‹ Essai d'un ultimum organum ou constitution scientifique de la méthode, Volume 1Chapitre 112 sur 130 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

De la double notion qui naît des deux termes de I^abotractlon*

Les sciences, les arts, la vie, se divisent les faits. Chaque science, chaque art, chaque industrie dans la vie opèrent sur un ordre de faits propre. Si nous disons abstractions les deux termes de l'opération qui nous occupe, l'objet de toute science, de tout art, de toute industrie sera une abstraction. Or, le mécanicien devant sa machine , l'artiste devant sa statue , le soldat devant l'épée ou le canon diront-ils : Voilà des abstractions. On ne peut prononcer une telle proposition sans sourire. »

C'est la sécurité des sciences, des arts, des opérations de la vie de se limiter, parce que c'est la loi de l'esprit de connaître par division. L'esprit démembre et désosse sa nourriture comme la bouche et la main. Chaque science , chaque art , chaque industrie, proclament inexistant tout ce qui n'est pas leur objet, et placent au contraire cet objet, comme l'artiste sa statue, sur un piédestal, au grand jour, pour en faire saillir tout le relief. L'être, le fait, ainsi isolés, sont comme jaillissant du tout sur ce piédestal qui est la science, l'art, l'industrie.

Certes, cet être choisi est séparé ; mais réalité en soi, il est rendu comme plus réel encore par l'isolement que l'esprit lui a voulu. Au lieu de l'idée d'inexistence qui suit toujours la

notion d'abstraction , il faudrait donc lui attacher, s'il était possible, une idée qui doublât la notion de sa vie, qui ajoutât à la notion de sa vie réelle et propre celle de la vie factice, que l'esprit lui ajoute par le choix, par Tisolement qu'il en^fait.

Et Tesprit emploie toute sa force pour tirer du tout cet être, objet de science, d'art et d'industrie ; il y déploie tous les efforts de la volonté, de l'intelligence, toutes les facultés, tous les moyens méthodiques pour que cet être-statue soit plus haut levé dans la lumière de sa réalité. Il l'extrait à grand'peine de Tordre inmiense qui, pour lui , serait clos et illisible, sans cette opération, comme le mineur tire de ce chaos ordonné et obscur des choses souterraines lé bloc de marbre qui sera la belle œuvre d'esprit.

Ce grand labeur, c'est I'extraction. Les objets de chaque science, de chaque art, de chaque industrie, les faits choisis, les êtres tirés à la connaissance sont de véritables extractions. Les mathématiques ont déjà appliqué ce terme avec justesse ; je le leur emprunte. Ainsi Ton dit : extraire la racine carrée, la racine cubique ; extraire les entiers d'un nombre fractionnaire, c'est-à-dire que du tout, nombre, on conserve telle ou telle part. On dit aussi très-justement, dans la langue usuelle, extraire un passage d'un livre, extraire une pierre. Par inverse, on dit encore avec justesse : Abstraction faite du style, cet ouvrage a du mérite; le style est abstraction, la pensée du livre est extraction.

Or, que fait le psychologue, quand il extrait du tout homme les facultés de l'esprit pour les étudier? que fait le métaphysicien, quand il isole des choses les qualités antinomiques qui les manifestent, et qu'il étudie en elles-mêmes ces manifestations nécessairement vivantes de l'être vivant? que fait le mathématicien, quand il extrait du tout être et de tous les êtres leur vitalité sous le rapport du nombre et de la mesure ? Ne procèdent-ils pas comme le physicien, considérant la pesanteur, la solidité, l'électricité, et négligeant la liquidité , l'impénétrabilité, etc.; comme le chimiste, considérant les qualités spéciales de la matière, et négligeant les qualités générales pu tout autre ordre de connaissances ? Tous n'ont-ils

pas choisi des qualités également séparées de l'être et qui ne sont pas l'être en tant qu'entier, ens ? n'ont-ils pas tous pris des manifestations également vivantes de Fêtre vivant , puisqu'elles le manifestent également?

