donnée égaicmcnt , » n'est donc point constitutif , mais seulement régulatif. II ne peut pas conduire à une série absolue des conditions , mais il sert seulement de règle, et nous apprend que dans les phénomènes il faut remonter d'une condition à l'autre sans s'arrêter. Ainsi rectifié , ce principe conserve une signification propre , non comme axiome , mais comme problème pur de l'entendement.

Voilà pour les antinomies ; nous arrivons à l'idéal de la raison pure.

La raison en remontant dans les propositions disjonctives arrive nécessairement à une idée qui n'est plus membre de la division d'une idée plus élevée. Ainsi l'idée lion est une division de l'idée du genre chat ; l'idée de genre chat est une division de l'idée de la famille des carnassiers ; l'idée de celle-ci est une division d'un ordre , etc., etc. Or, en remontant, la raison arrive à une idée qui contient elle-même tous les membres de la division , c'est-à-dire à un sujet dont toutes les réalités possibles sont attributs.

Ainsi se produit l'idée de l'être des êtres , simple et Individuel » puisqu'il est entièrement déterminé ; supérieur à tous les concepts, et de la réalité suprême duquel toutes les réalités autres que la sieime ne sont que des dérivations et des limitations. Cet être > c'est Dieu , et , en tant qu'il n'est déterminé que par l'idée , il est^ l'idéal de la raison pure.

Or, il y a dans les propositions disjonctives qui conduisent à l'ensemble de la réalité , la subreption générale par laquelle on conclut de quelque chose qu'on connaît, à quelque chose dont on n'a aucun concept , et dont cependant on affirme la réalité objective. L'ensemble des réalités n'est qu'une idée dont la raison a besoin pour déterminer les objets en général , et pour compléter les connaissances de l'entendement ; mais comme la détermina-* tioD générale d'un ol^et ne peut jamais se trouver totalement dans le concret, l'idée de la réalité totale ne peut po'mt indiquer un objet déterminé. L'auteur réfute ensuite les preuves ontologiques, cosmologiques etpbysico-théologiques que l'on donne de l'existence de Dieu , et conclut qu'il pe peut y avoir de théologie rationnelle.

C'est ainsi que Kant, en aîlirmant qu'un vice originel et radical Itffecte la méthode même de l'activité humaine , ne détruit PM

158 wmmà

•eulenient les bises de Umie méUphrf Iqw » aeie cncofe teol nk •omieiiieDt iioesible, séqs songer ^Mie doole ne cmiÉHpn •ettleBeflàU foi , «mJs wmà à r<gêfcMe. Oui— dent H roltUté des Idées de la laliOBpiire «otant q^WeeiOBlli 4e l'esprit d'unité dans la seleiiee, el U penael 4e l'Être soprêae et œs idées ëbioliiei , mab parrapport Anotre nature siib)ectl?e » sans fonlolr eo aoutiBlr la tésllés^ iseUTO ; et ce sont là les dernières limites a«*U poaa àla«ils|if. sique. Nous verrons plus bas commenl 11 essaie de lecuasUrtw «ar la morale l'édlAoe qu'U Tient d'abattm.

Métkoâùlogiê ffonietfMtoiifols. — Aprèe ateir établi la ibisils générale de la raison, Kant règle l'usage de eéll»iel dans la né* tbodologle transcendentale. Cette partte n'est <|iie telbéerisén conséquences du système général retetlveeè te pnitlqvei amlisls n'est pas une tbéorle de la praUqne mtee. Blto eo eompess éi plnsteurs cbapitres dont te plus ImportanI «st te 4l8elpHne 4s k raison pure. Gelle-cl comprend des règles loglquea <|nl smpêctesl te raison de défier de certaines lois. Elle est prlnclpalessenl aé» gatire , et concerne l'uMge dogmatique et polémique de te ndm pure , ainsi que les hypothèses et les démonstrations.

