‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 104 sur 130 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Quotité de manifestation des faits*

Et tout fait absolu, nécessaire, contingent, idéal^ matériel, numérique, va contracter de cette certitude une réalité, je ne dirai pas égale mais proportionnelle à la quotité des qua-

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lités de Tètre enfermée dans l'essence et exprimée par la manifeslation. De telle sorte que chaque fait sera aussi certain en soi, mais qu'il sera plus haut dans l'échelle à mesure qu'il représentera plus de nécessaire. Et ainsi s'établira la UérarcUe dans les connaissances, tout en maintenant à chacune une égale solidité. Une bonne classification des sciences et des connaissances doit avoir pour lien la quotité de manifestation des faits.

Il faut ici considérer en regard ces deux qualités de l'être et du fait, la certitude et la réalité. La certitude esi absolue et tient à la seule qualité d'être. La réalité est proportionnelle aux qualités de l'essence. La certitude ne varie pas avec la quotité d'être parce qu'elle n'en dérive pas, mais qu'elle sur-^ git des qualités nécessaires qui constituent aussi bien le contingent que l'absolu comme nous avons vu.

Il n'en est pas ainsi de la quotité de réalité. Elle varie selon qu'il y a manifestation des qualités nécessaires ou de leur réalisation contingente. En effet on comprend facilement que plus il y aura de nécessaire manifesté, plus le fait sera en rapport immédiat et direct avec l'être dont Tessence est d'être nécessaire absolument, c'est-à-dire d'être le nécessaire en soi. La hiérarchie des faits comme intensité, comme quotité de réalité se doit doncmesurer sur la quotité de nécessaire impliqué. Donc tout fait sera réel comme tout fait sera certain; mais il y aura réalité proportionnelle, contrairement à la certitude qui est immuable. Quel que soit Têtre, la qualité d'être y étant toujours incluse, le fait malgré les modalités de manifestations sera encore un coup toujours aussi certain. Ainsi le plu"" petit fait est aussi certain qu'un grand, une fourmi qu'un éléphant. Ainsi les faits de solidité de gazéité manifestent l'être en tant que matériel. Les faits de pensée juste injuste, vrai, faux, manifestent l'être en tant qu'idée, les faits de nombre 1, 2, 25 manifestent l'être en tant qu'ordonné. Et tous ces faits ont cette certitude égale qu'ils sont manifestations de l'être. Ce n'est pas parce que l'être est en tant que matériel que le fait est certain, c'est parce que le fait est manifestation de l'être. Toute manifestation de quelque modalité de l'être que ce soit sera donc certaine au même titre, fût-

elle idéale, fût-elle numérique. Elle est manifestation, voilà tout.

Mais sa puissance sera proportionnelle à la quantité de nécessaire inclus; ce qui veut dire que le fait représentatif des qualités nécessaires impliquera une réalité plus grande que le faitmanifestation des réalisations possibles et contingentes.

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