Lorsque la faculté d'abstraction opère, il s'établit instantanément une double notion, Tune de l'extrait, l'autre de l'abstrait ; et cela précède toute opération de connaissance. Quand l'enfant encore aveugle ne remuant pour ainsi dire que les lèvres presse le bout du sein qui le nourrit, il a déjà fait l'extraction et l'abstraction ; il ne s'y trompera plus, sa main tâtonnera tant que ses yeux ne verront pas et sa bouche reconnaîtra. Ainsi l'esprit avant de connaître Tobjet, l'être, le fait„ l'aura préalablement extrait. Les expérimentateurs se rendent compte souvent après coup du fait qui parfois vient les surprendre, s'extrayant comme de lui-même de l'être pour se dresser devant l'esprit. L'esprit sait si bien que l'extrait est l'existant que c'est lui seul qu'il considère, étudie, analyse, et expérimente; tandis que l'abstrait a tellement valeur d'inexistant qu'il ne le considère même pas, soit qu'il ne l'ait jamais connu, soit que l'ayant connu il le veuille laisser à part.

Ce sont là deux notions nécessairement parallèles, naissant de l'opération de la faculté, correspondant à l'acte même delà faculté. L'objet, l'être, le fait semblent vis-à-vis de l'esprit comme les deux faces opposées d'une même médaille qu'on ne voit qu'une après l'autre, dont l'une est nécessairement présente, l'autre nécessairement absente; l'une étant pour le regard, l'autre n'étant pas; l'une extraction, l'autre abstraction.

Gomme le terme abstrait implique inexistence, le terme extraction semble doubler l'existence. Ex donne à certains mots une idée de réalité plus grande que celle qu'ils contiennent, il enferme comme une surabondance d'activité de vie. Les latins disaient exsurgere au lieu de sur gère, non pour exprimer se lever de, on se lève toujours de, mais comme pour faire apparaître plus vivement l'homme ou l'objet devant 1^ pensée.

D'ailleurs cette idée d'existence est fatalement attachée à l'objet observé. La vie, la passion, l'amour, TadmiratioD,

33Ô OftGANUM.

Tenthousiasme, font à l'objet conservé comme un excès de vie. Il est seul réel. Pour le cœur qui aime il n'y a qu'un être, l'aimé. Pour le savant ou l'artiste il n'y a qu'une chose, son art, sa science, et dans sa science ou son art, sa spécialité, et dans sa sp'-cialité, la question particulière qui l'occupe. Ce fait qui s'empare de l'esprit, du cœur, de l'homme tout entier, savant ou ignorant, ne peut jamais être supposé autrement que manifestant une réalité et réalité lui-même, à moins que l'homme, le savant, l'artiste, ne soient que des esprits chimériques et des visionnaires insensés. Toutefois, que l'esprit donne à un fait la qualité d'observé, de vu, de perçu, d'étudié, de conçu, d'analysé, il le place en réalité plus ferme et comme uniquement vivante pour lui, et il en fait une extraction. Les sciences seraient donc toutes également et aussi réellement l'une que / l'autre des extractions complexes composées d'extractions simples.

= Ainsi doit se formuler en clarté cette double notion enfermée dans l'opération de l'abstraction. J'établis donc la notion d'abstraction dans un sens différent de celui qu'on lui impose sans en donner de raison. Kant a formulé nettement le préjugé antique {Logique des Concepts), Pour déterminer ce qui est abstraction , ce grand homme part du concret, du réel vivant, et il est aussi empirique dans ce cas que dans la constatation des antinomies. C'est là le principe de l'erreur : il faut partir de l'être et considérer ce qui est manifestation de l'être. Quelle que soit la manifestation, elle sera réalité, non abstraction. Kant dit au § III que « l'abstraction est la condition négative sans laquelle des r^résentalions générales ne peuvent être produites. » Ce négatif qu'il . attache lui-même à l'abstraction aurait dû lui montrer le danger de sa notion. De quoi les représentations générales sont-elles négatives? Est-ce de l'être? Non, puisqu'elles en sont les manifestations nécessaires. Est-ce du contingent même? Non, puisqu'elles en sont les qualités nécessaires. Il faut bien comprendre que le matériel n'est qu'un mode de manifestation de l'être. Or, qui ne conçoit qu*un mode, quel qu'il soit, de manifestation, ne peut être considéré comme l'être entier? Il est peu philosophique de partir (pour con-

