‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 10 sur 130 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Que si donc les religions et les philosophies sont d'un grand poids, et le plus grand après la haute notion dont nous voulons traiter, elles n'ont dans les développements humains qu'une valeur secondaire.

Les religions impriment leur marque aux civilisations de deux façons profondes, permanentes, universelles :

P Par les solutions de tous les grands problèmes métaphysiques ;

2*" En les donnant à priori et en interdisant les doctrines contraires.

Elles ont donc influence :

!• par leur affirmation*:

'V* par leur méthode.

Qu'est-ce, -en effet, que ce parti pris vis-à-vis de la pensée, sinon une méthode impliquée ou développée? Toute religion se donne pour la raison d'être des choses ; là est sa doctrine vraie ou fausse. Elle l'impose à l'intelligence humaine ; ]k est sa méthode, puisqu'elle s'affirme comme le critérium absolu de la connaissance.

Autre chose donc est l'affirmation des religions, autre chose leur méthode. On peut détruire Tune en laissant vivre l'autre, qui reste ensuite à discuter. Si l'affirmation est vraie, l'esprit, par sa méthode faite certaine, arrivera nécessairement à la reconnaître. A supposer donc une religion vraie , ou contenant certaines affirmations vraies , mais ayant une méthode erronée et dangereuse , on peut lui enlever sa méthode sans la détruire. Et loin de l'anéantir, on lui donnera par là l'activité de la vie , car l'esprit débarrassé d'une notion méthodique fausse pourra dès lors s'incorporer les affirmations certaines par la méthode certaine,

CTest donc la dernière fécondation humaine des religions de les faire passer par ce crible de la méthode absolue. Comme aussi c'est la dernière fécondation de l'esprit de s'emparer par elle des vérités religieuses et philosophiques. La pensée ne reconnaît pas d'intermédiaire humain entre elle et la vérité; son contact est immédiat ou n'est pas.

16 PROŒMIUM.

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