CHAPITRE XL
conclusion sur la notion du fait.
Nous tiendrons donc les faits matériels, idéals, numériques l** pour également certains; -â"" pour manifestations de la vie de l'être ; 3** pour réels en proportion du nécessaire inclus. Toute manifestation est mode de la vie ; le fait est en raison même de l'être; tout fait spirituel, matériel, idéal, numérique, tangible ou intangible, visible ou invisible, dès qu'il est appréciable à l'esprit par un moyen quelconque est toujours et fatalement la manifestation de la vie de l'être, car Tétre ne peut se comprendre autrement que vivant, ou il n'est pas. Voilà la vraie notion du fait et voici ses conséquences dans Tordre et la solidité des connaissances.
Il n y a pas de faits abstraits, pas de sciences abstraites. Tous les faits et toutes les sciences sont des réalités, manifestations de réalité et de vie, c'est-à-dire de l'être. La réalité de la notion ne naît pas de son rapport avec la matière, mais de sa participation propre à l'être en tant que nécessaire. De sorte que le nécessaire constitue également la réalité de la matière et de la notion qui toutes deux le manifestent.
Il faut dire plus; il y a plus de réalité et de vie dans les faits à mesure qu'ils sont manifestations plus immédiates du nécessaire en soi. Et en effet si je considère les qualités nécessaires, détermination, identité et essence, je les vois comme inamissibles comme indestructibles, car partout où il y aura être, elles sont. Ces qualités en soi sont donc les vrais réalités de l'être. Si au contraire je considère la substance ce vêtement de l'essence, l'existence qui habille l'identité , la forme qui est comme le manteau de la détermination, je les vois varier, changer dans la notion où chacun les pare selon son génie, dans la matière où les substances, les formes et les vies apparaissent, s'effacent comme un jeu mouvant.
Les sciences, les connaissances sont donc d'autant plus réelles, plus solides, plus élevées, qu'elles traitent de manifestations plus nécessaires ; et tout en reconnaissant la beauté, la grandeur, la nécessité, la certitude des sciences qui s'appliquent aux manifestations contingentes, il faut les considérer dans leur rapport avec les autres comme le contingent est au nécessaire.
= Par cette hiérarchie des faits on voit donc jusqu'à quelle profondeur l'esprit pénètre dans l'être au moyen du fait. Toujours prenant l'être par les qualités nécessaires, l'esprit plonge en lui. Que l'être s'enveloppe de contiugent, qu'enfermé d'absolu, il semble également insaisissable à cause de sa grandeur infinie, rien n'y fait, l'esprit y entre.
Si donc toutes les qualités sont unies comme dans l'état superantinomique de l'être ou d'affirmation pure où tout est un, l'esprit y pénétrera, car les qualités nécessaires de l'être donnent l'être. Et comme c'est en l'uiiité que les qualités nécessaires sont nécessairement , il faudra dire que la loi d'importance des faits et par eux des sciences est en raison directe de leur participation à l'unité, à l'être en soi, à l'affirmation pure. Ce qui s'apprécie par la quotité de qualités comprises dans l'essence et enfermée dans chaque manifestation. La métaphysique restera donc toujours la première des sciences en dignité^ quoi qu'on fasse.