stituer une notion de réalité) non pas de l'être en soi, mais seulement d'une de ses modalités. Toutes les modalités de l'être' étant par l'être, ont un égal droit à la réalité. Qu'on ne l'oublie donc jamais : le rapport doit s'établir de l'être en soi à sa modalité 9 de sa modalité à la manifestation qui lui est propre, et non pas par les modalités entre elles. H ne faut donc jamais, pour établir ce qui est abstraction, se demander si telle modalité de l'être est la reproduction entière de telle autre modalité, ce qui ne peut être en aucun cas. Il faut seulement savoir si le fait est une manifestation directe de l'être. Or, qui pourrait soutenir qu'il y ait manifestation moins directe de l'être dans l'idée que dans la matière, dans le nombre que dans la matière et l'idée? C'est parce que l'être est qualité nécessaire et i*éalisation de ces qualités; c'est parce qu'il est ordre, étant par le nécessaire, qu'il se présente sous trois modalités qui se manifestent chacune immédiatement sans l'intermédiaire des autres et directement à l'esprit par des faits spéciaux à chaque modalité.

Que si d'ailleurs la vue des modalités diverses jette des lumières sur chacune d'entre elles, la vérité établie précédemment n'en subsiste pas moins.

Il n'y a donc plus un doute sur la réalité de l'objet des sciences quelles qu'elles soient, toutes sont réelles avec des •bjets réels, manifestations nécessairement vivantes de l'être vivant. L'être n'est point altéré, le procédé de l'esprit est reconnu et classé sans qu'on en exagère la portée. Certes, si les langues n'étaient que des mots, nous aurions tort de nous appesantir sur l'abstraction, mais les langues sont des représentations de notions à la façon que le fait est la manifestation de l'être, les langues sont les notions parlées, et c'est ainsi qu'il n'y a de grands philologues que les esprits vraiment philosophiques.

= Je sais qu'on veut faire une distinction subtile entre faire abstraction de et faire une abstraction. Faire abstraction de désigne la chose rejetée, faire une abstraction la chose conservée. La chose rejetée, la conservée, sont donc également abstractions, et Pidée d'inexistence s'appliquera à toute chose conservée qui ne sera pas assez puissamment affirmative de

soi aux yeux les plus vulgaires pour résister à la fausse notion : c'est ainsi que les idées sont devenues moins réelles que la matière pour Tensemble de l'humanité. Mais que veut dire cette explication, sinon qu'on a comme im secret sentiment de la fausse notion qu'on présente, puisqu'on se croit obligé d'expliquer que là abstraction est cette chose, ici cette autre.

Le grand fond de Terreur c'est qu'on n'a pas compris toute la portée de l'idée d'inexistence qui s'attachait à la notion d'abstraction. On n'y a vu dans le compte rendu philosophique que l'idée de séparation. Mais comme Tinstinct vital imprime souvent aux termes un sens indélébile, la notion d'inexistence s'est liée aux termes dits abstraits et les a déconsidérés. Pour remédier ona cherché des diversités d'abstractions qui n'expliquent rien. Il n'y a qu'une seule opération toujours la même : séparation avec supposition d'inexistence d'une part, avec existence vue de l'autre. Que je considère un objet indépendamment de tels attributs, j'abstrais les attributs, l'objet est extrait. Que j'observe un attribut indépendamment de l'objet, j'abstrais l'objet, j'extrais l'attribut. Même opération des deux parts avec une différence du plus ou moins entre les parties rejetées ou conservées; ici fait simple, là fait complexe. L'opération de la faculté détermine donc deux termes nécessaires : l'extrait et l'abstrait. «

= Croit- on donc que parce que l'abstraction n'est qu'un procédé de l'esprit, il n'influera pas sur l'être. Double erreur :

1° Il l'altérera en tant qu'objet de la connaissance ;

2* Ce procédé prétendu innoffensif attaquera l'être en luimême matériellement.

