B6ANUM
Iir QUESTION.
RAPPORTS DE l'eSPRIT A l'ÉTRE.
. Et maintenant que l'être a fait son' chemin vers Tesprit, quelle va être, par inverse, la route de l'esprit vers Têtre? Il faut une double précipitation de Tun sur l'autre pour qu'il y ait contact, pénétration, adéquation, c'est-à-dire vie d'abord, science ensuite.
L'esprit n'est pas une inertie qui reçoit, c'est une activité mise en mouvement au premier contact de l'être. Ce n'est pas une lyre où souffle le vent, c'est comme une ventouse vivante qui suce et absorbe. Les facultés que nous avons énumérées sont cette activité même. Prendre avidement l'être qui le vient solliciter de tant de manières diverses , se l'assimiler, ce sont là les rapports généraux de ces deux transports. L'esprit saisit l'être par le fait, au moyen de la faculté d'extraction et d'abstraction ; il se l'assimile par la faculté de synthèse.
Pour arriver à ce résultat, l'homme a des forces de mise en œuvre que nous n'étudierons pas dans le ^ livre des rapports généraux de l'esprit et de Têlre , mais dans celui qui traitera des moyens d'établir ces rapports. Nous avons déjà nommé ces puissances d'acte; ce sont : le calcul, le syllogisme, l'expérience. On voit doDC peu à peu se dérouler l'ordre de Torganum, pénétrant toujours davantage dans les détails et dans la pratique, jusqu'à exprimer, pour ainsi parler, l'infiniment petit comme l'infiniment grand de la connaissance, et la valeur réelle de chaque point méthodique.
Ici considérons l'esprit saisissant l'être, comme nous avons
contemplé l'être pénétrant l'esprit; voyons-le se l'assimiler d'ane façon générale. Pour y arriver, étudions les facultés par lesquelles il s'en empare.
Qu'est-ce donc que l'extraction et que l'abstraction?
Qu'est-ce donc qne la synthèse ?
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IV' QUESTION
DE l'extraction ET DE l'aBSTRACTION .
La force d'extraction et d'abstraction, nous le savons, est la première faculté de l'esprit; sans elle, il n'arriverait pas à la perception du contingent, à rintuition du nécessaire, à la vue de la notion, à la vue de la matière ; sans elle, rien dans l'esprit ne pourrait être mis en mouvement, toutes les facultés périraient mort-nées, comme l'estomac n'aurait jamais son jeu vivant, si la bouche de l'enfant n'avait la faculté d'extraire la première goutte du lait maternel. Cette goutte première, d'où dépend la vie, coule dans l'intuition, dans la perception, dans le jugement, et par lui, dans le calcul , le syllogisme et l'expérience, c'est-à-dire dans tout l'organisme intellectuel , par le moyen de la faculté d'extraction et d'abstraction, faculté double qu'il faut ici connaître en son fonds.
On doit considérer l'extraction et l'abstraction sous deux points de vue :
1*» Comme faculté;
2® Comme résultat de l'opération de cette faculté.