La méthode dogmatique, c'est-à-dire celle que Ton emfkk dans les mathématiques, ne convient nullement à la philosophie. Dans les mathématiques, en eflTet, l'idée de Tobjet est doooée ci déterminée par rintuilion ; les idées mathématiques peuvent élit construites , on y considère le général dans le particulier, et os y peut éteblir des eiiomes qui tirent leur certitude de llntaidss même et n'ont besoin d'aucune démonstration. Il en est tout as- Irement dans la philosophie. Les idées philosophiques ne peeicsl ni être construites, ni être comprises par une simple descripCiss» on y considère le particulier dans le général , el elles ne sont fM données par une simple intuition. Ceci fait voir qu'on ne peetfM procéder dans la philosophie sultant la méthode nMtbésuUqae: car celle-ci se compose de définitions , d'ailomes et de lions. Or, Il n'y a pas de définitions en philosophie , pnisqnei les idées philosophiques exigent une intuition dans l'expériescr: 9iais les idées empiriques ne peuvent être déHnlea , parce ^e^.

I)U SYSTÈME DE K\IfT. 5&9

jamais sûr d'avoir ja précision nécessaire el les limites cornplèles. Il p*y a pas ^d'axiomes immédiatement certains , car tout principe synthétique (le^ idées exige une preuve de sa légitimité. Il ne peut y avoir non plus de démonstration , c'est-à-dire de preuves générales , nécessaires et intuitives ; car les propositioni philosophiques , cMi bien sont à posteriori, et ne peuvent être ni généralççf ni nécessaires, ou bien elles sojit formées d'idées à firiori, et dans ce cas elles sont privées d'intuition. La méthode dogmatique ne convient donc pas à la philosophie.

La polémique de la raison pure consiste à défendre dogmatiquement ses propositions contre des attaques faites dogmatiquement ; mais toutes les preuves ne peuvent rien décider par rapport aux faisons métaphysiques. Dans les antinomies , comme on Ta vu , ^ çn prouve aussi bien la thèse que l'antithèse ; dans la psycholo- gie et la théologie, le sujet est placé tout->à-fait hors de la coor ^issance humaine ; mais II est vrai aussi qu'on ne peut nullement prouver le contraire.

L'hypothèse est une règle admise arbitrairement pour ramener " à l'unité la diversité des phénomènes, Lts hypothèses transcen- ^ dentales , comme causes et principes qui expliquent les phénomènes , ne peuvent être admises par la raison pure ; car elles sont fans raison suffisante, sans principe de légitimité, en ce que la possibilité des objets transcendans ne peut jamais être prouvée. Les démonstrations de la raison pure reposent sur trois prin- " clpes : i'* l'on ne doit donner aucune preuve traoscendentale sans ' en avoir démontré la légitimité ; 2^ chaque proposition transcendentale ne peut avoir qu'une seule démonstration, car elle découle d'une seule idée ; 2** les démonstrations transcendenlales ne doivent pas être indirectes , car dans cet ordre d'idées nous sommes qael^uçjTois obligés d'admettre la contradiction comme dans lea antinomies. Cette théorie de la démonstration s'applique aux prlncipea contenus dans la troisième section , dont l'auteur démontre de cette manière la légitimité.

Sous le titre d'architectonique de la r9l80|i pure, Kant donne le

système de la science philosophique. La philosophie est une

ilclence rationnelle qui n'est , lorsqu'on l'envisage du point de vue

fcolastique , qu'une perfection de la connaissance où l'on a pour

^ai l'unité de s}stèmc ; relatîTcment à l'idée que le monde en. a ,

«De est U acienoe qui Indique let rapports de la roniri— [| «vec le but final de la ralfon homaine. Ce bot iual tftHi chose qw la destination de IImbumu

Ul phllotophle léfl^slatlfe de la lalsoA hnaialne tnâie ds olijels: delanatare et de la BMirale ( de Inllbeité ). Elle sH I on tirée de l'eipérience. La philosophie pore, d'est la alque.