= Il influera sur l'être en tant qu'objet de connaissance et finira par en altérer la notion. Ainsi l'objet de la géométrie est le corps étendu en longueur, largeur et profondeur. Si la longueur est abstraction, la largeur abstraction, la profondeur abstraction, le solide constitué par les trois dimensions unies sera abstractii»n de par les qualités constituantes, et d'abstractions en abstractions le tout est abstraction. Nous l'avons déjà, démontré, nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps.

= Le procédé de l'abstraction attaque l'être en soi. Car si

la supposition d'inexistence des objets abstraits est fiction dans l'opération intellectuelle, il est des cas où elle arrive à se matérialiser, où sans l'inexistence réelle il n'y aurait pas abstraction et par conséquent pas science. Et ces cas sont .tellement nombreux qu'ils sont toutes les sciences physiques elles-mêmes. Qu'on comprenne donc combien il est vrai de dire que l'inexistence s'attache nécessairement au terme abstrait, puisque dans toutes les opérations expérim entales il faut l'inexistence même de ce terme. Ainsi l'anatomiste veutil par simple constatation matérielle, observer l'organisation d'un être? il coupe, rejette dans Tinexistence réelle toutes les parties qui l'entraveraient. Le physiologiste veut^il étudier la fonction d'un oi^ane? il abstrait d'abord par la pensée tout ce qui n'est pas l'organe et institue l'expérience ; puis il abstrait en réalité et rejette dans l'inexistence tout ce qui l'empêche d'arriver à l'étude de la fonction. Ces nerfs, ces muscles, ces artères, ces ligaments détruits sont des abstractions réalisées par la mort.^ Ce n'est plus ici l'anéantissement fictif de l'abstraction idéale, c'est l'extraction violente de l'organe étudié au moyen de la destruction par le fer de tout ce qui n'est pas lui. L'animal à qui l'expérimentateur retranche tout ce qui gêne son expérience, dira la valeur de l'abstraction.

Elle est donc bien vraie cette inexistence fictive imprimée par l'esprit aux termes abstraits ; tellement vraie qu'aussitôt que l'objet abstrait n'est plus idéal, mais matériel, il faut qu'il périsse. Mais matérielle, réelle ou fictive et idéale, c'est toujours là même faculté de l'esprit qui opère ; c'est elle qui ici coupe et tue par la main, par le scalpel; c'est elle qui là sépare, anéantit d'une mort supposée les abstraits vivants.

L'abstraction porte donc une atteinte profonde au fait et à l'être par la seule opération de l'esprit. En soi le fait n'est que réalité; mais quand l'esprit opère sur lui, il fait vivre ou tue, il extrait ou il abstrait. L'abstraction n'est dans le fait et dans l'être que par leur rapport avec l'esprit.

Avant qu'Herschell eût découvert hors du spectre solaire le rayon rouge pâle plus chaud que le rayon rouge lui-même, ce fait était, vivait; avant que Christophe Colomb eût découvert l'Amérique, ce grand pays se déployait dans une sorte

de civilisation barbare qui avait sa grandeur. Qu'étsdt pour le physicien le rayon rouge pâle, pour l'Européen l'Amérique? inexistence et abstraction.

Avant que Thaïes eût découvert la propriété de Tambre et par là Télectricité, le fluide opéraiu Avant qu'on eût constaté en France l'identité de la foudre et de Télectricité que Francklin trouvait la même année, par l'invention du cerfvolant à pointe de métal qui le conduisit à la découverte du paratonnerre; la foudre était cette même étincelle électrique mettant en communication deux nuages ou un nuage et la terre.

Ainsi le fait, en tant que connu, vu, observé est donc extraction; en tant qu'inconnu, caché, laissé de côté, il est abstraction. De soi tout vit, rien n'est abstrait. L'abstrait c'est le non-être. Il n'y a pas plus d'abstraction dans les êtres qu'il n'y a de vide dans l'espace. La nature a horreur de l'abstraction comme du vide. Tout y est extraction vivante. Ramenons l'abstraction à sa loi antinomique car toute question métaphysique aboutit là. Nous avons Taffirmation, l'être, et la négation le non-être. Abstrait-on primitivement et antérieurement à l'être posé? non, pas plus qu'on ne peut nier avant l'affirmation. L'abstraction se fait donc postéiieurement à Taffirmation, par l'affirmation, et elle suit dès là toutes les phases de la négation vis-à-vis de l'affirmation.

