‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 102 sur 130 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

lies faits «ont numériques, idéaUi, matérleUi.

Pythagore a voulu réduire les faits au nombre ; Bacon et les physiciens à la matière; Hegel les déclare une abstraction.

Pythagore a été frappé du rapport d'ordre des faits, et il a tout vu au travers de cet engendrement nécessaire du nombre dont il découvrit la loi.

Hegel, contemplateur après Platon, le christianisme, Plotin, etc., de la présence de Tidée dans la matière, a , par le côté spiritualiste de sa théorie, voulu annihiler la matière au profit de ridée et nier les faits contingents.

Les physiciens aveuglés de matière et ne voyant la méthode que par leur instrument, V expérience , s'adaptant si droit à leur fait, vont les uns par logique, les autres volontaireiùent, à nier la solidité des autres faits. Et les métaphysiciens, éblouis par le jeu vivant des antinomies, leur ont donné raison sans le vouloir et souvent malgré leurs protestations. Les métaphysiciens ont, par , tué la métaphysique.

On a donc tenté dans tous les temps de réduire les faits es uns aux autres. C'est une tendance qui a sa base dans

le sentiment d'unité qui naît avec l'homme par la vue des qualités nécessaires de Tétre, cette grande unité des êtres et des faits.

L'être se manifeste sous trois modalités. Ainsi un homme est à la fois un fait numérique, un fait idéal , un fait matériel; numérique parce qu'il est un; idéal parce qu'il est détermination, identité, essence ; idéal encore parce qu'il est notion dans l'esprit; matériel parce qu'il est forme, vie et substance.

Or, comme le lien nécessaire du fait à l'être est démontré, il en résulte que les faits apparaîtront dans les trois modalités de l'être même. Il y aura donc des faits idéals, parce qu'il y a des qualités nécessaires manifestées, parce qu'il y a des notions ; des faits matériels parce qu'il y a les réalisalions matérielles de la détermination, de l'identité et de l'essence. Enfin, ces faits sont entre eux dans un rapport d'ordre, et de là naîtra une troisième sorte de faits, la numérique.

Ces trois classes sont irréductibles, quelle que soit leur union dans l'être dont la réalisatioh s'opère par la matière où elles forment l'individualité et où elles demeurent indivisibles. Cette triplicité vit dans l'unité en tant que nécessaire ; et l'unité ne saurait l'absorber. Et aucune des modalités du triple ne peut former l'unité aux dépens des deux autres; mais l'unité ne naît et n'existe que par les trois modalités indestructibles.

=Nous ne pouvons donc pas à la façon de Hegel prétendre que le fait matériel n'est pas. H existe comme la forme, la vie et la substance. Qu'est-ce que la matière en effet? C'est la réalisation de l'essence par une substance proportionnelle aux groupes de qualités formés par l'essence. Bien donc que le fait matériel ne soit que par les qualités nécessaires il est comme conséquence réalisée et il est réalité.

= Et il ne faut pas avec les Physiciens nier la réalité du fait idéal, puisque le fait matériel n'est réalité lui-même que par la réalisation du fait idéal, comme l'être n'est en tant que réalité que parce qull est en tant que qualité nécessaire. Il faut dire au contraire que le fait idéal représentant le nécessaire est au fait matériel comme la qualité à la réalisation. Ce

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qui d'ailleurs en tant que fait ne donne de supériorité à aucun, tous ayant, comme nous le verrons, une égale force dans ce sens.

= Quant au fait numérique, rapport d'ordre de l'être aux êtres, il est manifestation d'une qualité nécessaire universelle et en même temps toujours la même; on conçoit par là que Pythagore l'ait vu partout. Il y est; mais il ne faut pas lui attribuer une réalité autre que la sienne propre.

= Ainsi l'être et tout dans l'être est fait, dans sa triple modalité d'idée, de réalisation et d'ordre ; parce que ordre, réalisation et idée sont la vie même. £t les trois modalités du tout sont irréductibles entre elles.

U nous reste à savoir si le fait est certain. Nous pourrions le conclure avec sécurité de la certitude de l'être, puisque nous avons prouvé leur lien. Mais ce n'est pas assez, Timportance de la question et les erreurs qu'on y a commises exigent qu'on s'y arrête.

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