Ul métaphysiqiie de la nature oonprend : 1* l'onlolagle, fd s'occupe uniquement de rentendement et de la iuImni daM h système des Idées et des principes qui se rapportent en §MbI aux djets sans les considérer coaune donnés; S* la ph|M|^ rationnelle , qui considère la natore des objets donnés en p«llBi* lier. Gelle-d se divise en psychologie, eo ooaaDMiiogle et sa lUs» logie rationnelles.

Far sa critique delà raison pure »Kjuit détruisait toute sànce sdenUflque de IHeu et de riounortalllé de PAne. 11 à reconstruire ces idées sur la morale , et il déduisit , en eftt» éi celle-ci l'objectivité réelle de l'âme et de IHeu. Yolcl le pneW général de cette déduction :

11 est iuconlestable que nous avons la liberté de produire ém aclions qui , s^opposant à nos penclians , sont le résultat de lai» sou seule. Il est une raison pratique, qui n'est autre chose qa'sM voloulé se déterminant d*après les lois qu'elle troufe eo dl»même, et par conséquent une causalité Indépendante desdrcouslauces extérieures. Les lois de la raison ont une valeur oèje^* tive , puisqu'elles prescrivent des actions possibles ; ces loii éi reste sont données à prtort et emportent l'idée de nécesBilê : la liberté a donc aussi une valeur objective , et doit appartenir i os être réel.

De Texistence d^une loi morale absolue et nécessaire, eld«U liberté, découlent évidemment rinunortallté de Tâme eiVeiisAetct de Dieu. En effet, le bien suprême est le but final des êtres kbsibles , et le bien suprême n'est autre chose que le rapport le |ihf parfait entre les intentions et la loi morale. Ce rapport, cette harmonie, constitue l'idéal de la Tertu, la sainteté. Puisque la r^ son nous commande catégoriquement d'arrlTcr à cet idéal, il M

hV SYSTÈME DE tCANt. 561

Hntoi qu*il soit possible d'y parvenir ; autrement le but final ne lirait jamais atteint. Or> ceci suppose une autre vie , car dans eelle-ci il y a des penchans et des besoins physiques qui s'opposent à l'exécuiion entière de la morale.

' La loi morale , en nous commandant la vertu comme condition -tf^solue du bien suprême , nous conduit aussi au bonheur qui lui -M proportionné ; mais pour acquérir le bonheur dans un degré proportionnel à la vertu , il faut qii*il dépende de Thomme d'étasbiir rharmonie entre la vertu et le bonheur. Or, cela n'est pas en ■•on pouvoir, car la nature est tout-à-rait indépendante de lui. 11 kfiat, pour établir cette harmonie, un être qui soit en même temps . cause de la nature et cause de l'être moral. Un tel être ne pourra *ê(re autre chose qu'une intelligence et une volonté : donc la cause "de la nature est un être doué d'intelligence et de volonté , cause intentionnelle , intelligence souveraine , eu un mot , Dieu ; donc l'existence de Dieu doit être nécessairement admise. Tels sont les raisonnemens pratiques par lesquels l'auteur 3 prouve l'eiistence réelle de Dieu et de l'âme, mais en en tirant m même temps la conclusion que ces idées ne peuvent être nullement l'objet d'une science , et qu'elles ne sont qu*une aifirmation . tout-à-fait indéterminée par rapport à ^ connaissance réelle que ' nous pourrions en avoir. Sa critique de la raison pratique est du teste élaborée sur le même plan que la critique de la raison pure. * Gomme celle-ci , la raison pratique repose sur un principe purement formel de Tintelligence t comme celle-ci , elle a une analy- , tique , une dialectique , une antinomie , etc. , etc. 11 en est de même de la critique du jugement , qui est la science d'une nouvelle idée à priori} celle du but, nécessaire pour établir l'idée du teau et de Tunité dans la nature*

THEORIE DE ROSMINI

Page 1