On peut donc dire, soit comme nous avons dit au chapitre du fait.

État préantinomique. — Être.

État antinomique-processiLS. — Non-être. — Plus réalisation de l'être dans le non-être, c'est-à-dire, être borné, extraction et abstraction, vie et mort.

Ou bien encore :

Ètatpréantonimique. — Réalité.

État antonimique-processm. — Négation. — Plus la réalisation du réel dans la négation, c'est-à-dire extraction réalité, abstraction, négation de réalité.

Ou bien encore :

État super antonimiqvs. — Extraction absolue.

État antonimique-processus. — Abstraction absolue» —

Plus la réalisation de l'extraction absolue dans la négation absolue, c'est-à-dire l'extraction partielle et finie et Tabstraction ou fin des choses.

Et par rapport à l'esprit on peut dire :

État super antonimique. — Idée en soi.

État antonimique-processus. — Négation. — Plus la réalisation de ridée dans sa négation, c'est-à-dire notion conservée, notion rejetée, extraite ou abstraite.

Qu'il faille supposer néant ou mettre à néant une partie de l'être pour connaître l'être, c'est la borne et l'impuissance de l'esprit. Mais il ne faut pas qu'il fasse retomber sur l'être le poids de son propre néant. C'est lui qui ne peut pas voir. Et il ne peut voir que par extraction, parce que l'être en tant qu'un lui est invisible. Qu'il n'aille donc pas souiller de l'idée d'abstraction toute la réalité qu'il touche ; qu'il n'aille pas dénaturer l'être en soi qui est la réalité éternelle ; qu'il n'aille pas dénaturer le multiple qui est la réalité en succession , en soudant à l'être en tant qu'absolu, à l'être en tant que contingent, son incurable impuissance.

Et une fois que j'aurai conservé la réalité dans toute sa force vivante ; une fois que je lui aurai assuré, par la notion même de mon opération , une réalité pour ainsi dire plus grande de toute cette constatation, qu'importe que j'appelle abstractions les choses, les êtres, les faits, les notions rejetées? Je sais qu'ils sont en eux-mêmes, et qu'ils me seront extractions vivantes ; je sais que cette qualité supposée de non-être n'est qu'une feinte. Je sais que je ne puis percevoir, étudier que ce qui est, et ce qui est en tant que manifesté, c'est-à-dire l'être et 4e fait. Abstraction, non-être n'est ni étudié, ni vu, ni perçu en soi.

Tout dans le tout peut donc être abstraction dans son rapport avec l'esprit, et rien n'est abstraction en soi. Tout dans le tout est successivement extraction et abstraction pour la pensée. Tout dans le tout est une permanence d'extraction en tant que vivant. Tout est abstraction qui est inconnu ou inobservé. Tout est extraction qui est observé et connu. L'extraction est comme le présent de la pensée ; l'abstraction en est le passé ou le futur. Chaque science, cllaque art, chaque

industrie fait son extraction propre, qui est une extraction complexe composée d'extractions successives. Rien n'y est réellement abstraction, tout y est réalité. Le temps est une succession de futurs inexistants réalisés dans des présents qui vivent le moment de l'éclair. .Toute extraction est être et n'est extraction que parce qu'elle contient Têtre, et comme tout est extraction successive, tout est être.

Ainsi comme tout devient abstraction et néant dans la fausse notion de l'abstraction; tout devient réalité, toujours affirmée par les qualités nécessaires de l'être dans la notion qui a le respect de l'existence de la chose conservée et qui se base sur les qualités essentielles de l'être et du fait, non sur les qualités de l'esprit. Choisissez donc du tout être ou du tout néant, de l'esprit ou s'appuyant sur l'être réalité et le fait réalité, ou s'effondrant dans le non-être par l'abstraction.

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